La chasse est ouverte [Isaac Lance & Emile J. B. Evans & Summer Weilana]

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Isaac grimpa les dernières marches en silence, s'arrêtant seulement devant le panneau interdisant l'accès aux lieux. Dans les ténèbres du troisième étage, seul le son de ses propres pas lui fit écho. Il l'avait toujours connu comme cela le troisième étage. Sombre, glauque à souhait, propice à tout les débordements de l'imaginaire. C'était un lieu de mythe et de légende, pourquoi le directeur avait-il refusé de le transformer lui aussi ? Les esprits s'y réunissaient-ils vraiment ? Au point qu'il craigne de les déranger ? Ou n'en avait-il juste pas ressentit le besoin ? C'est du moins ce qu'avançaient les partisans de la thèse rationnelle.

Isaac était là pour le découvrir. Puisque rien dans ce monde n'était impossible pour lui, alors il ne lui restait plus comme choix que d'aller voir si dans l'autre monde, il n'existait pas des choses capable  de lui donner, ne serai-ce qu'un peu de difficulté. Mais avant toute chose, il devait repérer les lieux. Il sortit donc doucement sa nouvelle acquisition de son sac pour l'allumer. Un appareil de professionnel avait dis le vendeur, et, au vu du prix de la bestiole, il en s'agissait d'un, sans doute possible. Il espérait juste qu'il servirai correctement son nouveau maitre, à défaut de quoi il devrai le jeter, lui qui n'aimait pas les gaspillage ... Toutefois, comme il avait lu rapidement le manuel avant de venir et son utilisation ne lui posait déjà plus aucun problème, les choses se présentaient favorablement pour une coopération productive.

Allumant sa lampe torche, il franchit donc la ligne de démarcation d'un pas assuré pour pénétrer dans le monde des esprits. Mine de rien l'heure tournait et il ne tenait pas à rentrer trop tard chez lui ce soir. Une heure ou deux serai suffisant pour faire l'étage et prendre en photo tout les recoins de l'endroit afin de dresser son plan de bataille en rentrant. En soit le coin était vraiment sordide à souhait, les fenêtres barricadés, le carrelage délabré et le plafond taché d'humidité et à moitié croulant par endroit. Tout cela donnait cette ambiance si particulière que l'on ne retrouvait que dans les bons film d'épouvantes. Non pas qu'ils fassent grand effet à Isaac mais il savait reconnaître le talent quand il le voyait.

Il prit donc quelques photos du grand couloir principal avant de bifurquer dans la première pièce qui s'offrait à lui. D'après l'ancien plan qu'il avait déniché avant de venir, il s'agissait de la morgue de l'hôpital. Un coin très intéressant à ses yeux. Pourquoi mettre une morgue à cet étage ? Il avait cherché partout ailleurs mais aucun autre hôpital de la région, ancien ou moderne, ne possédait cette particularité. S'approchant doucement des restes médicaux de l'époque, il caressa un brancard rouillé du bout des doigts. Ce lieu devait avoir vu plus que son nombre de mort, c'était important pour le passage des esprits d'après ce qu'il avait lu. Quand aux légendes de l'établissement, il était dit que l'on pouvait parfois entendre les fantômes des morts gémir dans cette pièce ...

Une poussée suffit à faire balancer le brancard rouillé qui se mit à grincer doucement. Il y en avait d'autre dans la pièce, le vent devait les faire bouger à intervalle régulier. Isaac soupira, cela s'annonçait déjà comme une nouvelle déception mais à défaut d'avoir autre chose à faire ... Cadrant l'objectif, il recommença son travail. Peut-être que quelque chose le surprendrai dans ces lieux et, au fond de lui même, il l'espérait même.
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Il était toujours aussi con.
Il était monté tout seul, comme un con, sans regarder derrière lui. C'est comme ça les fils de bourges, ça se croit à l'abris de tout parce que ça a du pognon. Ça se croit tellement à l'abris que ça prend pas la peine de faire attention à quoi que ce soit, à part à sa petite gueule. Bah il aurait intérêt à y faire attention, à sa gueule, une fois qu'Emile en aurait fini avec lui, ou elle allait tomber en morceaux. Une fois qu'il aurait bouffé de l'acier. Parce qu'Emile s'était armé. L'époque où il était l'une des terreurs du lycée étaient révolue depuis un moment, il avait grandit, il était devenu trop vieux pour mener une bande de gamins dans des expéditions punitives contre les friqués de l'académie, il avait d'autres préoccupations, mais certains cas particuliers ramenaient en lui l'adolescent belliqueux qu'il était, et si il ne pouvait plus compter sur ses amis d'alors, il savait en trouver d'autres. Des amis plus pratiques. Celui-ci, il l'avait trouvé dans la remise, avec tous les matériels de photo et ce qui avait été timidement récupéré du troisième étage pour les projets d'arts plastiques. De tout et de n'importe quoi, des morceaux de tapisserie à quelques carreaux cassés en passant par des flacons en verre et des morceaux de canalisation en métal. Ceux qui rangeaient innocemment ça dans la remise n'étaient pas plus intelligents qu'Isaac Lance. Ils laissaient autant d'armes potentielles à la portée de ceux qui voulaient régler leurs comptes au troisième étage. Un peu comme lui en fait, mais c'était occasionnel, il ne fréquentait pas le troisième étage de l'université en général. Pas parce qu'il en avait peur, mais parce qu'il ne trouvait aucun intérêt à perdre son temps dans ce qui restait d'un hôpital. Il n'avait jamais aimé les hôpitaux, ils étaient généralement suivis de dispenses de sport et de longues semaines de plâtre alors il essayait de les éviter le plus possible. En plus, au troisième étage, on se faisait chier. Si il y avait eu quelques fantômes ou trucs vraiment vraiment bizarres, peut-être cela aurait-il titillé sa curiosité, mais on n'y croisait que des romantiques, des artistes ou justes des perchés qui espéraient rencontrer les âmes des morts ou il ne savait quoi. C'était un hôpital bordel, pas un espèce d'asile psychiatrique louche où des expériences sanglantes étaient pratiquées sur les patients. Fallait qu'ils arrêtent de regarder des films à la con. Sérieux.
Son ami était glacé dans sa main. Pas très élaboré. La bonne vieille barre métallique, arme contondante préférée du voyou moyen, peut-être pas digne de lui, mais il n'avait rien d'autre d'aussi efficace sous la main. Il n'avait pas prévu de monter ici ni de frapper qui que ce soit en se levant ce matin, et s'il n'avait fait que croiser Isaac, même si cela avait réveillé ses mauvaises pulsions une fois de plus, tout aurait pu passer comme à l'ordinaire : il aurait fini par se calmer, aurait eu l'esprit accaparé par autre chose et aurait oublié l'incident en rentrant chez lui. Mais aujourd'hui, il l'avait vu monter, en revenant de la chambre noire. Il l'avait vu monter seul. Emile n'avait pas oublié son sourire prétentieux, sa bêtise et son arrogance la fois où il avait lamentablement perdu contre lui quand ils étaient au lycée. Il n'avait pas oublié la popularité que lui avait accordé ce que tout le monde croyait être du courage et que lui savait être un orgueil démesuré propre aux petits cons dans son genre. Quand ils perdent, ils font les braves. La force morale, tout ça, il ne sont juste pas assez intelligents pour comprendre quand ils ont perdus. Ils ne s'étaient pas remis sur la gueule depuis. C'était inutile. Lui prenait soin de se préserver du contact avec les racailles, et Emile avait d'autres choses à foutre qu'apprendre la vie à un merdeux dans son genre, ç'eut été lui accorder trop d'importance. Mais ils se croisaient, ils le savaient, et cela leur allait parfaitement à tout les deux, d'être ennemis. Et ce con avait baissé sa garde. Il n'avait qu'à en profiter. C'était de bonne guerre après tout. C'était Isaac qui l'avait provoqué la seule fois où ils s'étaient tapés dessus, il ne faisait que lui renvoyer l'ascenseur.
Il enjamba silencieusement les rubans de plastique qui fermaient symboliquement l'accès au dernier étage du bâtiment et monta les marches sans se presser. Parce qu'il n'était pas pressé. Même si il l'entendait, il serait obligé de passer par les escaliers pour redescendre, il y avait longtemps que l'issue de secours avait été condamnée, car il n'y avait normalement personne qui ait besoin de s'enfuir à cet étage. Il n'y avait normalement personne.
Il n'eut aucune peine à savoir où il se trouvait, la lumière mouvante de la lampe qu'il devait avoir apportée avec lui éclairant le couloir depuis la morgue. Il laissa sa barre en acier toucher le carrelage irrégulier et la fit volontairement crisser dessus en s'approchant de la porte à moitié arrachée de ses gonds. Il ne put empêcher un sourire d'éclairer son visage à mesure qu'il approchait. Il n'y avait plus un bruit à part celui du métal qui griffait le carreau avec un son à en faire mal aux dents. Il imaginait très bien Isaac s'immobiliser en entendant le bruit importun, pour essayer d'en déterminer l'origine. Avoir peur, peut-être. Il se laissa tranquillement aller contre le chambranle, faisant rapidement le tour de la pièce des yeux. Pas de porte à part celle sur laquelle il était appuyé. Il était coincé. Il n'y eu plus de mots pour exprimer son ravissement quand il constata que l'autre n'avait apporté avec lui qu'une lampe et un appareil photo. Emile fit glisser son sac de cours de son épaule pour ne pas qu'il le gêne. il n'avait aucun souci à se faire pour lui : tout ce qui avait de la valeur était dans ses poches. Il l'avait parfaitement en face et sa main droite commençait à le démanger furieusement.
Isaac Lance.

_ Isaac, comment va ? J' suis v'nu prendre de tes nouvelles, ça un bail qu'on s'est pas parlés, hein ? Et t'as vu, j'ai même ramené une copine.

Il fit un deuxième pas vers lui et raffermit sa prise sur son arme, tout son corps prêt à porter à le coup.

_ Ma gomme à effacer les sourires !

Trêve de bavardages. Il n'aimait pas trop les films en général, mais il devait reconnaître qu'il y avait beaucoup de vrai dans le fait que celui qui profitait de sa situation pendant trois plombes finissait toujours par se faire hacher la gueule. Généralement, c'était le méchant. Mais Emile n'était pas le méchant. Il avala en deux enjambées la distance qui les séparait, envoyant son bars vers lui dans le même mouvement. Il aurait visé la tête, il l'aurait certainement tué, mais ce n'était pas son intention. Il n'avait pas envie de se retrouver en taule ni sur une chaise électrique. Et puis, cela aurait été bien moins amusant. Non, c'est latéralement qu'il frappa, vers ses côtes. Il le savait plus robuste qu'il ne le laissait paraître, mais il espérait tout de même que son coup le prendrait suffisamment de court pour l'envoyer valdinguer contre le mur. Enfin.

_ Elle embrasse bien, hein ?
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Précédemment dans le monde fabulouuuuus, d'Isaac Lance :

Isaac se met en tête de chasser le fantôme, lui, son nouveau cannon à 2000 balles et une lampe de poche, direction, le troisième étage.
Élucidant son premier mystère de la journée, celui-ci sens le désappointement frémir dans son être.
Mais dans les couloirs du troisième étage, il n'est plus seul. Son ennemi de toujours est là, tapis dans l'ombre. Emile et sa barre en fer ! *musique dramatique*

_ Ma gomme à effacer les sourires !

Et Emile frappe.

_ Elle embrasse bien, hein ?

Et c'est partit pour le dudududu-dueeel !




Et merde. Voilà la seule pensée qu'eut Isaac en se retournant et en voyant Emile dans l'encadrement de la porte. Il aurai très bien put penser, ''Hé, mais, en réalité c'est pas les brancards qui faisaient tout ce bruit, mais bien l'autre attardé avec sa barre en fer, donc ça explique pas le gémissements pendant les heures de cour à moins qu'il traine tout le temps dans le coin pour une raison ou une autre''. Il aurai pu, si justement cet abruti à crête-de-coq avait pas franchi d'un bond la distance le séparant de lui pour lui asséner un magistrale coup de barre en fer dans les cottes.

Isaac avait vu venir le coup, évidemment, mais en jeune homme de bonne famille, il avait pensé que l'autre aurai tenté un discoure un peu plus long qu'une phrase balancé à la va-vite avant d'attaquer. Et c'était là son erreur, oublier que son adversaire ayant le Q.I. d'une huître pas cuite, celui-ci n'était guère capable d'aligner plus d'un ''sujet-verbe-complément'' à la minute sans devoir arrêter de bouger pour se concentrer. Il aurai donc du prévoir que, du fait que le sujet bêta était en mouvement, il allait frapper immédiatement. Il tira cette conclusion en crachant un peu de sang qu'il essuya d'un revers de mains. Ce fumier lui avait bien fêlé une cotte ou deux.

« Tu parles, ta mère mettait la langue au moins. » Siffla-t-il, un sourire narquois aux lèvres alors qu'il se relevait.

Emile-face-de-coq et lui, ça avait toujours été une grande histoire d'amour. Depuis longtemps déjà Isaac avait appris à ignorer les autres, les faibles, les méprisables, bref, ceux qui ne représentaient réellement aucun intérêt à ses yeux. Pour ainsi dire la majorité du monde. Mais, quand un de ces pathétiques êtres se mettait en tête de vous fracasser la mâchoire, alors là, évidemment, l'ignorer devenait extrêmement difficile. C'était exactement ce qu'il se passait entre Emile et lui. Emile était pour ainsi dire … Un véritable idiot. Au point que cela impressionnait même parfois Isaac. Il pensait uniquement à une chose, son objectif, oubliant tout le reste, surtout les conséquences de ses actes. Résultat il avait non seulement finis par se retrouver participant majeur de l'ascension d'Isaac sur le sentier de la gloire, mais semblait surtout ne pas se rendre que le jour où Isaac daignerai à jeter plus qu'un œil méprisable sur lui de temps à autre, marquerai la fin de sa vie, déjà ridicule, qui deviendrai alors un enfer provoqué par la toute puissance du groupe Lance. Car oui, tabasser un l'héritier d'une multinationale provoquait bien souvent de riches et douloureuses retombées à cour et à long terme.

Cependant l'heure n'était plus vraiment à la réflexion. Le choc avait envoyé rouler Isaac contre un mur, un peu plus loin dans la pièce, laissant de nouveau de la distance entre eux deux. Sa petite pique devait sans doute avoir fait effet maintenant, le temps que l'autre idiot la comprenne en réalité. Le jeune homme devait donc se préparer pour le prochaine assaut. S'époussetant tranquillement, il fit le check-up. Mis à part son abdomen particulièrement douloureux du coté droit, le sang qu'il sentait continuer à couler dans la bouche et sa lampe torche qui avait volé. Il était somme toute, pas en si mauvaise état. Son appareil n'avait rien, la poussière s'enleva bien vite de son uniforme quand il l'épousseta, révélant qu'il n'y avait pas de tâche et puis surtout son organe essentiel, le cerveau marchait toujours. Il fit jouer ses muscles doucement, un à un, le même sourire fixé sur ses traits depuis qu'il s'était remis debout. Le piège était tendu et l'autre abruti allait sans aucun doute tomber dedans, benêt comme il était.

Au faite … Il savait qui était sa mère au moins ? Avec ce genre de personne il fallait s'attendre à tout …
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Il le prenait vraiment pour un abruti, hein ?
Y'avait qu'un gamin de collège pour répondre à une provocation aussi pathétique. Oh, il avait du le faire une ou deux fois bien sûr, mais il s'était toujours avéré que ceux qui proféraient ce genre d'insultes toutes faites manquaient cruellement de courage et d'imagination, en règle générale. Quoiqu'il puisse en dire, il regrettait de devoir mettre Isaac dans cette catégorie de personnes. Il avait toujours cru s'être trouvé un rial, un ennemi digne de lui, et il peinait à accepter cette désillusion. Cruelle désillusion. Il jeta à Isaac un regard plein de pitié méprisante et s'approcha de lui à une allure normale, tout à fait moyenne, mais qui dans cette situation était d'une lenteur tout à fait inappropriée. Mais il aimait bien. Il avait appris à ne pas se presser, que cela ne pouvait lui attirer que des ennuis, et que garder son sang froid, même dans une situation aussi excitante que celle-ci, était bien plus avantageux que de se laisser dominer par son envie de massacrer un avorton crachant le sang comme un bambin sa purée d'épinards. Il caressa la barre métallique avec un petit sourire, appréciant sa torsion nouvelle, causée par l'impact contre les côtes d'Isaac. Il y était peut-être allé un peu trop fort pour un premier coup, il aurait sûrement mieux valu qu'il attende un peu avant de l'utiliser. Oui mais Lance aurait eu l'occasion de s'enfuir, ou du moins, il aurait été en meilleure forme pour riposter, et Emile ne voulais pas risquer d'être blesser stupidement pa manque de précautions. Cela retirait un peu de sa gloire au cassage de gueule, il fallait bien l'admettre tout de même.
Bah, il aurait l'occasion de lui démonter la gueule une autre fois, il n'en doutait pas un instant. Au moins, il était debout, c'était déjà ça. Le battre par terre comme un vieux sac n'aurait pas été amusant le moins du monde, car si Emile ne voulait pas se risquer à un combat à égalité -car de toutes façons, il n'y aurait jamais d'égalité entre eux- au risque de se faire piquer ou, dans le pire des cas, griffer, il n'aurait que moyennement apprécié de mener le jeu sans que l'autre se défende un minimum.

_ Et bah Lance, qu'est ce que tu faisais par terre ? Tu redécouvrais la place que je t'avais attribuée ? Tu aurais mieux fait d'y rester j'pense...

Il ne faisait plus traîner sa barre par terre à présent, ç'eut été trop risqué, mais les doigts de sa main gauche pianotaient le long de ses contours métalliques comme ceux d'u flûtiste caressant leur instrument fétiche. Un instrument. Il y en avait plein de cette vieille morgue. Entre un vieux lit roulant qui avait été abandonné là, certainement pas à sa place, les éclats de verre qui jonchaient le sol, peut-être des carreaux ou des flacons, et la perche à perfusions rouillée jetée dans un coin, cet abruti d'Isaac aurait eu de quoi se défendre, mais il semblait l'attendre, sûr de sa bonne étoile et de la victoire éclatante que lui accorderait son obstination et sa grandeur d'âme. Sûrement. Non, car cette foi, il n'y avait aucun public pour le soutenir, aucun regard dans lequel il aurait pu briller. Il n'y avait plus de réputation, de fils de machin ou de qualités morales à mettre en avant. Ils n'étaient que tous les deux, loin de tout spectateur, là où personne ne viendrait les chercher, et quand bien même un petit malin viendrait chasser les fantômes ici, jamais il n'oserait s'en mêler. Et si ils étaient là, c'était uniquement pour se faire le plus de mal possible. En un sens, il était reconnaissant cet abruti d'Isaac d'accepter ce rôle ingrat. Ils aurait pu s'ignorer, et il aurait pu s'arrêter à la gloire qu'il avait tirée d'une défaite contre lui, mais non, il continuait joyeusement à se présenter comme son ennemi et à risquer sa belle gueule dans des situations comme celles-ci. Il aurait presque eu envie de le remercier. Mais seulement presque.

_ Qu'est-ce que t'as à sourire comme ça ? T'aimes ce que je te fais ?

Lui aussi souriait, pas pour les mêmes raisons sûrement, sinon ils était aussi cons l'un que l'autre.
Et Emile n'en douta pas un seul instant.
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Evans s'approchait lentement, bien trop lentement. Isaac n'avait pas besoin d'être un génie pour savoir qu'il profitait de la situation, savourant sa position et sa domination sur celui qu'il pensait être sa victime. Cela restait sûrement mieux que tout ces autres idiots qui se précipitaient sur celui qui les insultait à la première remarque, pourtant, le jeune homme savait au fond de lui même que son ennemi ne profitait pas pour autant de ce temps gagné pour réfléchir. Le résultat était qu'il éprouvait une sorte de convalescence et de déception en même temps à son égard. Convalescent car Evans aurai tellement pu en apprendre de lui si il avait reconnu sa grandeur au lieu de le jalouser en secret. Malheureusement il était né dans les basses couches de la société et ses origines l'empêchait donc d'être quelqu'un de talentueux ou même d'humble sur son rôle. Mais aussi déçu, déçu que malgré cet handicape, il ne se batte pas pour essayer de remonter la pente, de devenir quelqu'un de bien, d'intéressant peut-être même, pas pour Isaac mais aussi pour la société. Somme toute, il préférai se vautrer dans la fange et on reconnaissait cela à ses actions comme celle qui se déroulait maintenant. D'instinct il savait comment réagir, mais au delà de cela, il était incapable d'exploiter le potentiel de ses actes. Evans était un brouillon, on y voyait toutes les grandeurs futures d'un chef-d'œuvre tout en ressentant l'inachevé de l'instant présent.

Tout en réfléchissant à cela, Isaac avait laissé l'autre cracher son venin sur lui. L'ignorant tout simplement tout en le surveillant du coin de l'œil, maintenant, il était assez proche. Si seulement cette racaille avait prit le temps de réfléchir, elle se serai peut-être dit qu'après sa première démonstration de force, personne ne serai resté debout en face de son ennemi en souriant comme un benêt pendant presque une minute. Il n'y avait pas de public aujourd'hui, pas de gloire à gagner, pas d'honneur à préserver. Bref, cela aurai été idiot de la part d'Isaac de rester juste pour faire l'intelligent. Mais tout cela, Evans ne l'avait pas compris, il était de ceux qui pensaient que l'honneur et la gloire étaient quelque chose de personnel et non pas des offrandes venues des autres. Et en cela il avait pêché.

Le sourire d'Isaac disparu sans laisser de traces, son expression était redevenu ce qu'elle avait toujours été, une face lisse, sans ride et sans émotion. Dans sa main, il tenait toujours son appareil photo qu'il avait soigneusement dépoussiéré, son doigt glissa délicatement sur le bouton de prise de vue, tout en douceur et élégance, un mouvement imperceptible, presque une caresse. Un centième de seconde. Isaac l'avait réglé afin qu'il prenne les photos le plus rapidement possible en cas d'apparition. C'était un temps bien trop cour pour que quelqu'un puisse réagir. Depuis que sa lampe torche avait volé avec lui la pièce était plongée dans le noir totale, ils pouvaient à peine se distinguer l'un l'autre. Isaac ferma les paupières, comme si il était fatigué de tout cela. Et la pièce entière se retrouva plongé dans le blanc.

Quand Emile ré-ouvrit les yeux, Isaac était sur lui. Le choc fut rude et quand ce dernier recula, son sourire se dessina de nouveau, plus vrai cette fois. Dans sa main il tenait un fragment de métal rouillé, long, effilé et surtout teinté d'un nouveau carmin bien plus satisfaisant que celui de sa rouille originelle.
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Il se plia en deux sous le coup de la douleur.
La blessure n'est pas grave, pas très profonde. Étourdi un instant par le flash qu'il avait pris en pleine figure, il avait repris ses esprits assez vite pour éviter partiellement le coup d'Isaac et son arme improvisée n'avait fait que le couper au niveau de la hanche gauche au lieu de s'enfoncer dans son ventre comme c'était visiblement son objectif. Mais si il pouvait se féliciter de son temps de réaction, il n'en restait pas moins qu'il pissait le sang et que ça faisait putain de mal. Heureusement qu'il était vacciné, parce que c'était un coup à choper le tétanos en plus cette connerie. Sûr qu'Isaac ne prenait pas de gants quand il s'agissait de bastonner des racailles. En plus il devait pertinemment savoir que la plupart d'entre elles venaient de milieux défavorisés et n'avaient certainement pas d'assurances et les moyens de se payer des traitements médicaux. A cet égard, il était bien plus cruel qu'Emile, et ce dernier l'en aurait presque admiré si il n'avait pas été aussi accaparé et par sa douleur et par son avenir proche. Si Isaac n'avait pas eu de scrupules à utiliser un objet pouvant s'avérer aussi dangereux pour s'en prendre à lui, il ne devait pas beaucoup se préoccuper des conséquences, et cela le rendait réellement dangereux pour lui. Quand il avait instinctivement posté ses mains à sa blessure, il avait lâché la sienne, d'arme, qui avait roulé un peu plus loin, et se retrouvait dans une situation qu'il n'avait absolument pas prévue ni même envisagée. Car il n'avait jamais envisagée la défaite face à Isaac Lance.
Ce dernier souriait, et cette idée le mis hors de lui. Il souriait bêtement pour un malheureux coup, sûrement le seul qu'il pourrait jamais lui porter, parce qu'il l'avait eu par surprise, et c'était tout. Il était naïf, il était stupide, parce qu'il attendait. Il faisait exactement l'erreur qu'Emile avait voulue éviter lorsqu'il était entré et qui lui avait offert le premier coup, et il comptait bien en profiter. Il ne manquerait plus qu'il se mette à déblatérer sur sa supériorité et il aurait complètement gagné, mais peut-être n'était il pas assez bête pour cela. Dans les cas, il fallait effacer son sourire, son sale sourire, et pour cela, il n'hésiterai pas à rentrer dans son jeu. Il laissait tomber les simples coups pour les armes ? Qu'à cela ne tienne, il ferait de même. Une main appuyée son flan ensanglanté, il se redressa avec une grimace et recula de quelques pas pour se mettre hors de la portée d'Isaac. Sur l'une des tables rouillées, il y avait un flacon brun cassé en de larges éclats de verre et si il parvenait jusque là, la barre métallique serait presque à sa portée. Oui, il avait une préférence très marquée pour les armes qu'il maîtrisait, comme Lance apparemment. Il fallait qu'il trouve un moyen de lui péter on appareil ou de lui piquer sa lampe torche. Les deux serait le mieux, mais il restait réaliste.
Envoyant son pied en visant l'entre jambe d'Isaac, il tourna les talons dès qu'il sentit que le coup avait été reçu, même si il était quasiment certain d'avoir raté sa cible. Peu importait, c'était juste pour lui laisser quelques secondes de répit. Courir lui arracha un cri de douleur qu'il étouffa à moitié et il attrapa maladroitement un morceau de verre, se coupant les phalanges sur les éclats de plus petite taille au passage. Sans importance. Il retourna vivement vers son ennemi, darda un regard méprisant et son arme improvisée vers lui.

_ Laisse tomber Lance, les trucs qui coupent, c'pas des jouets pour toi, tu sais pas t'en servir. T'as raté ton coup à au moins quinze centimètres. Heureusement qu'tu veux pas dev'nir coiffeur.

Mais il n'était plus trop à ce qu'il racontait. Il avait mal, il n'était pas dans son élément dans ce lieu obscur où n'importe quoi pouvait se retourner contre lui, sur ce terrain hasardeux qui laissait trop de place à la chance. Isaac serait foutu de le crever, presque. Mais là, il serait poursuivi pour homicide, ses parents ne le laisseraient jamais crever comme ça, et il supposait que ce n'était pas ce qu'il voulait. Non, bien l'amocher, très certainement, peut-être même l'empêchait de jouer au basket, pour toujours, si il y mettait un peu trop d'entrain. Non, non, cela n'arriverait pas. Lentement, ses doigts se refermèrent sur une poignées d'éclats tranchants qu'il lui lança au visage, profitant de cette nouvelle distraction pour récupérer sa chère arme. Sa portée était bien plus longue que son malheureux morceau de métal et il avait compris la leçon : dans cet endroit inoccupé et isolé, tout pouvait devenir une arme, de la poussière au sol au vieux matériel . Il était prêt, sur ses gardes, mais déjà handicapés par sa blessure et par ses phalanges qui saignaient à force de serrer le morceau de verre qu'il avait récupéré. Isaac était malin, peut-être plus que lui, il devait bien l'admettre.
Il ne le sous-estimerait plus.
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Il était tard, mais Summer préférait éviter les heures de pointes pour tirer ses photos dans la chambre noire. Puisqu'il fallait rendre un projet cette semaine, ça s'est bousculé dans le portillon et elle avait horreur de travailler dans le vacarme le plus total. S'assurant que sa colocataire dorme à point fermé, elle se glissa en catimini au deuxième étage à la lueur de son téléphone. Ca ne prendrait pas longtemps, peut-être un quart d'heure tout au plus, et tout le monde dormait à cette heure là de toute manière, avec le couvre feu.

Ce n'était pas la première fois qu'elle se rendait en pleine nuit au deuxième étage en fait. Si elle voulait éviter que les photos du journal ne tombent entre les mains de n'importe qui, il fallait bien s'arranger pour se retrouver seule dans la chambre. Cette méthode était la meilleure qu'elle ait trouvé jusque là. Une fois arrivée devant la salle, elle sortit la clé, obtenue après maintes et maintes supplications auprès du responsable du journal. Probablement la seule personne au courant de ses petites escapades nocturnes.

Summer effectua sa petite routine, et trempa machinalement les papiers dans les trois bacs, d'un geste sûr et rapide. Comme elle s'y attendait, le tout ne pris pas tellement plus d'un quart d'heure. Après avoir vidé les bacs, et vérifié plusieurs fois que les bouteilles de produits chimiques étaient bien fermées correctement, elle éteignit la lumière puis sortit. En refermant doucement la porte, un bruit sourd la fit sursauter et elle regarda autour d'elle paniquée. Merde... Un membre du personnel ? Elle mit son téléphone en mode veille pour garder le couloir dans le noir et rasa les murs. Un autre bruit se fit et entendre et cette fois, elle avait la certitude que ça venait du troisième étage. Alors quoi ? Ces rumeurs de fantôme étaient vraies ? La jeune femme s'approcha de l'escalier et perçut quelques éclats de voix. Fantôme ou pas, il y avait quelqu'un en haut. Sentant la housse de son appareil photo contre sa cuisse, elle hésita. Sa curiosité était piquée au vif.

Un bruit plus sec et un gémissement la décida. Elle monta à pas de loup les marches de l'escalier, armée de son appareil numérique pour accéder à l'étage abandonné, et se laissa guider par les bruits. Arrivée devant la seule salle étant allumée, où elle comprit que deux types se battaient, elle décidé d'intervenir plutôt que de les prendre sur le fait et ouvrit la porte.

Si elle s'attendait à voir Emile Evans... En tout honnêteté, ça ne la surprit pas tant que ça. Du moins pas autant que de voir Isaac Lance. Voyant qu'ils n'avaient toujours pas remarqué sa présence, et préférant éviter devoir être témoin d'un bain de sang, elle fit la première chose qui lui passa par la tête et balança son appareil photo sur Isaac, qui semblait être prêt à attaquer.

« Vous êtes tarés ou quoi ?! Qu'est-ce qui vous prend ? »

Se rendant finalement compte qu'ils étaient tous les deux armés et peu enclins à la discussion, elle eut un mouvement de recul. Dans quoi elle s'était fourrée...


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Isaac eu juste le temps de se décaler avant avant qu'Evans ne le frappe à la jambe. Il réprima une grimace de douleur, le coup était faible mais se mouvoir avec ses cottes dans un état aussi lamentable lui faisait un mal de chien. Il ne décolérait pas, comment une sous-merde comme ce type avait-il pu le mettre dans cet état ? Il lui ferai payer.

S'éloignant de quelques pas, autant pour reprendre son souffle que préparer sa prochaine action, le jeune homme se mit à réfléchir. L'éclat de fer dans sa main était bien équilibré, peut-être pouvait-il …

Il se protégea brusquement le visage d'une pluie de débris métalliques et de verre brisé, projeté par son adversaire. Quand il ré-ouvrit les yeux, ce fut pour voir que Evans s'était décalé de plusieurs mètres sur la gauche et avait saisi de nouveau son arme en plus de l'éclat de verre qu'il tenait dans ses mains.

Le cerveau d'Isaac se remit à carburer. L'idée qu'il avait eu pour empêcher son ennemi de reprendre son arme avait tourné au vinaigre, maintenant, celui-ci dominait le combat avec une plus forte allonge. Cependant, ce faisant, il avait aussi dégagé la voie de sortie. Comme Isaac l'avait pensé quelques instants plus tôt avant d'être interrompu, l’éclat qu'il tenait était suffisamment équilibré pour permettre un lancé. D'abord toucher Evans au corps, puis s'enfuir et ensuite contra-attaquer. Si possible récupérer sa lampe torche au passage afin de lui donner un autre avantage.  

Il banda ses muscles. Le plan était là, maintenant il devait ''simplement'' l'exécuter. Tout d'abord il se glissa lentement vers la droite, forçant son adversaire à s'éloigner encore un peu plus de la porte de sortie. Étrangement la racaille suivis le mouvement sans broncher, comme si elle était devenu bien plus méfiante depuis qu'elle avait comprit qu'Isaac n'était pas une proie facile. Il ne le nota dans son esprit, cela pouvait toujours être utile.

Enfin il arriva dans un position qui lui était favorable, commençant à armer son lancer, il s'apprêta à envoyer son éclat droit dans la poitrine d'Evans …

Et se prit une housse d’appareil photo, avec appareil photo comprit, dans la tronche. Grimaçant il recula d'un pas cherchant à se protéger d'un éventuel second coup tout en essayant de distinguer son nouvel agresseur. Il connaissait cette voix c'était … Weilana ?

Même le cerveau d'Isaac tourna au vide pendant quelques secondes. Premièrement elle était au troisième étage, deuxièmement, elle s'attaquait à lui au lieu d'Evans, troisièmement, elle utilisait pour cela une caméra au prix supérieur à trois fois au salaire annuel de son père. Il voulait bien croire que la notice précisait ''housse antichoc'' mais là c'était un peu trop.

Il en arriva donc à la seule conclusion possible pour lui. C'était une sacrée cruche, pire que ce qu'il avait imaginé dans le pire de ses scénario. De surcroit, une cruche qui le dérangeait en plein milieu d'une phase cruciale de son combat contre le seul ennemi qu'il n'avait jamais eu. Un ennemi qu'il aurai pu tuer en silence, ici au troisième étage, sans que personne n'en sache jamais rien. Les mecs dans son genre, des tonnes se faisaient buter chaque année dans des recoins obscures et la justice en avait jamais rien eu à foutre, il fallait bien l'avouer. Soupirant il commença à réfléchir à un nouveau plan quand quelque chose d'autre lui traversa l'esprit. Mais oui bien sûr ! Il y avait là de quoi retourner la situation à son avantage tout en relançant une vieille idée qu'il avait eu le jour où il avait entendu parler de cette fille Weilana Summer.

Sans plus attendre il s'avança alors qu'elle faisait un mouvement de recul et lui prit le bras.

« T'es folle ou quoi ? lui murmura-t-il, prenant pour le coup le ton de quelqu'un furieux et pourtant inquiet. Tu as idée de où tu t'es fourrée, tu sais qui c'est le type en train de ricane la-bas ? Fait exactement ce que je te dis sans réfléchir ou on va y passer tout les deux, il se tourna vers Evans, imitant à la perfection la personne surveillant quelqu'un de dangereux, premièrement, on court, maintenant !! »

Et joignant la parole au geste, il descendit sa main pour prendre la sienne avant de s'élancer dans vers la sortie puis dans le couloir, plaçant Summer du même coté que Evans pour s'en servir d'écran entre eux deux.
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Putain, elle était tombée à point nommé celle là.
Pas qu'il avait besoin d'aide, non, mais même si elle était peu profonde, la blessure que lui avait infligé Isaac pissait un peu le sang et lui faisait mal. Très mal. Vraiment un coup à choper le tétanos ce coin, il n'était même pas sûr que ses vaccins soient à jour en plus. Il plissa un peu les yeux. Son visage lui était vaguement familier. Certainement une de ces filles méga pop... Ah ! Weilana ! Ok. Bon, d'accord, alors celle là c'était la meilleure. Une des meufs les plus populaires du bahut, sinon la plus populaire, qui s'en prend au mec le plus populaire. Trop fort. Quand il pensait que les lycéennes gloussaient en faisant des couples et les mettaient toujours ensemble -quand elles ne gardaient pas ce connard d'Isaac pour elles en gloussant encore plus fort. Non franchement, il avait vraiment une veine de coup sur ce coup là, et il comptait bien lui faire savoir qu'elle avait bien fait d'intervenir, un peu à sa manière à lui, mais il n'eut pas le temps de la remercier. Isaac se l'était déjà accaparée et s'employait à le faire passer pour un tueur/violeur multi-récidiviste. Il faisait pas du théâtre pour rien le coco, alors certes, c'était pas mal, mais c'était tout ce qu'il y avait de plus lâche, et Emile lui fit savoir le fond de sa pensée avec une grimace méprisante qui ne devait pas lui donner l'air plus avenant.

Et il partit, en courant même.
Il lui aurait bien couru après pour lui faire savoir ce qu'il pensait des pisseux dans son genre mais à peine avait-il fait un pas qu'une autre grimace déforma ses traits, de douleur cette fois. Son flanc n'avait pas aimé du tout. Il essuya la main ensanglantée qui appuyait dessus sur son jean et chercha des yeux de quoi éponger ça. Rien. Enfin, rien de propre, et les vieux tissus tâchés et poussiéreux ayant abrité il ne savait quelles créatures n'auraient fait qu'infecter sa plaie. Passage obligé par l'infirmerie, car il n'arriverait jamais à rentrer chez lui dans cet état sans se faire choper par les flics. C'était mort, ouais, et dans le bus n'en parlons pas. Bon. Direction l'infirmerie donc, et puis c'était pas comme si ils étaient pas habitués à le voir là bas, hein, ils s'en foutraient, ils poseraient pas de questions, ou se moqueraient de la réponse. Une réponse évasive, un règlement de compte sur les toits ou le parking, entre racailles, un truc comme ça. Il cracha gracieusement par terre et s'apprêtait à quitter la pièce, l'oreille tendue au cas où Isaac se serait planqué à la sortie pour lui tendre un piège avec sa demoiselle, quand il buta sur quelque chose par terre. Quelque chose de lourd, de propre et de neuf. L'arme ultime de Summer Weilana. Cette pensée lui tira un sourire et il caressa l'idée de regarder ses photos pour supprimer les éventuels clichés compromettant pour lui qu'il pourrait trouver mais il se ravisa. Si Isaac l'emmenait trop loin, il n'aurait pas le temps de lui rendre, et le sieur Lance pourrait lui ajouter une réputation de voleur -comme si il avait quelque chose à foutre d'un appareil photo- et vu le zèle de Weilana à raconter des potins aussi croustillants qu'erronés, il aurait ça sur le dos avant qu'elle ne soit passée à la vie scolaire demain. C'était la merde. En plus il ne pouvait même pas leur courir après.
Il sortit donc dans le couloir en boitant un peu, l'appareil à la main et chercha le duo de fuyards des yeux. Personne en vue, sa voix chercherait pour lui.

_ HOOOOOOO, WEILANAAAAAAAAAAA ! T'as oublié ta super arme ! J'TE FAIS PEUR OU QUOI ? T'PREFERES QUE J'LA LAISSE A LA VIE SCO' ?

Il ne se faisait pas trop d'illusions. Entre sa réputation déjà pas très glorieuse et la bonne couche qu'avait du rajouter Isaac, il y avait peu de chances pour que Summer Weilana risque sa précieuse vie en approchant Jordan Evans, le dangereux terroriste, mais comme ça, elle aurait une preuve de sa bonne foi. Non, il ne comptait pas garder cet appareil pour lui.
Il était gentil, hein ?
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Elle écarquilla les yeux. Ah bon ? C'étaient eux qui étaient en train de s'entretuer et c'était elle qui était folle ?! Franchement, au point où elle en était, ils étaient tous les deux fous, aussi bien Emile qu'Isaac. Et elle, la seule personne censée qui avait empêché un meurtre. En exagérant à peine.

Le fait que le leader des populaires lui prenne le bras et lui ordonna de ne pas réfléchir et de courir ne l'aidait pas à comprendre la situation. Et de toute manière elle n'eut pas le temps de protester qu'il l'entraîna de force hors de la salle, comme s'ils se faisaient poursuivre par des assassins. Mais qu'est-ce que c'était que cette histoire ?!

« Isaac, qu'est-ce qu'il se passe ?! »

Elle voulait entendre une réponse, mais la voix d'Emile résonna dans tout le couloir, et son sang se glaça. Son appareil photo ! Plutôt mourir que de le laisser à la vie scolaire ! Elle s'arrêta de courir, forçant Isaac à s'arrêter du même coup.

« Pars si tu veux, moi je laisse pas mon appareil photo ici. »

Son précieux appareil photo qu'elle ne sortait que pendant les grandes occasions. Comment avait-elle pu penser à s'en servir comme projectile ? Elle devait le récupérer, et le récupérer maintenant.

Elle dégagea sa main de la sienne et fit marche arrière, d'un pas assez pressé. Est-ce qu'elle était folle ? Non. Inconsciente ? Sûrement. Avec tout ce qui courait sur le capitaine de l'équipe de basket, elle avait de quoi s'enfuir en courant sans réfléchir. Pourtant, la plupart du temps, tout ce qu'elle entendait à propos de lui venait d'Heather, qui fantasmait — oui "fantasmait" sur lui, le ventant sans arrêt sur sa carrure et ses attitudes de bad boy. Avec ça, c'était assez difficile de voir "Jordan" comme un réel danger.

Summer n'était plus qu'à quelques mètres de lui et son attention se porta sur son flanc en sang. Elle ralentit la cadence. Qui était en tort entre eux deux ? Pourquoi au point de se blesser jusqu'au sang ? L'odeur de métal ne la rassurait pas et elle déglutit péniblement avant d'avancer un peu plus. Lorsqu'elle fut à un bon mètre de distance de la racaille, elle tendit son bras.

« J'vais la reprendre, merci. »

Pour être tout à fait honnête, elle commençait à avoir peur. L'ambiance et le décors glauque du troisième étage ne l'aidait pas d'avantage. Et son regard dériva à nouveau sur son flanc. C'est Isaac qui avait fait ça ? Elle avait franchement du mal à y croire. Et en même temps, elle doutait fortement qu'Emile se soit amusé à se planter quelque chose dans les côtes pour s'amuser. La peur laissa place au doute et à la confusion. Qui était vraiment dangereux ?

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C'est bien ce qu'il pensait.
Elle gardait une distance de sécurité entre eux, comme si il était contagieux ou qu'il allait essayer de l'attraper si elle s'approchait trop près de lui. Fais attention Weilana, je suis un vilain monstre aux grands bras. Son attitude craintive le fit sourire. Pas méchant le sourire, ni moqueur, juste amusé, et peut-être un peu déçu qu'elle ne soit pas suffisamment courageuse pour passer outre les ragots alors qu'elle était la première à savoir qu'ils n'étaient basés que sur des "on dit" ou des suppositions foireuses. Toutes pareilles les meufs, y'avait vraiment que Sam qui sortait du lot, et Sam...Mais ce n'était pas le moment de se perdre dans la nostalgie de leurs mélodieuses engueulades, pour l'heure il devait juste faire en sorte de faire passer Weilana de son côté pour ne pas qu'elle lui pourrisse sa réputation et qu'il finisse perdant sur toute la ligne. Parce qu'il ne sortait certainement pas gagnant de sa petite bagarre avec Isaac. Ce gros s'était enfui comme un lâche, oui, mais il était quand même parti en lui laissant une estafilade qui lui laisserait une marque pendant un bon moment. Une marque, c'était exactement ça, il l'avait marqué et ça, Emile ne le lui pardonnerait jamais. A moins de lui meuler la gueule dans les règles de l'art une autre fois. Jamais deux sans trois comme on dit, après tout. Allez, sois gentille petite demoiselle, fais moi un bisou qui guérit tout, j'ai drôlement mal, au côté et à l'orgueil.

_ Hm, tiens.

Sa seule monnaie d'échange n'était plus dans ses mains. Il lui fallait autre chose, il ne pouvait pas la laisser filer comme ça. Pas marqué assez de points pour avoir l'espoir qu'elle l'épargne dans ses prochains articles, et si Isaac lui remettait le grappin dessus... Non, il ne devait pas la lui laisser.

_ Dis, t'voudrais pas m'accompagner à l'infirmerie ? C'pas que ça pisse le sang mais un peu quand même et si j'm'écroule, c'pas Lance qui va avertir quelqu'un...t'vois ?

C'était sûr ça, si il avait le malheur de se laisser aller à un moment de faiblesse, Isaac en profiterait, d'une manière ou d'une autre. Manières auxquelles il préférait ne pas trop songer. Mais cela n'arriverait pas, il avait Weilana pour s'occuper de lui, en espérant qu'elle accepte bien sûr. De lui servir d'escorte. C'était cela bien plus qu'autre chose qui lui importait, il y avait peu de chances pour qu'il fasse un malaise sur le chemin. Certes, ça douillait, mais c'était pas grand chose, il avait pris bien pire dans la gueule en sept ans passés ici. C'était plus de savoir Lance hors de son champ de vision qui l'inquiétait, et aussi les éventuelles personnes qu'il pourrait croiser. Seul, on l'emmerderait, parce qu'on le connaissait et qu'on savait que même maintenant, il continuait de taper un peu ce qui lui passait sous la main. On lui poserait des questions, et ce serait chiant. Avec Weilana, ce serait plus officiel déjà, moins attendu, les gens se diraient qu'il s'était passé quelque chose de grave, jamais ils ne se diraient que c'était Lance et sa carrure de gonzesse qui lui avaient infligé une blessure aussi moche.
Il lui avait rendu son appareil, sans histoire, en toute amabilité, toute gentillesse. Alors elle allait être gentille aussi, hein ? Il lui adressa un sourire un peu douloureux qui devait plus ressembler à une grimace sympathique et se gratta nerveusement la nuque. Qu'est ce qu'il aurait pu lui dire ? Elle avait l'air du petit chaperon rouge là, et lui le grand méchant loup. N'importe quoi. Et...

_ T'inquiète hein, j'tape pas les filles.
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Summer accueillit son appareil photo avec un profond sentiment de soulagement mais tenta de contrôler ses mouvements pour ne pas paraître complètement folle non plus. Elle passa le cordon autour de son cou en se jurant de ne plus jamais le sortir de sa boîte désormais. Son précieux appareil photo.

« Merci... »

Le ton était méfiant, suspicieux, mais tout de même sincère. Il aurait pu le casser, le garder pour lui faire du chantage, le jeter par la fenêtre, mais non, il le lui avait rendu. C'était déjà ça.

Elle fronça les sourcils quand il lui demande de l'accompagner à l'infirmerie. En soit ça ne la dérangeait pas mais... Si elle le faisait, est-ce qu'on allait pas l'interroger ? Lui demander ce qui s'était passé ? Ou croire que c'était elle qui avait fait ça à Emile ?

... Pffrrrt. Non, ça personne ne le croirait.

Summer jeta un nouveau coup d'oeil vers sa blessure. Ça avait l'air quand même plutôt grave... Elle vérifia qu'il n'avait pas d'arme sur lui et soupira. Elle était trop gentille. Trop crédule.

« Ok. »

Elle s'approcha d'Emile et hésita un moment.

« Euh... Tu as besoin d'un appui pour marcher ou... d'un truc pour stopper le sang ? »

Au vu de sa carrure et de la sienne, elle doutait d'être le support idéal, mais il avait raison : Isaac ne l'aiderait jamais. D'ailleurs, elle n'en n'avait pas fini avec lui... Elle l'interrogerait plus tard.

« Qu'est-ce qui s'est passé, en fait ? »

Pas sûre qu'elle obtienne une réponse... Même pas sûre qu'elle veuille la connaître, à vrai dire.

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La chasse est ouverte [Isaac Lance & Emile J. B. Evans & Summer Weilana]
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