Coeurs à vif [Jiang Li Chen & Adriel Lespérance]

Adriel Lespérance
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J’ai toujours de plus en plus de mal à retourner au bungalow.

Même si Crimson est parti et que, du coup, on étouffe beaucoup moins à deux. Que Jiang n’est certainement pas quelqu’un d’envahissant. Non, c’est pas ça le problème. C’est pas ça. Le problème, c’est moi. Les circonstances. C’est que tout va de travers – et encore, c’est un euphémisme. Ça m’écorche les oreilles m’entendre dire que, tout simplement, tout va de travers. Ma mère s’est pendue. Tout va de travers. Ma vieille folle de grand-mère a tout mis sur ma faute. Tout va de travers. Je lutte autant que possible pour ne pas recommencer à consommer. Tout va de travers. Je me réfugie chez Kai, mais le hic, c’est que je n’ai envie de voir personne. Je n’ai pas envie qu’on me voie. J’ai l’impression d’être transparent, que tout le monde peut voir à travers moi jusqu’à mes organes. Qu’on remarque toutes les fissures de mon être qui sont gravées jusque dans mes os. Alors je fuis. Encore. Je sèche les cours. Je vais là où je sais qu’on va me ficher la paix.

C’est pour ça que cette semaine, j’ai levé mon cul de misérable loque et j’ai cherché. J’ai cherché un petit appart’ sympa où je pourrais emménager. Ça n’a pas été facile, avec mes critères. Deux chambres, meublé, pas trop cher, pas trop miteux. J’ai fini par trouver ce que je cherchais près de l’aquarium d’Arcadia. Mon job de tatoueur à temps partiel ainsi que les quelques œuvres que j’ai pu vendre depuis mon exposition avec Summer me permettent de me le payer. Alors tout est signé. Mon père est sensé s’arranger pour que tout ce que j’ai laissé chez lui arrive à bon port dans deux semaines. Deux semaines. J’vais être tranquille. J’vais être chez moi. Seul. J’en ai tellement besoin, ne serait-ce que pour que je puisse me morfondre sans personne pour me transpercer du regard.

J’en peux plus. On dirait une diarrhée d’émotions. C’est Hiroshima dans ma tête, j’explose, je me répands partout. Pour me retrouver, il suffirait de chercher les petits bouts d’Adriel éparpillés sur mon chemin. C’est le Petit Poucet réinventé. Ce soir, pas d’exception à la règle. J’aimerais dire que depuis l’appel de ma mère, je me suis un peu repris en main. Que j’ai accepté la réalité. Que je reste zen. Mais ça, ce serait mentir, et je me mens déjà bien assez. C’est une véritable descente aux enfers, et j’y peux rien. J’ai pété mes freins, je me vois déraper avec une vitesse ahurissante.

«Elle s’est pendue dans ta chambre. Tu sais ce que ça veut dire, ça, hein? J’espère que tu t’en veux.»

Ouais. J’ai saisi le message. Je m’en veux à mort. Merci mamie, t’as toujours autant de tact. Je dois tenir ça de toi. Ça vient sûrement pas de ta fille, en fait. Tellement douce. Elle avait toujours peur de faire du mal au monde entier. Parlait en sachant que chaque mot pouvait profondément blesser avec sa voix trop calme, sa voix qui semblait perpétuellement endormie. C’était une guenille ma mère, mais une gentille guenille. J’avoue, j’ai été celui qui a causé la déchirure qui lui a été fatale, directement ou non. Mais est-ce qu’elle a seulement déjà su à quel point je suis déjà brisé? Vingt ans seulement et tellement fatigué. C’est pas humain, ça. J’peux pas être aussi usé alors que j’ai à peine commencé à vivre. Je les vois, ces plaies qu’elle a laissées grandes ouvertes, je les vois et je ne sais pas comment les refermer.

Je les bourre avec plein de cochonneries. Avec plein de merde. Ça me donne l’impression que le vide va arrêter de se déverser par mes déchirures. Je voulais me gaver d’ordures encore aujourd’hui pour apaiser les brûlures que les mots de ma grand-mère ont fait sur moi, mais Kai m’a arrêté. Il a décidé que c’était trop. Quelques joints, un verre de whisky que j’ai siroté, et c’est tout. C’est tout, tabarnak. Rien qui risque de m’engourdir bien comme il faut. Rien qui me ferait gerber mon vide. Rien qui me ferait sentir moins mort. Il a insisté pour que je retourne à Volfoni avant que le portail ferme, aussi. Il m’a même reconduit. «T’es pas en état, j’ai pas envie qu’tu crèves bêtement» qu’il a dit. J’aurais pas conduit de toute façon. Je serais resté, mais il a insisté, que j’dis.

C’est pour ça que je regarde la porte du bungalow sans rien faire. Je reste planté là comme un con. J’espérais que Jiang dorme déjà, mais les lumières sont allumées. J’veux pas le voir. J’veux pas l’entendre. J’veux juste m’écraser sur mon lit et ruminer. Profiter de ma tête qui tourne, de mes pensées confuses. Par pitié, j’veux pas parler. La boule dans ma gorge m’étouffe. J’ai peur de sa réaction, mais il va bien finir par savoir que je fiche le camp. Il va bien finir par l’apprendre. Je me résigne quand même. J’vais quand même pas dormir sur le pied de la porte comme un chien galeux.

J’ouvre et entre. J’ai pas idée du vacarme que je fais en tentant seulement de fermer doucement la porte sans succès. En jetant mes bottes par terre. En titubant jusqu’à mon lit pour m’y échouer dans un soupir soulagé. J’ai jamais vraiment conscience d’être dérangeant ou bruyant quand j’ai bu. Je me retourne péniblement pour voir Jiang qui me fixe. Qui me regarde et qui voit que j’suis pourri des pieds à la tête. Qui remarque toutes mes fissures, on dirait. Arrête, faut pas que tu regardes. C’est laid. C’est douloureux. Arrête-moi ça. Criss, arrête. Je ferme les yeux pour ce qu’il me semble une éternité avant de les rouvrir.

-‘Soir, que je finis par avoir la force de lâcher.

On dirait plus un râle qu’un mot.

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Jiang Li Chen
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Coeurs à vif
Feat Adriel





J'ai de plus en plus de mal à rester dans le bungalow. Seul.

Je me sens tellement seul. Vide. Il me manque quelque chose maintenant qu'Adriel ne vient plus. Qu'il me fuit. Maintenant que Crimson est parti, il n'y a plus que nous. Mais nous, actuellement, se résumé à moi. Et à moi seul. Je me sens tellement vide depuis qu'il n'est plus là. Putain... Pourquoi je tombe toujours amoureux au mauvais quelque chose ? Mauvaise personne avec Robin... Mauvais moment avec Adriel. Putain. Je devrais arrêter de tomber amoureux... Peut-être que ce serait de loin la meilleure solution pour moi... Mais... Mais c'est tellement difficile pour moi... Je ne sais pas aller contre mes sentiments. Je n'ai jamais su. Jamais. Déjà, avec mon premier... Mon cœur a été plus que piétiné. Avant Robin, déjà. C'était un des mecs qui faisaient de la gymnastique avec moi. Plus viril que moi. Même à l'époque. Je faisais déjà brindille. Jeune fille en fleur. Ou presque. Et lui... Et lui il faisait déjà tellement homme à ce moment. Tellement viril. Surtout pour un gymnaste. Je voulais pouvoir me lover contre son torse. Me rassurer contre lui... Et je le lui ai dit. Je lui ai dit que je l'aimais. Il m'a sourit, gentiment. Et tapoté sur la tête. Et c'est tout. Pendant un temps. Puis il est revenu vers moi. Parce qu'il avait besoin de quelque chose. Et comme je l'aimais, je pouvais bien faire ça pour lui, pas vrai ? Alors je l'ai fait. Une première fois. Puis une deuxième. Et encore une. Et encore. Encore. Je sombrais peu à peu dans une relation de dépendance totale à lui. Si mon meilleur ami ne m'avait pas remis sur le droit chemin... S'il ne m'avait pas permis de me rendre compte qu'il se servait de mes sentiments pour lui... Qu'il ne m'aimait pas... Sans doute que je serais encore attaché à lui...

Comme Adriel m'a sauvé de Robin. Ca a toujours été comme ça. J'ai toujours eu besoin de quelqu'un à mes côtés. Et de quelqu'un dans mon cœur. Parce qu'il ne supporte pas d'être seul. D'être vide. Mon cœur est comme un inséparable qui ne peut pas vivre sans sa moitié. Et la sienne, c'est l'amour. Et putain... Ca fait mal. Ca fait même trop mal d'aimer. J'en ai marre. Pendant un moment, j'ai regretté de ne pas être plus comme Salva ou Robin. Vu de l'extérieur, de loin, ils n'ont pas l'air de s'encombrer de sentiments. Ne serait-ce que pour coucher. Moi j'en ai besoin. J'en ai toujours eu besoin. Et ça me bouffe. Lentement. Sûrement. Comme un verre fait son nid dans une pomme pour s'y lover et y construire son petit nid. L'amour me détruit à petit feu. J'aime Adriel. J'ai fini par voir les choses en face. Je l'aime. Sans doute plus que je n'ai pu aimer Robin. Pour Robin, j'avais besoin d'aimer. Avec Adriel, j'ai besoin d'être aimé. Et je sais qu'actuellement... il ne pourra pas m'aimer. Et ça me détruit. Le voir dans cet état... disparaître... s'éloigner... fuir... ça me ronge.

Surtout que je ne peux rien faire pour lui. Il ne vient pas me voir. Il n'accepte pas ma présence. Comment est-ce que je pourrais faire quoique ce soit pour lui ? Ca ne sert à rien. Je ne veux pas m'imposer à lui. Mais j'ai besoin de lui...

Ce soir encore, j'attends. J'attends sur mon lit, assis. Dans l'espoir de le voir franchir cette porte. Qu'enfin il revienne. Qu'il me sourit. Douce idylle qui m'aide à tenir. Il ne reviendra pas. Il ne me sourira pas plus. Pourquoi est-ce qu'il ferait ça, hein ? Pourquoi s'encombrer d'un poids comme moi... ? Je sers à rien... Je suis juste une victime qu'il faut sauver... Et pourtant, la porte s'ouvre. Et Adriel entre. Je le regarde un moment. Je le fixe. Je m'assure de ne pas rêver. Mais non. Il est bien là. Adriel est revenu...

-Adriel...

Je n'ai pas la force de me redresser. Je continue de le regarder. Le voir dans cet état me fait tellement mal... C'est la première fois que je le vois comme ça. Je sais que c'est dur pour lui... C'est dur pour moi. Le voir comme ça. Si mon cœur n'était pas entièrement en miette, maintenant, il l'est. Ravagé par l'amour. Stupide chose. Pourquoi tu ne raisonnes pas, comme mon cerveau ? Si le chevalier en fer blanc cherche toujours un cœur, je suis prêt à lui céder le mien. Je ne sais plus quoi en faire.

-Je sais que tu ne veux pas parler. Je ne te l'imposerai.

Non. Jamais. Jamais je ne pourrais t'imposer quoique ce soit. Si tu veux que je disparaisse, je disparaîtrais. Si tu veux du silence, je me tairais. Si tu veux m'oublier, je m'effacerais. Mais si jamais... si jamais tu me veux à tes côtés. Comme ami, comme larbin, comme n'importe quoi... je t'en prie... dis-le moi...

-Je...

Que dire ? Que faire ? Je suis perdu. J'ai envie de pleurer. De rire. De l'enlacer. Je crois que c'est la première fois que je suis aussi perdu. Que je ne sais pas comment faire. Et surtout, quoi faire. Je suis démuni. Inutile. Je ne peux rien faire pour Adriel. Rien... Juste dire des inepties.

-Je serais toujours là pour toi...

Ne l'oubli pas Adriel. Si tu as besoin de quoique ce soit, demande. Je dirais toujours oui. Je répondrais toujours présent. Je sais que tu traverses une période difficile. La perte d'un proche, ce n'est jamais une chose aisée. Je ne pourrais pas dire que je comprends, je ne connais pas ça. Je ne suis pas passé par là. Et c'est aussi pour ça que je me sens aussi démuni. Je suis en terrain inconnu. Comme après ma chute. Quand on m'a dit que je ne pourrais peut-être jamais reprendre la gym. Que je devrais recommencer à suivre des études normales, dans un lycée normal. Tout quitter. Recommencer à zéro. C'est aussi ce qu'il doit vivre. Peut-être. Je ne peux pas être sûr. Et tant que je ne comprends pas... Je ne peux rien faire...

-Mais... S'il te plait... Ne te détruit pas...

Tu m’entraînerais dans ta chute...






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J’ai même pas la force de soutenir son regard trop sincère. Son regard qui me poignarde direct dans le cœur de mon âme. Ouais, mon âme a un cœur, on dirait. Enfin, si seulement l’âme existe, ce que je doute réellement. J’enfouis mon visage dans mon oreiller pour ne plus avoir à voir ses yeux qui me scrutent avec une tristesse trop cruelle. Je fais semblant de ne rien voir, de ne rien entendre. Comme quand ma mère avait ses crises de larmes qui duraient ce qui me semblait être un millénaire et demi. C’est à cause d’elle si j’suis devenu aussi doué pour ignorer la peine et la douleur des autres. Ma mère a été mon entraîneuse. Et pourtant, j’entends quand même Jiang. Je l’entends me parler et moi, j’me dis que je dois avoir l’air d’une grosse autruche à me foutre la face dans mon oreiller comme ça. Ça tombe bien, j’fais souvent l’autruche. J’aime avoir la tête dans le sable, me mentir, faire comme si rien ne clochait. C’est plus rassurant qu’admettre que j’ai aucun câlice de contrôle.

Je sais que tu sais que j’veux pas parler. Par contre, tu sais pas qu’en me causant avec ta petite voix brisée, ta voix de chien battu, tu vas finir par m’y forcer. T’essayes de me consoler et ça va faire fissurer mon armure. J’veux pas que tu penses que j’te déteste. C’est pas vrai, ça. C’est pas vrai. C’est pas que j’veux pas te parler à toi spécifiquement. C’est que j’veux pas parler, point-barre. C’est pas que j’veux t’éviter. J’évite tout le monde. J’éviterais Kai aussi, mais la différence entre lui et toi, c’est qu’il ne me fait pas sentir coupable d’être une loque. C’est pas de ta faute, tu veux pas que j’me sente coupable. Le savoir ne m’en empêche pas.

Je finis par me retourner, puis m’asseoir sur le lit. Le monde tangue autour de moi et je vacille légèrement. Peut-être que j’ai plus bu que ce que je pensais. Que le weed était plus fort que d’habitude. J’sais pas. J’sais plus rien. Je passe mes mains dans mon visage en essayant de repousser les cheveux qui me tombent devant les yeux sans grand succès. Je devrais faire pousser ma frange. Elle m’énerve. Trop courte pour rentrer dans une queue de cheval avec le reste de mes cheveux. C’est con. J’sais même plus pourquoi je l’ai fait couper. J’écoute Jiang bafouiller d’une oreille distraite. «Je serai toujours là pour toi», qu’il dit. Ils disent tous ça. On me l’a souvent servie, celle-là, et ça n’a jamais été vrai. Au final, tout le monde a toujours fini par me laisser tomber. Toujours. Peut-être que j’suis juste insupportable. Qu’on se lasse de mes conneries. Peut-être qu’être seul, pour moi, c’est devenu une fatalité à laquelle j’suis devenu trop habitué.

J’veux pas lui dire que j’le crois pas, alors je me tais. C’est ça Adriel, c’est bien. Au lieu de dire des bêtises blessantes, ferme ta gueule. Je garde mes yeux clos dans l’espoir que ma tête tourne un peu moins, juste un peu. J’crois que j’aimerais être sobre, en ce moment. Je sais que j’pourrai pas me retenir de dire des âneries. Le filtre que j’impose normalement entre mes cordes vocales et ma tête disparait presque totalement aussitôt que je bois. Je le sais et je le fais quand même, sûrement parce que dire tout ce que je tais trop souvent fait un bien fou, une fois de temps en temps. Ça fait de la grosse merde, ça fait une tempête de merde, un tsunami de merde, mais en même temps ça me libère d’un certain poids. Je sais d’avance que ce soir, je vais dire des choses que je risque de regretter  plus tard. J’me connais trop bien.

La dernière phrase que Jiang prononce me fait rouvrir les yeux. Je sens mon cœur se serrer en entendant sa supplique. Elle me rend à la fois triste et en colère. J’suis à ce point transparent? On peut voir aisément que je me laisse dépérir? Que je préfère couler? J’avoue que j’essaie même pas de le cacher. Que je m’en fous comme de ma première bière. À vrai dire, trop peu de gens s’en soucient, et j’aimerais presque que mon coloc’ n’en ait rien à chier. Après tout, qu’est-ce qu’il sait réellement de ma vie, de mes expériences? Presque rien. Comme tout le monde.  Il sait pas que j’ai déjà été pire. Bien, bien pire. Il m’prend pour qui? Oui, j’ai mal, mais j’ai mes façons de gérer, putain. La douleur va passer. Le deuil va m’engourdir et je vais m’en retrouver encore moins sensible, voilà tout. Qu’on me laisse souffrir. Qu’on me laisse me détruire. Si j’suis assez fort, j’vais m’en sortir. J’sais pas pourquoi, mais j’ai envie de lui dire d’aller bouffer un char de merde. J’veux envoyer chier le monde entier.

Je me lève sans trop tituber – un point pour moi.  Je le fixe. C’est pas en faisant semblant qu’il existe pas et que j’entends rien que tout va se régler, donc je le lâche pas des yeux, marche jusqu’à lui et me laisse tomber sur ton lit en soupirant. Tout ce que j’ai envie de dire va faire de moi un fucking douchebag, donc j’opte pour le moindre des maux.

-Qu’est-ce que ça peut te faire? que je dis d’une voix posée. En quoi la manière dont je vis ma vie te regarde, est-ce que tu veux m’expliquer ça, hein?

J’aurais eu envie de le gueuler, mais j’ai préféré garder mon calme. Y’a pas le feu. Y’a pas de bagarre.

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Il fuit. Son regard fuit. C'est pour ça qu'il se cache la tête sous son oreiller. Pas par honte -Adriel n'a pas honte- mais il fuit. En fait, si, Adriel peut avoir honte. Mais en cet instant, j'en ai rien à foutre. Parce que le voir qu'il m'éviter, même en étant dans la même pièce que moi me fait encore plus mal que de ne pas le voir du coup. Il évite le contact visuel. Pourquoi? Mes yeux ne sont pas des fusils prêt à dégainer et à le descendre que je sache. Et puis de toute façon... je ne pourrais jamais faire ça. Et il le sait. C'est aussi pour ça que ça me fait mal. Parce que j'ai l'impression qu'Adriel ne me connait pas. Ne me comprends pas. Pas quand il a des réactions comme celles-ci...

Je soupire doucement... Et j'inspire profondément. Et là, je le sens. L'alcool. Je ne supporte pas cette odeur. J'bois pas des masses. Une bière, de temps en temps. Mais pas au point de sentir l'alcool pour Adriel actuellement. Je n'en vois pas l'intérêt. Agir sans réfléchir et regretter ensuite. Demander pardon parce qu'on était plus responsable de ses actes. Mais en même temps, c'est toi qui l'a choisi ton état, mon chou. Alors ne te plains pas. Tu n'en as pas le droit. Après, je ne suis peut-être pas très objective. Mon premier copain buvait pas mal. Et ça c'est mal finit. J'ai été trop gentil. Je suis une bonne prune. Ca a été pareil avec Robin. Y a sans doute un moment où ça va aller... Mais là... C'est Adriel. Je sais que je ne lui en voudrais pas. Quoi qu'il arrive. Je soupire doucement. Je suis vraiment trop gentil par moment.

Il finit par me faire face. Par s'assoir sur le lit. Je souris. Gentiment. Je sais si bien le faire... Je ne suis même pas sûr qu'il me regarde. C'est un réflexe. Je suis programmé pour sourire. Merde à la fin. Il tangue. Je m'inquiète, mais je ne bouge pas. Pour quoi faire? Il va me dégager bien comme il faut. Je suis gentil. Pas couillon. Je finis de parler. Ca le fait chier. Ca me fait chier, en fait. Je suis mort d'inquiétude envers Adriel. Mais aussi en colère. Contre lui. Contre moi. Contre tout. Contre rien. Je ne sais pas. C'est la première fois que je suis dans un état pareil. J'ai envie de rire. De pleurer. De le prendre dans mes bras. De l'embrasser. De le gifler. De coucher avec lui. Je ne sais pas ce que je ressens.

Je le vois se lever. Je m'inquiète. Mais je n'interviens pas. J'ai pas à le faire. Je le regarde. C'est tout. Droit dans les yeux. Je ne souris pas. Pas cette fois. Le temps n'est plus aux sourires. D'façon, dans la situation actuelle, pourquoi je sourirais au juste? Aucune raison. Aucune. Je le regarde. Il se laisse tomber. Normal vu son état. Et il espère faire quoi au juste...? Je frissone en entendant sa voix. Sa phrase. Il a raison. Enfin, il a raison, parce qu'il lui manque une donnée de l'équation. Il ne sait pas que je l'aime. Enfin, il doit s'en douter. Mais pas à ce point. Il ne sait pas exactement ce que je ressens. Et c'est là qu'est le problème. Est-ce que je dois le lui dire, pour qu'il comprenne? Ou pas? Le moment n'est pas choisi. Mais en même temps... A part maintenant, ce n'est pas dit que j'ai à nouveau la possibilité de le faire. Et puis. Je DOIS le lui dire. Je n'ai pas le choix. Alors maintenant ou plus tard... Ce sera toujours la même corvée...

-Merde...

Je soupire, et je m'assois sur un bout de mon lit sur lequel Adriel n'est pas étalé. Et je fixe le sol entre mes pieds. Je dis quoi maintenant moi? Je fais quoi? Je sens les larmes qui coulent sur mes joues. Merde. Je me sens tellement con. Je sanglote. Non. Je fonds en larme. Et j'me fous complètement d'Adriel, et qu'il comprenne. S'il me touche en cet instant, je sais que je vais le dégager. Comme s'il m'avait brûlé. Je soupire. Je respire. J'essaye de me calmer. Il le faut. Je ne pourrais pas parler dans cet état...

-Adriel... Ecoute... Ecoute-moi. Mais ne parle pas. Je ne veux pas que tu parles pendant que je le fais!

Sinon, je vais encore craquer. Mais il n'a pas besoin de le savoir. Il faut juste que je me concentre. Juste un instant. Pour lui dire.

-Tu vas me dire que malgré ça, ça ne me concerne pas quand même. Mais je m'en fou... Si tu savais combien je m'en fous Adriel. Je sais que tu ne diras jamais ce que je veux entendre, mais fuck. J'ai besoin de te le dire. Et je pense que malgré tout, tu as besoin de l'entendre. Je t'aime Adriel. Pas comme on aime un ami. Pas comme on aime un frère. Comme on aime un amant. Comme j'ai cru aimé Robin. Je t'aime, toi, Adriel Lespérance. Et si tu t'auto-détruit, un morceau de moi aussi va se briser. Alors oui, tu t'en fous. Ta façon de vivre n'a pas a influencer sur la mienne. Je ne te demande rien. Tu voulais une raison. La voilà. Maintenant, si tu préfères, j'peux aller dormir ailleurs cette nuit, et toi, tu pourras rester là à te morfondre sur toi-même!





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C’est ça. Je le vois. Son sourire s’efface peu à peu jusqu’à disparaître complètement après que j’aie prononcé ces mots. Lorsque Jiang perd son sourire attendrissant, c’est sérieux. J’aurais sincèrement voulu défoncer la gueule à quiconque lui ferait perdre sa bonne humeur. Ouais parfois, elle m’agace. Elle m’agace parce qu’il reste toujours là, à déborder de gentillesse et de positivité et que moi, je fais la gueule. Mais elle fait partie de lui. Au fond, s’il est aussi adorable, c’est un peu grâce à ça. Et je fais quoi maintenant, hein? Je me trouve un peu con. Je savais que ça allait le blesser. Qu’il n’allait pas trouver ça marrant. Qu’il allait le prendre mal. J’avais besoin de lui faire signifier qu’il ferait mieux de se mêler de ses oignons et j’assume même pas. Je détourne les yeux. J’ai envie de disparaître. Je prends une inspiration tremblante, dégageant à nouveau ma frange de mon visage. Il m’faudrait une clope. Putain qu’en grillerais une. Je fixe le mur d’en face en agrippant les draps. Quand j’suis nerveux, le manque de nicotine se fait urgent. Ça me démange presque. Ces temps-ci, j’en suis pas loin d’un paquet par jour. Tu vas crever du cancer du poumon, mon grand.

L’air que je respire est lourd et la chaleur de la Floride m’étouffe plus que jamais. Faut que je sorte fumer. Je sais plus où j’en suis, où je devrais être. N’importe où sauf ici. C’est à peine si je remarque que Jiang est toujours à côté de moi, et c’est l’éclat de sa voix qui me sort de mon hébétude. Je redirige mon attention vers lui. Quoi? Il me veut quoi, là? Ben non, je parle pas, tu vois. Je t’interrompt pas, calme-toi bordel. Calme-toi. Je cligne lentement des yeux, puis remarque les larmes qui coulent en torrent sur ses joues. Depuis quand pleure-t-il? C’est moi qui l’ai fait chialer comme ça? Je fronce les sourcils, ouvre la bouche dans le but de débiter une rafale d’excuses inutiles, mais la referme aussitôt. Il m’a dit de la fermer. Je vais la fermer. J’essaie de l’écouter du mieux que je peux et, honnêtement, ce que j’entends me fait passer à travers tout un spectre d’émotions différentes.

Non, non, non, non. Non. Juste non. J’avais pas besoin de l’entendre, mais alors pas du tout. C’est la dernière chose que j’aurais aimé qu’on me dise en ce moment. Et qu’est-ce que ça devrait me faire, au juste? Je devrais arrêter d’avoir mal pour ne pas qu’il souffre? Et puis quoi encore, hein?  J’peux pas me porter garant de l’état de ceux qui m’entourent quand tout ce dont j’ai envie, c’est de disparaître, devenir transparent, invisible. Ne plus exister ne serait-ce que l’espace d’un instant. J’y peux rien, j’y peux foutrement rien. Être fort pour les autres, ce n’est qu’une illusion, la plus grosse des conneries. La preuve, ma mère n’a jamais pu être forte pour moi. J’ai essayé de l’être pour elle, et voilà le résultat. Voilà le putain de résultat.

Il comprend pas. Il comprend rien. Je peux rien offrir. Ça me fout la trouille et l’Amour avec un grand A, je le fuis. Je suis un couard. J’suis pas en mesure d’aimer quiconque, surtout pas en ce moment. Surtout pas là, Jiang, tu piges pas? J’ai trop blessé, et on m’a blessé en retour. Je ne peux pas oublier Jake, et je l’oublierai sans doute jamais. C’est l’homme que j’aime qui m’a ouvert le cœur à mains nues. J’ai pas envie d’aimer, et je me connais assez pour dire que je suis incapable de me donner à quelqu’un d’autre que lui. Pas pour l’instant. Je me lève brusquement, vacille, puis retrouve mon équilibre. Je sors une clope du paquet que je garde toujours dans mes poches et l’allume.

-Tu m’excuseras. J’en ai besoin.

C’est ça, c’est ça, respire ton poison. C’est de la grosse merde, mais ça fait un bien fou. Je le regarde pleurer en me disant qu’il m’aime, et je me sens presque cruel de me dire que moi pas. Pire, je me dis qu’il ne m’aime pas réellement. Jiang, c’est un dépendant affectif. Il va se raccrocher à la première personne qui lui démontre de l’affection et se croire amoureux. C’est triste. C’est pathétique. J’peux pas répondre à ça.

-Tu crois que t’es amoureux de moi, Jiang, mais c’est pas le cas, et tu vas t’en rendre compte. Tu confonds tout. Ouais, j’suis ton ami et j’ai de l’affection pour toi. Ouais, on a déjà couché ensemble. Pas souvent, mais bon. Tu te raccroches à moi, voilà tout. Et même si c’était le cas, t’as vraiment envie de m’aimer? Fuck, regarde-moi. J’suis un véritable nid à problèmes. J’te l’dis, t’as pas besoin de ça. T’as pas besoin de te faire tirer vers le fond par une loque humaine.

Je me rassois, incapable de tenir debout plus longtemps. J’ai la tête qui tourne. J’ai trop de choses à dire, des choses que j’aurais préféré qu’il n’entende jamais. Maintenant, faut que ça sorte alors qu’il sanglote. Je tire une nouvelle latte et fais comme s’il ne voyait aucun problème à ce que je fume à l’intérieur alors que je sais qu’il déteste ça.

-De toute façon, j’peux pas t’aimer. Pas de cette manière-là. Tu m’en vois désolé, mais j’peux juste pas. J’ai pas besoin de ça, j’ai pas envie de ça. J’aime déjà quelqu’un, et j’ai l’impression que ça me draine toute mon énergie. Moi aussi, j’ai mangé mon lot de merde en amour.

Au cas où tu le savais pas, mon cher.

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Jiang Li Chen
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Coeurs à vif
Feat Adriel




Je savais comment tout cela allait finir. Je le savais depuis le moment où j'avais ouvert la bouche pour commencer à parler. C'était foutu. Mais là... J'en avais besoin. J'avais besoin de parler. De dire ce que je ressentais. D'être égoïste, pour une fois. Juste, pour une fois. De dire ce que j'avais sur le cœur. De me relâcher. Et pas seulement par mes larmes...

Je crois... ? Je... Crois ? Parce que pour lui, je n'étais pas foutu de savoir ce que je ressentais ? Sérieux. Je sers le poing... Et je préfère me taire. Parce qu'actuellement, mes mots dépasseraient ma pensées. Je m'accroche à lui ? Normal si je l'aime, non ? Mais je reste silencieux. A me mordre la lèvre jusqu'au sang. Je l'écoute jusqu'au bout. J'attends qu'il finisse. Pour être sûr de ne pas faire de connerie. Je l'écoute jusqu'au bout. Malgré mes larmes, je souris. Histoire de faire genre. Et pourtant, je n'ai pas envie de sourire. Pas du tout. J'ai vraiment l'impression d'être le dernier des imbéciles. Qu'il me prend pour une pré-adolescente, une midinette pas foutue de savoir ce qu'elle éprouve. Je savais qu'il allait me rembarrer. C'était évident. C'est pour ça que je préférai garder le silence. J'avais imaginer cette situation plus d'un millier de fois, à chaque fois différente. Mais jamais, JAMAIS, je n'aurais pu penser qu'il réagirait comme ça. Mon cœur s'asséchait peu à peu. Adriel venait de me décevoir. Profondément. Viscéralement. Et ça me faisait chier. Si même lui réussirait à me décevoir, alors je n'avais plus rien à attendre de personne. Je pensais le connaître. Vraiment. Mais peut-être voulais-je seulement le croire. Qu'importe maintenant. J'étais allé trop loin. Je ne pouvais pas accepter ça. Mais en même temps... Je ne pouvais pas lui en vouloir non plus. Je l'avais cherché. C'était de ma faute. Uniquement de la mienne. Je ne pouvais qu'encaisser et me taire. Mais là... C'était trop dur. Beaucoup trop. Cette fois...

-En fait, je te connais moins bien que je le pensais. Et toi, aussi, si tu en arrives à croire que je me leurre sur mes sentiments...

Je me redresse pour quitter mon lit. Je tremble encore de tout ce qu'il m'a dit. Mais là, c'était trop. Je ne pouvais pas rester là. J'avais besoin de sortir. De respirer. De... Je ne savais même pas en fait. D'être ailleurs, tout simplement. Inspirer. Expirer. J'attrape mon sac qui traîne dans un coin, et j'essuie rageusement les larmes qui coulent encore sur mes joues. L'odeur de la cloque m'étouffait. Sans compter tout le reste. J'avais l'impression d'être l'héroïne d'un film de série B. Sauf qu'il n'y aura pas de Happy End pour moi. Tant mieux. Peut-être que j'apprendrai enfin la leçon comme ça... C'est beau l'espoir, pas vrai... J'enfile ma veste. Il fait quand même froid dehors, en ce moment. Je ne peux pas rester ici. J'ai l'impression d'étouffer.

-Je vais passer la nuit dehors.

De toute façon, tu ne vas pas chercher à me retenir. Je le sens. Heureusement. Je crois que là, je ne le supporterais pas. J'ai aucune idée d'où je vais dormir. Et je m'en fou en fait. Je ne dormirai sans doute pas. J'irais me poser dans un coin du campus pour pleurer toutes les larmes qu'il peut me rester. Après quoi, je ne pleurerai plus. Pas pour un autre garçon. Entre Robin et Adriel, j'ai eu mon compte. Il est temps de passer à autre chose. Définitivement.




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Coeurs à vif [Jiang Li Chen & Adriel Lespérance]
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