La carte s'il vous plaît. [Raffaela De Palma & Jushirô Himeruya]

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  La carte s'il vous plaît.   - Jushirô


Le dilemme d'une femme. De tout âge, de toute période, la question la plus importante en début de soirée est «  Que mettre ? J'ai plus rien à me mettre. »

Et pourtant, malgré une armoire bien remplie de vêtements qui lui vont tous, Raffaela a déjà passé une demie heure, vêtu de sa serviette. Réflexion, essayage, elle à envie d'être classe ce soir.  Comme d'habitude mais cela n'est qu'un détail. Un détail. Les cheveux ruisselant encore de la douche précédente, elle fixe un ensemble noir et blanc. C'est en fait un pantalon de tailleur qu'elle agrémente d'une chemise blanche. Des manches mi-courtes aux boutons nacrés. Dans le même temps, elle sort une paire fermée d'escarpins en satin noir. Elle aime beaucoup les talons. Cela l'a grandit. Elle complexe alors un peu moins sur sa taille.

Ce choix posé sur le lit, elle entreprends de s'habiller. La musique du dernier album de Melody Gardot dans son appartement, elle sifflote tout en passant les pieds dans le pantalon. Au moment de le boutonner, elle se rends compte qu'elle a quelque peu maigris depuis qu'elle l'a sortis du magasin. Un sourire de vainqueur se grave sur son visage. Elle ne faisait pas attention à sa ligne, cependant, tout gramme perdu n'est plus à perdre.

Donc, reprenons, Pantalon, chemisier blanc. Pour accessoiriser ça, elle prend, pendu au bout de son lit, un ruban noir, lui aussi. Le passant à son cou comme une cravate, bien plus lâche que celle-ci. C'est le moment du coiffage et du maquillage. Tout cela assez rapidement car c'est ce quelle fait tout les matins. La voilà donc prête. C'est d'ailleurs ce que lui indique la montre à son poignet. Dix huit heure trente. A dix neuf heure, elle doit être au restaurant. C'est donc là qu'elle se rends. Passant une veste noire sur ses épaules, elle prends son sac et téléphone et passe le pas de la porte.

Sur le chemin, elle envoie un message à son rendez vous.

    «  N'oublie pas l'heure, je t'attends.  »

Elle aimait le charrier sur son âge et Alzheimer qui débarquerait bientôt. Un comportement un peu enfantin mais c'est agréable de temps à autre.  Un vent du sud s'amuse entre les bâtiments, la refroidissant rapidement. C'est frissonnante qu'elle arrive devant le restaurant. La salle, est presque pleine. Du coin de l’œil, elle remarque une table pour deux, libre. Passant le pas de la porte, un tintement faisant remarquer ça, un serveur l'aborde. Raffaela, éternellement souriante lui dit qu'elle devrait avoir réservée. Au nom d'Himeruya.

    «  Bien sur, suivez moi ».

Elle n'allait pas attendre sur le pallier. Elle suivis le serveur tandis que dans son dos, la cloche sonne de nouveau. Entraînant avec elle un courant d'air froid qui la fit de nouveau frissonner.
Jushirô Himeruya
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« Rien n'est laissé au hasard.


Trois cent quarante mille dollars.
Trois cent quarante mille dollars, c'était le prix que lui avait coûté la Murciélago Roadster dans laquelle il roulait. Un bijou de luxe qui tapait sa pointe à trois cent trente kilomètres/heure si on lui laissait la possibilité de le faire. L'un des piliers de la haute-couture automobile. Une carrosserie flambant neuve, un nez exubérant et plein de caractère, un cul sublime, des lumières parfaites. Le summum de la technologie. Le net plus ultra de la route. Les sièges de cuir noir et le tableau de bord électronique habillé de bois. Élégante et distinguée. Décapotable aux portières en élytre et à la coupe d'acier. Une merveille.
Difficile à croire qu'elle aussi pouvait subir les embouteillages. Malgré tout, elle ne volait pas. C'était une voiture à trois cent quarante mille dollars, et c'était une voiture qui ne volait pas. Putain.

Il avait beau vouloir être zen, ça devenait très compliqué. Une heure et demie bloqué sur la route, ça change un homme, et en l'occurrence, Jushirô était en train de changer. Violemment. Son front vient percuter le volant, évitant soigneusement d'appuyer sur la manette du klaxon. Les Pixies jouaient dans son poste radio mais en vain, ne parvenant pas à le calmer. Il avait rendez-vous, et devait s'y rendre le plus vite possible. Il avait menti à Aeviera pour avoir la soirée libre. Les enfants étaient chez leur baby-sitter, tandis qu'apparemment, sa femme sortait avec des amies. Sauf que Jushirô savait qu'Aeviera n'était pas très sociable, et que des amies, elle n'en avait pas beaucoup. Pour ne pas dire qu'elle n'en avait pas. Quoi qu'il en soit, elle le croyait en dîner d'affaires avec un coatch de baseball particulièrement intéressé par l'équipe masculine de l'académie. Ça passait très bien.
Raffaela, il ne tardera pas.

Qu'à cela ne tienne, c'était sans compter sur la sortie des bureaux et les gens qui décident de rentrer chez eux. Il y avait un monde fou, et ça n'avait pas l'air de vouloir changer de forme. Des voitures, à perte de vue. Pourtant, ce n'était pas comme si Aitkin était une grande métropole. C'était d'ailleurs pour cela que Léopoldine avait choisi de construire son établissement dans les parages. C'était calme. C'était sans compter l'évolution et la modernisation. Dur, très dur de vivre dans son temps. Trois cent quarante mille dollars et c'est pas foutu de pouvoir rouler. Bonté divine, qu'il en avait marre.
Sur le siège à côté de lui, une rose encore en parfaite santé et un petit paquet cadeau. Une rencontre, et L'insoutenable légèreté de l'être, Kundera. Parce qu'elle aimait Kundera. En fait, il n'en savait trop rien. Mais du peu qu'il la connaissait, il savait qu'elle aimait lire. Et Kundera, c'était pas trop mal. Donc, Kundera. Et puis voilà. Il s'agissait simplement d'arriver jusqu'au restaurant, maintenant. Black Francis s'égosillait et le directeur se laissa entraîner, se mit à chantonner en battant la mesure avec ses paumes sur le volant. La voiture d'en face se mit à avancer. Un peu. L'embrayage s'affola et Jushirô crut mourir lorsqu'il vit la ruelle à droite libre. Plus qu'un petit mètre, et il pourrait tourner. Tourner, et prendre un chemin certes plus long, mais complètement vide. Tout le monde pensait qu'il s'agissait d'un cul de sac, c'était faux. Il l'avait appris à ses dépends alors qu'il s'était perdu. Depuis, il avait retenu. Il suffirait de prendre à droite, de continuer tout droit pendant cinq minutes à peu près, de retrouver la nationale et de rouler, tranquillement, jusqu'en centre ville. Là, il se garerait dans le parking souterrain et pourrait se rendre jusqu'au Jardin des Sens, à pieds. Grande épopée. Il attrapa son téléphone qui vibrait, regarda le SMS qu'il venait de recevoir. N'oublie pas l'heure, je t'attends. C'est pas comme s'il pouvait l'oublier, l'heure. Et le mètre fut parcouru.

Trois minutes de retard, et il n'était pas garé. Trois minutes de retard, il en fallait cinq pour être poli, il lui restait deux minutes. Il roula quelques mètres dans l'avenue dudit restaurant, passa juste devant, elle n'était pas là. Sans doute déjà attablée. Miracle, il trouva une place libre pile à côté de l'entrée, sur le bas-côté. Tant pis, pas le temps de trouver mieux. Le créneau parfaitement maîtrisé, il sortit de la voiture et ne claqua surtout pas la porte, se pencha pour attraper portefeuille, clefs, rose et cadeau, et courut jusqu'à l'entrée.
Le serveur trouva un homme exténué, chargé comme un âne, à bout de souffle et le sourire aux lèvres. Malgré tout.

- Bonsoir ! Au nom d'Himeruya, je vous prie.

Il tourna la tête et la vit. Mademoiselle De Palma, rayonnante. Comme à chaque fois. Le serveur lui indiqua la table, Jushirô se contenta d'un signe de main pour lui faire comprendre qu'il avait mis la main sur son trésor.
Sur la table, il y avait un millésime de premier choix.

- On ne se refuse rien, ce soir, à ce que je vois.

Il déposa son chargement à côté de son assiette, rangea clefs et argent dans la poche de son manteau, se pencha sur ses lèvres pour les cueillir et finit par s'asseoir.

- Comment vas-tu ? Je suis navré du retard, il y avait un de ces monde sur la route...
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Elle n'allait pas attendre sur le pallier. Elle suivis le serveur tandis que dans son dos, la cloche sonne de nouveau. Entraînant avec elle un courant d'air froid qui la fit de nouveau frissonner. Comme elle le pensait, le serveur lui indiqua la table libre dans un coin pas très entouré. Arrivée à celle-ci, elle remercia l'homme et s'installa tranquillement. A sa montre, les aiguilles lui indiquent qu'il est bientôt dix neuf heures, dans quatre minutes. Une brève avance qui serait certainement compensés par un retard. Elle sourit.

Raffaela pose la main sur la carte des vins, avachie sur cette somptueuse table et remarque une bouteille qui lui donne à saliver. Et au même instant, un garçon de table passe tout près. L'interpellant doucement, elle lui commande cette grande bouteille. Une des plus chère de la carte mais qu'importe. Notre femme patiente, le menton dans le creux de sa paume. Elle observe les gens autours d'elle. Deux types de clients. Les repas d'affaires, avec des costards cravates ou des couples, jeunes ou vieux. Tout est dans une certaine luxure. Un choix bien à lui.

La bouteille arrivé. Le serveur la déboucha pour elle et lui servit un fond de verre. Souriante, elle prends le pied et le porte à son nez. Un parfait très agréable. Tournant le pied lentement, elle finit par avaler une gorgée. Quel bon choix. Elle n'était pas déçue.

    «  C'est parfait, merci. »

Et il reparti, la bouteille trônant sur la table. Sa montre indique dix neuf heure cinq. Ah, le retard. Mais elle n'eut pas le temps de commencer à râler gentiment après lui car il était là. Souriante de le voir enfin là, elle avise la bouteille en riant doucement.

    «  Il fallait bien que je patiente non ? » Le taquine-t-elle.

Raffaela le laisse se décharger, bien curieuse de ce paquet et de cette rose. Elle leva le visage pour accueillir ses lèvres dans un bref baiser. La soirée commençait enfin. Alors qu'il s'installe, notre jeune femme lui sert un verre de vin en l'écoutant.Il déposa son chargement à côté de son assiette, rangea clefs et argent dans la poche de son manteau, se pencha sur ses lèvres pour les cueillir et finit par s'asseoir.

    « Oh je vais bien. J'espère que cette bouteille te fera oublier ces agaçants embouteillages. »

Les yeux amusés, elle le regarde avec un grand sourire.

    «  Te restera cinq minutes de plus avec moi ce soir pour combler ton retard, n'est-ce pas ? »

Ça faisait longtemps qu'il ne s'était pas vu pour une soirée tranquille. Ils se croisaient dans les couloirs de Volfoni, bien sur. Mais c'était moins agréable qu'un rendez vous dans un bon restaurant. Raffaela est toute contente, un peu comme on attends un cadeau qu'on peut enfin déballer. Cela se voyait sur son visage.

Jushirô Himeruya
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« Rien n'est laissé au hasard.


Les embouteillages en valaient le coup. C'est tout ce à quoi il pouvait penser à cet instant précis.

Où elle lui sourit. Elle lui sourit, et lui se contente de la dévisager bêtement. Le sourire tarde à venir, simplement parce qu'il ne pense qu'à elle, et qu'il est trop couard pour aviser quoi que cela soit. Elle sourit, et il se sent toute chose. Elle est aussi délicieuse qu'au premier jour. Le jour de leur rencontre, dans son bureau. Encore plus femme, parce qu'elle grandit, plus délectable encore. Une vraie perle. Jushirô ne savait pas réellement où se mettre. Il la quitta des yeux un instant, se focalisa sur la rose, le paquet cadeau. Mais surtout la rose. Il la remercia d'un signe de tête lorsqu'elle remplit son verre, retirant par la même occasion son manteau et le déposant soigneusement sur le dossier de sa chaise. Soupira, un peu déconcerté. Et puis il s'empara de la fleur un peu n'importe comment, et la glissa dans le seau de glace de la bouteille de vin.

- Si tu savais, les embouteillages sont déjà bien loin de moi en ce moment.

Il lui rendit son sourire, la laissa parler, rit un peu. Ils n'avaient pas eu l'occasion de se parler en tête à tête depuis un sacré bout de temps, déjà. Jushirô tentait par tous les moyens de garder contact avec le jeunes femmes qu'ils appréciaient, mais sa lionne d'Aeviera et son emploi du temps de Premier Ministre en décidaient souvent autrement. Grâce à Dieu Raffaela travaillait dans le même établissement que lui, ils pouvaient donc se croiser de temps en temps sur le campus. Seulement, leurs obligations leur laissaient peu de temps pour batifoler. Et puis, le risque de tomber sur Aeviera était conséquent, il ne fallait donc pas trop s'afficher.

- Je resterai la nuit entière s'il le fallait, mon chou. Mais avant d'arpenter le long chemin sinueux de la chambre à coucher...

Le directeur attrapa le paquet cadeau d'une manière qui se voulait faussement discrète, le cacha dans son dos et lui tendit brusquement.

- Tadaaaa !

Oui, c'était idiot. Mais c'était drôle. La preuve, il riait. Particulièrement fier de lui, allez savoir pourquoi, Jushirô laissa Raffaela attraper son présent et le découvrir sans rien dire. Enfin presque. La tentation est bien trop grande, pour lui qui ne sait pas se taire.

- Je suis vraiment désolé, j'ai encore un peu de mal à connaître tes goûts. Et comme je ne suis pas très doué pour les cadeaux... Enfin, j'espère que ça te plaira.

Il la regardait faire, tout en la dévorant des yeux.

- Tu imagines, je ne sais toujours pas ce que tu portes comme bijoux. J'ignore même si tu as les oreilles percées ou non, c'est dire si je suis habile avec ce genre de chose...

Finesse, quand tu nous tiens.
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Ça faisait longtemps qu'ils ne s'étaient pas vu pour une soirée tranquille. Ils se croisaient dans les couloirs de Volfoni, bien sûr. Mais c'était moins agréable qu'un rendez vous dans un bon restaurant. Raffaela est toute contente, un peu comme on attends un cadeau qu'on peut enfin déballer. Cela se voyait d'ailleurs sur son visage. Son regard quitta enfin celui de Jushirô quand il porta sa main à la rose rouge sur la table. A coté d'un paquet cadeau. Fêtaient-ils quelque chose en particulier ? Pendant une fraction de seconde, Raffaela se demandait ce qu'elle aurait pu oublier. Elle mordit l’intérieur de sa joue dans un moment de réflexion. Mais rien de lui vint. Un anniversaire, une fête, une commémoration ? Ou juste le plaisir d’offrir. C'était aussi dans son genre.

La fleur dans le seau de glace, elle leva une main pour aller effleurer les pétales. Raffaela sentait son odeur sans avoir à s'en approcher. Quelle délicate attention. Elle lui sourit de nouveau,le remerciant de ce présent. Notre jeune femme serait bien heureuse s'ils pouvaient rester ensemble jusqu'au matin. Raffaela ne pense pas être le genre de femme qui passerait beaucoup de temps, dans la durée avec le même homme. Mais elle s’entend rêver qu'avec ce directeur, elle pourrait peut être. Elle revient très vite à la réalité, un air ravi toujours posé sur son visage.


Le paquet cadeau qu'elle suivit alors des yeux passa dans le dos de Jushirô qui le refit apparaître, tout heureux de son tour. Raffaela rit à ce tour et pris une mine faussement surprise et heureuse à la fois. La bouche en rond et la main devant, elle écarquille les yeux.

«  Serait-ce pour moi ?! »

Elle prit donc le paquet qu'elle posa sur ses genoux pour le défaire. Lentement, remontant le processus de montage. Elle préfère cela à défaire avec violence et précipitation ce paquet fait avec amour ou par la caissière qui rends service. Enfin elle arriva au trésor caché et fut véritablement ravie de voir des ouvrages de Kundera. L’insoutenable légèreté de l'être et Une rencontre. Le premier fut le début de sa rencontre avec cet auteur français mais grandement marqué par ses origines tchèques. Le second n'était pas encore de sa bibliothèque. Il ne pouvait pas mieux tomber.

«  Tu n'as pas à t'excuser, tu as très bien choisis, vraiment. ». Elle serra les livres contre elle, tout sourire. «  Je ne me lasserais jamais de lire celui là » assure-t-elle en le lui montrant. «  Et je ne connaissais pas «  Une rencontre » alors... Merci. »

La table n'était pas très large ni longue, elle souffla son remerciement tout en tendant une jambe contre celle de Jushirô. Le caressant lentement, elle rebondit sur ses derniers mots en faisant glisser ses cheveux sur le coté gauche, dévoilant des oreilles percées. Ornées de perles blanches.

«  Tu n'ignores plus. Mais c'est très récent. Un petit mois. Alors tu es pardonné mon cher... »

C'était vrai. Elle avait toujours repoussé ce petit moment par manque de temps, ou de motivation. Mais elle ne regrette pas. Remettant ses cheveux en place elle les recoiffes rapidement. A ce moment un serveur leur apporte les cartes. Ah oui, ils étaient venu pour manger aussi.

«  Oh merci ! » le remercie-t-elle.

«  En tout cas, je suis vraiment ravie de passer cette soirée avec toi. J'espère qu'elle continuera aussi bien qu'elle a commencé. » Elle ajoute : «  Autrement, comment ça se passe à Volfoni monsieur le directeur ? »


Jushirô Himeruya
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« Rien n'est laissé au hasard.


Il avait la carte avec les prix, comme c'était de coutume.

Les femmes étaient ingrates. Complètement ingrates. Elles se plaignaient tout le temps de l'inégalité hommes-femmes, souvent parce que d'autres femmes se plaignaient avant elles, sans pour autant réfléchir à leur discours. Certes, leur salaires étaient moins élevés, mais ce n'était pas elles qui invitaient au restaurant. Oui, il y avait de très bonnes blagues bien sexistes qui tournaient à leur compte, mais on ne supprimait pas pour autant l'usage de la galanterie, qui était une responsabilité de plus pour l'homme qui doit toujours inspecter la voiture après que Chérie ait pris le volant. Beaucoup de responsabilités.
Des fois, Jushirô pensait aux us et coutumes des différents pays dans lesquels il avait vécu et se disait qu'il y avait du bon et du mauvais partout, mais qu'on ne pouvait plus inventer grand chose. Il suffisait de prendre les bons côtés de partout et de refondre le gouvernement et l'Etat tout entier pour régler pas mal de problèmes de société. Bien sûr, c'était sans compter le caractère patriote et/ou râleur des confrères, et surtout la soit-disant atteinte portée à l'identité nationale ou il ne savait quoi qu'on était capable de lui sortir.
Bref, les femmes, elles foutent peut-être le bordel, elles ont néanmoins de la veine quand même.

Il regardait les prix et avait envie de pleurer. Oh, pas tant qu'il manquait d'argent, non. Pas non plus parce que plus on en a plus on en veut. Mais surtout parc'il savait pertinemment qu'il était dans un de ces restaurants où il n'y a jamais rien dans l'assiette. Trois feuilles de salade et une sauce samouraï, et voilà un plat dit gastronomique. Alors oui, c'était bon, mais c'était pas nourrissant. Simplement. Et le directeur commençait à avoir les crocs sérieusement.
Il frissonnait encore de la jambe intruse collée à la sienne, ne la repoussa pas pour autant. Il n'y avait aucune raison pour que la soirée se passe mal, de toutes façons. Tout sourire, il porta son verre de vin à la bouche, en avala quelques gorgées sans trop déguster. L'oenologie c'était le truc de sa femme, pas le sien, et à trop boire on finit par ne plus apprécier. Oui, parce que Jushirô avait mis un certain temps à comprendre qu'il ne fallait pas avaler tous les vins que l'on goûtait.
Aumônières de saumon aux coquilles Saint-Jacques. Crème brûlée de foie gras. Sinon, le poulet au Boursin, c'était bon aussi.

- Ça se passe comme ça se passe. En ce moment, beaucoup d'inscriptions à gérer, des dossiers à remplir... Tu n'es pas sans savoir que tous les secrétaires sont en arrêt ou en congé pour quelque chose, alors je m'occupe de tout. En fait, je ne vois pas mes journées défiler, elles se ressemblent et je n'apprécie pas tellement. Mais bon, c'est seulement pour un temps, je devrai y survivre !

Un cheeseburger. Un cheeseburger énorme.
Parce que si ça lui suffisait, à Raffaela, les crevettes flambées, à lui ça lui suffisait pas. La soirée allait se terminer par un McDrive. Au minimum.

- J'apprends aussi à connaître les nouveaux élèves. On a beaucoup de réinscriptions, donc je connais la plupart des noms et des visages, mais alors les nouveaux... C'est assez étrange quand on y repense. Quand je suis arrivé en temps que professeur, les élèves m'ont vu débarquer, comme une fleur, j'inaugurai en prime un nouvel enseignement... Ils ont eu le temps de me connaître et moi aussi. Je ne conçois même pas le fait d'arriver directeur sans avoir enseigné au préalable dans l'établissement. Enfin, ça me semble vraiment difficile sachant que les élèves ne t'ont jamais... "testé", évalué.

Divagation fortuite.

- Mais je m'égare, pardon. Toi, comment ça se passe ? Pas trop d'ennuis avec les terreurs du campus ?
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Raffaela eu une carte elle aussi. Bien évidemment, celle-ci ne comportait aucun chiffres. Hormis, peut être le contenue de verre ou de bouteilles. Amusée par cette coutume de galanterie toujours d’actualité. Aimant de temps à autre être invitées par des hommes, elle aimait encore bien payer le repas. Nous vivons dans un monde où tout le monde cherche à être l’égal de l’autre. Dame De Palma s’en acquitte en payant sa note. Gagnant aussi autre chose souvent. Mais bon. Parcourant des yeux la carte sophistiquée et se demande quoi prendre. Des plats au saumon, au crabe ou au cheval. Des plats aux noms si abstraits que Raffaela ne sait pas vraiment à quoi ça doit être. Potager de courgette et son bateau de mie. Oui. Un bateau dans la terre fertile ? Hm.

Minute imagination rapidement close par la réponse de Jushirô. C’est vrai qu’en ce moment, de nouvelles têtes poussent dans les couloirs. Des à qui elle n’a jamais adressé la parole. Et il doit être surchargé de bureau, comme il le dit lui-même. On manque un peu de personnel en ce moment… Un moment qui devrait se calmer dans quelques semaines, après les folies de la rentrée. Elles ont vraiment choisis le moment idéal pour s’absenter quand même. La tête penchée légèrement sur la droite, ses yeux marron font des allers retours entre la carte et son galant de la soirée.

Notre brune l’écoute parler avec attention et curiosité. Oui, elle l’aime l’entendre parler car chaque phrase prononcée est source d’information et est toujours agréables. Certaines plus que d’autre mais il est inutile de le préciser. Toujours souriante, elle est attentive à son histoire aux rappels du passés. Son arrivée à Volfoni, bien avant la sienne. Son accès au statut de directeur.

« Les élèves ne sont pas les seuls à avoir appris à te connaitre » chuchote-t-elle assez haut pour qu’il intercepte ses mots. »

Les terreurs du campus ? Oh, pour le moment ils s’installaient et laissaient l’établissement aussi calme que pendant les vacances. Mais la surveillante savait que cela ne durerait pas longtemps. Bientôt, ils se réveilleront, s’établiront des lieux, des groupes et elle, elle irait démanteler ses réseaux de délinquances. Exagérait-elle un peu ? Beaucoup ? Très certainement.

« Et bien, pour le moment ils défont leurs valises et font connaissance avec les nouveaux. Mais je ne doute pas qu’ils fassent des leurs d’ici quelques semaines. Je les attendrais de pied ferme. Et je te les amènerais au bureau. Oui, ça pourrait être un bon moyen d’entrer plusieurs fois dans cette pièce. Ta seconde maison. » Elle lui tire discrètement la langue.

Quand elle la rentra, le serveur revînt de nouveau. Et bien, ils sont pressés. Mais Raffaela avait commandé et préparer sa question.

« Avez-vous commandé ? »

« Pour ma part oui. Je prendrais une assiette d’Asies'il vous plaît. Et heum… il y beaucoup de pièces dans la plat ? »

Question pour savoir si son assiette sera bien garnie. Elle avait peut être perdue du poids mais pas l’appétit. Seulement, la réponse du serveur lui fit faire la moue. Cinq. Cinq. Ne disant rien, elle laissa Jushirô commander et bu une gorgée.

« C’est à peine si ils feront le tour de l’assiette. » Et curieuse du plat de Jushirô, elle demande « Et toi, il y’a quoi dedans ? »

Jushirô Himeruya
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Les entremets de Désirée. Un nom aussi mystique qu'imprécis.

C'était du français, à en juger par la jolie écriture manuscrite qui servait de police juste pour ce plat. Ça justifiait aussi le prix. Du moins, il y avait intérêt à ce que ça le justifie. Jushirô n'avait aucune idée de ce que cela pouvait être. Déjà parce qu'il ne reconnaissait pas de mot en rapport avec la nourriture dans cet intitulé, mais surtout parce qu'il était loin de savoir déchiffrer une langue aussi exotique. Il était allé deux fois dans ce pays. Une fois à Avignon, la première d'ailleurs, dans le cadre d'une production d'art de la lame nippone pour le festival de théâtre très réputé. La seconde fois, c'était pour montrer la Tour Eiffel à Toshiko, et pour rencontrer Aeviera. Aussi. Ça date, déjà, mine de rien.
Le directeur divaguait et fixait son vin, l'air perplexe. Il pensait à sa vie, et ce n'était pas un sujet qui le rendait guilleret, à ce moment-là. Très vite il se raisonna, porta une gorgée de rouge jusqu'à son gosier, posa le verre à pied et retourna à la contemplation de la carte pendant que Raffaela répondait à sa précédente question. Les élèves étaient relativement calmes, c'était vrai. Perte de repères, les anciens qui ne sont plus là, les dernières années qui font leur check-up, qui se rendent compte qu'il ne leur reste qu'un an à faire, les nouveaux qui ne savent pas où se mettre, les plus jeunes qui se retrouvent largués dans la jungle hostile des élèves plus âgés... De gros changements, généralement, et cela ne va pas en les rassurant. Jushirô, en qualité de directeur, profitait de ces instants de calme pour, outre le remplissage de dossier, apprendre à les connaître plus intimement. La chance lui avait sourit en lui faisant don d'une mémoire d'éléphant comme la sienne. Il pouvait se permettre de les connaître, un à un, parfois même de devenir un peu plus intimes. Et non, ça n'a rien à voir avec le lit.

Ça, c'était réservé aux jolies dames comme Raffaela.

- Ne crois pas que ça me fasse plaisir de les croiser dans mon bureau. J'ai beau être directeur, j'ai du mal à me défaire de ma qualité d'individu, et je m'attache énormément à eux. Surtout eux d'ailleurs, ce sont eux que je croise le plus souvent, finalement. Je suis sûr que s'ils font des conneries, c'est pour venir me voir parce que je leur manque trop.

Un rire léger. Jushirô adorait jouer les frimeurs, les bels hommes un peu égocentriques. Ça lui allait bien, à ce qu'il paraîtrait. Il avait un peu de mal avec ce genre d'image, mais du moment qu'il pouvait en rire, il ne voyait pas de raison de se priver de la montrer. Le serveur, sous sa forme de petite souris timide et pressée d'enchaîner commande sur commande, parvint jusqu'à leur table et nota le nom du plat de Raffaela tandis que le directeur s'inquiéta de la réponse qu'il devait donner. Les entremets de Désirée. Ça semblait comestible, mais pas vraiment prononçable. Quoique, qui ne tente rien n'a rien, il fallait bien qu'il se lance.
Vu la tête que tira la demoiselle en face de lui, son assiette d'Asie risquait d'être peu bourrative. Ça confirmait la théorie du fast-food. Il la ferait payer. Littéralement. Ce serait toujours une note moins exorbitante que celle qu'il pleurait d'avance de recevoir ici. Il retint un sourire, s'efforça de garder un semblant de sérieux. C'était pas son fort, au bonhomme. Le serveur se tourna finalement vers lui pour graver sa commande, sa belle l'imitant, accompagnée par sa voix acidulée, légèrement pincée. Oh oui, elle était contrariée.

- Je ne sais pas du tout, Belle. Je ne sais même pas comment on prononce le nom, alors...

Et avec le plus bel accent japonais du monde, il tenta.

- Lé... éntlemèèèté... dé Déssilé. Là.

Son doigt pointa l'éntlemèèèté en question. Les français sont vraiment bizarres, quand même. Mais rien ne valait plus cher que la face déconfite du serveur, sans doute habitué à un plus grand standing que ça, et Jushirô se fit violence pour ne pas éclater de rire, à la fois pour évacuer la dose d'adrénaline qu'il avait déployé à la prononciation de ce truc, et surtout du regard incrédule et presque choqué du serveur qui ne savait pas où se mettre. Au moins, il décampa rapidement, laissant à nouveau le couple en tête-à-tête.

- C'est pas ma langue maternelle, je crois que je suis grillé. Du peu que je suis allé en France, je n'ai pas retenu grand-chose. C'est vrai qu'avec l'anglais, on n'a plus besoin d'apprendre autre chose. C'est bien dommage, quelque part.

Un temps, où il engloutit la dernière goutte du cru qu'elle lui avait servi. Il ne remplit pas son verre. Ça faisait alcoolique.

- D'où viens-tu, déjà ? Ton nom sonne très hispanique, mais je ne retiens jamais tes origines, excuse-moi.
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Elle est dans un établissement ou il n'est pas coutume de se plaindre du contenue des assiettes. Elles sont peut être pas très bien garnies, voire pas du tout, mais elles sont faites pas un grand chef, certainement renommé, garnis de quelques étoiles grillées. Mais elle ne peut s’empêcher, cette demoiselle, de regretter un tel endroit. Dès sa préparation à ce soir, son ventre avait faim et ne cessait de lui demander quelque chose à se mettre sous ses nombreuses dents. Raffaela se concentre sur la commande que va passer son ami. Jushirô semblait être très concentré sur sa carte et le choix de son plat. Quelque chose lui plaît ? Elle ne se privera pas de goutter à son plat. Un léger rictus est aperçu dans la commissure de ses lèvres. A quoi pense-t-il donc ?

Raffaela posa le coude sur la table et sa paume contre sa joue, regardant fixement l'homme de sa nuit. Elle aimait qu'il l'appelle par des petits noms qui changent du sien. C'est comme ci leurs réalités n'existaient pas et qu'ils s'en inventaient une le temps de quelques heures. C'est une chose des plus agréables, pour les deux. Pensant à cela, elle était détendu, un sourire calme au visage. Mais rapidement, il eu un éclat amusé. Elle retint son rire de passer ses lèvres avec difficultés. Des fossettes se creusent sur ses joues alors qu'elle se redresse pour garder bonne figure. Non, elle ne se moque, ni de cette prononciation des plus désastreuse, ni de la mine décomposée du serveur, qui ne sait ou se mettre. Non, pas du tout.Si désastreuse qu'il dû montrer le plat en question au serveur pour qu'il comprenne. Les épaules de Raffaela sautent discrètement alors que le serveur déguerpis dans demander s'il prendront une autre boisson ou accompagnement.

Jushirô précisa que ce n'était pas sa langue maternelle. Était-ce nécessaire ? Notre demoiselle mordit sa lèvre pour ne pas éclater de rire dans le restaurant. Non sans vouloir offenser monsieur Himerya ,mais elle ne tenait pas a attirer l’attention de la salle bondée sur sa simple personne. Plongeant le nez dans son verre presque vide, elle se depecha de le finir. Ce qu'il fit lui aussi. Les joues encore un peu rose de son envie de rire, elle écouta attentivement ce que lui demandait son galant.

«  Europe. Italie, plus précisément. Hispanique n'est pas le mot mais c'est presque pareil. Mon père a de la famille en Italie. C'est de lui que je tiens tout ce charme ! » S'amuse-t-elle en rejettant ses cheveux en arrière en se moquant d'elle même, bien entendu. «  Je te ferais des pâtes avec une sauce al arrabiata et comme ça tu te rappellera d’ouï me vient mon nom. Bien que seul mon nom et quelques façon de faire son passé à ma génération. Hormis les banalité de la langue, je ne parle pas une phrase d'italien. »

Dans une autre occasion, elle lui fera ça. Çela fait longtemps qu'elle n'avait pas cuisiné un tel plat. Et cette sauce lui manquait. Toujours la jambe contre celle de Jushirô, elle s'amuse à passer sa cheville contre son mollet, remontant lentement, mais sûrement jusqu'à son genoux. Raffaela se redresse alors légèrement pour prendre la bouteille a moitié pleine d'une main, sans froisser la rose qui se repose dans les glaçons flottant. S’avançant sur la table, elle ressert les deux verres vides en souriant.

«  Au prix de la bouteille, je pense qu'on devrait la finir. » Puis son visage s'éclaircis «  Oh ! Jushirô ! J'ai une idée ! »

Puis elle réfléchit un instant. Allait-elle plaire ? ( L'idée, hein ) N'était-elle pas trop subite ? Des questions dans le genre, inutiles mais toujours présentes. Gonflant une joue, elle se lance, ravie de pouvoir exposer sa petite illumination du soir.

«  Je ne veux pas remettre en doute le repas de ce soir, mais vois tu... j'ai pas mangé depuis plusieurs heures et je doute que ces cinq petits bouts, qui ne devraient pas tarder, d'ailleurs, me suffissent... »

Notre italienne hésita un moment. Allait-il mal prendre cette proposition ? Elle allait continuer sur sa lancée quand une assiette passa entre eux. Deux assiettes, même. Leurs commandes arrivée, un bon repas souhaité par le serveur, elle pu aviser du contenu. Cinq sachets fris avec des trucs non identifiés dedans. « Bonjour, j'suis ton repas surprise, j'suis tout sec et croustillant, flétris et luisant. Mange moi » Et le tout sur deux grandes feuilles de salades bien vertes. La mine boudeuse, elle déviât ses yeux vers l’assiette de Jushirô qui ne semblait guère mieux garnis.

«  Et si après les hors-d’œuvre on allait manger quelque part ? Je veux un truc gras, que je sente passer dans mon estomac. »

pour illustrer ses mots, elle leva un ravioli aux crabes qu'elle porta au niveau de ses yeux. Ces derniers fixent Jushirô d'un air implorant.

« S'il te plaaaaaaît » Chuchote-elle d'une petite voix.
Jushirô Himeruya
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« Rien n'est laissé au hasard.


Elle voulait un McDo. En gros.

Et l'idée lui paraissait fort intéressante. Qu'à cela ne tienne, c'était simplement une erreur de parcours. Rien de plus. Raffaela De Palma était donc bel et bien italienne. Un pays duquel Jushirô connaissait les pâtes, les machos, les pizzas, les vieilles commères exubérantes, la mozzarella, et le goût prononcé pour l'exagération, commune à tous les peuples du bassin méditerranéen. Et le football, aussi. Ils étaient d'ailleurs bons, mais bien trop théâtraux pour être honnêtes. Le Japon, malgré tout le respect qu'il vouait à son pays, avait encore fort à faire avant de pouvoir réellement rivaliser avec eux. Le patriotisme ne faisait pas tout. Mais Raffaela était bien loin de tout ça. Charmante demoiselle à la grâce milanaise à défaut d'être parisienne, félonne sans scrupules à dévoyer de la sorte l'homme faible qu'il restait en agitant son soulier non pas de vair contre son genou transi. Elle lui donnait à la bouche avec ses pâtes al rabita, ou quelque chose comme ça. Non, tous comptes faits, elle lui donnait l'eau à la bouche tout court. Et voilà maintenant qu'elle se plaisait à l'enivrer, avec la complicité presque déloyale de miss Vinasse. Mais comme le disait un certain Claudel, c'était une chose plus enivrante que le vin d'être une belle femme. Et comme disait Ménandre, beaucoup de vin ne laisse que peu de sagesse. Personne ne disait que les femmes étaient fourbes, vicieuses et sournoises ? Personne de sa mémoire, en l'occurrence. Bien dommage.

Mais là n'était pas le problème. Les entremets de Désirée et l'assiette d'Asie en préparation ne les satisferaient jamais autant qu'un magnifique mais classique Big Mac, qu'une Caesar bien équilibrée ou qu'une folle partie de jambes en l'air délicieusement parfumée par les relents âpres du rouge sacro-saint. Il fallait fuir. Resto-basket ? Traître, et qui plus est d'une bassesse lestée d'un boulet, lui-même lesté par un autre boulet. Non, il fallait la jouer fine. Faire une scène avec son talent d'acteur serait minable tant salement interprété. Peut-être qu'il faudrait simplement dîner, payer, aller dégueulasser leur toilettes en or massif en urinant à côté de la cuvette, prétextant une dose d'alcool bien trop lourde à supporter correctement pour son pauvre et frêle organisme et puis s'enfuir comme des voleurs. C'était une idée comme une autre. Jushirô élaborait son plan maléfique en trempant ses lèvres dans le nectar haut-de-gamme, ses prunelles solidement accrochées à celles de son vis-à-vis. La paroi était cependant glissante, et s'il parvenait à garder prise, l'oeil se glissait parfois malencontreusement entre ses yeux, légèrement plus bas, exorbitants et au creux fichtrement pas couvert une seule seconde. Et cette fois, l'alcool n'était pas une raison suffisante. Il fallait rajouter à cela le velouté terrible de la diablesse tentatrice, son sourire mesquin et son pied chaussé, définitivement couvert de honte, à moins qu'elle ne fut celle de l'homme happé sans souci dans ses filets. Un appât de choix, nul doute sur ce point.
Et ses grands yeux larmoyants, ses lèvres tirées vers le bas, ses joues légèrement arrondies par l'air contenu, sa petite voix cristalline, et son ravioli au crabe piqué à ses côtés. Nul doute possible. Nul doute à ce sujet.

Jushirô n'avait prêté aucune attention au plat devant lui. Pas la peine de le regarder pour savoir qu'il devait contenir au mieux trois feuilles de mâche surmontées d'un filet de vinaigrette, au pire un sachet en pâte feuilletée dans lequel se serraient carottes râpées et purée de légumes divers. Rien de transcendant, donc, et surtout rien de nourrissant. Jamais plus nourrissant que Raffaela et Ronald réunis. Oh non, jamais.

- Je veux bien inviter, seulement si tu payes.

Blague à part, bien évidemment qu'il fallait se tirer d'ici rapidement. Le verre désormais vide ne le retenait plus ici, et plus rien si ce n'était cette espèce de... cône, étrange, conceptuel dirons-nous, n'avait d'emprise sur son libre arbitre. La bouteille était finie, presque, et si c'était pour le malheureux dépôt qui devait attendre bien sagement au fond, il n'y avait pas de quoi s'alarmer. Manger, et déguerpir rapidement. Très, très rapidement.

- Bien sûr que oui qu'on ira voir ailleurs, Raffaela. J'avais oublié que tu étais déjà séduite, sortir le grand jeu, maintenant, c'est du passé.

Son rire n'était ni feint, ni retenu. Grâce à Dieu (ou à n'importe qui/quoi d'autre) personne n'y prêta attention. Il s'agissait simplement d'une blague mondaine articulée par une personne mondaine dans un cadre mondain qui exprimait sa joie mondaine avec un rire mondain, accompagnée par celui d'une autre personne mondaine, seulement avec de la chance. Raffaela était bien loin de tout cela, avec ses envies de morfale, ses manières d'enfant gâtée, sa luxure sécrétée sur des kilomètres et sa joliesse capitale. Son sourire n'eut d'égal que sa fierté d'être en sa compagnie à cet instant. Immense. Réelle.

- Dépêche-toi de manger ces choses, Raffaela. Déclara-t-il finalement en portant à sa bouche son cône surprise. J'ai peur que ma Doudou ne se sente seule. Elle a besoin de rouler, tu sais. Et elle n'obéit qu'à son maître.

[Désolé du temps de réponse. Et merci à Kitkat d'avoir de l'humour à ma place ._.]
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Il invitait si elle payait ? Oh mais elle le ferait. Tout pour aller manger quelque chose déconseillé par les nutritionnistes. Elle allait payer ces aperitifs avec plaisir. Tout pour partir. Souriante, elle remercie Jushîrô , la saluant avec son ravioli de crabe avant de le mettre en bouche. Bien que peut nombreux, il fallait avouer qu'ils étaient bons. Fort heureusement, d'ailleurs, pour le prix et la quantité. Torturant sa nourriture de toutes ses dents, elle l'avala avant de sourire à son compagnon. Séduite ? Oui, qui ne pouvait pas l'être face à lui ? Elle ne devait pas être la seule d'ailleurs.

Et son rire était agréable à entendre car il sortait sans masques ou façade. Personne ne se retourna pour voir d’où il venait, tous concentrés sur leurs assiettes vites. C'était assez marrant et désolant à la fois. N'y prêtant pas d'avantage attention Raffaela répond à Jushirô.

«  Séduite, c'est certain, mais cela ne t’empêche pas de continuer tes efforts, Jushirô » sourit-elle.

Un autre bout de crabe, son assiette était presque finie. Entendre son nez, sans diminutifs, plusieurs fois en quelques phrases la faisait fondre. Et son accent en prime était des plus craquant. Séduite, oui. Sous la table, sa jambe retourne à l'assaut de sa jumelle.

Raff rit doucement à la mention de la «  doudou ». Il l'aime sa voiture. Aimait-il les femmes tout autant ? Certainement. Mais les traitait-il de la même facon ? Peut sur. Il ne fallait pas qu'elle se focalise dessus. Par contre, son attention est capté par le mot « maître ».

« Ah, il ne faudrait pas qu'elle fasse quelques bêtises en ton absence. » S'accoudant de nouveau, elle ajoute. «  Et comment as-tu fais son éducation, monsieur le directeur ? »

Cette conversation n'allait-elle pas dériver étrangement ? Peut être. Lancant un œil à son assiette puis l'autre, elle prit un de ses raviolis qu'elle mis dans l'assiette de Jushirô puis prit un cône étrange.

«  Pour gouter. »

Se rasseyant correctement, elle mis à ses lèvres le cône étrange. Après avoir avalé le premier bout, elle passa la langue sur ses lèvres.

« C'est ce que je pensais. C'est délicieux, mais y'en a peu. Puis c'pas donné. » Sur ces paroles, elle avala l'autre extrémité. Son assiette était finis. Vite, oui. Elle avait fait, je vous ai dit. "  On y va ? " sourit-elle encore, joyeuse.


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La carte s'il vous plaît. [Raffaela De Palma & Jushirô Himeruya]
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