It's not a sin if it don't make me cry [Edan]

Enora Clifford
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Il fait chaud dehors, plus chaud que ne peuvent l’être les sourires d’Angel, ces sourires qu’elle déteste et Angel aussi, tiens.

Sans doute qu’Enora est juste jalouse, de toute façon même morte elle serait encore jalouse que la tombe de son voisin attire davantage d’asticots que la sienne.
Sans doute qu’Enora est juste aigrie, parce qu’à l’exception de ses parents (ils sont venus, puis elle est retournée un peu chez eux, mais elle préfère l’oublier) Angel est plus ou moins la seule personne qu’elle a vue depuis un long moment.

Un si long moment qu’elle en a perdu le compte ; des jours, des semaines, un mois ?
Un si long moment, comme une trêve avant que son cerveau cesse de se morfondre pour ordonner.

Lève-toi.
Lave-toi.
Habille-toi.
Maquille-toi.

Se maquiller fut difficile, difficile parce qu’elle devait supporter son visage livide d’avoir été ignoré pendant ce si long moment. Puis finalement furent posés le noir sur ses yeux fatigués et le prune sur des lèvres qu’elle gloussa en les imaginant violacées d’avoir été trop mâchouillées (comme si Enora était un steak trop coriace pour elle-même).

S’habiller fut autrement plus ardu –les mots ont si bien imprégnés jusqu’à sa chair qu’elle vint encore une fois s’y étrangler.

« Peut-être que comme ça tu comprendras que c'était pas une si bonne idée de choisir un look aussi provocateur. Va te cacher sous des pulls à col roulé et des vieux jeans, comme ta copine Henri, elle c'est un exemple à suivre, personne l'a jamais touché ! »

Le signataire, elle ne s’en souvient même plus, mais les phrases, les phrases avaient rendu insignifiante jusqu’à sa solitude dans la salle d’attente de l’Hôpital, son isolement lorsqu’elle imaginait passer ses camarades venus rendre visite à d’autres.

S’habiller fut ardu et pour une fois Enora est en pantalon, un pantalon noir à peine trop grand qu’elle espère suffisant pour qu’on l’oublie, sans vraiment se douter que c’est le cas depuis un moment.
Pour mettre toutes les chances de son côté, elle est sortie pendant les heures de cours et maintenant elle erre comme l’âme en peine qu’elle se trouve justement être.

Cachée sous une ombrelle car le soleil lui est dangereux, elle finit par s’octroyer le luxe de lui offrir son visage ; malgré cela elle grimace, grimace son souhait vague que cette offrande la consume en retour –les tas de cendres ne sont pas tristes.  
Malheureusement, Draculita n’est jamais qu’un surnom (il l’a amusée, à une époque, elle se souvient) et comme on ne sent arriver ni les coups de soleil ni les cancers, il lui semble que rien ne se passe.

Rien sauf quelqu’un qui la voit.

L’ombre revient sur son visage comme elle redresse l’ombrelle.

J’aime pas la neige, maintenant, et le soleil n’a jamais voulu de moi. »

Enora ne pouvait pas dire « je n’aime plus la neige » parce que c’était la première fois qu’elle la voyait, alors il n’y a vraiment rien de moins pertinent que ce qu’elle vient de dire. Ses constats ne sont jamais pertinents et sa voix est toujours un peu trop grave et trop rauque et trop fade surtout.

Elle a un regard stupide d’être si vide, et il s’attarde bêtement sur le surveillant, sur la couleur de ses cheveux tout particulièrement. Lui aussi devrait mériter quelque punition pour autant d’extravagance, non ?

Ce SMS lui vrille encore les tempes et il fait froid sous son crâne.
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Edan L. Abhainn
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La nuit avait été agitée, il s'était réveillé à la même heure, dans les mêmes draps, sur le même matelas. Ses yeux étaient ouverts et pourtant son corps refusé de se lever. Il n'était pas très combattant ce matin là, il avait vite succombé à la paresse alors il attendait que quelque chose se passe. Chaque jour il s'enfonçait dans une routine morose.
Edan s'ennuyait terriblement et le pire dans tout ça c'est qu'il s'en rendait enfin compte.
Il avait longuement hésité à appeler son travail pour faire croire qu'il n'allait pas bien, deux trois gémissements, une petite toux entre chaque phrase accompagnée d'une voix fébrile aurait pu suffire  mais il aurait passé sa journée au lit. Son travail devenait en vérité son seul contact avec le monde. Les soirées qu'il enchaînait les nuits de solitude n'étaient qu'une illusion.  Les élèves qu'ils rencontraient pendant ses journées étaient de véritables légumes.

Edan avait pour habitude de se lever toujours au dernier moment et de passer le pas de sa porte toujours en retard afin de ne pas trop s'attarder sur l'état de son appartement et de son visage dans le miroir. Il n'avait jamais faim. Depuis plusieurs semaines sa gorge restait serré, avaler sa propre salive était un véritable calvaire. Enfant il se disait qu'un caillou devait être à l'intérieur, que s'il ne faisait rien il allait étouffer. Cette idée l'obsédait.

Bonjour la Floride, la plage, les nanas en maillot, les mecs avec leurs surfs, les beaux quartiers, les p'tites ruelles crasseuses, la puanteur des ordures sous le soleil. Ah le soleil, comme toujours il était là, lui aussi ne bougera pas de sa place tout le monde sait qu'il est là, on ne peut pas y échapper. Même à travers les épaisses fenêtres du bus Edan pouvait sentir ses épais rayons qui lui creusaient la peau, il lui illuminait le chemin jusqu'à son boulot, plus Edan avançait plus il inondera sa tête d'idée plus lumineuse.

L'après midi quant à elle commença doucement, il n'avait plus grand chose à faire avant la prochaine sonnerie et ne pouvait se résoudre à rester étaler dans le fauteuil du bureau de son collègue. Il désirait profiter un peu du soleil et par la même occasion retrouver dans le bungalow les dossiers qu'il avait laissé trainer la veille en surveillant les élèves. Sur la route il n'avait pas pu échapper au rayon du soleil qui le poursuivaient encore ni à la jeune fille sous son ombrelle qui lui apparut comme un fantome. C'était qui encore cette meuf ?

« Qui peut bien détester la neige ? »

Tentative rater. Recalage à la place du mauvais élève, Edan n'avait vraiment pas de réflexion, la neige c'était son enfance. En vérité il n'avait pas su quoi dire. Bien qui la parole ne fut pas des plus intelligentes le geste qui suivit n'avait pas non plus un grand tact. L'envie était irrésistible : son doigt frôla la joue  de la fille.

« Ah, je crois que tu cherches à te cramer, ta gueule te plait pas ? »

La marque qu'avait créé son index resta un petit moment, le doux contraste d'un rouge aussi vif que le soleil et que la blancheur de la neige.

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Vous n’avez pas écouté.
Je n’ai pas dit que je déteste la neige.
J’ai dit que je ne l’aime pas.
C’est radicalement différent.



Vous ne pensez pas ?
Haïr ça demande de l’énergie, ne pas aimer c’est beaucoup plus simple.
Et je ne fais pas un transfert sur la neige, je vous assure.


Le doigt tâche sa joue, elle ne recule pas mais elle secoue la tête d’un air navré.

Ce n’est pas vraiment que je cherche à me cramer, pas vraiment que ma gueule ne me plait pas, comme vous dites (c’est moche, mais c’est vous qui parlez comme ça) c’est plus compliqué que ça, un tout petit peu plus compliqué.
Je ne sais pas si c’est vraiment la peine que je vous explique, déjà est-ce que vous comprenez la nuance entre haïr et ne pas aimer ou pas ? C’est pas pareil, je vous assure, je pensais que tout le monde se posait la question un jour mais peut-être que je me suis trompée.



Hm, oui, je me suis sans doute trompée, après tout je ne vous comprends pas, par exemple, je ne comprends pas cette obsession que vous avez tous à vouloir me toucher, à vouloir vous toucher les uns les autres, vos mains s’ennuient, vous ne savez pas quoi en faire ? Pour ça au moins, je devrais sans doute m’estimer heureuse de me trimballer avec une ombrelle pareille.
Non, vraiment, je ne comprends pas, alors c’est peut-être normal que vous ne me compreniez pas non plus.


Petite bouche assoiffée d’avoir si peu parlé, grands yeux affolés de ce que tu vas répondre.

Pourquoi vous avez choisi cette couleur pour vos cheveux ?  

Pourquoi pourquoi pourquoi
Pourquoi pas
Bougre d'idiote.
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Edan L. Abhainn
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«  Pauvre de toi Edan. J'espère qu'un jour tu te fracasseras le crane contre le sol et ça te permettra peut-être d'être plus intelligent. Ou du moins de sembler l'être. » Sa sœur lui reprocher souvent sa bêtise, elle était méchante parfois, surtout ce fameux soir d'octobre, quand il avait un peu trop bu. Il pouvait être bête. C'était un peu comme un mal qu'il fallait éradiquer à tout prix avant que sa cervelle ait complètement disparu, avant qu'il crève d'un cancer de connerie.
Il se sentait tout petit. Horriblement faible et sans défense devant cette gamine à la gueule dépressive. Trop de mots, trop de paroles. Il se perdait doucement dans son merveilleux discours aux intonations macabres.

Il la laissait s'exprimait, se défoulait, se répandre partout sur le sol, sur les feuilles, les arbres, les fleurs et sur lui aussi, avec sa tirade. A ses yeux ça ressemblait à une marée noire s'incrustant partout, on a beau se cacher elle vous trouvera et vous rongera les oreilles pour vous bouffer de l'intérieur.  Il ne faisait plus un geste, Edan avait du mal à s'imaginait que d'un si petit corps pouvait sortir tant de paroles, elle semblait renfermer pourtant. Elle se cache derrière ses lourds vêtements et leurs couleurs noirs corbeau. Mais se rendait-elle compte que de cette façon on ne peut que rester scotcher à son visage mais surtout à ses mains. Edan il aime les corps, il aime les mains qui peuvent frôler un visage c'est plus fort que lui, il est obligé de toucher ce qui l'intrigue. Pour voir si c'est réel. Si ce n'est pas comme quand il était enfant. Il aime les odeurs aussi. Elle, c'est comme des millions fleurs d'automne et d'encens, ça ne meurt pas, ça reste. Un parfum étrange et perturbant au début mais absolument pas désagréable. Un peu comme ces bonbons acidulés qui deviennent aussi doux que du miel après que le poudre blanche se soit dissoute. Un peu comme la neige. (pardon j'ai inventé, dis-moi ce qu'il en est après 8D)

« Pardon ?»

Pardon de ne pas avoir écouté, pardon d'être trop bête, pardon ne pas être présentable, pardon de ne pas être un homme comme on le désir, pardon de t'oublier. Il avait décroché ses yeux de ses petites mains aussi vite qu'il a pu. Ses petites mains qui ressemblaient à des petits flocons de neige.
Les yeux dans les yeux, cette mauvaise habitude, Edan essayait de retrouver sa question.

« Les cheveux ? Ils sont bizarres ?»

Il passa sa main dans sa crinière comme pour essayer de retrouver un petit démon cachait à l'intérieur. Il aurait voulu l'attraper pour se débarrasser de ces petites voix qui le culpabilisaient de n'avoir rien écouter.

« Et toi, pourquoi ces fringues ? Tu crèves pas de chaud ? »

Fait attention, toi aussi tu vas fondre.

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Elle commence par une inspiration lourde des sanglots qu’elle n’avoue plus, moins parce qu’elle les cache que parce que tout le monde les sait.

Bien sûr que si, j’ai chaud. Je ne suis pas un robot, je crève de chaud, j’ai l’impression de me liquéfier à chaque pas, et qu’avec ça c’est un peu de moi que je laisse dans mon sillage à chaque fois. J’ai beaucoup de moi pour être encore moi avec tout ces pas, après tout ce temps, après toute cette chaleur, vous ne trouvez pas ?

Ses phrases ressemblent aux gémissements plaintifs d'une bête.

La Floride n’est pas faite pour elle.
Le Soleil n’est pas fait pour elle.
Le monde n’est pas fait pour moi, se dit-elle plus simplement.

C’est bête, mais je trouve que c’est plus facile d’avoir l’impression de fondre que de montrer mes bras.

Et comme pour les sanglots tout le monde sait, et comme pour les sanglots elle cherche encore à cacher, dans un dernier sursaut de volonté.

Elle a l’impression d’avoir confessé quelque chose de terrible et ça lui arrache une larme, une larme froide sur sa joue brûlante.

Ses bras, les restes de ce chantier qu’elle n’a pas le courage d’achever.  

Je ne montrais que mes jambes, vous savez, que mes jambes mais c’est encore trop, et heureusement ils m’ont prévenue, ils m’ont dit que c’était trop.

Qu’aurais-je fait sans eux ?

Sa voix n’est plus plaintive, et peut-être qu’à force elle s’est vraiment convaincue qu’il fallait exprimer de la gratitude.

Evidemment, mais je ne vois jamais le trop, et c’est de ma faute, toujours de ma faute.

Ca a toujours été de ma faute, vous savez.

Tous ses non-dits lui laissent l’impression amère d’en avoir trop dit.
Elle aurait pu résumer d’un simple « j’ai chaud mais ça ne dissipe pas le froid en moi », elle aurait pu, mais elle a tant à dire.

Alors pourquoi ces vêtements, hein, pourquoi ? Je ne sais même plus, je crois que je voulais redevenir une princesse.

Une princesse belle comme un chardon, une princesse qui pue la belladone et un automne fané.
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Edan L. Abhainn
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Ne plus bouger. Attendre qu'elle se calme, écouter le vent. Pas un seul tremblement, les yeux posaient sur cette petite chose tremblante. Il n'écoutait pas, il regardait toute cette scène avec beaucoup d'émotion comme si il y avait un scénario derrière tout ça, une performance d'acteur tout à fait grandiose. Devait-il applaudir ? Il hésita.
Non elle ne mentait certainement pas, ses larmes étaient trop belles pour être une véritable tromperie, elles roulaient sur sa joue avec beaucoup de grâce et une once de gaminerie.

Oui, c'est ça ! Une enfant qui  n'avait jamais grandit, une graine qui refusait de pousser. Subissait-elle une punition ? De qui ? De quel droit ? Il ne comprenait pas, il était trop bête, lui aussi grand enfant. Il voulait fermer les yeux pour que tout s’efface, lui y compris.

Ne pas s'approcher, rester loin.

Pourtant c'était à son tour de rentrer en scène, de mettre son costume d'adulte et de surveillant. Surveiller quoi ? Elle ? Si elle était une de ses sœurs, il aurait pu la prendre dans ses bras, raconter les souvenirs et dire qu'elle était belle comme une des feuilles du pommier de son grand-père au printemps. Petite, douce et jolie. Mais elle n'était pas grand chose pour lui et lui était encore moins pour elle. Pourtant il ne voulait pas être de ceux qui rejettent la peine des autres,  qui la repousse contre vents et marées. Il ne voulait pas non plus ressembler à ces adultes de son enfance qui minimisaient cette tristesse.

En fait il ne savait pas ce qu'il voulait être, peut-être un brin d'herbe … Mais c'était impossible.

« Qu'est-ce que tu veux que je te réponde ? »

C'est vrai, que cherchait-elle au final. Qu'attendait-elle de lui ? De l'aide ou rien. Juste de l'écoute attentive, ce à quoi il ne pouvait répondre, trop maladroit et peu concentré.

« Si tu veux vivre dans le regard des autres c'est comme tu veux, c'est toi qui vois. Mise à par la naïveté, je pense que tu sais très bien qu'en te fringuant différemment tu t'en prends plein la gueule. Je ne t'apprends rien. Non ? Peut-être qu'au final tu ne devrais pas t'en vouloir.»

Il attendait, devenant stoïque. Il ne savait pas si à ce moment là il l'aidait ou si il l'enfonçait encore plus dans son malheur.
Soudain, sans rien comprendre lui-même il ramassa une feuille et il lui tendit sans rien laisser paraître. Ce fut comme une promesse donnait.

« Et puis un jour je les trouverai et ils n'existeront plus. »

Il y croyait fortement  à cette phrase enfantine, ressort inévitable d'un gamin. Le chevalier, le combattant ridicule au heaume d'argent et à l'épée invisible, celui qui défendait les chatons et les asticots.

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Qu’est-ce qu’elle veut qu’il réponde ?

Enora entrouvre la bouche pour le lui dire.

Qu’est-ce qu’elle veut qu’il réponde / Que veut-elle entendre ?

Qu’elle est belle, qu’il l’aime, que tout va bien, que ça va s’arranger, qu’elle n’a rien à se reprocher, que ce n’est jamais de la faute des victimes, que sa façon de s’habiller ne change pas ce qu’elle est, que même en pantalon elle est une princesse, qu’elle a du talent, que ses œuvres inspirent des gens, qu’elle vaut quelque chose, qu’elle sent bon, qu’elle a le droit d’être gentille, de sourire ou même de faire la gueule si elle veut, que ça ne change rien pour lui, que ça ne change rien pour personne, que si elle n’a pas la force de se relever pour le moment il l’attendra autant qu’il faudra, que s’il lui faut du soutien elle n’a qu’à prendre son bras, que de toute façon le soleil c’est surfait, que tout est surfait mais qu’elle, elle est belle et qu’elle ne doit pas les écouter parce qu’elle est parfaite comme elle est.

Lui ou quelqu’un d’autre, peu importe, il n’est qu’un être humain parmi des milliards d’autres.  

Enora pince les lèvres, cligne les yeux et baisse la tête.

C’est stupide, tout cela est complètement stupide.

« Si tu veux vivre dans le regard des autres c'est comme tu veux, c'est toi qui vois. Mise à par la naïveté, je pense que tu sais très bien qu'en te fringuant différemment tu t'en prends plein la gueule. Je ne t'apprends rien. Non ? Peut-être qu'au final tu ne devrais pas t'en vouloir.»

Je ne veux pas que vous me disiez ça, c’est pas ce que je veux entendre, ça me fait encore plus mal, c’est encore de ma faute et je suis trop faible pour ne pas m’en vouloir, c’est pas ce que je veux entendre pourquoi vous ne comprenez pas ?

- « Ce que vous dites n’est pas logique… » commencait-elle d’une voix feutrée.

C’est la feuille qui l’a interrompue, qui a fait naitre cette expression de perplexité sur ses traits ; elle la saisit doucement et, sans trop savoir pourquoi, en la regardant elle se sent émue.

Un peu rassérénée, peut-être. Elle prend ça comme un cadeau et ça lui semble joli.

Ca lui fait plaisir, tellement que, d’un air consciencieux, elle arrache la matière du pouce et de l’index, arrache avec une brusquerie presque délicate, jusqu’à ce qu’il ne reste plus que les nervures, jusqu’à ce que la feuille ne soit plus que son propre squelette, et elle se rappelle avec un peu de nostalgie qu’elle faisait déjà ça il y a 10 ans.

Enora relève la tête, fixe les cheveux violets.
Elle ne sait toujours pas quoi penser de cette couleur.

Elle tend la feuille (ce qu’il en reste) au surveillant.

C’est son cadeau à elle.

- « Vous avez commencé à chercher ? »

Elle essaie d’être aimable mais ça ne fait pas disparaître toutes les traces de scepticisme dans sa voix, son scepticisme qui sous-titre : « ils ont toujours existé ils existeront toujours quoiqu’en disent vos discours d’hypocrite utopiste vous n’êtes pas un chevalier putain vous êtes juste un pauvre looser obligé de surveiller des gamins insupportables parce qu’il faut bien gagner de l’argent dans la vie et que vous ne savez rien faire d’autre ».

Elle essaie d’être aimable alors elle ne dit rien de tout cela.

- « Vous allez faire quoi, si vous les trouvez ? »

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Edan L. Abhainn
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« Ce que vous dites n’est pas logique… »

Rien n'est logique ma pauvre, rien, absolument rien. Dans la pauvre tête de  Edan rien n'a ni queue, ni tête, pourquoi aller chercher plus loin ? Lui-même n'a aucun désir de creuser une pensée qui a toutes les armes pour le faire souffrir . Autant la laisser de coté comme un dossier abandonné dans une corbeille à papier.

Rêver, pensé à des choses inimaginables, s'enfermer dans un cocon avec des étoiles plein les yeux et ne jamais s'endormir pour ne pas cauchemarder. Pourtant, Edan à beau se le cacher rêver brise aussi. Le mal que cela nous procure lorsqu'on se rend compte que tout ce que nous désirons ne peut être réalisé … Il faut alors se résoudre comme toujours, baisser la tête sans dignité –mais en toute discrétion-  c'est ça être adulte ? Etre désillusionné ? Edan détestait ça.

La petite feuille qu'elle lui rendit, décharné était à ses yeux comme une représentation de lui-même, d'eux-mêmes –chose qu'il n'osa pas exprimer- il l'a prit avec une délicatesse qu'il ne se connaissait pas et la contempla de longue minute sans rien dire. Petite, fragile, seule. Sans vraiment le vouloir et en ayant tout à fait conscience de la chose il s'identifia à cette feuille mais aussi à cette gamine qu'il avait du mal à regarder dans les yeux. Quel surveillant minable. Centrer sur lui-même et sans courage.

« Depuis que tu m’en as parler je cherche. Je n’arrêterais pas. »

Le feuille, signe d’une étrange promesse fut rangée dans le vieux porte monnaie en cuir de Edan. Au milieu de vieilles photos et des souvenirs.

Et pour une fois il décida de sortir de son trou. Il réunit le peu de conscience humaine et de courage qui lui restait pour la regarder elle.  Blanche comme porcelaine, froide comme neige. Pendant quelques minutes il se sentait vivant, plein de haine et de rancœur contre des inconnues. Il aurait pu être elle. Il aurait pu se comporter comme elle. Il aurait pu être tout aussi désagréable que sa petite mine de chieuse. Alors il ne lui en voulait pas. Il la détestait mais ne pouvait se résoudre à véritablement la bannir de son cœur, c'était un sentiment confus et des plus étrange.

Je te les jetterai à tes pieds si tu le désirs, il avait envie de le lui dire mais rien ne sortait de sa bouche. Toutes les horreurs lui traversèrent l'esprit mais il fallait se rendre à la réalité. En avait-il le courage ou se l'autorisait-il ?

« J'sais pas. Les renvoyer d'où ils viennent.»

Edan était loin d'être une personne cruelle, au contraire. Sa réponse pouvait être prise de plusieurs façons. Alors avec beaucoup de timidité il osa lui demander.

« T'as une idée ?»

Il avait peur de sa réponse, il voulait se cacher. Il ne disait plus rien.

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The void widens.
[…]
The galaxy screams.

« TheVoid » est l’équivalent de « Enora Clifford » sur Internet (skype, pinterest, youtube, et même tumblr).

TheVoid / le néant.

Le néant comme dans son corps quand elle a parfois l’impression morbide qu’il n’abrite plus d’organe, comme dans le bilan de sa journée qu’elle ne peut éviter de s’imposer lorsqu’elle va se coucher, comme dans les chimères auxquelles s’accroche sa vie (le rendu d’expression plastique pour lundi / le rendez-vous chez le psychologue le 23 / Perséphone que ses parents s’empresseraient d’abandonner, elle en est convaincue, si Enora et la menace de sa colère n’étaient plus là) (la nécessité de donner à manger à ce stupide chat lui a sérieusement éviter de se pendre, une fois).

Le néant comme entre les doigts qu’elle crispe maintenant que la feuille n’y est plus, le néant comme dans son cerveau, surtout.

Non. Non, je n’ai pas d’idées. Quand j’en ai, elles s’échappent. Je ne cherche plus à les retenir.

Les phrases courtes sont plus simples. Sa diction est hachée alors même qu’elle est lente.

Je voudrais leur donner ce qu’ils méritent.

Elle s’écoute, un instant.

Elle s’écoute.

Sa voix lui semble plus grave que d’habitude, mais au moins est-elle fière car elle ne bute pas sur les mots.

Sauf que je ne sais pas ce qu’ils méritent. Je ne sais pas ce qu’ils méritent car je ne sais pas ce que je vaux. Vous comprenez ?

Probablement pas.

Les explications prennent lentement jour sous son crâne, plus lentement encore sur langue.

Elle est d’une lenteur aberrante et stupide –stupide, strupide, stupide, stupide. Elle s’en frapperait.

Ses phalanges blanchissent de la pression excessive que ses doigts exercent sur l’ombrelle.

Ils méritent ce que valent leurs actes. La valeur de leurs actes… c’est celle de ce qu’ils blessent. Moi. Je ne sais pas ce que je vaux.

Que quelqu’un me dise qu’il m’aime.
S’il vous plait.


Peut-être ne le supporterait-elle toujours pas.
Cependant, désormais elle se sent prête.

Je vous en prie.

Prête prête prête.

Peut-être que je le mérite. Peut-être que je l’ai cherché. Peut-être qu’ils ont raison.

On en revient toujours au même point. Enora tourne en rond dans ses propres pensées.

Dans sa propre vie aussi.

Les gens vont se lasser, ils se lassent toujours (comme elle s'est lassée elle-même).

S’ils ont raison, il faut les féliciter.

Sa conclusion paraît absurde même pour ses propres oreilles.

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