Les accidents [Elyas]

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Les Accidents
« w/ Elyas Abel Sharrkan »

Tout était normal.

Tout était parfaitement sous contrôle. J'avais la situation en main, personne n'avait rien vu, je pouvais continuer ma route. Quand on fait des erreurs, on a souvent tendance à regarder partout autour pour s'assurer que personne n'avait été témoin de la scène, ce qui, au final, nous donne un aspect encore plus louche. On a juste l'air de criminels, alors que notre crime était plus que pitoyable. Il est même clair que la police a mieux à faire que d'arrêter des gens comme moi, qui n'avait jamais rien abîmé et payait ses impôts tous les mois... Oh mon dieu, et si je tombais sur un de ces policiers fous qui a le code des contravention tatoués sur le bras? Que vais-je faire dans ce cas? Aller en prison? Payer une amande exorbitante? Plaider ma cause en cour? Pleurer pour espérer avoir la pitié?

D'accord, il faut retourner dans le temps pour comprendre le pourquoi de mes actions horribles. Tout ça a commencé hier. J'étais restée coincée à l'école pour finir un travail d'équipe. Bien entendu, comme à son habitude mon partenaire ne s'était pas présenté et je me suis retrouvée, bien contre mon gré, à devoir finir le projet seule, dans un coin trop sombre de la bibliothèque. Aller savoir pourquoi, l'école avait probablement envie de faire des coupures d'électricité, car ce coin était vraiment sombre. Ça n'était pas décision d'aller m'installer aussi loin, mais, malheureusement, ce soir-là, plusieurs personnes avaient décidés, comme moi, de terminer leur travaux à la dernière minute. Certes, il y avait encore des places de libres, mais vous comprendrez qu'avec ma maladresse habituelle, il m'arrive de faire beaucoup de bruit inutile. Tourner une page d'un cahier pourrait être associé à un coup de cymbale dans mon cas. Ce pourquoi, pour éviter aux gens mes effets sonores inopportuns, j'avais longé le mur jusqu'au coin assombri de cette bibliothèque que je trouvais déjà, de toute manière, assez sinistre. Des rats de bibliothèque partout, des bonnes femmes qui s'obstinent avec leurs "Ssshhh!" et de la poussières en masse. Tout les effets parfaits pour un film d'horreur à petit budget.

Pour sauter les détails, j'avais terminée le travail assez tard, puis je me suis ensuite dirigée vers la sortie. Toutefois, je ne vis pas le coin de la table où, par maladresse, ma veste ce coinça et je perdis pied pour me rattraper de justesse sur une table qui se trouvait sur ma trajectoire. En me relevant, je me cognais solidement le pied sur la patte en métal de la chaise et me retenais de toutes mes forces de ne pas jurer ou lancer une insulte gratuite à la chaise. Cette insulte aurait été inutile puisque cette chaise n'a fait qu'accomplir son destin, soi me blesser... et aussi parce que c'est un objet inanimé qui ne prendrait pas conscience de mon insulte. Quoiqu'il en soit, boitant jusqu'à la sortie, je m'accrochais, une fois de plus dans le coin d'une table. Franchement, je devrais me plaindre ou du moins manifester pour l'installation de tables rondes dans cette fichues bibliothèque trop sombre! Bref, je parviens enfin à sortir, à moitié amochée, comme si je sortais du épopée herculéenne. Lire et travailler, c'est dangereux.

Parlant de travail, revenons à aujourd'hui. Ce matin, mon patron m'a appelé pour que je rentre cette après-midi. Il voulait que je rentre travailler, aujourd'hui, cet après-midi. Cet après-midi. Travailler. Inutile de dire qu'avec le fichu travail que je m'étais tapé hier soir, je dormais debout, j'avais les jambes engourdies, une douleur compréhensible sur l'orteil et un énorme bleu sur la hanche. J'eu peine à m'extirper du lit, me doucher, me changer en uniforme. J'allais à l'arrêt d'autobus telle une zombie, montait à bord, oubliais presque de payer, m'assois, faillis m'endormir, descendis à la pizzeria, entrait, clignait rapidement des yeux pour me réveiller et m'affaissais à mon boulot en attendant une prochaine livraison. En fait, c'est toujours la même chose, alors ça me permettait de me reposer un peu. Cependant, on appelait et c'était une grosse commande. Quatre pizza. Une pepperoni fromage, l'autre fromage avec un extra olives noires, la troisième était une all-dressed avec un supplément de fromage et, pour finir, une 12 pouces avec des anchois et des piments rouges. $34,28! Je commençais a savoir les prix par-cœur; ça entrait plus facilement dans la tête qu'on ne le pensait.

Une vingtaine de minutes passèrent et je partis en direction de la voiture de livraison pour aller au... 148 Mapple Street. Je déposais les pizzas, assez lascivement sur la banquette arrière et je montais au poste de conducteur, démarrant avec peine. Ma tête voulait tomber sur le volant tellement j'avais peine à rester éveillée. Franchement pas la meilleure journée pour me faire conduire. Je secouais la tête, franchissant le stationnement. Bizarrement, tout était sous contrôle, jusqu'à la troisième lumière. Elles avaient toutes été rouges et on dirait que la lenteur du changement de couleur n'aidais en rien à mon éveil. Je fermais doucement les yeux à chaque lumières rouges. Heureusement, rendu dans les petites rues remplies de stops, j'allais être plus vigilante. Ah ah! Telle fut mon erreur de me penser assez réveillée pour être attentive sur la route!

Me voilà, maintenant, en train de fuir, comme une criminelle, dans les petites rues, parce que j'ai brûlée un stop. Voilà mon crime, voilà l'horreur de la journée. À y penser, on pourrait dire que rien ne pourrait être pire. Et si quelqu'un avait traversé à ce moment là? Un enfant, un chien, un chat... Un poisson rouge! Il aurait forcément été écrasé par ma voiture! Ma conscience n'aurait que très peu supportée le choc. Donc, l'œil ouvert, je regardais partout autour pour m'assurer que rien ni personne ne viendrait se foutre devant ma voiture. Telle fut ma deuxième erreur. C'est souvent en regardant partout autour qu'on oublie de regarder en avant. Je mis mes yeux droit devant et eu tout juste le temps de freiner avant de foncer dans un mec qui sortait d'on ne sait où. Le jeune homme n'avait pas été blessé, par chance, car il tenait encore debout, mais j'imagine que ses jambes ont dût prendre un bon coup de pare-chocs. Je remerciais les dieux que mon pied ait été sur la pédale de frein à ce moment là, car je l'aurais carrément renversé.

Je sortis de la voiture dès que j'aperçus son regard. Claquant la portière derrière moi, je fonçais vers l'avant de la voiture. « Oh mon dieu! Je, euh, ça va?! Tout va bien?! Oh! Je t'avais pas vu! ». Non sérieux, j'avais vraiment dis ça? Il est clair, voir évident, que si je l'avais vu, je ne lui aurais pas foncé dedans! Quelle cruche je fais parfois. Je tournais autour du garçon pour m'assurer qu'il était intact. Tout est beau, il semble juste avoir reculer de quelques pas après l'impact. Le pare-chocs, quant à lui, est aussi indemne. Je soupirais de soulagement et levais les yeux vers le jeune homme « Ne me poursuis pas, s'il te plaît... ». Je me pouvais m'empêcher de froisser le bas de mon chandail d'uniforme. La nervosité, c'est compréhensible. Je sais conduire, j'ai un job, je ne veux pas tout perdre simplement parce que l'autre débile ne s'est pas pointé pour faire le travail!


La vie n'est qu'une suite de cause à effet.
 
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