Fairy tails

Mercedes N. Z. Soto
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Dans la peauYaoi - Salvatore x Adriel - Angst/Drama/Romance - complete ( bad moon rising → mourning ritual )

PARTIE UN

- A demain Salva !

- A demain les gars !

Adriel regarda cette scène avec tristesse. Salvatore était une icône à l'académie Volfoni, ce genre de gars qui est connu sans être populaire, reconnu simplement parce qu'il dégageait une aura et un charisme hors du commun. Tout le monde savait qu'il ne faisait pas que des belles choses une fois dépassé le portail de l'école -et même à l'intérieur- et c'était une des raisons pour lesquelles il était craint. En plus de ça, il était beau. Outre le fait qu'il s'habille toujours avec classe, il avait un beau corps musclé car il pratiquait le basket depuis des années mais il n'avait rien d'une armoire à glace, pas comme son capitaine d'équipe Jordan Evans qui avait tout du gorille abruti ne jurant que part le sport. Il était fin et élancé et ses traits étaient si délicats qu'ils attiraient la jalousie même des filles. En plus de ça, il avait une peau de neige naturellement douce et veloutée, des yeux noirs comme des lacs d'encre et une bouche rosée digne d'une poupée de porcelaine. Tout dans son apparence était un appel au vice et à la luxure et c'était bien le fait qu'il le sache qui le rendait implacable tant il savait comment se rendre irrésistiblement désirable. Adriel le contemplait de loin. Il n'avait rien de l'aura envoûtante de Salvatore, il était simplement attiré par lui comme tous les autres mais voilà, à la différence de tous les autres qui gravitaient autour du bel asiatique, il était amoureux.

Tous les soirs il sortait des cours un peu en avance pour pouvoir le voir au portail quand il rentrait chez lui, prenant le bus ou se faisant raccompagner par l'un de ses potes. Parfois Adriel écopait d'heures de colle pour partir avant la sonnerie mais il s'en fichait bien car il aurait tout donné pour un instant passé en sa présence, juste avec lui, sans tous les amis qui entouraient en permanence Salvatore. Une fois il avait croisé son regard par hasard, le jour où il était arrivé à l'école, et depuis il ne pouvait plus l'oublier. Il avait été aspiré par les mers noires de ses yeux et il s'y était débattu longtemps avant de renoncer, d'accepter le fait qu'il était tombé amoureux du mec le plus vénéré de toute l'académie. Accepter aussi le fait qu'il n'était rien aux yeux de Salvatore. Il ne l'avait touché qu'une fois, et c'était parce que Salvatore l'avait bousculé dans un couloir. Il raillait les artistes, méprisait ceux qui ne pouvaient pas lui tenir tête, à lui et à son gang, et ne sortait qu'avec les mecs les plus canons parce que de toutes façons, il n'avait que l'embarras du choix. Il participait à toutes les soirées organisées en ville où il dealait sa drogue et se livrait là bas à des frasques qui se retrouvaient sur tous les réseaux sociaux et dont la mention même faisait rougir Adriel.
Le brun était tout l'inverse de Salvatore. C'était un garçon réservé qui se protégeait du monde sous des dehors étranges. Depuis qu'il avait été largué par son dernier -et seul- petit ami en date, il avait développé sa carapace de mec bizarre, s'était peint des peintures de guerre de ses tatouages et fait ses armes de son silence et de son cynisme. Même parmi les artistes les plus bizarres de l'école, le québécois était un paria. Il s'habillait toujours de couleur sombre, avait une crête teinte en bleue et des piercings partout. Il avait aussi des cicatrices qu'il s'était infligé après avoir voulu se suicider quand son petit ami lui avait avoué qu'il le trompait. Il était tout ce que détestait Salvatore et une fois encore, il attendit le bus suivant et rentra chez lui se noyer dans l'encre.
Il ne dessinait plus qu'à l'encre depuis le jour de son arrivée.

***

Le lendemain, Adriel alla en cours comme d'habitude et, comme d'habitude, il passa plus de temps à regarder par la fenêtre à espérer apercevoir Salvatore se rendre au terrain de basket qu'à écouter ses professeurs. A la pause de midi, il alla déjeuner tout seul dans un coin de la cafétéria, ses écouteurs dans les oreilles. Alors qu'il passait Bring me to life de Evanescence, son écouteur droite se mit à crachouiller et puis fini par s'arrêter de fonctionner. Contrarié, il essaya de chercher la cause de la panne.

- Tu savais que Salva serait à la fête de Maddy ce soir ?

- Celle qu'elle donne chez Richardson ? C'est vrai qu'elle sort avec lui ?

- Elle se le tape, ça c'est sûr !


Et les deux continuèrent à parler des couples de l'école mais le coeur d'Adriel était serré. Il n'aimait pas savoir que Salvatore fréquentait ces gens là, même si il ne pouvait rien y faire, et encore moins qu'il devait vendre de la drogue pour ses parents. Il jeta ses écouteurs au fond de son sac et partit sans finir de manger. L'après-midi fut longue car il était travaillé et à la fin des cours, il attendit de voir passer Salvatore au portail mais il entendit dire qu'il n'avait pas été en cours l'après-midi ce qui le rassura un peu. Il n'allait jamais en cours quand il devait se préparer pour une soirée. Il serait donc bien chez Daniel et Maddy ce soir et Adriel comptait bien s'y rendre aussi. Il ne perdit pas de temps et rentra chez lui pour se préparer. L'angoisse lui tordait le ventre à l'idée qu'il aurait peut-être l'occasion de parler à Salvatore pour la première fois et il eut toutes les peines à trouver des vêtements qui lui paraissent appropriés pour l'occasion. Il n'avait que du noir dans son armoire. Du noir troué, du noir déchiré, du noir abîmé, transparent, ample, moulant, à clous, à pointes... Il finit par opter pour une tenue sobre, un slim -noir évidemment- et un débardeur moulant qui laissait voir ses tatouages. Il enleva certains de ses piercings et se coiffa, attachant ses cheveux longs en une queue de cheval. Quand il se regarda dans le miroir, il peina à se reconnaître tant il était peu habitué à se voir de la sorte mais le jeune homme qu'il vit dans le reflet était vraiment séduisant. Il devrait s'habiller comme ça plus souvent.

Quand il arriva à la soirée, l'appartement était déjà bondé et Adriel se sentait mal. Les lumières étaient trop colorées, la musique populaire trop forte et les corps qui se pressaient contre lui sentaient la sueur et l'alcool. La tête lui tournait mais il ne ferait pas demi tour, il était venu pour lui. Il trouva l'asiatique près des baies vitrées dans le salon. Il était assis sur le canapé en cuir blanc avec certains de ses acolytes, un verre à la main. Il riait mais son rire était inaudible, couvert par la musique. Adriel se promit qu'après ce soir, il l'entendrait rire souvent. Il serra dans sa poche les billets qu'il avait réuni pour se donner un prétexte de lui adresser la parole mais il restait immobile, à le regarder. Comme toujours, disait une petite voix à l'intérieur de son crâne et il n'arrivait pas à la faire taire. Comme toujours il resterait là, à regarder celui qu'il aimait en silence et ses yeux le caressaient de loin, comme un souffle de vent. Peut-être le sentit-il, car il tourna la tête vers lui. Un instant le monde fut suspendu entre eux et Adriel se sentit glisser dans l'abîme des prunelles de Salvatore, mais les potes de l'asiatique le ramenèrent bien vite à la réalité en éclatant de rire. Le rat sortait de son trou. Le québécois s'avança. Il ne savait pas pourquoi ni ce qui lui donnait la force de bouger alors qu'on le raillait en cet instant précis, mais une envie démente de leur faire ravaler leur dents l'avait saisi et même si il devait finir roué de coups sur le sol, il les frapperait autant qu'il pourrait, autant qu'il le faudrait pour qu'ils se taisent. Il ne voulait entendre que le rire de Salvatore. Il n'eut pas le temps de commencer à se battre cependant, car une main retint la sienne. C'était celle de Salva qui, à son regard, avait compris qu'il était sérieux.

- Ça va, laissez-nous.

Les mecs les regardèrent un instant sans comprendre mais ils avaient l'habitude d'obéir à leur chef sans poser de question et s'en allèrent sans un mot. Le japonais lui fit signe de s'asseoir et Adriel lui fit fasse dans le fauteuil. L'ambiance lourde mêlée à sa colère et aux relents d'alcool lui retournaient le coeur, mais rien autant que de se savoir en face de lui. Son contact sur sa main était comme gravé au fer rouge et il aurait tout donné pour sentir à nouveau sa peau contre la sienne. Il aurait tout fait. Il avala sa salive. Salvatore attendait qu'il parle et lui se noyait dans ses yeux.

- Qu'est-ce que tu me donnes pour cent-vint dollars ? demanda-t-il en posant ses billets froissés entre eux.

A SUIVRE


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PARTIE DEUX

- Cent vingt dollars ?

Salvatore haussa les sourcils. C'était beaucoup, surtout pour un type comme Adriel. Il ne le connaissait pas parce qu'il n'avait pas besoin de le connaître. Il avait seulement besoin de connaître la liste de ses clients potentiels et Adriel Lespérance n'en faisait pas partie. C'était bizarre qu'il vienne tout d'un coup lui demander pour cent-vingt dollars de drogue.
Bizarre mais pas mauvais pour lui.
Il tira d'une poche intérieure de son manteau un petit sachet de poudre blanche qu'il soupesa de ses longs doigts experts. Il en sorti un autre avec lequel il réitéra le geste puis il poussa les deux à côté de l'argent d'Adriel qu'il prit et mit dans la poche de son jean. Adriel suivait des yeux chacun de ses geste et avoir l'occasion de poser ses yeux si près de l'entrejambe du beau brun fit apparaître des images torrides dans son esprit. Il rougit légèrement. Mais à quoi je suis en train de penser moi ?

- C'est cher mais c'est la meilleure, je peux te le garantir.

Il s'attendait visiblement à ce qu'il se relève et s'en aille mais le québécois ne bougeait pas, alors il renifla et ouvrit son sac donc il tira une longue boîte sombre. Adriel frissonna à l'idée de ce qui pouvait se trouver à l'intérieur. Il s'y trouvait en fait un lot de seringues d'aspect assez ancien. Salvatore en sortit délicatement une du tissus qui la protégeait et la tendit à Adriel.

- T'es pas bête toi, hein ? J'en ai pas plus à te donner mais je t'offre ça pour le prix. Tu me plais. Cadeau de la maison. Elle est en cristal et en argent, c'est l'une des miennes, prends-en soin.

Il ne la poserait pas sur la table, comprit Adriel, et il tendit les mains en tremblant pour prendre la seringue. Il effleura les doigts du bel asiatique au passage et un frisson électrique parcourut son corps, il faillit la faire tomber par terre. Cela n'échappa pas à son vis à vis qui éclata de rire. Le rire de Salvatore. Il aurait voulu que cet instant dure éternellement, entendre le rire cristallin de son amour était comme une musique à ses oreilles, une musique qui couvrait celle qui passait en fond, qui couvrait les cris, les gloussement et les répugnants bruits de vomissement qui étaient le lot de toutes les fêtes. A nouveau il se sentit spectateur mais cette fois, il en était heureux. Il aurait pu rester assis là toute une vie à écouter rire Salvatore. Mais les meilleures choses ont toujours une fin et les potes de l'asiatique commençaient à s'impatienter, d'autant plus que les sachets sur la table attiraient des regards curieux et Adriel s'empressa de les mettre dans sa poche et de se relever. Alors qu'il s'éloignait, il voulut se retourner pour regarder une dernière fois celui qui avait attrapé son coeur, mais il était de nouveau bien entouré et la foule le lui cacha avant qu'il ait pu croiser son regard.
Mais Adriel savait désormais quoi faire pour l'avoir rien que pour lui.
Même si ce n'était que pour un instant.

***

_ Tu es plus beau que dans tous mes rêves Salva.

Le susnommé rougit et baissa les yeux mais Adriel lui releva doucement le menton et planta son regard dans le sien. Ses yeux étaient autant de baisers silencieux que les caresses qu'ils échangeaient, étendus sur le lit de la chambre du québécois.

_ Je t'aime Adriel.

Je t'aime Adriel. Ces mots. Il avait imaginé les entendre depuis longtemps. Il caressa doucement la joue de Salvatore et se pencha vers lui. Il ferma les au moment où leurs lèvres se scellèrent.

_ J'ai envie de toi Salva. Ne faisons qu'un.

Adriel n'aurait jamais pensé dire une chose pareille un jour. Certes, il avait déjà eu un petit ami mais les choses se passaient tout autrement. Ils ne parlaient pas et bien souvent, c'était son copain qui lui tombait dessus pour ce genre de choses alors même qu'Adriel n'en avait pas forcément envie ! Mais là c'était différent. Il se sentait baigné dans une douce chaleur lorsque Salvatore était ainsi contre lui et ces mots qu'il trouvait d'ordinaire indécents lui venaient naturellement et il ne voyait aucune honte à désirer son petit ami, au contraire, c'était la chose la plus belle du monde. L'asiatique rosit de plus belle et Adriel le trouva touchant ainsi, si vulnérable, et c'était pour lui qu'il se montrait ainsi, sans rien lui cacher.

_ Moi aussi, chuchota-t-il contre sa poitrine.

Une chaleur nouvelle apparut dans le corps du brun, qui n'était ni de la gêne ni de l'amour, ou peut-être un peu des deux, et qui se situait dans son bas ventre. Abolissant les dernières barrières qui se dressaient encore entre eux, ils décidèrent de laisser leurs corps parler à leur place. Adriel mit un doigt dans la bouche de Salvatore qui le suça goulûment avant de l'utiliser pour le préparer. L'asiatique frémit quand son amant glissa un doigt à l'intérieur de lui mais il se détendit et Adriel inséra un deuxième doigt à l'intérieur.

_ Fais-moi confiance, murmura-t-il dans un souffle.

Il écarta les jambes de Salvatore et s'enfonça doucement en lui. Le québécois commença alors à bouger, lentement puis plus fortement et ses coups allaient à la mesure de son plaisir jusqu'à ce que, n'en pouvant plus, son amant vienne en gémissant de plaisir, le dos arqué et les yeux fermé sous l'afflux des sensations. Adriel le suivit de près et se laissa glisser à ses côtés en le regardant tendrement. Salvatore s'approcha et l'embrassa, sa petite langue rose jouant délicatement avec les lèvres du québécois. Celui-ci essaya de répondre à son baiser, mais son amant s'écarta et à chaque fois qu'Adriel essaya d'emprisonner ses lèvres, il s'éloignait avec un petit rire, s'amusant de le faire tourner en bourrique. Le gothique en eut bientôt assez et il attrapa la tête de son amant pour l'attirer vers lui mais un miaulement hystérique et une griffure en plein visage furent ses seules récompenses. Hébété, il se redressa pour comprendre qu'il était seule dans son lit, à l'exception de sa chatte Lilith. Sur la table de chevet, la seringue souillée et un sachet de poudre entamé à côté d'une cuillère et d'un briquet.
Atterré par la triste réalité des faits, il voulut se lever mais fut pris d'un haut-le-corps et vomit tripes et boyaux sur les sol de sa chambre. Il lui fallu plusieurs heures pour se remettre de ses tremblement et nettoyer la pièce. Tout cela avait semblé si réel, le souvenir des caresses de Salvatore lui brûlait encore le corps et il se caressa comme pour les rappeler. La seule chose qui s'était réellement passée entre Salvatore et lui était qu'il lui avait acheté pour plus de cent dollars de poudra blanche. Il se sentait vide. Vide de ses espoirs déçus et incapable de les combler dans ce monde. En désespoir de cause, il attrapa la seringue sur la table de chevet et replongea dans les rêves qui eux ne le décevaient pas.

A SUIVRE


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Dans la peauYaoi - Salvatore x Adriel - Angst/Drama/Romance - complete ( listen to the rain → evanescence )

PARTIE TROIS

Adriel passa une semaine entre de merveilleux idylles et le cruel désenchantement de la réalité. A chaque fois qu'il se réveillait, sa seule envie était de replonger dans ce sommeil fiévreux où Salvatore était à lui, rien qu'à lui, et où ils pouvaient tous les deux s'appartenir sans avoir plus rien à redouter. Dans ces rêves, il n'y avait plus d'école ou de popularité, il n'y avait qu'eux et le québécois pensait qu'ils auraient pu vivre uniquement dans son petit appartement et cela aurait suffit à son bonheur. Il fallait malheureusement se lever et aller en cours. Chaque jour qui passait, le jeune homme le faisait avec moins de conviction que le précédent et il s'enfonçait peu à peu dans la dépression. Ses professeurs ne remarquaient rien car ils étaient habitués à la morosité du québécois et ils pensaient que ses cernes étaient dues aux activités louches de gothiques auxquelles il devait participer. Il ne faisait même plus semblant d'écouter en cours quand il regardait par la fenêtre et il lui arrivait d'aller dans les toilettes pour pleurer ou prendre de la drogue.
Le fait même de planter l'aiguille dans sa chair le soulageait un peu. C'était une seringue qui avait appartenu à Salvatore, qui avait connu l'intimité de sa peau, de son sang, et quand il la plantait dans son bras, il se sentait un instant plus proche de lui. Quand arriva samedi, il avait déjà vidé les sachets achetés à Salvatore mais aussi inquiétant que soit son état, il heureux car il avait à nouveau l'occasion de revoir le jeune homme. Il retourna donc le chercher et il se passa la même chose que la première fois, à peu de choses près. Peut-être les gars étaient-ils plus nombreux, peut-être que l'asiatique le regardait avec un peu plus d'insistance mais peut-être aussi n'étaient-ce que des impressions dues à son état. La seule chose qui était sûre, c'est que cet argent là, il avait du l'emprunter. Devenir son client régulier était la seule solution qu'il avait trouvé pour pouvoir l'approcher, effleurer ses mains sans avoir à lui avouer ce qu'il ressentait pour lui. Le québécois en était incapable. Il n'avait déjà pas beaucoup de confiance en lui mais maintenant il se trouvait encore plus pathétique et Salvatore ne voudrais jamais d'un drogué bizarre comme petit ami. Il se contentait donc de l'épier de loin et de brèves entrevues où il ne s'échangeait entre que de la poudre à rêves et de l'argent. Une fois à la fête de Maddy, une fois au skatepark, une fois derrière la supérette, pas loin des grilles du lycée, le soir, avant d'aller en cours, à la pause de midi, le week-end...
Il empruntait de plus en plus d'argent, ne le remboursait jamais. De toutes façons il ne travaillait pas et il y avait longtemps que toute sa famille l'avait renié. Il s'enfonçait de plus en plus dans une situation inextricable mais la seule chose qu'il voulait, la seule chose dont il était capable c'était prendre ces petits rêves en poudre, se les mettre dans la peau et tout oublier.

***

Cette situation dura plusieurs mois.
Il semblait que Salvatore regardait Adriel différemment depuis qu'il venait le voir presque toutes les semaines mais ils n'avaient guère échangé plus de quelques mots. Une fois Salva lui avait dit qu'il était en manque -on se demandait comment- et avait demandé son adresse à Adriel pour venir chez lui mais il n'était jamais venu. De toutes façons cela aurait brisé le coeur du québécois qui se refusait à faire du sexe pour du sexe. Il continuait malgré tout de croire qu'un jour Salvatore viendrait le voir, que ses efforts pour le faire sourire quand il le voyait avaient porté leurs fruits, qu'ils pourraient rire ensemble et qu'il pourrait enfin lui dire ce qu'il ressentait pour lui, mais cela n'était jamais arrivé.
On était samedi et Adriel allait chercher sa dose habituelle. Le japonais était encore plus beau qu'à l'ordinaire. Il portait un jean skinny qui faisait ressortir toutes les formes de son corps d'asiatique finement musclé et une chemise noire qui contrastait magnifiquement avec sa peau marmoréenne. Le québécois rosit en le voyant ainsi accoutré mais heureusement, Salvatore n'avait pas pu le voir à la faible lumière de la lune. L'échange avait lieu sur la plage ce soir là et comme à l'ordinaire, les potes de l'asiatique s'étaient éloignés et s'amusaient à tripoter les filles qui passaient. Salvatore rigola un peu en les regardant faire parce que les filles qui venaient sur la plage à cette heure ci venaient pour se faire toucher par les garçons. Elles portaient des talons hauts qui les empêchaient de courir dans le sable et des minijupes qui laissaient voir leur culotte à chaque fois qu'elles bougeaient. Elles poussaient des cris suraigus à chaque fois qu'un garçon mettait sa main dessous et Adriel, agacé, demanda à Salva si ils ne pouvaient pas s'éloigner un peu.

_ Tu vas bien ?

La question le prit de court mais il répondit tout de même :

_ Oui pourquoi ?

_ Pour rien. Je... m'inquiétais, c'est tout.

Adriel vit alors que l'asiatique évitait son regard. Son coeur s'emballa et il lui releva doucement le menton, comme il l'avait fait dans son rêve. A la lumière de la lune, ses yeux semblaient plus profonds encore et le québécois comprit alors, que ces grands miroirs lui renvoyaient un sentiment réciproque. Ce qu'il éprouvait pour le noiraud n'était pas à sens unique !

_ Salva je...

_ Non, ne dis rien.

Le japonais posa un doigt sur les lèvres du brun et approcha les siennes. Leurs cils s'emmêlèrent et leurs lèvres s'unirent. Les sensations dans son corps étaient semblables à un feu d'artifice et il se laissa glisser dans un merveilleux oubli des sens qui n'avait rien à voir avec celui que lui procurait la drogue. Il enroula ses bras autour du corps frêle de l'asiatique et le serra contre lui. Il se demanda si il n'était pas encore dans l'un de ses trips mais le svelte corps chaud contre le sien était bien trop présent pour qu'il s'agisse d'un songe. Le baiser se termina bien trop vite au goût du brun mais quand il voulut reprendre ses lèvres, son vis à vis recula d'un pas.

_ Non, il ne faut pas. Je ne peux pas être avec quelqu'un comme toi. Je te détruirais Adriel, je... ne suis pas la personne qu'il te faut.

Ce fut au tour du susnommé de reculer un peu. Ces mots étaient comme de coups de poignards pour lui, d'autant plus douloureux qu'il ne les comprenait pas. N'avait-il pas répondu à son baiser ? Ne l'avait-il pas laissé, l'espace d'un instant, entrevoir ses sentiments ? Le brun ne comprenait pas cette réaction si soudaine, à moins que l'asiatique ne se soit moqué de lui comme il se moquait de tous les autres. Il lui avait vendu sa drogue, l'avait embrassé et puis voilà ? L'argent et le sexe, c'était les seuls commerces qui l'intéressaient à ce qu'on disait mais Adriel ne l'avait cru et maintenant il se sentait trahi. Tout son être lui criait que Salvatore avait envie d'être avec lui mais les mots du japonais étaient plus coupants que des lames de rasoir. L'asiatique fit mine de partir et Adriel voulu attraper sa main. Il hésita un instant, un seul, et Salvatore était déjà reparti en courant vers ses amis.
Il n'avait pas eu un regard en arrière.

***

Les larmes sur ses joues ne semblaient pas vouloir s'arrêter de couler. Peut-être allait-il se vider de toute son eau, pensait-il en cherchant de quoi sécher son visage à tâtons sur son lit, peut-être que c'était ainsi que toute cette histoire allait se terminer. Lui mort de déshydratation. Cela faisait des heures qu'il pleurait après en avoir eu fini de crier. Il se fichait pas mal de ses voisins, actuellement il se fichait pas mal du monde entier. Il était rentré fou de douleur et de chagrin, il avait frappé les murs, arraché la tapisserie et maintenant ses mains saignaient. Devant son visage, ses ongles cassés, ses phalanges écorchées, comment était-il sensé sécher ses larmes avec des mains qui pleuraient aussi ? Dans sa poitrine croissait un monceau de ronces aux fleurs amères et chaque épine qui poussait déchirait un peu plus ses poumons, l'empêcher de reprendre son souffle. Il avait si mal qu'il doutait que cela soit humain. Ce n'était pas humain. La violence qui tordait son corps sur ses draps trempés n'était pas une poigne humaine, les gémissements qui s'échappaient des tréfonds de son être b'étaient pas humains, le cratère qu'il avait à l'endroit de son coeur ne pouvait pas être humain, il n'aurait même pas du être vivant. A force de chercher, ses doigts finirent par tomber sur un peu de réconfort.

***

On frappa à la porte mais Adriel ne bougea pas de son lit.

_ Adriel c'est moi. Je voulais m'excuser pour tout à l'heure parce que j'ai réfléchi et... je sais que ce n'est pas raisonnable, mais depuis la première dois que je t'ai vu à cette fête, je... je n'avais jamais ressenti ça avant. C'est arrivé si soudainement, du jour au lendemain je te voyais partout et quand je ne pensais pas à toi, je pensais à ce que je t'avais dit, à tout ce que j'aurais pu dire de plus. Je me suis répété cent fois ce que je te dirais si tu revenais me voir et tu es revenu mais ce n'était que pour la drogue et je n'ai pas osé, j'avais si peur que tu me rejettes. Tu sais, je sors avec beaucoup de garçons mais c'est juste pour le sexe, ils ne tiennent pas à moi et je ne veux pas tenir eux, j'ai si peur d'être abandonné, mais je sais qu'avec toi c'est différent. Tu n'es pas ce genre d'homme. Pourtant à chaque fois que tu revenais vers moi c'était pour acheter jusqu'à ce soir. Ce soir où j'ai enfin compris. On était pareil tous les deux et moi j'ai été stupide, stupide de ne pas le comprendre plus tôt.

La petit voix derrière la porte s'étrangla dans un sanglot.

_ Pardon Adriel. Mais je suis là maintenant et je ne veux plus jamais être loin de toi. Tout à l'heure c'était... quand tu m'as embrassé c'était comme si je retrouvais quelque chose que j'avais perdu depuis longtemps, une part de moi-même. Tu es cette part Adriel et je t'aime. Je t'aime. Je suis fou de toi, je suis tout à toi. Si tu veux bien de moi.

Le silence seul lui répondit mais le brun ne pouvait pas s'en contenter, déchiré entre la tristesse d'avoir fait du mal à son aimé en le rejetant et la peur qu'il ne veuille plus de lui maintenant. Il poussa la porte du bout des doigts et entra dans l'appartement. Un bruit de couvertures et de plaintes étouffées le conduisirent jusqu'à la chambre. Le jeune québécois était étendu sur son lit et lui tournait obstinément le dos.

_ Je te jure que je ne t'abandonnerai jamais Adriel.

Il s'apprêtait à l'implorer de lui répondre quand un chat roux sortit de sous la couette et poussa tristement la main de son maître qui retomba mollement sur les draps. Un grand froid envahi alors Salvatore et avant qu'il s'en rende compte, les larmes s'étaient mises à couler sur ses joues. Non, non, non ! C'était impossible. Il se jeta sur lit, retourna le brun en cherchant désespérément une étincelle de vie dans ses yeux.

_ Adriel ! Adriel je t'en supplie ! ADRIEL !

Mais il était trop tard et Adriel ne pouvait plus que fixer sans le voir le visage aimé baigné de larmes qui ne sourirait plus jamais.

FIN


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La complainte de l'angeYaoi - Adam X Salva - Tragedy/Deathfic/Romance - OS ( fragile → dustin o'halloran )
Il y avait le monde extérieur, il y avait la Ferme et entre les deux, un long couloir ténébreux. Salvatore était né du mauvais du côté.
Il ne savait pas ce qu'était une ferme, il savait juste que c'était ainsi que cet endroit se nommait et qu'ils le nommaient tous, ce dédale de pièces et d'escaliers, ces salles qui craquaient, suintaient quand elles ne hurlaient pas. C'était ici qu'il était né et si il avait connu un autre lieu au monde, il l'avait oublié. Ses souvenirs n'étaient que des tableaux peints de noir et de douleurs, imprimés dans son cerveau comme les dents de ses maîtres sur sa peau. Ils étaient nombreux à les aimer, plus nombreux encore à la craindre par dessus tout et tous leur obéissaient. Parfois, un autre enfant arrivait mais il arrivait plus souvent encore qu'un autre disparaisse et que l'on ne le revoit plus jamais. Les maîtres disaient alors qu'il avait essayé de s'enfuir et qu'il était mort car le monde extérieur était empoisonné, qu'il n'y avait qu'entre les murs de la Ferme que l'on pouvait vivre. Eux bravaient tous les jours l'air toxique pour leur rapporter de quoi manger alors il fallait les remercier, se taire et obéir. Quoi qu'ils leur fassent. Espérer, un jour, devenir le préféré de l'un d'eux et se soustraire ainsi aux autres. La Ferme était un monde à part, avec sa propre histoire, ses propres règles, ses propres espoirs.
Mais sa religion ne comptait que des démons.
Salvatore le savait, il avait apprit à lire en cachette, ils avaient vu les livres. Il savait qu'au delà des fenêtres condamnées et des portes closes se déployait un monde plus vaste que sa peur, plus odorant que ses plaies, plus intense que sa douleur. Un monde pour tout avaler dans un grand baiser, où il pourrait voir le soleil, cette lampe aveuglante et le ciel, ce plafond infini parfois bleu, parfois rose, parfois d'or où ne s'accrochent jamais les toiles d'araignée.
Le monde des anges qu'il ne verrait jamais.

Et puis il était arrivé.
Salvatore avait tout de suite su qu'il en était un. Un ange. Tombé du ciel au mauvais endroit sans doute. L'univers n'était-il donc pas aussi grand qu'il le pensait ? Sur tous les endroits où il aurait pu atterrir pourquoi ici ? Tombé du plafond du monde il en avait les couleurs, des yeux bleus comme le ciel, des cheveux bleus comme le ciel, des lèvres roses comme le ciel, des joues blanches comme des nuages. C'était la plus belle chose sur laquelle Salvatore avait jamais posé le regard. Il dénotait tant dans la Ferme qu'il n'eut pas l'occasion de lui parler avant longtemps. Les maîtres se battaient pour lui, le battaient pour le marquer et ses bleus étaient noirs comme la Ferme. Bientôt il serait noir comme eux.
Il fallait qu'il lui parle.
Un soir il parvint à le rencontrer malgré les interdictions des maîtres. Il entra discrètement dans la chambre pendant que celui qui s'était emparé de l'ange était parti. Il trouva le beau garçon assis sur le lit. Il regardait ses marques mais ne pleurait pas, il avait un visage doux et ses yeux semblaient vides de toute tristesse. Il leva les yeux quand Salvatore entra alors qu'il était arrivé sur la pointe des pieds. Le coeur de Salvatore s'accéléra quand l'ange bleu lui sourit.

" Comment tu t'appelles ?

_ Adam" répondit doucement l'azuré.

Salvatore avait déjà lu ce nom aussi mais il n'eut même pas le temps de parler que l'ange reprit :

" Je connais le monde extérieur tu sais, c'est pour cela que les maîtres ne veulent pas que je parle avec vous. Mais tu sais que ce monde existe n'est-ce pas ? Je l'ai vu dans tes yeux.

Salvatore avait la gorge nouée, il ne put que hocher la tête, les larmes aux yeux. L'ange continuait de sourire mais le brun le sentait : il le comprenait. Ils parlèrent toute la nuit et le bleu lui raconta sa vie avant d'arriver à la ferme, tout cela semblait un paradis pour Salvatore. Dans son coeur meurtri jaillit un espoir, la liberté n'était pas très loin. Il n'y avait u'un couloir noir entre elle et lui. Entre elle et eux, car en l'espace d'une nuit, un ange avait bouleversé sa vie. Quand Adam finit de parler, il se mit à pleurer alors le petit brun lui jura qu'ils s'échapperaient de cette prison. Ensemble. Adam prit le visage de Salvatore entre ses mains et approcha doucement son visage. Le brun crut qu'il allait lui faire du mal mais l'ange posa ses lèvres rosées sur les siennes et Salvatore ferma les yeux. Le monde extérieur, les sévices subis, tout s'était envolé et il souhaita que cet instant soit toute sa vie.

Alors il comprit. C'était peut-être cela qui s'appelait "amour" ? Ce sentiment interdit que les maîtres avaient perverti. Ils disaient qu'ils les aimaient mais maintenant que Salvatore avait découvert le vrai sens de ce mot, il en comprenait toute l'étendue. Si un sentiment seul avait cette force là, plus rien ne pourrait l'arrêter.

Les tortures que les maîtres infligèrent à Adam après leur rencontre devenaient plus horribles à mesure que les jours s'écoulaient car le projet des deux leur donnait du courage et ils avaient moins peur des maîtres. Un jour, ce fut la goutte de trop. L'un des maîtres, ivre, attrapa le jeune ange pendant le repas et le jeta sur la table, puis elle commença à défaire sa ceinture devant tout le monde. C'en fut trop pour Salvatore qui se rua sur lui, attrapa un couteau sur la table des maîtres et le frappa tant qu'il put. Un coup, deux coups, trois coups... le sang jaillissait, éclaboussait tout autour d'eux. Plusieurs personnes se mirent à hurler mais Salvatore ne les entendit même pas, tout ce qu'il sentait, c'est la main chaude de son ange qui le tira par le bras. En releva la tête, le brun vit son visage affolé. L'un des maîtres avait tiré un pistolet de sa ceinture et se préparait à lui tirer dessus. Alors il se releva et courut aussi vite qu'il le put, Adam derrière lui, droit vers la sortie. Elle était ouverte. Il le savait. Cela faisait des semaines qu'il épiait les allées et venues des maîtres. La porte était ouverte au moment des repas car tous n'arrivaient pas en même temps. Il courait à en perdre haleine et il entendait les pieds nus d'Adam derrière lui, les grosses bottes des maîtres sur leurs talons. Ils arrivèrent dans l'entrée et ce couloir qui avait toujours symbolisé la mort et l'impossible pour Salvatore était maintenant le chemin tant espéré vers la liberté. Vers le ciel. Il courut plus vite, le sang pulsant contre ses tempes. Dans son dos il entendit des coups de feu mais aucun ne réussit à le toucher. Il s'écrasa contre la porte, tourna la poignée et dehors... Dehors. Devant l'immensité de ses sensations nouvelles, il se mit à crier, à pleurer comme un nouveau-né. Ce n'était pas seulement un nouveau monde, c'était une nouvelle vie qui entrait violemment dans ses yeux, ses oreilles , ses narines, son coeur. Son être tout entier hurlait de lumière. Adam avait eu raison, il l'avait guidé vers le soleil. Quand il se retourna, il n'était plus derrière lui. Il n'y avait rien que la porte de la Ferme ouverte, un mouvement dans l'ombre du couloir, une détonation.

Salvatore avait cru aux anges et il en avait vu le ciel.

Son cœur était déjà mort quand une balle le transperça.

FIN


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PARTIE UN

_ Et voilà ta nouvelle chambre Jay !

La famille Howard venait d'arriver de Chine et Jay découvrait les Etats-Unis avec appréhension. Ses parents avaient acheté une grande maison en face de la mer et il suffit à Jay de jeter un coup d'oeil par la fenêtre de ladite chambre pour âtre pris de nausée. Il avait vécu le voyage comme il avait vécu tous les précédents, comme une sorte de rêve vers un nouvel ailleurs à découvrir et qu'importait si il ne l'aimait pas, sans doute n'y resteraient-ils pas trop longtemps, mais ici c'était différent, ses parents espéraient que ce serait le dernier et de tous ceux qu'il avait vu, ce lieu était celui qui dégoûtait le plus Jay. L'endroit en lui-même était d'une banalité affligeante mais pas laid, non, c'était le mode de vie américain qui le répugnait par dessus tout. Ils étaient allé faire les courses pour remplir le frigo et c'était à peine si le rayon des légumes existait dans l'esprit des consommateurs au Walmart. Pas étonnant qu'il y ait autant de gros. Parce que oui, il y en avait. Jay Howard avait toujours qu'il s'agissait d'une légende, d'un gros cliché comme le fait que les chinois soient soit des génies geek à lunettes soit des communistes portant un chapeau pointu, mais ils existaient bel et bien. On était assez loin des images caricaturales où les rues étaient envahies d'obèses mais il était difficile de voir quelqu'un de vraiment mince et -ô miracle- d'apparemment musclé quand on passait à la caisse. Il y avait toujours ça ou là un bourrelet pour passer par dessus un jean ou par dessous un top trop court. Et il allait devoir vivre ici jusqu'à ce qu'il puisse déménager par lui-même. Dès que sa mère fut partie, il arrache le scotch qui fermaient les cartons du déménagement et en tira Basile, Gustave, Xiao Li et Mint et se roula en boule sur le tapis avec eux, les seuls pandas qui avaient pu le suivre jusqu'ici.

***

_ Alors Jay, tu n'as toujours pas de petite amie ?

Jay baissa la tête et fit comme si il ne l'avait pas entendu. Il s'était passé tant de choses depuis qu'il était arrivé en Amérique. Son père était parti, il avait intégré Volfoni, s'était fait de nombreux amis mais, effectivement, n'avait toujours pas de copine. Ce n'était pas les prétendantes qui manquaient, sans doute qu'il était mignon. Il ne s'était jamais posé la question. Pour l'instant il se contentait d'écrire ses chansons dans son coin, déployant des efforts surhumains pour que personne ne l'entende jamais chanter et essayant tant bien que mal d'être un mec normal, c'était déjà bien assez compliqué ainsi. Il se rendait en salle de musique quand il faillit percuter quelqu'un au détour du couloir venant du salon des portraits.

_ Eh Howard ! Fais un peu gaffe à où tu mets tes pieds !

C'était Clarence, le gardien de l'école, aussi roux qu'un renard et aussi poilu qu'un renard aussi. Pas aussi futé cela dit.

_ Désolé, marmonna Jay, j'regardais pas.
_ J'ai bien vu mais je sais pas comment t'as fait pour me rater. Allez, bonne journée, lui souhaita-t-il en lui tapotant la tête avant de repartir en baillant.

Jay resta planté là, surpris par ce contact et aussi raide que la porte devant laquelle il se rendait. Sa première pensée fut de se dire que son trouble venait de sa crainte d'avoir récupéré des puces durant ce bref contact physique.
La journée se passa paisiblement même si ce souvenir revenait dans son esprit un peu trop souvent à son goût. Il finit par le laisser de côté pendant le repas du soir où il s'attabla avec Jiang Li Chen qui avait l'air mal en point. Il avait beau s'être musclé et être devenu quelque chose qui s'approchait d'un homme maintenant, il était toujours la victime privilégiée de Jordan Evans quand celui ci avait besoin de passer ses nerfs sur quelque chose. On pouvait même se demandait si il n'y avait pas quelque chose de refoulé là dessous mais ça, personne n'en parlait et certainement pas ni Jiang Li ni Jay. Celui-ci eut beau interroger son ami, il ne lui dit pas d'où lui venait ses blessures et mangea en silence pendant que Jay s'escrimait à lui soutirer des informations.

_ Si tu ne me dis rien je ne pourrais pas t'aider Jiang, insistait-il encore en attaquant son yaourt.
_ Je n'ai pas besoin de ton aide Jay, je suis capable de me défendre tout seul maintenant, conclut durement le chinois en se levant de table.


A SUIVRE


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PARTIE DEUX

_ Alors Jay, encore en train de ressasser ?


C'était à nouveau Clarence. Une bonne semaine avait passé depuis la dernière fois qu'il lui avait adressé la parole et Jay se faisait de plus en plus de souci pour Jiang. Cela devait se voir car tout le monde lui faisait remarquer qu'il avait l'air sombre en ce moment. Il était assis sur les marches du pavillon et Clarence vint prendre place à côté de lui.

_ Tu t'inquiètes à propos de ton ami, hein ?

Jay releva la tête d'un air interloqué. C'était comme si Clarence avait lu dans ses pensées. Le roux souriait et lui tendit une banane.

_ Il se passe quelque chose, j'en suis convaincu. Quand je fais mes rondes le soir, parfois certaines portes sont ouvertes, alors que je suis sûr de les avoir fermées, j'entends des bruit mais quand j'arrive, je ne trouve jamais personne. Je me demande si ces rumeurs à propos des fantômes des esclaves morts ici ne sont pas un peu vrais, parfois, ou alors des petits malins se donne beaucoup de mal pour me le faire croire. Dans ce cas c'est peut-être les mêmes qui s'en prennent à Jiang ?
_ Comment ça ?
_ Tu n'as pas remarqué ? Cela fait un petit moment qu'il ne se passe plus d'incident notable à l'école. Pas de bagarres, pas de tabassages bruyants au parking, à peine quelques petites menaces de temps en temps. Même ce crétin de Jordan Evans a l'air de ne rien y comprendre, c'est comme si tout d'un coup les racailles d'Arcadia avait mieux à faire que foutre la merde. vu leur niveau intellectuel, c'est étonnant, tu ne trouves pas ?

Maintenant qu'il y pensait, Clarence avait raison. Il y avait longtemps qu'il n'avait pas été sollicité pour une rixe quelconque. Il avait pris ça pour une simple accalmie et s'était contenté d'en profiter mais, ajouté aux problèmes nocturnes de Clarence et à la réaction de Jiang, cela devenait suspect.

_ Est-ce que je pourrais t'accompagner dans tes rondes ce soir ?

C'était sorti tout seul. Clarence eut l'air surpris, il était vraiment mignon comme un ourson quand il était surpris, et Jay pensa qu'il allait refuser. Après tout, il n'avait aucune raison d'accepter qu'un élève l'accompagne après l'heure du couvre-feu, cela pourrait lui attirer des ennuis avec l'administration, peut-être même le faire renvoyer, il n'avait aucune raison de faire ça pour un élève qu'il connaissait aussi peu que lui. Mais il se contenta de sourire, encore une fois, et il posa sa main sur la tête du blond.

_ Pas de soucis. Je serai heureux de t'avoir avec moi. Avec un beau gaillard musclé comme toi, je ne risque pas de me faire attaquer par un fantôme.

C'était lancé sur le ton de la plaisanterie mais Jay rougit et se cacha le visage derrière sa banane en espérant que Clarence ne le remarque pas.

_ A ce soir alors.
_ A ce soir Jay.

***

Jay tournait en rond dans son bungalow en attendant l'heure de rejoindre Clarence au portail pour le début de sa ronde quotidienne. Jiang Li n'était pas encore rentré et cela ajouté aux soupçons de Clarence le rendait nerveux. Et si il était arrivé quelque chose à Jiang ? Et si il lui arrivait quelque chose en ce moment même ? Cette idée lui glaça le sang et il quitta le bungalow. Tant pis pour Clarence, ils pourraient faire une ronde ensemble demain, il fallait absolument qu'il retrouve Jiang. Heureusement, le gardien roux n'avait pas encore commencé à fermer les portes des bâtiments et Jay put entrer sans problème. Les couloirs étaient étranges une fois la nuit tombée, déserts et silencieux. Seuls résonnaient ses pas sur le bois grinçant. Peut-être des internes aimaient-ils réviser dans les salles vides où ils étaient sûrs de ne pas être dérangés mais lui ne venait jamais dans les bâtiments de cours après la fin de sa journée et cet environnement familier étrangement sombre insinuait en lui un léger malaise. Alors qu'il grimpait les escaliers vers la salle de musique, il entendit un bruissement derrière lui, comme un tissus. Il se retourna, le coeur battant, mais ne vit rien. Il essaya de se rassurer en se disant qu'il s'agissait sans doute d'un coup de vent dans les rideaux mais il se rendit vite compte que toutes les fenêtres étaient fermées. Sa seule envie était de faire demi tour mais la pensée que le chinois puisse être en danger lui donna du courage pour grimper les dernières marches.
A l'étage, le silence était encore plus pesant qu'au rez de chaussée mais rien d'anormal ne vint perturber ses recherches. Jiang n'était pas ici. Il se rendit donc au dernier étage et là, même si rien ne bougeait, le calme était étrange. Oppressant, comme si il avait plongé à cinquante mètres sous le niveau de la mer. Il sentait sa poitrine compressée et sa respiration difficile. Alors que toutes les fenêtres étaient fermées, il entendait le vent souffler dans les salles comme un murmure. Clarence avait probablement raison, il se passait quelque chose d'étrange.

Ce qu'il découvrit au détour du couloir lui donna raison.


A SUIVRE


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PARTIE TROIS
_ Ils étaient là Clarence... ! Il y en avait partout !
_ Calme-toi Jay, tout va bien. Tu es en sécurité à présent.

Ils étaient à l'infirmerie. Cela fait plus d'une heure que Jay était réveillé et Clarence essayait tant bien que mal de le rassurer. Clarence avait entendu des cris et était monté, c'est là qu'ils les avait trouvés, Jay qui hurlait en se roulant sur le sol et...

_ Comment va-t-elle ? demanda fiévreusement Jay alors que Clarence essayait de le garder de force dans son lit.

Jay ne semblait avoir aucun souvenir de ce qui s'était passé au troisième étage, il avait balbutié des paroles sans suite dans son sommeil, visiblement effrayé par quelque chose mais qu'il n'avait jamais cité explicitement. L'infirmier attribuait cela au choc psychologique mais le roux n'était pas convaincu. Pour lui, cela ne faisait que confirmer ses soupçons et il se désolait que Jay ait été la victime de sa théorie. Au moins s'en était-il tiré vivant.

_ Jay, Jolene... Il faut que tu sois fort, d'accord.. ?
_ Non, non Clarence, ne me dis pas que-
_ Elle est morte Jay. Je suis désolé.

***

En une journée, l'histoire avait fait le tour de l'académie. Tout le monde parlait de la mort de Jolene Brady et des causes de celle-ci. La version officielle était celle du suicide mais personne n'était dupe. Les éléments de l'enquête ayant fuité étant assez flous, tout le monde y allait de sa petite opinion sur le sujet mais si personne ne semblait avoir de version tenant vraiment la route, rares étaient celles qui incluaient un suicide. Beaucoup d'élèves s'étaient mis à soupçonner Jay et il avait été placé en garde à vue. De ce que l'on en savait, le corps de Jolene avait été retrouvé allongé dans le salon des portraits, dans une flaque de sang mais sans blessures externes, le sang coulait en fait de ce que le rapport avait pudiquement nommé les "orifices naturels", il semblait que la mort soit due à une hémorragie interne. La manière dont elle était arrivée était une autre histoire... Certains qui soutenaient la thèse du suicide pensait qu'elle se serait jetée du toit et que Jay avait remonté le corps pour le cacher dans le vieux local d'arts plastique, ou alors qu'il l'avait poussé lui-même, mais cela restait très tiré par les cheveux. La direction avait laissé entendre qu'elle se serait serait suicidée en avalant des produits de nettoyage présents dans les salles d'arts plastiques. Cette théorie sensée restait celle privilégiée par les médias mais vu le peu de conviction avec lequel elle était mentionné, il était clair pour tout le monde que l'analyse n'avait révélé aucune trace de liquides toxiques dans le corps de la jeune blonde.

Jay se remettait difficilement de la mort de sa petite amie. Cela faisait des jours qu'il n'était pas sorti de son bungalow et tout le monde respectait son deuil. Même Jiang Li avait changé de bungalow pour le laisser en paix. L'asiatique aussi déprimait de plus en plus mais Jay, désespéré par la mort de Jolene délaissait son ami. Il avait à peine paru heureux de le revoir quand celui-ci était venu lui rendre visite à l'infirmerie lors de son rétablissement. Mais celui qui venait lui rendre visite le plus souvent et parfois le seul à avoir la permission de rentrer das son bungalow de toute la journée, c'était Clarence. Il n'y avait qu'avec lui que Jay arrivait à parler de ce soir là et également le seul à partager les théories de Clarence. En fait, il ne se contentait pas de les approuver, il était convaincu qu'il se passait des choses paranormales à Volfoni, ce qui était bien au delà de ce que le roux imaginait.

_ Je te jure Clarence, je les ai vus ! Ils étaient là !
_ Mais qui était là ?!
_ Des fantômes, par dizaines !

Et c'était reparti ! Clarence soupira et se laissa retomber sur le lit. Jay était reparti dans l'une de ses crises d'hystérie. Il était à nouveau en train de lui raconter ce qu'il avait vu et entendu ce soir là, les bruits de tissus, le vent, l'atmosphère. Clarence savait ce qui allait arriver à un certain point du récit et prit Jay dans ses bras avant qu'il ne fonde en larme lorsqu'il mentionna Jolene.

_ Là, là, tout va bien Jay, je suis là.

Mais Jay ne s'arrêtait pas de sangloter et à chaque fois qu'il racontait cette histoire, il se refermait un peu plus en lui même. Clarence était devenu le seul qui parvenait encore à le calmer, mais il doutait de continuer à le pouvoir ien longtemps. Il s'était promis de lever le mystère qui entourait la mort de Jolene.
Pour Jay.


A SUIVRE


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