Scars | Pénélope

Adriel Lespérance
c h a c o u i l l e n i n j a z o m b i e
avatar
Âge du perso : 22 ans
Activité : Arts plastiques
Spécialité : Dessin au plomb, fusain et encre de chine
Fonction : Universitaire
Poste spécial : Freak de service
Avatar : Nuvat - SirWendigo
Doubles-comptes : Prudence Vang
Messages : 1598
Date d'inscription : 13/04/2013
c h a c o u i l l e n i n j a z o m b i e

Mon séjour à l'hosto a été plus long que prévu.
C'est lorsque j'ai dû avouer au médecin que j'habite seul, que ma famille se trouve soit à l'autre bout du pays, soit au Canada et que personne ne pouvait vraiment rester avec moi dans l'immédiat qu'il a décidé que je devais être sous surveillance une semaine de plus. Une semaine. La joie, ouais. D'accord, c'était parfaitement logique. Faut pas le prendre pour un con. J'aurais pu réessayer de me tuer. Honnêtement, c'est ce que j'aurais fait.

Historique de dépression et d'alcoolisme sévère dans la famille proche. Suicide récent de la mère. Prise de drogues. Possibles traumatismes psychologiques. Le verdict n'a pas été difficile à rendre. Y'avait pas à creuser bien loin. Antidépresseurs, visites hebdomadaires chez le psy, suivi médical obligatoire. Un beau paquet. Tout ça parce que quelqu'un a eu la brillante idée de défoncer ma criss de porte.

Je fourre le peu de mes effets personnels qu'on m'a apporté dans mon sac comme si j'allais le défoncer. Amer, moi? À peine. C'est juste que si j'me tranche les veines, c'est pas pour le fun. C'est pour crever. Est-ce que j'ai l'air mort, là? Mort-vivant, oui, mais pas mort. Au moins, je fous le camp aujourd'hui. C'est pour ça que je porte mes propres fringues au lieu de la taie d'oreiller bleu viagra qu'on nous donne pour qu'on se sente dix fois plus malade et pathétique. Je regarde la cicatrice que ma tentative a laissé sur mon bras. Une ostie de grosse cicatrice verticale encore fraîche. Encore sensible aussi, comme pour me rappeler que j'ai tout raté. Tant qu'à être en vie, j'suis heureux de m'être coupé avec le bras gauche et pas l'inverse. Ça aurait été dégueu de gâcher au-dessus de mille cinq cent dollars de tatouage. Là, j'aurais vraiment défoncé mon sac à coups de cahier de croquis.

C'est en entendant toquer subtilement contre la porte — ouverte de toute façon — que je me retourne. Je m'attendais à voir une infirmière pas exactement enchantée remarquer que je m'en vais sans voir le médecin une dernière fois. Mais non. Même pas. C'est Pénélope, un bouquet de fleurs à la main. J'hausse un sourcil, surpris. Disons qu'on s'est pas bousculé pour me visiter à l'hosto, et je m'attendais juste pas à ce qu'elle le fasse. Je m'attendais pas à ce que quiconque le fasse, à vrai dire.

—T'es comme Gandalf toi, hein? Jamais en retard, ni en avance. Juste à l'heure.

Juste à l'heure parce que j'aurais absolument détesté qu'elle me voit la semaine dernière, amorphe dans ma jaquette de la honte, en train de repêcher tranquillement ma dignité à la petite cuillère.
Voir le profil de l'utilisateur
Pénélope Kimimichi
━ ultimate ━
T S U N D E R E

avatar
Âge du perso : 20 ans
Activité : Animateur radio
Spécialité : //
Fonction : Hors Volfoni
Poste spécial : //
Avatar : Originaux.
Doubles-comptes : Salvatore Kimimichi - Jay I. Howard - Valère C. Tranquille
Messages : 176
Date d'inscription : 05/07/2015
Age : 23
━ ultimate ━T S U N D E R E

#scars
ft. adriel a.k.a l'emo freak ta daronne

_ C'est un truc qu'on se transmet entre Istari. On aime pas attendre et on aime pas non plus être polis. Comment tu crois que j'commence mon émission à l'heure toutes les nuits ?

C'est encore un coup des Istari.
Quand l'un de nous manque de crever, des fois on se fait un apéro tous ensemble histoire de se souvenir qu'on est cinq. Ils sont bien cinq, les Istari ? Pénélope s'endormait toujours sur les versions longues. Les trucs fantastiques, c'était pas vraiment sa tasse de thé.
Ce n'est pas comme si elle avait prit la peine d'être discrète, ce n'était pas son silence qui faisait sa marque de fabrique, et la porte manqua de claquer derrière elle avant qu'elle ne la retienne d'une main, la ferme un peu plus calmement. Elle retira ses lunettes de soleil pour les glisser par la branche à l'armée de chaînes de pendentifs qu'elle avait autour du coup, s'avança sans trembler vers son bel ami.
Ouais, c'était le cas de le dire. Pas la peine d'être bien loin pour voir la gueule de la dernière en date, même un myope tomberait dessus. Son avant-bras gauche la titilla, comme souvent quand elle voyait un truc qu'elle n'aimait pas sur quelqu'un. Les cons dans les films d'horreur qui se font arracher l’œil, les démembrements sur certaines planches de mangas, y'avait que l'embarras du choix. Elle soupira trop faiblement pour que ça s'entende et fit passer ça pour une banale respiration, s'emmerda en chemin vers lui à déballer le plastique pourri avec lequel le fleuriste avait tenu à emballer le bouquet, tira une des tiges et la posa sur sa tête. Pas entre deux mèches ou derrière l'oreille, non. Sur sa tête, bien en équilibre. La performance lui arracha un air blasé satisfait.

_ Tu me fais regretter d'être sympa, tiens. Comment ils font les hipsters pour faire leurs couronnes de fleurs à la con ? Y'a des fleuristes spécialisés là-dedans, c'est pas possible.

Elle en viendrait presque à jeter les fleurs sur le lit, tiens. Mais bon. Dix dollars les dix tiges, ça méritait bien d'être gardé en pogne une seconde ou deux.
Pénélope laissa son présent sur le crâne d'Adriel et prit place sur le lit puisqu'il en avait visiblement marre d'être immobilisé. Ça faisait combien de temps, déjà ? Une ou deux semaines à peu près. C'était déjà bien trop long. Elle n'aimait pas ce genre d'ambiance, détestait être au milieu malgré l'habitude.

_ J'te fais pas l'affront de te demander comment ça va, hein. Si t'as besoin d'un truc tu sais que je suis à l'antenne de nuit, y'a un numéro à appeler, c'est pas cher. Des fois j'arrive même à être drôle, c'est dire.

C'est dire.

_________________

Voir le profil de l'utilisateur
Adriel Lespérance
c h a c o u i l l e n i n j a z o m b i e
avatar
Âge du perso : 22 ans
Activité : Arts plastiques
Spécialité : Dessin au plomb, fusain et encre de chine
Fonction : Universitaire
Poste spécial : Freak de service
Avatar : Nuvat - SirWendigo
Doubles-comptes : Prudence Vang
Messages : 1598
Date d'inscription : 13/04/2013
c h a c o u i l l e n i n j a z o m b i e

—Ah ouais j'suis con. Faut bien qu'tu répandes ton discours sur la Terre du Milieu.

Si t'es une Maiar, est-ce que ton frangin  est un Balrog?
Je me retiens de dire cette blague un peu pourrie parce que j'ai franchement pas envie de parler de lui. Et si j'étais à sa place à elle, j'aurais probablement envie de foutre une baffe au prochain connard qui le mentionne. Mais ça, c'est moi. J'ai qu'une demie soeur avec qui je n'ai même pas été élevé. Il m'en manque encore un bout pour comprendre l'amour fraternel.

Je la regarde s'avancer sans un mot. Remarque son bref coup d'oeil à mon bras. C'est pas beau à voir, hein? Moi je devrai supporter la vue à tous les jours. Sauf si je crève avant. Ou si je camoufle le tout avec une manche une fois que la plaie sera bien guérie. C'est sûrement ce que je vais faire si je reste en vie. De toute façon, j'avais déjà prévu remplir ce bras-là de tatouages. Bordel, faudrait pas qu'on m'entende penser. Heureusement, ce sont des fleurs qu'elle dépose sur ma tête, et pas une technologie japonaise bizarre faite pour entrer dans la tête des gens avec des tentacules. Mental tentacle rape. Je bouge pas. Après tout, elle a fait l'effort de mettre son cadeau en équilibre sur mon crâne.

—J'sais pas. La mode est aux fleurs dans la barbe, là. Si je laissais pousser la mienne, je t'aurais fait une belle démonstration hipster juste là. Avoue que t'aurais aimé ça.

Je prends le bouquet et le fous sur le lit. C'est joli, et j'apprécie le geste, mais j'suis pas un hipster qui se fait pousser la moustache pour la décorer comme un sapin de Noël. Non, je l'utiliserais probablement dans une concoction pour invoquer Satan. Je soupire et m'assois entre Pénélope et ses fleurs.

—Mmh. Ouais. On me le demande déjà assez souvent. Comme si c'était pas assez clair.

Mais les gens sont cons. C'est la question inutile que tout le monde pose par politesse tout en sachant que si la réponse est non, personne ne veut l'entendre. T'es obligé de répondre oui. Pour être poli. Fuck, je déteste ça.

—C'est sweet, Péné. Vraiment. Puis, c'est pas comme si je faisais moins d'insomnies ces temps-ci.

Là j'ai dormi deux heures et j'ai bu un café qui s'apparentait plus à du jus de chaussette qu'autre chose. J'ai vraiment envie de retourner chez moi, même si j'sais pas trop dans quel état j'vais retrouver mon appart'. Mandy m'a dit qu'il avait été nettoyé. C'est déjà ça.  Par qui? J'avoue qu'en ce moment, tant que j'ai pas mon sang séché à nettoyer entre les carreaux du plancher de la cuisine, je m'en fous un peu.

—Merci. Pour ta visite, ton cadeau et pour ton aide. Mais normalement, je devrais pas me morfondre tout seul comme un emo pendant trop longtemps. J'ai un bon ami qui vient crécher chez moi.

Un ami dont j'suis amoureux et contre qui j'suis resté furieux pendant des mois, mais un ami quand même.

_________________

   
   
   




Gifts.:
 
Voir le profil de l'utilisateur
Pénélope Kimimichi
━ ultimate ━
T S U N D E R E

avatar
Âge du perso : 20 ans
Activité : Animateur radio
Spécialité : //
Fonction : Hors Volfoni
Poste spécial : //
Avatar : Originaux.
Doubles-comptes : Salvatore Kimimichi - Jay I. Howard - Valère C. Tranquille
Messages : 176
Date d'inscription : 05/07/2015
Age : 23
━ ultimate ━T S U N D E R E

#scars
ft. adriel a.k.a l'emo freak ta daronne

Elle balaya ses remerciements d'un soufflet de la main.

_ C'est bon, c'est normal.

Pénélope le pensait vraiment. Son nez la démangea et elle se retint de se gratter du bout de l'ongle, choisit de l'essuyer d'un revers abrupt avant de réfléchir à sa base à vingt dollars et de regretter son geste. Ses sourcils se froncèrent, se détendirent quelques instants plus tard. Inutile d'attendre qu'Adriel fasse la conversation, c'est vrai.

_ J'vais pas te proposer de venir crécher à la maison mais si jamais t'as besoin de compagnie, j'ai deux-trois copains prêts à te céder un sac de couchage dans leur salon. Y'en a même un qui est gay et qui a un lit double si jamais ça te chatouille sous le bide.

Elle plaisantait, mais c'était toujours aussi difficile à voir.

_ J'déconne.

Au cas où.

_ 'Fin c'est pas de la gentillesse là Adri, ok ? T'es un pote, et un pote ça s'aide quand ça en a besoin. J'veux pas qu'elle s'ouvre à nouveau. Jamais.

Ses yeux savaient où regarder et c'est bien pour cela qu'elle les garda rivés dans ses yeux à lui. Il avait déjà trop de cicatrices, le sang c'était très bien confiné dans les veines. Une pensée s'envola vers Salvatore et son regard trébucha contre le relief redessiné de son lobe recousu.

_ J'suppose que l'autre petite chiasse est pas venu mais il en pense pas moins. Et quand bien même moi j'suis là. Elle la pointa du doigt, appuya juste à côté. Et je ne veux pas avoir à apporter des fleurs sur une saloperie de tombe, t'as saisi l'idée ?

Tu nous as fait peur, voilà tout.

_ On n'est pas très doués pour s'exprimer dans la famille, t'sais. Vraiment c'est pas notre fort. Mais je crois pas que tu sois assez con pour ignorer ce que je te dis et la façon dont je te le dis. C'est nul de devoir aller voir un pote à l'hosto, et ça fait chier tout le monde de savoir que c'est celui qui a survécu à un tongsplit qui s'est cru capable de passer l'arme à gauche comme ça. Nous oblige pas à regarder ça d'accord ? On préfère te voir construire des tatouages dessus franchement, c'est moins crado.

Et Pénélope expira sobrement. Voilà.

_________________

Voir le profil de l'utilisateur
Adriel Lespérance
c h a c o u i l l e n i n j a z o m b i e
avatar
Âge du perso : 22 ans
Activité : Arts plastiques
Spécialité : Dessin au plomb, fusain et encre de chine
Fonction : Universitaire
Poste spécial : Freak de service
Avatar : Nuvat - SirWendigo
Doubles-comptes : Prudence Vang
Messages : 1598
Date d'inscription : 13/04/2013
c h a c o u i l l e n i n j a z o m b i e

C'est normal, qu'elle dit. Pour pas mal de gens, c'est pas normal. C'est effrayant, ça rend inconfortable. Je le sais parfaitement. Ce sentiment que tu ressens quand tu visites quelqu'un qui a passé à deux doigts de crever à l'hosto, personne ne veut avoir à l'expérimenter. Alors on va me dire que le temps a manqué. Le travail, les exams, la famille. C'est pas grave. Je m'en fous. J'ai du mal à ne pas me demander si je devrais finir ce que j'ai commencé en rentrant chez moi, alors peu importe qu'on ait décidé ou non d'aller me voir dépérir. J'hausse les épaules, le regard dans le vague.

—Mmh. Tu sais très bien que même si j'avais besoin de compagnie, je le dirais pas. C'est con, je sais.

C'est quand je devrais avoir quelqu'un avec moi pour m'empêcher de faire des conneries que je refuse toute aide. Plus que d'habitude, je veux dire. C'est peu dire. L'autodestruction c'est peut-être plus subtil que ce que l'on croit, en fait. Parfois, il s'agit tout simplement de faire en  pleine conscience tout ce qui est mauvais pour la santé mentale et physique. Je reporte mon attention vers Pénélope. Je n'arrive même pas à sourire en entendant sa blague un peu foireuse. Pas sûr que j'aurais souri en temps normal, de toute façon. Je continue à hocher la tête une fois de temps en temps parce qu'en fait, je sais pas trop quoi lui dire. Bien sûr que c'est de la gentillesse, mais de la vraie. Elle fait pas ça pour bien paraître, ni même pour les remerciements. Non, elle le fait parce que c’est sensé, parce que c’est logique et parce qu’elle m’aime bien.

Je fixe pendant quelques instants son doigt posé sur mon bras, puis regarde brièvement les fleurs échouées sur le lit avant de reporter mon regard vers son visage. J'essaie tant bien que mal de les imaginer, elle et Salva, déposant ce bouquet sur ce qui aurait pu être ma tombe. Je sais pas si ça devrait me faire quelque chose. M'attrister. C'est juste pas le cas. Au pire, je me sens vaguement désolé. Pénélope réussi tout de même à me tirer un sourire furtif. C'est vrai. Elle est crado cette cicatrice, et elle l'était encore plus quand j'avais encore mes points de suture.

—M'ouais. Je prévois la couvrir avec des tatouages de toute façon, mais ça tu dois bien t'en douter.

Je sens que je devrais dire quelque chose de plus réconfortant et efficace que ça. Je reste silencieux pendant quelques secondes, réfléchissant à ce que je pourrais bien lui déballer sans que ce soit des conneries que je pense même pas.

—Ce que tu dis me touche, mais pour l'instant, j'ai rien d'aussi agréable à dire. J'ai vraiment envie de te répondre que j'ai eu peur, que je le regrette et que maintenant j'ai envie de vivre, mais c'est pas le cas. J'espère juste que ça va le devenir prochainement.

C'est le mieux que je puisse faire. De toute manière, Pénélope me connaît assez pour savoir que je dis rarement ce qu'on veut entendre.

_________________

   
   
   




Gifts.:
 
Voir le profil de l'utilisateur
Pénélope Kimimichi
━ ultimate ━
T S U N D E R E

avatar
Âge du perso : 20 ans
Activité : Animateur radio
Spécialité : //
Fonction : Hors Volfoni
Poste spécial : //
Avatar : Originaux.
Doubles-comptes : Salvatore Kimimichi - Jay I. Howard - Valère C. Tranquille
Messages : 176
Date d'inscription : 05/07/2015
Age : 23
━ ultimate ━T S U N D E R E

#scars
ft. adriel a.k.a l'emo freak ta daronne

_ J'en attendais pas tant tu sais.

C'était honnête.

_ Et je sais très bien que t'es trop fier pour venir pleurer dans les bras de quelqu'un et que les gens fiers sont des chieurs. Mais bon, on changera pas sur commande, c'est comme ça.

Elle soupira dans les cheveux d'Adriel et lova sa tête contre sa clavicule. Un peu plus. C'était bizarre de sentir sa joue aussi près de son torse. Pénélope fixait le store de la fenêtre. L'espace grillagé entre chaque bouts de plastique, exactement. Elle se sentait étrangement protégée, laissa ses jambes se balancer et ses deux mains fermement accrochées au bras de sa silencieuse compagnie. Elle n'était pas mieux, et son visage se ferma plus encore.

_ T'as rien à dire, connard. Je t'imagine pas dire quoi que ce soit et t'as encore moins à te justifier. Mais si tu croises Salva pense bien à lui dire que tu le referas plus, comme à tout ceux qui comprendront jamais.

Un baiser dans sa nuque palpitante. Elle sentit la bosse dans sa gorge frémir et ses pieds se cognèrent.

_ Il va falloir que tu apprennes à mentir et ça ne me plaît pas.

_________________

Voir le profil de l'utilisateur
Adriel Lespérance
c h a c o u i l l e n i n j a z o m b i e
avatar
Âge du perso : 22 ans
Activité : Arts plastiques
Spécialité : Dessin au plomb, fusain et encre de chine
Fonction : Universitaire
Poste spécial : Freak de service
Avatar : Nuvat - SirWendigo
Doubles-comptes : Prudence Vang
Messages : 1598
Date d'inscription : 13/04/2013
c h a c o u i l l e n i n j a z o m b i e

Je me contente de hocher doucement la tête, l'ombre d'un sourire étirant mes lèvres. Un sourire fantôme, présent mais à peine discernable.

—Ouais, les gens fiers sont des chieurs.

J'en suis un, ça j'ai aucun mal à me l'avouer. Tellement fier que je me laisserais crever plutôt que d'avouer à quel point je suis au bout du rouleau — et c'est ce que j'ai fait. Les mains de Pénélope agrippant mon bras, sa tête posée contre mon épaule et son souffle sur mes cheveux me rappellent d'une façon étrangement réconfortante que je suis toujours en vie. Que je suis bien là dans cet hôpital pourri et non pas six pieds sous terre. Je fixe mes pieds sans rien dire et profite de sa présence silencieuse. Je frémis à peine en sentant son baiser sur mon cou. Je ferme les yeux pendant quelques secondes. J'appuie ma tête contre la sienne.

—Disons que j'ai plus tendance à mentir par omission. Peut-être que je vais le refaire. Peut-être que non. Je tiens à éviter le sujet, histoire de ne pas donner de faux espoirs.

Traduction: je n'apprendrai très probablement pas à mentir pour qui que ce soit, à moins que ce soit pour qu'on me foute la sainte paix.

—On verra ce que je vais dire à Salva.

Je lui reparlerai probablement pas de sitôt, de toute façon. Je pose enfin mon regard sur Péné et soupire. Comment elle fait pour être toujours aussi calme, celle-là?

_________________

   
   
   




Gifts.:
 
Voir le profil de l'utilisateur
Pénélope Kimimichi
━ ultimate ━
T S U N D E R E

avatar
Âge du perso : 20 ans
Activité : Animateur radio
Spécialité : //
Fonction : Hors Volfoni
Poste spécial : //
Avatar : Originaux.
Doubles-comptes : Salvatore Kimimichi - Jay I. Howard - Valère C. Tranquille
Messages : 176
Date d'inscription : 05/07/2015
Age : 23
━ ultimate ━T S U N D E R E

#scars
ft. adriel a.k.a l'emo freak ta daronne

Toujours du mal avec ça.
Les pointes des cheveux d'Adriel étaient cassantes, juste ce qu'il fallait pour savoir qu'il n'en avait pas pris soin depuis un petit moment. Ils étaient épais, pourtant, solides vu ce qu'il arrivait à en faire quand il s'en sentait l'envie. Elle ne lui était pas venue, récemment. Pénélope les sentait contre sa pommette, emmêlées à ses cils ; l'idée de quitter son épaule un jour lui paraissait absurde. Sur leurs corps se dessinait la lumière du soleil par rayures. Il faisait chaud, comme d'habitude, tout le monde était dehors. Comme d'habitude. Une journée imbécilement normale alors qu'ils étaient là à contempler leurs pieds chaussés comme la dernière racine qui retient l'arbre avant qu'il ne tombe.
Adriel ne parlait pas parce que c'était Adriel et que la philosophie adriellienne se justifiait à elle-même comme un vœu de silence porte tout son sens dans son nom. Elle regardait le soleil tant qu'il était caché, par une jalousie qu'elle reconnut pratique. Il faisait désespérément beau, la saison était désespérément belle, et elle lisait un conte adriellien. C'était la même sensation que lorsqu'on lui avait demandé de lire Gatsby au lycée alors qu'elle avait envie de tout sauf de garder les yeux sur des lignes de tristesse exemplaire.
Pénélope se demandait si l'on pouvait être auteur de bonheur.

_ Pourquoi les gens forts se croient faibles ?

Son nez épaté s'épata encore plus lorsqu'elle le frotta contre son épaule.

_ Je veux dire, est-ce que ça sert à quelque chose ? Ca dépasse sûrement tout ceux qui ne peuvent pas comprendre, et ça exclue pas mal de monde, mais ceux qui peuvent imaginer. Ceux qui ont une idée plus qu'ils savent réellement, ceux qui savent qu'ils ne peuvent pas savoir parce que personne ne le peut exactement. Ces gens-là, il y en a. Ils sont rares, mais il y en a. Est-ce que ça va les mener quelque part ? Est-ce que ça va leur apporter quelque chose ? Mettons. Toi, ça t'apporte rien, vu que tu ne peux plus rien prendre. Logique, jusque-là, mais tu fais ce que tu veux, c'est à dire ne plus rien prendre, donner, apprendre, tout ça. Les autres, ce qui te sont sensibles - pas ceux qui te comprennent, ceux qui te sentent - qu'est-ce qu'ils en tirent ? C'est une expérience de vie, ça doit bien leur apporter quelque chose. Si ça ne leur apporte rien, ça ne sert à rien, et on ne fait pas des trucs qui ne servent à rien si on veut bouger. On n'a pas besoin de vivre quelque chose qui ne sert à rien. Égoïstement, j'ai pas envie de vivre la mort.

Le nez s'écrasa à nouveau contre son repose-tête.

_ Je ne comprends pas. Qu'est-ce qu'il y a à tirer de cette expérience Adriel ? Dis-moi que ça sert à quelque chose. Si ça ne sert à rien, perds pas ton temps à réessayer. C'est comme vouloir attraper de l'air avec une passoire, c'est vain. T'as une sacrée patience, quand même. Moi j'aurais abandonné l'idée d'abandonner depuis un moment.

Elle ne le lâchait pas. Toujours du mal.

_________________

Voir le profil de l'utilisateur
 
Scars | Pénélope
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Sondage pour les Scars Pirates
» Pénélope Deauclaire [Gryffondor]
» Pénélope Solète, agent du gouvernement.
» APRIL † all my scars are open
» Scars Of Mind ϟ

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Académie Volfoni :: Arcadia :: South Orange Avenue :: Hôpital-
Sauter vers: