"Qu'est ce que la danse sinon un théâtre fabriqué à partir d'une musique ? " (Clive Law & Danail)

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Le soleil tapait sur la peau porcelaine de Danail, un vent doux soufflait dans sa chevelure brune. La jeune hongroise avait profité de ce magnifique jour de Printemps pour venir passer du temps dans le parc du campus. A son habitude elle était seule, perdue dans la lecture d'un de ses romans. Non pas qu'elle n'aime pas la compagnie des gens, mais depuis son arrivée elle s'était faite très discrète et n'avait pas encore noué de réelles amitiés.
Assise sur un banc, vêtue d'une éternelle robe, légère en raison de la saison, elle se protégeait du soleil avec un chapeau de paille entouré d'un ruban de soie verte. Un léger sourire sur ses lèvres, Danail dévorait ce livre qu'elle avait entre les mains, elle lisait à une vitesse ahurissante, tellement elle était immergée dans l'histoire. Mais un bruit la fit sortir de sa lecture, des bruits de voix, et celle-ci lui dit automatiquement quelque chose. Elle leva alors les yeux pour l'apercevoir, lui. Le professeur de théâtre. A sa vue elle sentit ses joues rougir automatiquement. Danail avait pu le rencontrer durant quelques répétitions qu'elle avait eu avec Isaac et depuis elle n'avait cessé de penser à lui. Son visage n'avait pas arrêté de lui revenir de jour comme de nuit. C'était la première fois que ça lui arrivait et elle ne savait pas vraiment comment l'expliquer.
Ce beau trentenaire, brun ténébreux était là à quelques mètres d'elle, objet de ses pensées. Elle nourrissait pour lui une admiration, venait-elle de son jeu d'acteur ou de son charisme ? Tout ce qu'elle savait c'est qu'elle aimait sa présence et chaque fois qu'elle le voyait, son cœur s'accélérait et qu'elle ressentait comme un pincement.
Elle referma alors son livre, le rangea dans son sac et prit son courage à deux mains pour aller le saluer, autant par politesse que par envie de lui parler. Tordant nerveusement ses mains dans son dos elle s'approchait de plus en plus de lui la tête baissée. Arrivé à sa hauteur, ses bonnes manières reprirent le dessus. Elle souffla alors un coup, redressa la tête et se courba alors face à lui.

« Bonjour M. Law. Comment allez vous ? »
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* VIIIIIIIIIIIIICTOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOR? *

J'eus beau y mettre toute mes forces, me concentrer intensément sur ma voix intérieur et l'appeler avec mon esprit et mon cœur mais rien n'y fit, il ne répondit pas à mon appel. Pourtant j'avais désespérément besoin de lui, là, tout de suite, maintenant ! Comment allais-je bien pouvoir réussir à me faire cuir ce délicieux et juteux steak s'il ne m'expliquait pas ? Enfin avec le recule, peut-être avait-il essayé de me l'expliquer une fois ou deux. Ou trois même. Je ne me rappelle plus très bien. Mais bon, sur le moment, j'avais des choses plus importantes à faire comme par exemple chercher où j'avais bien pu poser mon tout nouveau fleuret d'escrime. En tout cas maintenant il était trop tard, Viky le Blond était parti passé la journée chez sa mère et il ne reviendrait pas avant assez tard ce soir. Jusqu'ici j'allais devoir survivre sans lui.

-Bon allez réfléchis ! Ça ne devrait pas être trop dur de faire cuir ce stupide steak, marmonnai-je pour moi même.

Lentement je m'approchais du grille-pain branché devant moi et posai le steak encore congelé juste à côté. Je les regardais tour à tour en me demandant encore ce qu'il convenait vraiment de faire dans cette situation. Peut-être que je devrais le mettre à l'intérieur et le faire cuir de cette façon ? D'un autre côté le grille-pain ne s'appelait pas ''grille-pain'' pour rien, y mettre un steak serait sans doute au delà de ses fonctions. Je me grattai la tête, ça m'aidait à réfléchir parfois, puis je caressai les deux petits morceau de barbe qui poussaient sur mon menton. Certes le grille-pain s'appelait ainsi pour une bonne raison, mais j'avais déjà vu Victor y mettre AUTRE CHOSE ! Donc sans doute pourrai-je essayer avec ce steak congelé ! Sans compter que ça rentrait parfaitement, j'avais déjà vérifié ce détail. Dans un dernier hochement de tête, je décida de tenter l'expérience et mis le steak à l'intérieur de l'appareil avant de le mettre en route et de me reculer précipitamment.

… Une heure plus tard, j'étais dans le parc et je venais de finir le hot dog que j'avais acheté à un vendeur itinérant après avoir vécu en direct l'explosion du steak dans ma cuisine. Bien entendu je n'avais rien nettoyé, je cherchais simplement comment annoncer ça à Victor. Je sais qu'il sera furieux, mais je sais aussi qu'il ne m'en voudra pas, trop gentil mon cher Victor. Il est comme le Alfred de Batman, sauf que son Batman à lui n'est pas un héro, ni un justicier. Vraiment, je ne sais pas ce que je ferais sans lui.

Soudain, alors que je me léchais les doigts, j'aperçus une branche qui traînait par terre, longue et assez solide pour m'en faire une épée improvisée. Des vers me vinrent instantanément, une pièce assez vieille, française, où il était question de folie et de moulin à vent, mais aussi d'épée, de courage et d'amour. D'un habille geste du pied, je propulse la branche dans ma main et me mets en garde contre un partenaire tout droit sortit de mes souvenirs et pourtant à l'air si réel. Doucement, j'ôtai le béret que je portai actuellement d'un geste fluide mais exagéré, il faut que même ceux assit au fond de la grande salle imaginaire qui m'emprisonne le voient.

-Je jette avec grâce mon feutre,
Je fais lentement l'abandon
Du grand manteau qui me calfeutre,
Et tire mon espadon...


Pour le coup je n'enlève qu'une cape imaginaire et je fais semblant de dégainer mon bâton. En face de moi le Vicomte me dévisage avec agacement mais est néanmoins en garde. Il veut en finir rapidement, mais je ne le laisserais certainement pas faire, je continue donc sur ton moqueur :

-Élégant comme Céladon,
Agile comme Scaramouche,
Je vous préviens, cher Mirmidon,
Qu'à la fin de l'envoi, je touche!


J'enchaîne des passes contre mon adversaire, j'élimine les participants indésirable sans cesser de rimer, proférant ainsi onze alexandrins avant de me retrouver seul en face du Vicomte. Alors que je continue de rimer en exécutant touts les gestes au fur et à mesure que je les annonçais, j'en venais finalement à la fin du combat :

-Tac! je pare la pointe dont
Vous espériez me faire don: -
J'ouvre la ligne, - je la bouche...
Tiens bien ta broche, Laridon!
A la fin de l'envoi, je touche.


(solennellement je salue et annonce:)

Envoi !

Prince, demande à Dieu pardon!
Je quarte du pied, j'escarmouche,
Je coupe, je feinte...


Je le transperça alors sous les yeux ébahis du public et laissais filer les derniers vers entre mes lèvres, amusé et sérieux, les yeux sûrement aussi brillant que le soleil lui-même comme on me l'avait déjà dit :

-Hé! Là donc!
A la fin de l'envoi, je touche.


La foule explosa alors en applaudissement, des fleurs venant des coulisses de la scène vinrent à me rencontre ainsi que des mouchoirs et les autres personnages de la pièce se rapprochèrent pour féliciter l'habile Cyrano de sa prestation. Mais lorsqu'un Mousquetaire s'approcha de moi pour me féliciter, j'entendis un « Bonjour M. Law. Comment allez vous ? » qui me ramena sans peine à la réalité. En face de moi se trouvait une jeune fille que je connaissais bien puisqu'elle aidait ma vedette de théâtre pour un duo dansant indispensable à une pièce qu'il devait jouer.

-Tiens ! Ne serais-ce pas ma chère Mlle Dragomir ? Dis-je en exécutant une parfaite révérence devant la demoiselle.

Je l'aimais bien, mais pour le moment le Cyrano en moi continuait visiblement d'en faire des siennes. Baaaaah ! Pas grave, elle était de haute naissance, elle apprécierait sans doute le geste. Peut-être se prêterait-elle au jeu et s'inclinerait-elle a son tour, qui sait ? En tout cas ça me faisait plaisir de croiser une bonne élève comme elle ici, dans le parc, même si je regrettais que Victor n'aie pas été là pour me donner la réplique.
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Il la salua en faisant une révérence très théâtrale, c'était vraiment un personnage très étonnant. Quand elle l'avait vu, elle avait remarqué que celui-ci déclamait tout seul quelques tirades de théâtre. Danail admirait vraiment son jeu de théâtre, elle le trouvait très bon acteur. Avant de venir le saluer elle l'avait observé, tellement il était absorbé par son jeu qu'il n'avait pas remarqué sa présence. Et elle se doutait que c'était dans l'euphorie du jeu qu'il lui avait présenté une si belle révérence. Ce à quoi elle répondit en s'inclinant à son tour, attrapant deux pans de sa robe et baissant la tête respectueusement.
Elle admirait la manière avec laquelle il s'imprégnait du personnage pour le jouer aussi aisément, réussissant presque à recréer l'ambiance tout autour. Ca lui faisait pensé à quand elle même est absorbée par la lecture d'un roman et que plus rien autour n'a d'importance.
Tant par sa culture que par son goût pour la littérature française, elle avait reconnu Cyrano de Bergerac. A l'intérieur d'elle même elle aurait voulu lui montrer à quel point elle était admirative envers lui, lui dire à quel point il était bon acteur mais sans compter sur sa grande timidité, elle ne put en dire autant.

« Si je ne me trompe vous jouiez du Cyrano de Bergerac. Veuillez m'excuser si je vous ai interromput » Finit-elle par dire d'une voix douce, affichant un maigre sourire timide.
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Comme prévue la jeune fille me fit une révérence particulièrement seyante. Elle était vraiment gracieuse comme petite, mais dommage qu'elle ai l'air si vide de l'intérieur, un point que j'avais trouvé particulièrement intéressant lorsque ma chère vedette de théâtre me l'avait présentée. Étrange en effet, qu'un acteur aussi doué que Isaac et aussi vide de l'intérieur que lui me ramène en danseuse principale une fille, certes très douée mais tout aussi vide dans ses yeux et dans son corps. Elle ne semblait s'animer que lorsqu'elle dansait, tout comme Isaac qui ne s'animait que lorsqu'il jouait.

Toute la dimension psychologico-phylosophique du moment aurait pu m'emporter et m'envoyer voler droit dans les nuages, mais je décidai de me calmer à la place. Je n'avais pas envie de faire fuir la jeune fille en face de moi. D'ailleurs je me demande si elle n'est pas un peu stressée par les répétitions pour une pièce, après tout jouer n'est pas vraiment son domaine. Personnellement j'adore la danse, et j'adore encore plus le Théâtre, et j'adore chanter aussi, alors quoi de mieux qu'une bonne vieille comédie musicale à la Broadway ?

-Si je ne me trompe vous jouiez du Cyrano de Bergerac. Veuillez m'excuser si je vous ai interromput .

-Oh mais vous ne me dérangez pas, pas d'inquiétude. J'avais de toute façon fini ma tirade et me retrouvais à court de partenaire pour me donner la réplique, dis-je en désignant le vide autour de moi. Mais vous avez une bonne culture Mademoiselle Dragomir, je jouais bien du Cyrano de Bergerac.

Je lui souris avec bienveillance puis, dans un réflexe, je me tourne vers Victor qui est irrémédiablement manquant. Stupide assistant, jamais là quand on en a besoin. En plus j'ai même pas eu le droit à un dessert ! Il allait m'entendre quand il rentrerait. En plus il faisait plutôt beau pour un mois de septembre, ça méritait une bonne glace et puisqu'il n'était pas là pour en profiter tant pis ! J'irais savourer une excellente et rafraîchissante glace avec cette demoiselle qui semble si contente de me voir. En plus il faut que je vois où en sont ses répétitions, donc on aura qu'à aller en salle de théâtre juste après, ou bien elle pourra me le montrer ici même si danser devant les étudiants alanguis sur l'herbe ne la dérangeait pas. Alanguis... qu'elle belle expression ! Ça me rend tout joyeux et tout frétillant de l'entendre ! Par contre je n'ai plus besoin de mon bâton. Je le lance donc et je fais une proposition à l'élève devant moi.

-Dîtes-moi Danail, est-ce qu'une glace vous tenterais ? Je sais que ce n'est pas habituel pour un professeur de proposer ça à une élève, mais je ne pense pas pouvoir survivre sans avoir mangé mon dessert glacé.

J'avais dit ça d'un ton très sérieux, j'espère qu'elle comprenait à quel point ce dessert était important pour moi. Un repas sans dessert, c'est comme un chocolat chaud sans lait, comme un caramel sans sucre ou comme une comédie musicale sans musique. C'est vide, c'est creux, c'est frustrant et ça donne envie de s'enfuir en hurlant d'horreur. D'ailleurs j'étais à deux doigts de le faire, et Victor n'était pas là pour me contenir, qu'allais-je devenir ? Sans complexe je tombais à genoux devant la jeune fille et lui fit des yeux suppliant en joignant les mains.

-Pitié, si vous voulez je pourrais même vous la payer !

Ça aussi c'était peu conventionnel. J'espérais que Jushi' ne passerait pas par là. Au pire je pourrais lui dire qu'on révisait pour la pièce qu'elle devait jouer.

-Et ensuite je pourrais même vous aider à répéter pour la pièce avec Isaac. Je sais que c'est quelqu'un de très occupé, et je pense pouvoir jouer sa partie au moins aussi bien que lui, si ce n'est mieux. Après tout, j'ai déjà connu plus compliqué et je connais déjà son script par cœur à force de le lire.

J'espérais que mon ton suppliant suffirait à la convaincre, mais en même temps qui pourrait bien résister quand je faisais ces yeux là ? Même ce froid et caillouteux Viky me cédait tout devant ce regard.
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Alors que Danail ne s'attendait pas du tout à ce genre de demande, le professeur de théâtre lui proposa d'aller manger une glace. La jeune danseuse crut d'abord qu'elle avait mal compris mais c'est quand celui-ci se mit à genoux pour la supplier d'accepter qu'elle comprit qu'elle n'avait pas rêvé. Cette situation la gêna au plus haut point, le rouge lui monta automatiquement aux joues et elle se les cacha par peur que ça ne se remarque trop. Elle regarda rapidement autour d'elle avant de reposer son regard sur Clide. Il s'agissait d'un être très expressif, en même temps c'était assez normal pour un acteur, mais il avait quelque chose de spécial, de différent. En dépit de cette exubérance, il n'en restait pas moins que Danail l'admirait beaucoup, sans savoir vraiment pourquoi.
En le regardant, suppliant ainsi, les mains liées comme pour une prière, Danail ne put s'empêcher de laisser échapper un petit gloussement. Elle n'avait vraiment pas l'habitude qu'on agisse de la sorte avec elle, trop habituée aux bonnes manières. Mais après tout, elle était venue ici pour changer de vie, et devait alors s'attendre à plusieurs changements, en priorité son rapport avec les gens qui l'entourent.
Danail continuait à le regarder, à regarder ses yeux suppliants. Evidemment elle avait envie d'accepter, manger une glace en compagnie de celui pour qui elle vouait une grande fascination. Et puis il avait un tel regard, dans tous les cas elle n'aurait pu résister bien longtemps.
Elle prit alors une longue respiration et enleva ses mains qui cachaient son visage, le reposant sur les pans de sa robe. Une glace lui ferait aussi le plus grand bien, il faisait assez chaud par cette belle journée de printemps.

« Je serais honoré de pouvoir vous accompagner M. Law. »
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