Un déjeuner plein d'idée [Kim Ji Woon et Clive Law]

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Sacré Victor, il m'avait encore mis à la porte. Pourtant je n'avais rien demandé à personne! Je voulais juste continuer d'apprendre par cœur l'intégralité de Macbett de Ionesco. Bon certes, ça faisait trois jours que je ne sortais plus en dehors de mes cours à cause de ça, mais tout de même ! C'était une œuvre qu'un professeur comme moi se devait de connaître et de pratiquer parfaitement s'il ne voulait pas complètement se ridiculiser devant le public si difficile qu'il pratiquait : les élèves. Bien entendu ma nounou ne l'entendait pas comme ça et avait insisté pour me mettre à la porte en me rappelant que j'avais un déjeuner à cette heure là prévu depuis pas mal de temps déjà. Avec le professeur de chant en plus.

Maintenant j'étais à la rue, à contempler ma porte avec espoir. Je savais qu'il ne pouvait pas me laisser dans cette galère, qu'il allait bientôt ouvrir la porte en soupirant de désespoir et me dire de prendre un café. Mais non. Rien. Dix minutes plus tard j'étais toujours là, devant la porte à en contempler l'armature. Soudain, la porte s'ouvrit sur Victor a qui je dédia mon meilleur regard de chat poté, mais celui-ci se contenta de me fixer et de me lancer un petit calepin avant de refermer la porte. De mauvaise grâce j'ouvris le calepin et découvrit à l'intérieur ma propre écriture, fine et déliée. Un rapide coup d’œil à l'intérieur me fit comprendre pourquoi il m'avait donné le calepin :

à l'intérieur se trouvait une note à propos du professeur de chant, du déjeuner de prévu, et de la fantastique idée qui m'était venue à l'esprit la semaine dernière et que Victor m'avait forcé à marquer pour que je ne l'oublie. Un peu plus et je retournais à l'intérieur pour l'embrasser tient ! Au lieu de ça j'ouvris la porte et balança le calepin dedans en criant un grand merci à mon assistant de théâtre avant de partir en courant vers ma voiture. Bien entendu je n'avais pas prit mes clés lorsque Victor m'avait jeté dehors. Un regard à la fenêtre m'apprit que ce cher Victor me regardait et il monta ses clefs à hauteur des yeux avant de secouer doucement la tête. Bon... j'allais devoir marcher. Merci beaucoup Victor !

Sans attendre je me mis à courir en retenant mon béret à une main. Marcher c'était bien, mais tout l'enthousiasme que me procurait cette idée me donnait des ailes qui me forcèrent à courir jusqu'au restaurant à en perdre halène. En plus je crois bien que j'étais déjà en retard. Les passants me regardaient bizarrement, mais qu'est-ce que ça pouvait me faire ? Je suis un acteur, je suis un marginal, je suis libre de mes mouvements !

C'est donc joyeux et plein d'enthousiasme que je bondis vers le restaurant dans lequel j'avais donné un rendez-vous à mon cher collègue. Celui-ci était déjà attablé et m'attendait avec une patience que je lui enviais. Je ne savais pas du tout depuis combien de temps il était là, après tout j'avais complètement oublié le rendez-vous, horaire y compris. Dans un dérapage contrôlé je m'assis sur la chaise en face de lui et lui tendit la main avec bonne humeur.

-Bonjour Kim, désolé du retard, j'ai eu un petit contre-temps.
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J'ouvre mes yeux, lentement, très lentement. Avec tellement de lenteur que même un escargot pourrait passer sans que je ne le vois ramper. La lumière m'aveugle férocement tandis que je m'arrange pour faire glisser mon bras, situé en dessous mon ventre, sur le côté du lit ; passer une jambe sur l'autre, et enfin, avec un mouvement souple, typique de Voldo (qui est un vieil homme aveugle et contortionniste, armé de griffes géantes, dans la série du jeu vidéo très connu du nom de Soul Calibur), je me tourne afin que mon dos touche le matelas. Mon bras vient se loger sur mes yeux, pour cacher un peu la lumière qui pénètre trop facilement dans la pièce. Minute. Je m'assois rapidement en regardant l'état de ma chambre : qu'ai-je fait hier pour que ma demeure soit dans ce désastre pas possible ? Ma télévision est restée branchée, une poussière est déposée dans un coin de la pièce, une poudre très fine recouvre mon bureau, mes cours ne sont pas rangés à leur place mais en pile ordonnée sur le bureau, le store n'a pas été baissé ... Et moi, pourquoi suis-je encore habillé ? Pourquoi ai-je dormi sans prendre la peine de me mettre à l'aise, puis dans les draps de ma couche ?

Je tends mon bras pour attraper mon céllulaire bleu, puis regarde le jour et l'heure. Samedi, 9:17 am. Je me réjouis de trois choses : la première étant que je n'ai aucun cours ce jour, la deuxième qui est la présence du soleil, malgré le vent plutôt froid annoncé par la météo, et la troisième est mon rendez vous avec mon collègue de théâtre à 12:30 pm, dans un restaurant du coin. Ah en fait, il y a un autre point sur lequel je m'enthouisiasme : je vais avoir le temps de faire du ménage, et c'est très important. Je respire un grand coup avant de me lever une bonne fois pour toutes, prendre de vieilles affaires larges que je n'utilise que pour faire le ménage, et me dirige vers mon bureau, comme si j'allais accomplir un acte héroïque. Je ne suis pas maniaque, non pas du tout, j'aime juste que tout soit en ordre avant que je parte de chez moi ...

Je m'assieds sur mon lit, alors que je prends mon téléphone dans les mains afin de regarder l'heure pour la deuxième fois depuis que j'ai ouvert les yeux. 10:45 am. J'ai juste le temps de me préparer et de partir pour déjeuner. La salle de bain m'appelle vivement pendant que je médite sur ma future tenue. Je me déshabille en pliant et posant mes affaires dans le panier à linge, puis entre dans la douche. J'aime ce moment, c'est un peu comme une pause relaxation avant le reste de la journée, même si j'en prends une autre avant de me coucher. Ici encore, je ne suis pas maniaque, j'aime juste être propre, et sentir bon. Je me détends un maximum sous le jet d'eau tiède qui tombe sur moi en perles transparentes. J'entoure ma taille d'une petite serviette noire à poils doux, et me regarde longuement dans le miroir qui trône au dessus du lavabo blanc. Je tire la grimace devant ma tâche de naissance, vraiment laide, souvent décrite comme l'île de Jeju du Corée du Sud, mon pays natal. J'abandonne mon reflet et me dirige vers mon armoire pour en ouvrir sa porte coulissante. Je raye les costumes trop habillés de ma liste, je n'aime pas me vêtir de cette façon, je ne fais pas vraiment naturel. Je préfère rester normal, comme un jeune de mon âge. Que dis-je ? Je ne suis plus si jeune que cela maintenant, j'ai tout de même 26 ans ! Mes yeux continuent de vagabonder sur mes vêtements entassés proprement, et j'opte pour un pull fin rayé gris et noir, avec un jean noir. Je porte parfois du slim, mais pas aujourd'hui, je n'en ai pas envie. Je chantonne un air, alors que je m'habille, puis, toujours en fredonnant, je retourne une nouvelle fois dans la salle de bain pour sécher mes cheveux, les ondulés un peu, et me regarder une dernière fois, pour vérifier si tout va bien. Je me parfume, et maquille mes yeux de crayons, parce que j'aime bien avoir un peu de style. Après tout, pourquoi pas ?

Je prends toutes mes clés : chez moi pour fermer, ma voiture parce que j'en aurai besoin pour me rendre au restaurant, et l'académie, car on ne sait jamais ce qu'il peut arriver. Je roule tranquillement en regardant l'heure sur le tableau de bord, pour vérifier que je ne serai pas en retard. 11:53 am. Dans une petite demie heure, j'y serai, et le temps que je trouve une place, que je me gare correctement, 12:30 pm arrivera bien vite. La route se passe sans encombres, pendant que je chante quelques musiques de mon pays natal. Je descends le parasoleil et me regarde rapidement dans la petite glace pour voir si, de nouveau, tout va bien. Je replace une mèche de cheveux qui s'est rebellé en chemin, puis me concentre sur la route. Je vois l'enseigne du restaurant devant moi, et le parking en face, assez rempli. Je me fais une joie de choisir une place au soleil, qui réchauffera la voiture pendant mon absence. Puis, je descends, regarde l'heure et entre dans le restaurant. 12:28 pm. Je suis accueilli, et comme les gens sont sur la terrasse, je demande une table à l'intérieur, contre les vitres pour que le soleil tape contre nous à travers le double vitrage. La demoiselle hausse un sourcil, mais j'ai l'habitude de ce genre de comportement, alors je n'y fais pas attention. Je lui souris poliment en la remerciant, et m'assieds, afin de prendre plaisir à regarder le ciel, qui est magnifique. S'il n'y avait pas ce petit vent froid, les températures seraient vraiment excellentes.

Je regarde la carte : boissons et cocktails, entrées, plats principaux, fromages, desserts, vins et champagnes. La demoiselle passe à ma table et me demande ce que je veux boire : je lui réponds que je ne prendrai que de l'eau tant que la personne que j'attends n'est pas encore arrivée, elle acquiesce et s'en va pour remplir sa mission. Je pose mon portable bleu sur la table et le déverrouille pour voir l'heure. 12:49 pm. Mon cher collègue est en retard, mais je considère que, comme il est tête en l'air, c'est tout à fait normal pour lui d'avoir oublié notre rendez-vous. Entrevue qu'il a lui même organisé, parce qu'il a une idée à me faire partager. J'en suis d'ailleurs très honoré d'avoir été selectionné pour faire part de ses projets. J'entends la porte du restaurant s'ouvrir, et je sais d'office que c'est mon collègue, non pas parce qu'il a brillamment esquiver l'accueil de la demoiselle, mais parce qu'il se dirige vers la table avec vitesse. Il ne perd pas de temps et s'assoit presque comme dans un dessin animé pour enfants. La chaise ne vacille presque pas, et il me tend sa main avec entrain, comme toujours. Je la lui serre et ricane, me moquant un peu de lui gentiment.

"_ Effectivement, tu as du retard, mais je te connais, tu as du oublié le rendez-vous que tu as toi-même organisé. Je me trompe ? "
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C'est tout de même avec une pointe de soulagement que je vois son visage se déformer pour sourire avant de ricaner en me serrant la main. Il n'était pas fâché, c'était une bonne chose. Kim était en plus quelqu'un d'assez perspicace, il comprit tout de suite pourquoi j'étais en retard. Ou peut-être était-ce simplement parce qu'il commençait à bien me connaître.

-Effectivement, tu as du retard, mais je te connais, tu as du oublié le rendez-vous que tu as toi-même organisé. Je me trompe ?

Je pris un air penaud avant de lui répondre :

-Erf oui en effet, mais heureusement que Victor était là, sinon je serais encore en train de me prendre pour le Macbett de Ionesco.

Avec désinvolture et en retrouvant le sourire je lui lâchai la main et me saisis du menu pour commander quelque chose à manger, quoi que je la connaisse déjà par cœur vu que j'adorais venir manger ici. Je retrouvais donc rapidement le plat que je souhaitais commander et repliais la carte en la jetant en face de moi à la place de mon assiette.

-Comment tu vas ? Demandais-je. Tu as trouvé quelque chose qui te plaisait sur la carte ?

J'espérais que c'était le cas. Je ne savais pas vraiment où l'inviter au départ, je m'en rappelais maintenant, mais ce restaurant était celui que je connaissais le mieux et où les cuisiniers étaient assez rapides. Mais peut-être qu'il préférait un genre de cuisine plus spécifique comme l'italienne ou bien le chinois. En même temps il aurait été de mauvais goût, je pense, d'inviter un asiatique dans un restaurant asiatique. Mais d'un autre côté, cette pensée-là aussi pouvait paraître raciste, peut-être qu'il aimait effectivement la nourriture asiatique et qu'il aurait préféré que je l'emmène manger là-bas ! Cette question tournait dans ma tête comme une toupie géante qui renverserait des étagères pleines d'idées sur son passage, il fallait que je me ressaisisse où j'allais bientôt le supplier de me pardonner de ne pas l'avoir emmené manger au chinois, ce qui n'aurait pas été politiquement correct au vue de ses origines coréennes.

À la place je me dandinais légèrement sur ma chaise comme le surexcité que j'étais en essayant de penser à autre chose. Quand allais-je lui annoncer mon idée ? Quand on sera servi ça serait mieux, j'allais attendre jusque-là. En attendait je pourrais peut-être lui proposer un rafraîchissement autre que de l'eau, mais quoi ? Le mieux serait sans doute de le lui demander.

-Tu souhaites boire quelque chose ? Ils ont pas mal de bons cocktails et même quelques vins si tu préfères une boisson plus fine.

Après réflexion je n'aurais sans doute pas du lui en proposer. Pas que j'avais peur d'être vu comme un alcoolique puisque j'avais soigneusement caché cette partie de ma vie au corps enseignant, mais j'avais toujours peur de retomber lorsque j'étais en présence d'alcool. Arrêter avait été dur, et je ne souhaite pas que Victor subisse à nouveau l'épreuve de devoir me prendre en charge. Pour rattraper la situation je rajoutai :

-Personnellement je suis un grand fan de leur jus de pomme ! Ah, mais voilà un serveur, tu as fini de choisir ?
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Ce bon vieux Clive. Un peu tête en l'air, ou bien passionné par son métier, il oublie souvent pas mal de choses. Et c'en est la preuve aujourd'hui, il a organisé un rendez-vous quelques jours à l'avance, mais il ne s'en souvenait plus. Je remercie son vieil ami, Victor, silencieusement, d'avoir une mémoire pour deux. S'il n'était pas là, Dieu sait combien de temps j'aurai encore attendu. Les mains toujours jointes, il avoue avoir perdu la notion du temps à cause d'un personnage fictif d'une pièce de théâtre, et cela me fait une fois de plus ricaner. Passionné, je l'ai dit. Nos mains se lâchent, et il n'attend rien pour prendre le menu. Je m'étonne de le voir regarder rapidement, comme s'il connaissait déjà l'endroit. Après tout, s'il m'a dit de venir ici, c'est qu'il est déjà venu plusieurs fois dans ce restaurant.

La carte tombe sur son assiette alors qu'il me demande comment je vais, et sans me laisser le temps de répondre, il enchaîne avec "Tu as trouvé quelque chose qui te plaisait sur la carte ?". Comment lui expliquer que j'avais juste survolé ce fameux bout de carton plastifié, que je l'attendais pour commander quelque chose ? Je me contente de sourire, alors que je le vois se dandiner sur sa chaise. Quelque chose le tracasse, il réfléchit encore trop, mais je ne sais pas s'il s'en rend vraiment compte. Peut être pense-t-il à ce qu'il doit me dire aujourd'hui ? Allez savoir ce que pense ce vieux Clive.

Je me penche sur la carte lorsqu'il me questionne sur la boisson que je vais commander, il me fait également un peu de publicité sur leurs cocktails et leurs vins. Ce que je trouve assez amusant, parce qu'il parle toujours aussi vite, et avec entrain. Même pas le temps d'en placer une, mais c'est ce qui fait que nos caractères se complètent. Lui est très vivant, il respire la joie et l'excitation constante de n'importe quoi, alors que moi, je suis plutôt de nature très calme. Cela ne me dérange pas, puisqu'il y a des fois où avoir un peu de pétillant, fait du bien. Changement de rayon, enthousiaste, il me confie qu'il est un grand fan de leur jus de pomme. Je ne tique même pas. Je n'y fais même pas attention, j'ai l'habitude de ce genre de comportements avec mon collègue.

Je reporte mon attention sur les boissons écrites soigneusement sur la carte mais rien ne me dit vraiment. Les textures qui comportent du colorant, ou encore du sucre, pourrait m'esquinter les dents, desquelles je prends extrêmement soin. Ici encore, je ne suis pas maniaque, j'ai juste envie de garder une belle denture. C'est donc tout naturellement que fais un signe de tête positif à mon collègue, et que je demande au serveur un pichet d'eau. Mon ami ne doit même plus se poser des questions sur mes choix douteux, puisque maintenant, l'habitude s'installe tout doucement, mais sûrement. Mes pensées se tournent vers l'idée dont il doit me faire part, et ma curiosité prend le deçu sur ma patience.

"_ Alors ! De quoi voulais-tu me parler ? Tu as bien employé le mot "important", et tu était tout surexcité au téléphone. Je t'écoute ?"
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