Amanda Jovanovic

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Nom : Jovanovic
Prénom : Amanda
Âge : 19 ans
Origines : Nationalité française - Slave d'origines
Sexe : Féminin
Orientation sexuelle : Inconnue

Statut : Universitaire
Régime : Interne
Poste spécial au sein du pensionnat ? : Rat-de-bibliothèque

Cursus choisi : Arts numériques - photographie
Spécialité : Photographie argentique & vintage
Groupe souhaité : Intello

Rang : Crevette-à-la-sauce-cocktail

Adresse à laquelle envoyer votre dossier : Intercepté par Sigrid ♪








Un brin de délicatesse et un teint clair qui forment un visage lumineux. Ce visage semblerait presque angélique si... une crinière de feu ne venait pas casser cet air doux. C'est n'est pourtant pas la beauté fatale ou la bombe sexuelle qu'on remarque au premier abord. Amanda n'en reste pas moins belle pour autant. C'est un je-ne-sais-quoi qui la rend si attirante. Sa main massant sa nuque dégagée de ses longs cheveux. Son épaule dénudée ou alors ses chevilles dans une paire de sandalettes. Tout un tas de petits tours qu'elle cache dans son sac et dont elle sait user à la perfection. Un air fermé sur son visage, un mystère ambulant qu'on aimerait résoudre. Car assurément, pour elle, la réelle beauté ne se cache pas dans la ligne du corps. Mais c'est bien un état d'esprit, une façon d'être et une grâce infinie. Mais qu'en est-il de son physique à l'état brut ?

Amanda est légèrement en dessous de la taille moyenne française, peinant à atteindre la taille moyenne des femmes du Sud. Elle mesure un mètre soixante-cinq, pèse cinquante-huit kilos. Le poids idéal par rapport à sa taille. Cependant, elle doit faire attention car elle prend rapidement du poids. Son visage assez strict est encadré par de longs cheveux roux qui ne semblent jamais finir. Une frange épaisse, qui pousse bien trop vite est repoussée sur le côté droit pour que ses petites mirettes bleues azur y voient quelque chose. Globalement parlant, son teint est clair et parsemé de tâches de rousseur. Elle tient ces dernières en horreur.

Stylistiquement parlant, elle pourrait être classée dans la catégorie artiste. Ce genre d'habits rétros, trouvés dans une brocante, dans une ruelle où personne n'a pensé à aller jeter un coup d'oeil lui convient parfaitement. Par contre, côté accessoires, elle ne se maquille pas et ne porte aucun bijou. Elle trouve tout cela encombrant.






Un esprit insaisissable. De la brume. Une seule fois, une seule personne lui avait dit « Tu es comme de la brume, Amanda... on tend la main pour saisir quelque chose. Tout content d'avoir refermé le poing, lorsqu'on l'ouvre à nouveau, on constate qu'il n'y a rien à l'intérieur ! ». Cette métaphore l'avait fait sourire. Voici d'autres dires de cette même personne qui a si bien connu la jeune fille :

« Qu'est-ce que tu m'inspires ? De la peur. Oui. De la peur. Au premier abord, n'importe qui peut être attiré par toi. Tu as des gestes délicats et minutieux. Mais on peut être également repoussé car ton air sévère ne donne pas envie d'approcher. Cet air flottant au creux de tes traits pourrait facilement être accompagné d'une pancarte Chien méchant, ne pas approcher.

Non. Tu n'es pas ce genre de fille calme, douce et reposante. Tu es un geyser. Tu es une bombe à retardement. La moindre occasion est bonne pour exploser. La moindre chose t'énerve. Plus particulièrement les hommes. Derrière tes théories d'égalité, à clamer haut et fort que tu ne trouves pas de quoi te plaindre. La société actuelle te convient parfaitement. Tu mens. Tu mens. Tu mens. Je le vois bien. Tu n'es pas satisfaite. Tu penses fermement que les femmes ne sont pas au même rang. Qu'elles sont traitées, encore et toujours, de manière inférieure. Mais juste parce que le clan des féministes ne te convient pas, tu fais mine de garder ton calme face à un homme qui peut avoir des propos machos. Mais tu bouillonnes intérieurement. Tu bouillonnes tellement facilement. Il est simple d'allumer la mèche avec toi. Le pire ? C'est que le reste, tu t'en charges toute seule. Et tu consumes la mèche plus rapidement, à la raviver à tout instant.

Tu me fais rire. Je te regarde te débattre dans ce monde pourri jusqu'à la moelle. Je te regarde suffoquer. Et tu me fais rire. À vouloir être belle alors que tu es belle. Tu me fais rire. À vouloir être intelligente alors que tu es intelligente. Tu me fais rire à vouloir être toi alors que tu es quelqu'un d'autre. À vouloir être quelqu'un d'autre, alors que tu es toi... Des tas de gens t'ont dit que tu étais belle, chou, jolie et j'en passe. Les compliments, tu les as entassés dans une vieille armoire à la serrure rouillée. Les compliments, tu les as entassés. Et tu as toujours dit que tu n'aimais pas les compliments ! Foutaises ! Ce que tu n'aimes pas, c'est ton reflet dans le miroir. Tu n'aimes pas non plus le monde vu à travers tes yeux. Tu le voudrais plus beau. Un monde meilleur.

Tout ça montre à quel point tu es torturée. Les gens sont trop aveugles pour le voir, c'est tout. Ils suivent le cours de leur vie. Leurs petites vies minables. Ils n'ont pas le temps pour tes histoires. Ils ne voient pas à quel point tu es déstabilisée parce que tu le caches derrière ta maladresse absolue. Ton caractère enfantin de temps à autre. Quand tu fais semblant d'être encore une gamine de douze ans. Tout ça, c'est pour cacher à quel point tu oscilles sans cesse entre deux mondes. Et, surtout, pour éloigner ce sentiment d'impuissance qui grandit de jour en jour en toi.

Qui es-tu, aujourd'hui ? La première ou la deuxième ? La première, celle qui est stricte et autant chaleureuse qu'un iceberg. Le bleu azur de tes yeux définit à la perfection cette personne. Un sérieux, pour tes études et tout ce qui semble tourner là, autour. Le nez plongé dans un bouquin. L'intelligence à l'état pur que tout le monde a toujours regardé d'un oeil émerveillé. C'est la théorie qui symbolise cette fille-là.

Et demain, qui seras-tu ? Celle qui est sociable, gentille et qui se fait des amis facilement ? De l'autre côté, c'est le rouge vif de tes cheveux qu'on retrouve en définition. Une jolie petite bouille bien ronde. Un caractère doux, jovial et facile de contact. Quelqu'un qui a la tchatche, comme on dit. Quelqu'un qui est aimé de tous. Elle n'était pas citée pour son intelligence, mais pour sa connerie. Puisque c'est l'autre côté du miroir. L'autre côté de la lune. Puisque la lune a deux faces. L'une qu'elle cache tout le temps.

Mais quelle est la face que tu caches, toi ? Aucune. Tu vacilles toujours. Faisant semblant que tu choisis d'être l'une ou l'autre. Mais, en fait, tu ne choisis rien. Tu es incapable de choix car un jour tu es une personne et le lendemain tu es quelqu'un d'autre. Mais plus que tout, tu n'es jamais pleinement l'une ou l'autre.

Tu es un tableau de Monet. Non seulement le style de ce peintre te qualifie bien, mais aussi tu es une oeuvre d'art qu'on regarde avec un oeil incertain. Incompréhensible. Imprévisible. Tu te caches et tu attends. Derrière des questions vagues et abstraites, tu veux capricieusement des réponses. À l'instar de ces interrogations, tes propres réponses sont indéfinissables. Un curieux mélange qui peut laisser perplexe. On croit voir une chose, mais en fait on en regarde une autre. Il avait le don, ce peintre, pour bluffer. À travers son style, il peignait des tableaux riches, complets et pleins. Cependant, il y avait un manque évident. Un manque qui ne lui permettait pas de reproduire les paysages avec exactitude.

C'est à travers ton appareil photo, que ton reflet change... Cette satisfaction d'un travail accompli. Après avoir cherché des heures durant l'angle sous lequel la scène, qui se déroule sous tes yeux, serait à son apogée. Une patience hors norme pour tes photos. Patience que tu ne montres jamais dans d'autres domaines. Tu sembles apaisée derrière l'objectif... comme s'il te protégeait. Comme s'il protégeait cette photo de toi, celle de ton vrai toi, celle que tu ne veux pas dévoiler. Oui, tu te caches derrière les flashs. Parce que les flashs enjolivent le monde, ou alors ils aveuglent.

Tu aimes être derrière l'objectif et tu détestes être devant l'objectif. Parce que tu fais cette drôle de tête sur les photos. Cette expression asymétrique que tu arbores sur chacune d'elles. Tu fais une chose bizarre avec ton oeil gauche qui donne l'impression que... deux visages se sont mélangés là.

La vérité, c'est que ton esprit est contradictoire, toujours en lutte pour la bonne réponse. Mais en fait, ce dont tu ne te rends pas compte, c'est que tu es toujours en lutte contre toi-même. Qu'est-ce qui se cache là, au fond de ces yeux mystérieux ? Je ne sais pas. Je ne sais même pas si je veux le savoir !

Au fond, Amanda, peu importe comment tu t'appelles, ce que tu fais, ce qui te passionnes. Peu importe l'endroit où tu te trouves, où tu te caches. Quels que soient les songes qui rongent ce large front... tu sembles oublier qui tu es. »

Mais ceci, ce jeune homme, il savait que c'était un discours sans fin. Converser sur un esprit aussi complexe... il aurait pu le faire pendant des heures et des heures. À défaut de l'avoir observée et de s'être grandement torturé l'esprit pour arriver à une synthèse si... maigre, il avait tout de même réussi à la mettre en rogne. Pour changer.

J'attends notre prochaine rencontre avec impatience.

Ω






« Trois enfants ? Eh ben dis donc ! Ton père a bien travaillé !
- Techniquement. Ca n'est pas mon père qui a bien travaillé. Il a juste éjaculé. Et c'est ma mère qui nous a porté, a souffert et nous a éjecté dans ce bas monde. »

La réponse avait fusé, du tac-au-tac. Comme si la demoiselle avait déjà dû répondre à ce genre de commentaires une centaine de fois. Mais elle gardait ce sourire espiègle et malingre. Cette petite lueur au fond des yeux. Comme pour dire je te taquine. Puis, elle ajouta un petit rire. Comme pour dire je suis bête, ne tiens pas rigueur de ce que je dis.

C'est au fin fond des pays de l'Est que cette histoire prend racine. On dit que les racines d'un arbre sont sa force. Quelque part, c'est peut-être vrai. Car c'est de la Terre que l'arbre tire sa puissance. Cette Terre où ses racines sont bien ancrées. Mais... Amanda... elle... ses racines sont ce qui l'affaiblit. À y penser, elle sombre de plus en plus.

Les parents d'Amanda étaient deux rêveurs. Deux jeunes fous, amoureux l'un de l'autre, dans un monde sans pitié pour l'amour. Dans un monde où les mariages étaient arrangés. Le père d'Amanda, d'ailleurs, était promis à une autre. Mais il a fait fi de tout cela, il a défié toute sa famille. Il a dit, c'est une autre que j'ai choisi. Et c'est elle que j'épouserai.

Le monde de l'Est semblait se détacher du reste du globe. Aujourd'hui encore. Les gens n'étaient pas chaleureux et mal éduqués. Les jeunes étaient pervertis. Ils ne savaient pas ce qu'étaient l'amour, ni le sexe. Et beaucoup de détraqués sexuels circulaient librement. La troisième guerre balkanique éclata et le père d'Amanda rêvait de quelque de chose de mieux pour sa famille. Et c'était compréhensible. Il partit en France, où il avait quelques filons qui pourraient l'aider à s'introduire dans le pays. Il travailla en tant que mécanicien sur machines agricoles, jusqu'à ce que ses papiers soient en règle. Il revint pour chercher sa femme et leurs deux filles. Ils restèrent à l'Est pendant une année encore, durant laquelle un accident arriva. Une troisième fille. Amanda. Un accident, car les temps de guerre rendaient les actes de naissance quasi impossible à obtenir. Ils durent la laisser. Ils revinrent la chercher deux années après.

La génitrice d'Amanda avait suivi une formation artistique dans son pays. Seulement, elle n'avait malheureusement pas pu trouver de travail en France. Premièrement, à son arrivée, elle ne connaissait pas la langue. Ensuite, elle se mura dans son rôle de femme au foyer. Elle faisait quelques heures de ménage, par-ci, par-là, dans un hôtel. Rien de plus. Son père continua de travailler en tant que mécanicien. Il apprit plus vite la langue. Mais les deux parents étaient dans l'incapacité, au début, d'aider leurs enfants à faire leurs devoirs. Aussi, durent-elles se débrouiller seules. C'est notamment ce qui développa une capacité extraordinaire d'indépendance chez l'aînée. Comme si elle était capable de se détacher de tout et de vivre seule.

Amanda s'habitua très vite à avoir deux vies. Il y avait la vie à la maison et la vie en dehors de la maison. En dehors, on ne parlait pas de ce qui se passait à la maison et à la maison, on ne parlait pas de ce qui se passait dehors. C'était un fait établi très tôt. Ce qui créait, obligatoirement, un fossé entre les parents et leurs trois filles. Au-delà de ça, les trois filles ne s'entendaient pas du tout entre elles. Sans doute que l'arrivée tardive d'Amanda dans la famille lui donnait le rôle du mouton noir. Celle dont elles ne voulaient pas. C'était la benjamine, alors elle recevait plus d'attention aussi.

Amanda développa un don pour le dessin. Avant la photographie, c'est le bruit du graphite caressant la feuille de papier qu'elle aimait. Elle avait huit ans et elle dessinait à n'en plus pouvoir. Mais aussi, elle jouait quelques fois aux jeux vidéo. De toute façon, elle n'avait pas de quoi s'acheter de jolies poupées, comme toutes les filles de sa classe.

La même année, un de ses cousins quitta le pays pour venir se réfugier en France. Le père d'Amanda l'accueillit à bras ouverts. Les choses commencèrent doucement. C'était juste des petits bisous, au début. Sur la joue. De fil en aiguille, sur la bouche. Peu à peu, les bisous sur la bouche devenaient récurrents. Elle avait huit ans, il en avait une vingtaine. Un jour, il prit Amanda sur ses genoux et il glissa sa main dans le pantalon. Un exemple parmi tant d'autres.

En grandissant, Amanda oublia ces détails. Mais ils revinrent subitement dans son esprit quand elle tomba amoureuse pour la première fois. Elle ne pensait plus aux garçons innocemment. Mais des images lui revenaient en tête. Jusqu'à reconstituer le passé. Jusqu'à se souvenir des vêtements qu'elle portait enfant, quand ses cousins s'amusaient avec elle. L'odeur âcre qui se dégageait dans la pièce. La teinte des murs jaunie par la cigarette. Sa mère qui arrosait les plantes, ses cheveux noués en une queue-de-cheval. Et entre deux allées et venues de sa mère entre les toilettes, il y avait eu une allée et venue furtive des doigts de son cousin dans son vagin.

Insane.

Amanda avait quatorze ans quand l'aînée quitta la maison. Sa grande soeur partit une année pour les États-Unis en tant que fille au paire. Ce fut pire que tout à la maison, tout se mit à s'effondrer. La deuxième ne supportait pas l'absence de l'aînée. De plus, son caractère fêtard était en contradiction avec les moeurs des parents. Elle fugua, tout simplement.

L'absence de ses soeurs affecta énormément Amanda. Elle laissa tomber le dessin. Elle n'y arrivait tout simplement plus. Il lui manquait quelque chose. Elle entra dans une phase noire, où elle se mit à ressasser son passé. D'un côté, la vie devenait fade, elle laissait tomber son art. De l'autre côté, elle ne pouvait presque plus se voir dans le miroir.

Paradoxalement, l'éloignement de ses soeurs les rapprocha toutes les trois. Et les moments où elle partait en ville, dans l'appartement de l'aînée - qui était rentrée seulement une année, mais était finalement partie à Paris pour étudier - devenaient ses moments préférées. Il y a des tas de souvenirs qui font rêver son esprit. Oui, il y a des souvenirs tuants. Mais il y a aussi les souvenirs qui combattent cette insanité. Ce monde de tarés où l'éducation devrait sérieusement être révisée.

Son souvenir préféré, c'est celui où elles se bourrent la gueule une énième fois au rosé. Elles ne buvaient que cela. Amatrices de vin toutes les trois. Le père leur a légué cette part. Quand elles se retrouvaient ainsi, elles en buvaient des bouteilles et des bouteilles et des bouteilles... Jusqu'à ce que la vérité éclate. Et qu'elle se rende compte que durant tout ce temps... elle n'avait pas été seule.

C'est le visage rempli de larmes que l'aînée lui a dit « Je ne voulais pas que ça t’arrive à toi. Je voulais te protéger. » Elle qui était si stricte et marginale. La voir si déstabilisée, c'était peu commun. Et la voir pleurer, surtout... elle avait toujours en tête l'aînée irréprochable. La petite intello parfaite.

Mais Amanda devait rentrer chez elle après le weekend. Et quand elle revenait... le manque de ses soeurs devenait de plus en plus pesant. Quand elles étaient encore à la maison, elles partageaient la même chambre. Alors, elle avait réuni les trois lits. Pour les sentir plus près d'elles. Mais ça ne marchait pas. C'était pire. Elle sentait encore plus d'espace vide en elle.

Amanda se mit à vouloir leur ressembler, très fort. Il y avait juste un petit souci... elles étaient toutes les deux le jour et la nuit. L'une faisait des études universitaires et l'autre avait fugué. Autant dire qu'elles étaient différentes en tout. Elle prit un peu de l'aînée qui était très froide, stricte et studieuse. Et puis, un peu de la deuxième, qui était chaleureuse, bavarde et fêtarde. Agrémentée d'une adolescence mouvementée, Amanda ne savait plus où elle en était.

Si bien que lorsqu'elle perdit sa virginité, ce fut tard. Elle avait dix-huit ans passés et toutes ses amies l'avaient déjà fait. Elles ne comprenaient pas. Mais personne ne pouvait la comprendre hormis ses soeurs. Mais ce qui était encore plus incompréhensible, c'est qu'elle fit ça dans un hôtel miteux, lors de ses vacances familiales à l'Est. Oui, elle s'offrit, pour la première fois, à un homme de cette culture qu'elle rejetait. Un homme aux traits slaves, des traits qui la répugnaient. Pourquoi avait-elle fait ça ? Elle n'en avait pas la réponse. Cependant, la distance entre elle et l'hypothèse d'une relation sérieuse quelconque avec un homme s'éloignait de plus en plus. Depuis, elle en était arrivée à un point d'écœurement si haut, qu'elle broyait le coeur des hommes. Même celui des plus gentils. Il était exclu de refaire l'amour de si tôt. Exclu de faire entrer quiconque en elle et dans son monde. Exclu. Exclu qu'elle soit touchée. Ne me touche pas. Ne me touche pas. Ne me touche pas. La dernière fois qu'elle avait essayé, elle fut prise d'une crise de panique violente. L'homme en fut chamboulé, il ne saisissait pas ce qu'il avait fait de mal.

Le premier appareil photo qu'elle eut manipulé, ce fut un Polaroid. Oui, un de ces vieux machins tout gros. Cela remontait bien des années avant cela. En fait, elle calmait la frustration de sa personne - qu'elle estimait incomplète - dans la photographie. Comme si son propre monde était lui-même incomplet. Amanda avait l'impression que de photographier tout ce qu'il y avait autour d'elle rendait les choses plus persistantes, réelles et immortelles. Elle rêvait d'immortalité, que les choses ne meurent jamais et que les gens restent pour toujours auprès d'elle. Peut-être qu'elle voyait le monde d'un oeil trop fade suite à ce qu'elle avait vécu; et qu'à travers son objectif, le paysage semblait s'embellir.

Ses notes étaient irréprochables. Elle étudiait beaucoup. Avec la plus grande de ses soeurs, elle ne parlait qu'en anglais. Ce qui la faisait exceller dans cette langue. Mais elle avait aussi cette part plus sombre et plus fêtarde en elle. Ses parents la poussaient à faire des études universitaires. Mais dans un bon domaine. Tel que sa grande soeur qui avait étudié le droit. Amanda avait d'autres projets en tête. Et notamment, celui de partir aux États-Unis.

Tout son passé était bien loin derrière elle, à présent. Mais comme une photographie, elle semblait figée dans ce décor-là. Et elle peinait à avancer, à grandir et à se développer. Surtout à se développer elle-même, sans avoir dans la tête l'image parfaite de ses grandes soeurs. C'est dans l'esprit de se détacher de tout cela qu'elle prit la décision de partir. Mais la destination, encore une fois, avait un lien avec l'une de ses soeurs. Amanda avait besoin de grandir. Ou fuyait-elle tout simplement son passé.




© Shuu-Chan
Avertissement : Toute reproduction partielle et/ou complète de ce personnage et/ou des écrits qui y sont liés sera poursuivie judiciairement. Amanda fait l'objet de tout un long travail personnel interne et est destinée à être développé littérairement. Sa première apparition s'est faite en 2006, sur the-school, forum maintenant fermé. Depuis, elle est sans cesse travaillée par son auteur. Merci de votre compréhension.

EDIT STAFF : Et merci à Sigrid d'avoir autant travaillé ce personnage.
Jushirô Himeruya
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Fonction : Directeur
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Eh bien, je ne compte pas trop tarder, tout ayant déjà été discuté, argumenté, ne manquerait plus que cette fiche soit plébiscité et tu nous auras tout fait.

Après les modifications apportées et tout le travail fourni en supplément, je ne peux que te remercier et te féliciter pour ce travail à la hauteur du mérite qu'il suggère. Peu auraient eu la patience de creuser comme tu l'as fait, considère que tu as de grandes qualités, qui ne tiennent qu'à toi pour être approfondies et domestiquées davantage. Tu es sur la bonne voie.
Sache que les fiches de présentation ne sont pas verrouillées après la validation, et que si l'envie te prend de compléter ou de reprendre certains passages avec l'aide de Sigrid ou des autres membres du staff, personne ne te refusera son aide.

Encore un grand bravo, et c'est avec honneur que nous te validons !

Ta chambre a été créée ici : il s'agit de la chambre N°012, que tu inaugures et dans laquelle tu es seule pour le moment. Tu peux demander un transfert ici.

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