J'te dois un café, mec. [Robin Dubois & Adriel Lespérance]

Adriel Lespérance
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C’est quoi, cette maudite chanson? Pourquoi j’entends ça? Mais… eh, c’est vraiment énervant. Je me tourne sur le côté en grommelant. Encore cette musique. Je reste ainsi quelques secondes, puis j’ouvre les yeux. C’est le noir total. Normal, que je me dis, je suis dans mon sous-sol. Je me frotte les yeux. Je tourne la tête. La lumière de mon portable m’aveugle ; je plaque ma main sur mes yeux en gémissant. Ah, c’est ça, la musique. C’est ma sonnerie de textos. J’écarte légèrement mes doigts de mon visage, histoire de voir l’heure qui s’affiche sur l’écran du cellulaire. Treize heures vingt-trois. Je me rappelle qu’hier, je ne pouvais me décider d’aller au lit avant d’avoir terminé mon dernier dessin. Et voilà, j’ai dû m’endormir vers trois ou quatre heures du mat’. J’ai installé des rideaux opaques dans le sous-sol pour ne pas que la lumière du jour me réveille lorsque je dois dormir, l’après-midi. Et, lorsque ma petite sœur ne vient pas jouer à la bombe atomique en me sautant dessus, je peux dormir jusqu’à pas d’heure. Mais aujourd’hui, la maison est vide. Ils sont tous partis je sais plus trop où. Ils me l’ont dit, oui, mais ne comptez pas sur moi pour m’en souvenir.
Je me relève sur un coude et attrape mon portable, histoire de savoir qui m’a réveillé. Parfois, je reçois des messages de Jake. C’est peut-être lui. Ah, ben non. C’est Robin, finalement. Il m’avait filé son numéro de portable à la cafétéria, et plus tard, j’ai décidé de lui texter le mien. Parce que, soyons réalistes, je m’appelle Adriel : c’était clair que j’allais finir par oublier que je lui dois un café et que je n’allais jamais l’appeler. Et voilà, c’est fait, je l’avais oublié jusqu’à ce moment précis. Je ne lui ai même pas communiqué la moindre nouvelle de moi. D’ailleurs, ce n’est pas comme s’il en avait réellement besoin. Je lis les deux messages qu’il m’a envoyés. Tiens, il propose qu’on se rejoigne en ville pour boire un verre. Parce que je lui dois bien ça : non seulement je l’ai brûlé avec un premier café, mais j’ai gaspillé le deuxième en le laissant pourrir sur la table pendant que je me transformais graduellement en zombie. Je m’assois dans mon lit et je m’étire paresseusement avant de lui répondre. «Je suis là dans vingt minutes». Le temps de me remettre les idées en place, de m’habiller et de me rendre sur place.
Je me lève et j’appuie sur l’interrupteur. Si je veux me réveiller, autant illuminer un peu ce fichu sous-sol. Si je reste dans le noir, je vais me rendormir illico et Robin va poireauter tout seul au restau. J’attrape le premier jean que je vois traîner par terre. Je n’ai jamais été très porté à choisir mes vêtements. Ça m’a toujours été inutile, ma mère était trop pauvre pour m’acheter des fringues. Du coup, bonjour les marchés aux puces. Aujourd’hui, j’ai quelques t-shirts que j’ai pris la peine de choisir sur le net, mais sinon, je n’ai pas la garde-robe le plus garni du monde. Je porte presque toujours le même foutu jean complètement usé, troué et taché. Le même que je porte pour faire mes toiles et mes dessins à l’encre. Ce jean, il aurait pu être vétéran de la guerre du Viêt-Nam. Mon père me dit que j’ai l’air d’un sans-abri, là-dedans. Tant pis, j’aurai l’air d’un hobo si ça me chante. Je jette un coup d’œil sur ma commode et je chipe le premier t-shirt que je vois sur le dessus. Un t-shirt noir qui est marqué par une inscription en lettres majuscules bien voyantes. «I don’t give a fuck».  Je souris. Bah, c’est parfait, ça. Ça définit mon humeur de tous les jours. Je l’enfile sans plus de cérémonie. Manque plus que mes éternelles Doc Marten vertes, un sweat-shirt, des lunettes de soleil et mon portefeuille et j’suis parti. Ah. Non. Quand même, non.  Je me précipite vers la cage de mes ratons chéris. Je dois leur donner leur dose quotidienne de bouffe et d’amour. Je place Vekna sur mon épaule gauche et Zombie sur la droite, puis je traîne les pieds jusqu’à la salle de bain pour regarder ma tête dans le miroir. J’ai tendance à oublier que lorsque je viens de me réveiller, ma tignasse me donne la tête d’un mec tout droit sorti d’un asile. Je dors comme un détraqué mental. J’agrippe ma brosse à cheveux et je les replace du bon côté de ma tête. Voilà, c’est tout de même mieux. Comme toujours, je laisse mes rats se promener sur moi pendant que je me brosse les dents, puis je les remets dans leur cage avec un peu de nourriture. Là, je peux partir. Et puis, côté apparence, j’peux pas vraiment faire pire qu’à ma dernière rencontre avec Robin. Au moins, cette fois, je suis reposé. Bye-bye, tête de zombie!
Dehors, la lumière du soleil m’aveugle. Je plisse les yeux. J’ai toujours eu l’impression que la lumière solaire m’attaquait. Littéralement. Je ne comprends pas le fétiche du soleil qu’ont certaines personnes. Personnellement, cette sensation m’est tout à fait désagréable. C’est pour cette raison que je ne sors jamais sans mes lunettes et mon sweat-shirt. Je tire la capuche sur ma tête et j’enfile les lunettes. Là. C’est mieux. Mes yeux n’ont plus l’impression de se faire violer par ce putain de soleil. En chemin, je me demande si Robin va me reconnaître, avec ça sur la tête. Puis je me dis que c’est stupide, même avec un pareil attirail, ma longue tignasse colorée dépasse de ma capuche, on voit très bien tous mes piercings et y’a pas trente mecs qui portent un jean complètement foutu rentrées dans des Doc Martens vertes. On remarque même encore certains de mes tatouages. D’ailleurs, je me demande si je ne me fais pas beaucoup plus remarquer ainsi. Je vois les têtes se tourner sur mon passage, j’entends les gens chuchoter. «T’as vu ce mec?!» On m’arrête une fois pour me complimenter sur mes cheveux, mes piercings ou mes tatouages. Une autre fois, c’est pour me crier de faire attention aux détecteurs de métal. Je ricane dans ma barbe. Décidément, j’adore les réactions du commun des  mortels. Avec une apparence telle que la mienne, je laisse rarement les gens indifférents, et ça m’amuse. Ce qui est bien, c’est que souvent, ceux qui vont naturellement vers moi n’auront aucun préjugé et m’apprécieront tel que je suis. Je ne suis pas, comme les personnes populaires, un aimant à gens superficiels qui m’approchent pour leur propre intérêt. Ceux qui sont en proie aux préjugés n’iront pas me parler directement, et lorsqu’ils le font, je règle rapidement leur cas.
En entrant dans le restau que Robin m’a indiqué, je parcours rapidement la salle du regard. Il n’est sans doute pas arrivé ; il doit prendre le bus. Je me dirige vers une table vide et m’y assois. J’allais retirer mes lunettes et ma capuche, mais la seule table libre se situe près d’une grande fenêtre, et mes yeux fatigués de mec de sous-sol veulent se ratatiner.  Donc je décide de les garder sur mon visage, le temps de m’habituer. On ne lance des drôles de regards, mais ça ne change pas à d’habitude. On est samedi après-midi, les commerces sont bondés, et la vie m’a choisi une place près de la fenêtre. Juste pour que mon ami le soleil me viole les yeux. Vie, t’es une sale chienne. Mes précédentes réflexions m’amènent à réfléchir sur le cas de Robin. Bien qu’il ne soit pas venu me parler spontanément, il s’est intéressé un minimum à moi, et ça m’intrigue. D’habitude, je peux classer tous les gens qui me parlent dans deux groupes bien distinct : ceux qui sont réellement intéressés à moi et ceux qui se fichent de moi, qui me trouvent limite dégoûtant. Lui… il ne m’aurait sûrement pas prêté attention, si ça n’avait été de notre petit incident avec mon café. Et moi non plus, d’ailleurs.
Et il est clair qu’un mec tel que lui avait de nombreux préjugés en regard d’une personne telle que moi. Cependant, il insiste. Mais oui, il insiste, sinon, pourquoi m’aurait-il donné son numéro? Sûrement pas pour me faire comprendre la beauté artistique résidant dans ces quelques nombres. Et moi, bon… je lui dois un café. C’est quand même la moindre des choses. Et si, d’habitude, j’aurais simplement ignoré ses messages pour me rendormir, je ne l’ai pas fait. Je me suis levé et je me suis rendu dans ce restau. Bondé. De gens. Parce que, ne faisant pas partie de l’un des deux groupes distincts ayant toujours été formés par les gens m’adressant la parole, il pique ma curiosité. J’ai l’impression qu’on joue à un jeu – je ne sais pas trop lequel – et ça m’amuse. Peut-être sommes-nous intrigués par nos différences mutuelles? Je lève la tête vers la porte d’entrée. Tiens, c’est pas la tête platine du Français, là-bas? S’il me cherche, il ne le fera pas pendant bien longtemps. C’est impossible de me manquer.
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L'ennui. Le pire ennemi de l'homme depuis bien longtemps si on s'en referait à la littérature et à tous les auteurs qui avaient écrit des lignes et des vers sur le sujet. L'un des auteurs les plus connu pour son éternel combat contre l'ennui est bien entendu Baudelaire et son recueil des Fleurs du Mal dans lequel il décrivait le spleen dans lequel il se trouvait et dont il ne réussissait pas à sortir. Cette information n'avait pourtant absolument aucun intérêt pour Robin puisqu'il ne connaissait pas de Baudelaire et que de toute façon il ne s'intéressait pas à la littérature. Il sait à peine lire et comprendre une phrase simple, alors déchiffrer les élucubrations d'un poète ne datant même pas de son siècle n'était même pas envisageable pour lui.
Malgré ça il avait un point commun avec ce très chez poète déprimé : il s'ennuyant. Il s'ennuyait même profondément. L'entraînement de baseball avait eu lieu le matin et donc il ne pouvait pas pratiquer cette après midi. Il serait bien sorti avec ses amis mais ceux qu'ils voulaient voir avaient tous déjà prévu quelque chose. Quant aux autres... Bah ! Pour le moment Robin ne souhaitait pas les voir. On a tous des moments comme ça où on n'avait pas envie de voir telle ou telle personne, et bien c'était le cas pour lui.
Du coup le voilà seul, dans son dortoir, allongé sur son lit, n'ayant même pas de Crimson pour le distraire avec ses bavardages sur les gens de l'académie ou d'une autre façon qu'il aurait bien plus apprécié. Il avait une de ses éternelles balles de baseball dans la main et l'envoyait en l'air avant de la rattraper. Faire ça en étant allongé était assez dangereux en fait, car une balle de baseball pesait un certain poids et pourrait parfaitement le blesser si elle retombait sur son visage. Avec le nez cassé, il aurait sans doute nettement moins de charme. Sans son charme, il ne pourrait plus se divertir en allant draguer à droite à gauche. S'il ne pouvait pas faire ça, il serait privé de sa principale source de distraction et devrait s'en trouver une autre. Mais dans ce cas qu'est-ce qui lui restait ? Faire partie d'un club ? Hors de question. Faire un jogging de plusieurs heures tous les jours ? Ennuyeux. Commencer à apprendre à jouer d'un instrument ? Fastidieux. Travailler plus efficacement et faire ses devoirs ? Robin jeta un coup d’œil à ses cahiers empilés au fond de la pièce. Étrangement ils semblaient l'appeler pour une fois, comme s'ils voulaient qu'il vienne les ouvrir et que son esprit n'était pas contre.
Avec horreur, il bondit sur ses pieds et se colla contre le mur le plus proche, comme si tous ses cahiers venaient de se transformer en monstre particulièrement repoussant. Lentement et en rasant les murs il se dirigea vers la porte, sa balle toujours dans la main et sortis en tremblant avant de verrouiller la porte derrière lui. S'ennuyer était malsain, ça lui donnait envie de travailler. Il laissa son cœur se calmer un petit peu, se remettant du choc et sortis son téléphone de sa poche. Il fallait vraiment qu'il voit du monde. Il pensa à contacter Heather pour lui donner ses fichus cours de français mais rejeta l'idée. Il pensa ensuite à contacter Elyas, mais il se rappela au dernier moment qu'il était de sortie avec une fille. Sacré chanceux. En regardant dans la liste des ses contacts, Un nom attira son attention. ''Lespérance Adriel''. Il lui devait un verre s'il se souvenait bien. Parfait ! Il lui envoya immédiatement un message pour lui donner rendez vous en ville et corriger tout ça.
Au bout de quelques secondes, la réponse arriva et il fut satisfait de voir qu'elle était affirmative. Il l'attendait en ville pour dans une vingtaine de minutes, soit juste le temps de courir pour attraper le bus. Regardant l'heure, il démarra au quart de tour et fonça à travers l'académie sous les regards étonnés des élèves. Il en bouscula quelques uns au passage en prenant à peine le temps de s'excuser et rejoignit le bus au moment où il fermait les portes, se faufilant à l'intérieur in extremis. Essoufflé, il paya son ticket et se trouva une place sur laquelle il s'effondra en riant lorsque sa respiration entrecoupée le lui permettait. Mais pourquoi est-ce que les dortoirs étaient aussi loin de l'arrêt de bus ?
Le trajet dura donc les vingt minutes imparties, mais maintenant il devait marcher jusqu'au restaurant. Le chemin ne dura que quelques minutes cependant. Il avait toujours été du genre à marcher vite. En arrivant devant l'entrée du restaurant, Robin se mit à sourire. Il aimait bien cet établissement, il venait souvent ici avec ses amis et y passait de bons moment, du coup il connaissait tous les employés mais n'avait encore jamais rencontré le patron en personne. L'un des serveurs lui fit un signe de main discret et Robin lui sourit en réponse avant de chercher dans la salle si Adriel n'était pas déjà arrivé. Il ne remarqua personne lui ressemblant, mais quelqu'un à l'air louche était assis tout seul à une table et semblait regarder dans sa direction. Le type portait des lunettes de soleil et avait sa capuche relevée sur son visage, mais Robin reconnu les mèches colorées et les chaussures vertes qu'il avait déjà observées chez le Québécois.
Avec un sourire lumineux, Robin lui adressa un signe de main et vint s'asseoir en face de lui avant de se pencher en avant d'un air conspirateur.
-T'es là incognito ? Plaisanta-t-il.
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En effet, le mec aux cheveux blonds qui vient d’entrer dans le restau est bien Robin. Je n’en étais pas très sûr, je ne me souvenais pas exactement des traits de son visage, et il n’est tout de même pas le seul gars aux cheveux blonds dans cette ville. Je le vois faire signe à un employé avant de se diriger rapidement vers moi avec un sourire digne des pubs de Colgate. Il doit venir souvent ici avec des amis. Si les employés connaissent sa bande, ils vont vite se demander ce qu’il fout avec quelqu’un comme moi. Mais bref, je jure peu importe où je suis. Moi, je n’ai jamais songé un seul instant à mettre les pieds ici. Bon, ce n’est pas comme si je n’étais jamais entré dans un endroit pareil. J’avais une certaine vie sociale, au Québec, même si je ne faisais pas exactement le même genre de choses que les gens normaux. J’imagine que je ne suis pas drastiquement différent du reste du monde… Comme je m’y attendais, Robin ne manque pas de plaisanter sur mes lunettes et ma capuche. Comment ne pas manquer ça, hein? J’ai sûrement l’air d’un violeur, de loin. Je me mets à rire. J’opte pour une réaction humoristique.
-Moi? Passer incognito? Tu crois vraiment que c’est possible? fais-je en passant ma main dans mes cheveux.Puis j’ajoute:Mais non, c’est mon déguisement de violeur en série. Réussi, hein?
Moi, Adriel, passer inaperçu? J’aurais besoin de la cape d’invisibilité d’Harry Potter. Par politesse, je retire mon sweat-shirt et je le pose sur le dossier de ma chaise, puis j’enlève mes lunettes. Le soleil me fait plisser les yeux, mais j’imagine que ça va passer. Heureusement, ils sont noirs, et donc moins sensibles à la lumière. J’ai à peine retiré cet attirail de mon visage que je sens déjà plusieurs regards se poser sur moi. Bien sûr. Maintenant, on remarque tous les tatouages sur mes bras, ceux qui dépassent de mon t-shirt et montent jusqu’à mon cou. On peut voir la totalité de ma coiffure peu orthodoxe, mes trois écarteurs à chaque oreille et mes piercings. Comme d’habitude, j’ignore ces regards, j’ignore les chuchotements. On me demande parfois comment je fais. La vérité, c’est que je me délecte de la pesanteur des regards outrés posés sur moi, je m’amuse des réactions. Si ce n’était pas le cas, comment pourrais-je être ainsi? Je reporte mon attention sur Robin, puis je me dis que je pourrais bien lui retourner une plaisanterie.
-En fait, j’ai anticipé ton sourire trop lumineux : j’craignais pour la vie de mes yeux. T’as déjà pensé à faire des pubs de dentifrice?
Un sourire étrange accompagne ma blague de mauvais goût. Enfin, moins de mauvais goût que la première. Adriel Lespérance, ou comment sortir des blagues de viol en public. Enfin, je m’en fiche un peu : je parle français, et on est aux États-Unis. Les chances que quelqu’un ait compris ce que j’ai dit et me traite de sale connard insensible sont assez minces. Robin me donne un bon exercice de réveil : je dois réfléchir avant débiter chacune de mes phrases, à la manière dont je vais les dire et la façon dont je vais prononcer mes mots. Changer certaines expressions. Si je comprends ce qu’il me raconte à au moins 98 pour cent, ce n’est pas son cas. Il faut pas demander aux Français d’essayer de nous comprendre. C’est trop compliqué pour eux, ça ferait exploser leur cerveau. Donc je tente de parler un français correct. Quoique je me demande ce que ça ferait, si je faisais exploser le cerveau de Robin. De quelle manière sa tête volerait en éclats? Je devrais sûrement remettre mes lunettes pour ne pas en recevoir dans les yeux. Oui, je sais, je pense à faire exploser la tête d’un mec que je connais à peine, juste pour passer le temps. Oui, je sais, ce genre de pensées n’est pas très sain. Mais c’est pas grave. Je suis légèrement dérangé, et je m’assume.
Je jette un coup d’œil au menu, sur la table. Je déteste les menus. Je déteste choisir quelque chose à boire, ou à bouffer. Je déteste les gens qui mettent des heures à choisir ce qu’ils veulent. Je suis le genre de gars qui choisit au hasard, quitte à tomber sur des trucs dégueulasses. Étonnamment, je finis souvent avec quelque chose de potable. Peut-être que je suis chanceux. Voir mon processus pour choisir quelque chose dans un restau amusait incroyablement Jake. Il espérait toujours que le serveur m’apporte quelque chose d’infect pour voir ma tronche lorsque j’allais y goûter. Cette pensée me fait sourire légèrement. Je lis le premier truc à boire que je trouve sur la liste. Bon ben, aujourd’hui, je prends un café glacé. Voilà, c’est pas trop compliqué.
Je reporte mon attention sur Robin. Une fois de plus. Car je m’égare trop souvent dans mes pensées. Franchement, je ne m’attendais pas réellement à ce qu’il décide de me revoir. Parce que ce n’était certainement pas moi qui allait lui proposer un verre. Moi? Sauvage? Bon, allez, on va éviter de faire des jeux de mots pourris avec mes origines amérindiennes. Je me demande de quoi je pourrais bien causer avec le Français. À quoi il s’intéresse, à part le sport? Aux jeux vidéo, peut-être, comme beaucoup de gars. Ce serait déjà ça de pris. Moi-même, lorsque je ne suis pas en train de peindre, de dessiner ou de lire, je suis scotché à ma console ou à mon PC. Je suis geek à temps perdu. Est-ce qu’il fait partie de ce genre de mecs ennuyeux dont leur vie tourne autour du sport et qui n’ont jamais ouvert un livre de leur existence? Et si la réponse est oui, j’espère réellement qu’il a des opinions intéressantes sur divers sujets. Parce que lorsque je m’ouvre la gueule, on me demande souvent si j’ai des opinions sur tous les sujets. Eh bien oui. J’ai toujours mon propre avis, donc faut s’y faire. Je suis généralement silencieux, mais lorsque je décide de parler, vaut mieux ne pas me faire taire. Je pose mes yeux sur le sportif. Je décide d’être généreux et de commencer la conversation.
-T’avais rien à faire de ta peau, donc t’as décidé de me réclamer ton café? que je lance, un demi-sourire au visage.

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Robin s'écarte et s'appuie à nouveau sur le dossier de sa chaisetel en rigolant, c'est vrai que se la jouer discret ne devait pas être pratique quand on avait autant de tatouages, de piercings et de couleurs étranges dans les cheveux. Il attirait les regard aussi sûrement qu'un supporter de l'Olympique de Marseille se baladant en maillot bleu clair au milieu d'un stade remplis de fervents adorateurs du Paris Saint Germain, et en général ce genre de situation ne finissait jamais très bien. Heureusement pour lui au moins tout cet attirail ne déclenchait pas l’agressivité et, même s'il restait provoquant, il n'était pas là pour provoquer des bagarres. Tant mieux d'ailleurs, il avait eu son compte au McDo avec un colosse qui lui avait sérieusement abîmé la mâchoire. Il s'était vengé en lui cassant le nez, mais ça faisait tout de même mal.
Un déguisement de violeur en série, ouais ça pouvait passer. Quoi qu'il n'avait pas vraiment la dégaine d'un violeur en série, pas assez banal pour ça. Un criminel qui avait autant de signes distinctifs était soit un parfait crétin, soit un homme qui se savait protégé par une puissance bien plus importante que la police ou les hommes de lois. Tiens d'ailleurs il se demandait quelle seraient les cibles d'Adriel. Des hommes apparemment, mais de quel type ? Est-ce qu'il préférait les bruns ? Les blonds ? Les plus petits ? Les plus grands ?
-Très convainquant, j'aurais presque peur pour ma virginité si elle ne s'était pas perdue en cours de route pendant ma première année à Volfoni, lâcha-t-il avec un sourire.
Robin tourna la tête quelques secondes et vit que leur table attirait bien des regards, surtout maintenant que Adriel avait retiré son pull et ses lunettes de soleil et qu'on pouvait voir tout son look de gothique au grand complet. Pourtant ce style ne déplaisait pas à Robin, ça le changeait de tous les gens pratiquement copiés-collés de l'académie, même s'il n'était pas habituel de le voir traîner avec des gens comme Adriel. Ça semblait d'ailleurs choquer les serveurs de le voir en une telle compagnie, mais Robin s'en fichait. Ils pouvaient bien penser ce qu'ils voulaient, Robin faisait ce qu'il voulait avec les personnes qu'il voulait. Sa remarque sur les pubs de dentifrice le fit sourire.
-Nan, j'ai toujours trouvé qu'ils avaient pas l'air intelligents avec leur sourire forcé, pas naturel du tout ! La prochaine fois promis je viens avec une écharpe sur la bouche pour t'épargner.
Robin observa Adriel jeter un coup d’œil rapide au menu, lui savait déjà ce qu'il prendrait, il avait l'habitude maintenant. Chocolat chaud avec supplément de mousse s'il vous plaît ! Il prenait toujours la même chose, quelle que soit la saison ou la période de l'année, qu'il pleuve ou qu'il fasse un soleil de plomb, si Robin venait ici il prenait un bon chocolat chaud. Surtout qu'ici ils semblaient meilleurs que dans les autres endroits, ce qui était stupide puisqu'il provenait certainement de la même machine à boisson que partout ailleurs. Il fut coupé dans ses réflexions par la question d'Adriel.
Son hypothèse n'était pas totalement fausse, bon en fait elle était carrément vraie, mais il se voyait mal lui dire ça. C'était pas politiquement correct et ça pouvait être mal prit. Autant tourner ça autrement alors.
-Disons plutôt que j'avais envie d'un chocolat chaud mais que j'avais plus assez de sous pour me le payer moi-même. En plus celui des machines à cafés sont dégueus, ils ont un goût de flotte. Ici par contre c'est super bon !
Ah bah tiens, il semblerait qu'il ai réussi à dire quelque chose d'intelligent contrairement à la dernière fois où ils s'étaient vus. Pas mal Robin, aurais-tu repris contact avec ton vieil ami Tact ?
Adriel Lespérance
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Au moins, je sais que, faisant lui aussi des blagues douteuses, Robin n’ira pas s’offusquer des miennes. Je devrais peut-être même sortir ma collection de blagues de bébés morts. Et vivants. Non, je n’aime pas particulièrement les enfants. Ils tirent mes cheveux, sur mes écarteurs, ils me demandent sans cesse pourquoi j’ai des dessins partout sur le corps et pourquoi j’ai ces bouts de métal sur la tronche et ça m’énerve. Donc voilà. Je fais des blagues de bébés morts. Et de viol. Ça tombe bien, Robin réagit bien à celle-ci. Il rigole. Je suis convaincant? Bah, on croit que je suis une racaille, alors pourquoi pas un violeur? Surprise buttsex. Je l’écoute, et je me dis que c’est pas surprenant, au final, qu’il soit pas vierge. Et puis, même s’il l’était, il n’aurait pas vraiment à avoir peur, avec moi. Il n’est pas exactement le genre de mec qui me donne d’irrépressibles envies de sexe. Je me mets à rire à mon tour. Y’a sa remarque avec le foulard, aussi. Ça me fait sourire. Il aurait sûrement l’air ridicule… alors j’suis pour. Je me prends à expliquer la raison d’être de ces lunettes et de ce sweat-shirt.
-En réalité, je n’aime tout simplement pas la sensation des rayons solaires. Heureusement que je suis Amérindien, parce que si ce n’était pas de ma peau naturellement basanée, j’aurais sûrement l’air d’un cadavre.

Tiens, pourquoi j’explique ça, moi? Je dois passer pour une espèce de gothique chelou qui se prend pour un vampire.  Manque plus que je lui dise que je fais des sacrifices de vierges dans mon sous-sol. Je parle rarement à des gens comment Robin, donc je me dis que peu importe ce qui peut sortir de ma bouche, les préjugés et les stéréotypes vont affluer dans sa tête. Puis je me dis qu’il peut bien penser ce qu’il veut, qu’est-ce que ça me fout? S’il croit que je suis assez bête pour décider délibérément du jour au lendemain que je déteste le soleil juste pour me donner une image de gothique tourmenté et vampirique, c’est lui le pire. Je reste donc sur cette note, j’ai trop d’orgueil pour justifier ma haine de la lumière solaire. D’ailleurs, je me demande si j’ai une justification. Je crois que je n’aime pas ça, tout simplement… Je pense que si je devais avoir une réelle justification pour tout ce que je fais, je serais une personne cent fois plus compliquée que ce que je suis déjà. Et je suis déjà trop compliqué.
Je remarque que Robin ne regarde pas le menu, comme moi je l’ai fait. Ça confirme ce que j’ai observé : il vient sûrement souvent ici. Sans doute prend-t-il toujours la même chose. Personnellement, je n’aime pas prendre toujours la même chose. C’est entre autre pour ça que je choisis au hasard. Il reste silencieux quelques secondes lorsque je lui pose ma question. Il faut dire que c’est un peu une question-piège. Il sait que j’ai totalement raison, mais dire que je suis tombé pile serait de mauvais goût. C’est pourquoi un grand sourire un peu malicieux s’affiche sur mon visage lorsqu’il me répond. Une manière contournée de dire qu’il n’avait rien à faire. Mais c’est pas plus mal, parce que moi non plus, j’avais rien à faire. J’aurais sûrement continué à dormir. Je ne m’en serais pas offusqué, s’il m’avait donné raison. J’aurais même éclaté de rire, mais ça, il ne le sait pas. Il a donc été prudent.
-Ouais, ils ont un goût de flotte, comme les cafés. La vérité, c’est que j’aime bien le café. Mais pas à la cafet’. L’autre vérité, c’est que j’avais rien à foutre à part dormir, alors j’ai décidé de venir. Mais sens-toi privilégié, Robin : j’adore dormir, donc si j’ai bougé mon cul jusqu’ici, c’est que t’es suffisamment intéressant.
Bon, privilégié… intéressant… ce sont de bien grands mots. Il n’est pas réellement intéressant à ce point, le Français. Disons juste qu’il a piqué ma curiosité. Je rectifie mon tir.
-En fait, il serait plus juste de dire que… je n’ai jamais parlé à des mecs comme toi sans que ça finisse en envies mutuelles de meurtres. Donc voilà.
Je vois un serveur passer près de nous et j’en profite pour l’apostropher. Au regard qu’il me lance, je vois qu’il aurait préféré que ce ne soit pas moi qui passe la commande, et je l’emmerde profondément. C’est qu’il est prétentieux, le mec. Qu’est-ce que ça aurait changé, que ce soit Robin qui passe la commande? Comme s’il allait attraper une certaine maladie s’il m’adresse la parole… Je lui lance un regard peu amène et lui dit qu’on va prendre un café glacé et un chocolat chaud d’un ton aussi sec que celui avec lequel il m’a répondu. Je n’apprécie pas vraiment les gens en général, donc je ne suis pas du genre à passer par trente-six chemins lorsqu’on est désagréable avec moi. T’es une plaie? C’est bien, moi aussi je sais en être une. Je me retourne vers Robin et décide de faire comme s’il ne c’était rien passé. Je suis habitué, on m’a souvent pris de haut, dans ma vie. On me prenait de haut à cause de ma mère folle, à cause de mes moyens financiers limités, parfois à cause de mes origines Amérindiennes, ou alors parce que je suis gay. C’est pas l’attitude de ce serveur qui va me froisser. J’entends les chuchotements s’intensifier autour de nous, je vois les têtes se tourner du coin de l’œil. J’espère que Robin s’en fiche, parce que s’il veut continuer à me voir, il devra s’y habituer.
-Et un chocolat chaud pour le monsieur! Enfin, bon, pas tout de suite, mais éventuellement. Et s’ils sont si bons que ça, dans ce restau, tu me laisseras au moins y goûter, que j’ajoute, un sourire aux lèvres.

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Robin écouta les explications d'Adriel, des explications qui le firent sourire et secouer la tête. Il avait l'impression de se retrouver devant le cliché du gothique asociale qui n'aimait pas la foule et s'enfermait dans une pièce sombre toute la journée pour ne pas subir le soleil. Il faillit demander s'il ne faisait pas quelques sacrifices de poulets dans sa chambre mais il décida de garder cette réflexion pour lui, elle n'avait rien d'intéressante ni de constructive. A la place il trouva quelque chose de tout aussi peu constructif et intéressant, mais qui aurait au moins l'avantage de leur rappeler quelques souvenirs.

-Si je me rappelle bien, t'as pas trop de problème pour ressembler à un cadavre quand t'es crevé.

Tiens, il était déjà plus honnête que lui. D'un autre côté ce n'était pas vraiment difficile, Robin n'était véritablement honnête que lorsqu'il faisait du sport, la seule discipline dans laquelle il respectait toutes les règles, se montrait véritablement irréprochable et ne trichait pas. Le sport c'était le dépassement de soi, c'était réussir ou faire échouer les autres grâce à ses propres compétences physique, c'était démontrer que les entraînements avaient porté leurs fruits et que toute la préparation requise pour ça avait été utile. Tricher revenait à cracher sur les efforts produit, que ce soit les siens où ceux des autres, et ça Robin ne pouvait pas l'accepter. Après pour ce qui était de tricher sur autre chose, il n'avait aucun problème pour le faire et c'est ce qui poussait la plupart de ses amis à dire qu'il n'était pas la même personne sur le terrain ou ailleurs. À ça il répondait en général d'un haussement d'épaules désobligeant en disant qu'il ne pouvait pas être parfait partout.

Il fronça les sourcils en entendant parler d'envies de meurtre. En général les sportifs ne se mélangeaient en effet pas trop aux personnes originales comme Adriel, préférant les ignorer et ne surtout pas s'en approcher, mais de là à avoir des envies de violence... D'un autre côté certains des gens qu'il connaissait n'était pas vraiment des anges et aimaient bien aller provoquer ceux qu'ils trouvaient trop étranges à coup de vexation, de remarque, de bousculades dans les couloirs, et parfois même d'insultes. Moui, finalement ce n'était pas si étonnant que ça. Surtout que Adriel n'avait pas la tête de quelqu'un qui se laisse faire sans rien dire, il n'était pas une victime, ça se voyait à sa façon de se comporter.

-T'as pas à t'en faire sur ce point de vue là, je ne suis pas quelqu'un de très violent.

Et tant mieux d'ailleurs, sinon il en aurait connu des problèmes. En général c'était plutôt les autres qui se montraient violent avec lui, mais ceux-là pensaient avoir une bonne raison de l'être, ce qu'il trouvait parfaitement ridicule. Ce n'était pas de sa faute si leurs petites amies ou leurs sœurs ou quoi que ce soit d'autre avait ressentit l'envie de coucher avec lui ! C'étaient plutôt à eux de se remettre en question s'ils n'avaient pas réussi à assurer pour que cette envie ne naisse pas en elle. Étrangement peu d'entre eux étaient très réceptifs à cet argument. Aucun même. Les gens s'énervaient vraiment pour rien de nos jours, ils n'avaient aucune patience, aucune retenue, ils ne savaient pas se contenir et avoir une discussion raisonnable lorsqu'ils étaient énervés. Robin soupira. Mais où allait le monde ?

Il laissa Adriel passer leurs commandes et leva les yeux au ciel devant la façon dont les deux se parlaient. On aurait dit deux chats en colère prêt à sortir leurs griffes au moindre petit geste déplacé. Ou plutôt deux chiens qui se grognaient dessus, à deux doigts de s'attaquer pour de bon. Ça confirma l'impression de Robin que Adriel n'était pas du genre à se laisser faire et déclencha un concert de chuchotements en tous genre, à peine discrets parfois. Aucun savoir vivre. Adriel retrouve son sourire en lui parlant et Robin le lui rendit, les chuchotements il connaissait.

-Si tu veux ! Tu seras pas déçu, je suis absolument convaincu par leurs chocolats, je te promets que quand t'y aura goûté tu seras tellement d'accord avec moi que tu voudras finir ma tasse.

Il changea de position, s'accoudant à la table de son bras gauche et relevant sa jambe droite pour poser son pied sur son genoux gauche. Il n'aimait pas croiser les jambes, mais il aimait bien cette position bien qu'elle soit très mauvaise pour la circulation du sang. Enfin il paraissait.

-Tu les occupes à quoi tes journées ? J'imagine que tu ne fais pas que dormir tout le temps si?
Adriel Lespérance
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Au sourire que je vois s’afficher sur le visage de Robin alors que j’explique la raison d’être de cet attirail, je suis presque sûr d’entendre ses pensées comme s’il les gueulait. Et je sais que j’aurais dû me fermer la gueule. Un mec comme lui, comprendre que je n’aime tout simplement pas sortir, point-barre? Non, aussi bien rêver, il ne comprendra jamais ça. Il va croire que je suis juste un gothique bizarre qui s’improvise vampire. Une personne normale lui dirait ça, j’suis sûr que ça ne lui ferait pas un pli. Mais un gars tel que moi? Ouais, c’est clair, je suis le mec goth qui fuit la lumière du soleil, déteste tout le monde et sacrifie des chatons dans son sous-sol. Quoique c’est vrai que je déteste tout le monde. Mais ce n’est pas pour ça que je reste enfermé. Internet, jeux vidéo et livres, quand vous me tenez… D’ailleurs, je préfère les objets inanimés aux humains. Vous savez ce qu’ils ont de plus que les humains? Ben ils ne sont pas vivants. Heureusement pour lui, il ne me fait pas de remarque douteuse. Enfin, presque. Il a choisi ses mots, et ça se voit. D’ailleurs, ce n’est pas la première fois qu’il choisit soigneusement ses mots avec moi, ça me fait marrer. Robin n’est pas franc, mais peut-être ne se doute-t-il pas que j’en ai vu d’autres, que je sais exactement ce que les personnes telles que lui pensent de moi. Et je décide de le lui faire signifier, l’air de rien. Non, je ne veux pas jouer au mec effarouché qui se sent attaqué de toutes part, genre «mais tu m’juges, hein? Dis-le que tu me juges, t’es sûr que j’suis un sociopathe!». Non. Non, bien sûr que non. Faites donc la connaissance de mes meilleurs amis : l’humour noir et le sarcasme.
-Et non, je ne sacrifie pas de bébés chats dans mon sous-sol. Enfin, pauvres chatons, qui voudrait les sacrifier? Nan, moi je préfère trancher la gorge de jeunes vierges… qui sont assez difficiles à trouver, de nos jours, d’ailleurs.
Et puis, je vois qu’il ne comprend pas totalement ce que je veux dire, lorsque je parle d’envies de meurtres. Qu’il soit violent ou non, je m’en fiche. Bon, ben fait, non, je préfère qu’il ne soit pas violent. Mais je ne parlais pas ici d’agression physique, mais plutôt de différends. De différences. De manières de penser opposées. Je ne vais pas sauter sur le premier mec qui ne pense pas comme moi, je ne suis pas comme ça. Je suis prêt à écouter tout point de vue, pour autant que la personne devant moi le fasse avec respect et apporte des arguments constructifs. J’veux pas de «ben lire, c’est pour les tapettes, moi j’préfère le foot» ou de «l’art, c’est de la perte de temps et les gens qui en font sont des illuminés». Non, tant qu’à faire, dis-moi «je suis un total imbécile complètement inculte qui ne sait pas s’exprimer». Je vais gagner en temps. Moi, je veux qu’on m’explique de façon intelligente, mais malheureusement, le genre de gars sportif et populaire n’a généralement pas un QI assez élevé pour le comprendre et se contente de m’insulter. Et il se trouve hilarant. Donc ça crée des envies de meurtres chez le petit Adriel que je suis. Et puisque je suis gentil et pacifique, je finis par soupirer et ficher le camp en espérant que l’autre petit génie ne va pas me suivre en me gueulant des conneries. Et faut que j’espère très fort, parce que la plupart du temps, c’est ce qui arrive. Et c’est là que je me dis «de l’extérieur, je suis calme, mais dans ma tête, je t’ai déjà tué dix fois». Mais je ne vais pas dire tout ça à Robin, non. Je vais couper.
-Oh, j’te crois pas violent, t’as fait tes preuves avec ta batte de baseball. Ce que je veux dire par là, c’est que les gens de… disons ton groupe, sont généralement des personnes qui ne tentent pas le moins du monde de me respecter et qui font tout – mais absolument tout – pour me provoquer. Et crois-moi, ces gens-là me donnent des envies de meurtres. Et puis, toi, tu me respectes. Ou du moins en apparence. Je sais d’avance qu’on a une vision du monde tout à fait opposée, mais moi, tant qu’on m’explique calmement avec des arguments valables et sans attaquer ma façon de voir les choses, j’écoute. J’suis pas nécessairement d’accord, mais j’écoute.
Bon, j’ai peut-être fait ça un peu plus long que ce que je pensais, mais je voulais qu’il comprenne bien ce que je voulais dire. J’en aurais encore beaucoup à dire, mais je crois que ça résume bien ce que je pense. Et je ne voulais pas lui sortir mon speech sur ma manière de voir les gens normaux, la société en général. À quel point je les méprise. Je ne crois pas qu’il aurait apprécié, mais ça aurait surtout été inutile et impertinent. Je continue à noter dans un coin de ma tête toutes les expressions de son visage, à analyser les mots qu’il choisit. Jusqu’à maintenant, il n’y a rien de bien extraordinaire. Juste un gars sportif tout à fait banal qui tente de s’intéresser à un gars marginal. Le mec tout à fait banal, je m’en tape. C’est le fait qu’il tente de s’intéresser à quelqu’un comme moi qui m’intéresse. Et je me demande ce qu’il l’y pousse. Je note donc ses yeux qui lèvent au ciel lorsque je parle au serveur de la même manière qu’il m’a répondu, et ça me fait sourire intérieurement. Ça l’agace? Je crois au contraire que j’ai plutôt bien agi. Si t’es de bonne humeur, dis-le à ta face, et si tu me réponds avec un air de tueur de chatons sur ton visage, je vais faire de même. J’aurais pu faire mon susceptible et l’engueuler, ce serveur à la con, mais c’était pas la peine. C’est pourquoi je me retourne vers mon Français en souriant. Et je l’écoute attentivement. Vouloir finir sa tasse? Non, non je ne crois pas. Je préfère largement les cafés. Et j’adore le goût sucré et vanillé des cafés glacés, alors s’ils font de si bons chocolats chauds, je risque d’adorer mon précieux café glacé.
Puis, c’est cette phrase que j’entends. Cette phrase si banale. Tellement banale que je me demande ce qu’il veut tirer de moi, avec ça. Ou peut-être tente-t-il tout simplement de faire la conversation. Faut pas trop chercher, Adri’. Réponds et tente d’arrêter de ce flot de pensées, deux secondes. Il faut dire qu’en ce moment, je ne fais rien de passionnant. Je plonge mes yeux noirs dans les siens, si pâles, un air interloqué, puis pensif, au visage.
-En fait… puisque je n’ai pas réellement de gens à aller voir, je reste surtout enfermé. Ce n’est pas une surprise, je dessine beaucoup. Et je peins, aussi, mais je dessine surtout. Parfois, je peux rester une journée entière sur une œuvre. Après… je lis. J’ai toujours beaucoup lu. Je lis de tout, des livres assez populaire – remarque, j’parle pas de Twilight, là – à des trucs plus littéraires comme des recueils de poésie. D’ailleurs, mon préféré, c’est Les Fleurs du Mal de Baudelaire. Je ne commencerai pas à expliquer pourquoi, ce serait beaucoup trop long… Sinon, j’adore également les jeux vidéo, sur console ou ordinateur. Je peux aussi y passer des heures. Et puis… souvent, j’écris, mais je suis bien meilleur au dessin qu’en écriture. Et j’aime bien m’informer sur plein de trucs, donc je sais trop de choses inutiles. Bref, c’est un résumé de mes activités en solo. Et je vais t’épargner les trop nombreuses anecdotes de trucs bizarres que je fais lorsque je sors entre amis.
Ouais, je vais lui épargner tout ça. Le pauvre, son cerveau va exploser. Mon regard se perd dans le vague lorsque plusieurs souvenirs de mes roadtrips avec Jake remontent malgré moi. Puis je me demande ce que Robin fait, lui. Je l’imagine mal en train de lire des recueils de poèmes. Ou de lire quoi que ce soit, d’ailleurs. Je ne l’imagine pas non plus s’improviser écrivain, ni peintre. Qu’est-ce qu’il fait, lorsqu’il n’est pas en train de pratiquer son sport? Je me mets à parler, un peu distrait.
-D’ailleurs, je crois que si je suis enfermé, la plupart du temps, c’est parce que les trucs que j’aime le plus faire ne se font pas réellement en plein air… Ouais, c’est une raison toute bête, finalement. Pas d’histoires de goth qui sacrifie des vierges. C’est décevant, hein? Et toi, tu fais quoi? T’aimes quoi, à part le sport?

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Une fois de plus Robin éclata de rire lorsqu'il l'entendit parler de vierges à égorger dans son sous-sol. Ce type lisait dans ses pensées ou quoi ? Remarque ça devait pas être trop compliqué, il devait en avoir vu et entendu d'autres des paroles des gens clichés qui ne se gêne pas pour l'accuser de l'être. Il trouvait le contraste amusant entre Adriel qui lui sortait qu'il tranchait les gorges des jeunes vierges et et lui qui préférait leur réserver un tout autre sort... Bien entendu il savait que Adriel plaisantait en disant ça, il n'avait pas une dégaine de tueur même s'il pouvait passer pour un peu louche et effrayant à croiser une nuit de pleine lune dans un ruelle sombre. Quoi que Robin ne serait certainement pas trop effrayé. Peut-être même qu'il profiterait de la ruelle sombre. À voir.

-Message reçu, la prochaine vierge effarouchée que je croise, promis je te l'amène ! Tu les préfères hurlantes ou bâillonnées ?

Adriel n'avait pas tort de dire que les vierges devenaient une denrée rare de leurs jours, surtout à leurs âges ou les filles comme les garçons avaient souvent déjà cédé leurs premières fois à quelqu'un qu'ils pensaient être l'amour de leur vie et avec lequel ils avaient rompu deux mois plus tard pour la plupart. Le lycée c'est bien gentil, mais c'est pas ici que tu trouveras ton âme sœur, si tant est qu'une telle chose existe, ce dont Robin doutait fort. Au fond le mieux serait de simplement s'arranger pour que sa première fois soit inoubliable. Pourquoi pas en la donnant à quelqu'un d'expérience par exemple ? Ainsi on serait sûr d'en tirer un maximum de plaisir et de ne plus être effrayé par ça. Robin serait ravi de les aider dans cette voie d'ailleurs, il devrait penser à en faire un petit commerce. Il s'imagina en train de coller une affiche sur le panneau prévu à cet effet qui stipulerait « Orgasme gratuit ! Première fois garantie au septième ciel, profitez de l'offre auprès de votre serviteur : Robin Dubois. » et commença à ricaner, il aurait l'air tellement ridicule ! Non, valait mieux sélectionner les clients. Après tout il ne couchait pas non plus avec n'importe qui comme l'affirmait les rumeurs, il avait des critères de sélection tout de même !

Il hocha la tête en écoutant ce que Adriel avait à dire sur les sportifs. Effectivement, en général les gens comme lui n'étaient pas des tendres avec ceux comme le gothique, mais Robin pouvait se vanter de ne pas être comme eux. Ça ne voulait pas dire qu'il appréciait tout le monde, juste qu'il se contentait de laisser tranquille ou de mépriser de loin ceux qu'il considérait comme inférieurs ou indignes de son intérêt. Même les victimes il les laissait tranquille, se contentant de tout simplement pas les regarder. Robin n'était pas un tyran, mais il ne pouvait décemment pas affirmer être un saint malgré tout. On a tous nos petits défauts comportementaux pas vrai ? L'emploi du temps d'Adriel ne le surprit pas, mais il était curieux de connaître les anecdotes justement, en générales elles se révélaient souvent amusantes et intéressante. Il fit semblant de soupirer en entendant ses dernières répliques.

-Pas de vierges à sacrifier, je suis déçu. J'avais déjà imaginé un plan impliquant un curé, une église et une histoire de placard à confession ou je sais pas quoi avec le sol qui s'escamotait. Je pourrais toujours récupérer l'idée pour autre chose s'il y a besoin.

Pour sa part son emplois du temps semblait assez éloigné de celui d'Adriel, il ne savait pas dessiner, il ne savait pas peindre, il savait à peine lire et avait du mal à écrire, il n'aimait pas se sentir enfermé et adorait profiter du plein air, du soleil, de la neige, des batailles de nourriture, des sports et sorties en tout genre.

-Je ne me rappelle plus si je te l'ai déjà dit, mais je dessine comme mes pieds. Je ne suis même pas sûr de savoir par quel bout tenir un pinceau. J'ai pas mal de difficulté à lire et je retrouve ces difficultés quand j'essaie d'écrire. Ça me fous la migraine. Je n'aime pas ne rien avoir à faire, quand ça m'arrive je sors, je vais dehors, j'appelle des amis pour qu'on aille se manger un truc, pour qu'on aille voir un film au cinéma, pour qu'on traîne dans un parc, au soleil, pour qu'on se fasse une bataille de boules de neige ou pour qu'on joue aux cartes. J'aime rencontrer de nouvelles personnes aussi, à l'académie, à l'extérieur, dans un parc, aller danser en boîte... Faire du sport est ma passion, je peux pas passer une journée sans en faire, seul ou avec des amis. Tous les sports me conviennent, par contre je suis carrément incapable de me concentrer sur quoi que ce soit qui n'ai pas un rapport direct avec une activité physique, c'est pour ça que j'ai du mal à me maintenir en cours.

Il se gratta l'arrière de la tête. Cette dernières information n'était pas franchement importante, mais elle était exacte et en rapport avec le reste alors bon... Robin n'avait rien de très original à apporter au monde, il était un simple cliché ambulant mais assumait ce titre presque avec fierté. Ce n'est pas pour rien qu'on apprécie toujours les clichés, s'ils ont été élevé à ce rend c'est qu'ils ont été suffisamment utilisé parce qu'ils plaisaient.
Adriel Lespérance
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Je vois qu’au moins, ma blague douteuse sur les sacrifices de vierges a fait son effet. Je l’ai dit, je l’ai toujours dit et je le dirai toujours : le sarcasme et l’humour noir, c’est toujours gagnant, même lorsque ça choque. En fait, dans ce cas précis, c’est encore plus gagnant. Mais bon, de toute façon, je ne m’attendais pas à ce que Robin se choque. Ça non. Pour rester dans le même champ lexical, il ne semble pas être une vierge effarouchée, le genre de mec qui s’offusque d’un rien. Et pourquoi se serait-il offensé, en premier lieu? J’sais pas, hein, y’a des gens bizarres, dans cette société de merde. Des gens hypocrites, des visages à deux faces qui, aussitôt qu’on les démasque, pètent les plombs.
Je ne suis pas en train de dire que Robin est un hypocrite. En un certain sens, je comprends qu’il ne soit pas franc et choisisse ses mots avec un certain soin. Comme je le disais plus haut, les gens explosent pour des conneries, et il ne me connaît pas. Il ne sait pas qu’on ne me pet pas en pétard d’un rien. Ce n’est pas que je suis quelqu’un de patient… disons plutôt que connais mes limites, et que lorsque je sais qu’on la frôle, je préfère foutre le camp illico. Personne ne veut me voir lorsqu’on m’a poussé à bout. Non, ce n’est pas beau à voir. Parfois, je me fais peur moi-même, alors je décide d’éviter de telles situations.
-En fait, je suis quelqu’un de complexe, alors je vais répondre «un peu des deux». Tu l’emmènes bâillonnée jusqu’à mon sous-sol, ensuite je lui retire son bâillon pour mieux l’entendre hurler pendant le sacrifice. Le juste milieu, le meilleur des deux mondes. La perfection, quoi.
Lorsque je lui explique mon point de vue sur les autres gens de son groupe, je le vois hocher de la tête, restant silencieux. Un réel intérêt ou du je-m’en-foutisme silencieux? Je ne me gêne pas pour scruter ses yeux alors qu’il m’écoute. Je n’y vois pas de dégoût, ni de révolte ou de colère. Peut-être est-il, d’une certaine manière, d’accord. Un sportif un peu plus intelligent et alerte que les autres? Ce n’est qu’une question, remarquez, parce que s’il est d’accord avec ce que je viens de dire et qu’il reste ami avec ces gens, c’est qu’au fond, il n’est pas tellement mieux qu’eux. Pas tellement différent, non plus. Peut-être qu’il a un semblant de conscience, contrairement à eux. C’est déjà un début, faut pas trop leur en demander, à ces gens aveugles.

Étonnamment, lorsque je parle, Robin écoute toujours attentivement. Il ne semble pas faire semblant, non. Il écoute. Les gens comme lui savent écouter? Qu’est-ce qu’il le pousse à bien vouloir entendre un mec comme moi? Sûrement la même chose qui me pousse à bien vouloir l’écouter lui : la curiosité. J’ai toujours été maladivement curieux à propos de tout, et je me suis toujours demandé ce que ça pourrait bien donner, une conversation avec un gars totalement opposé à moi sans vouloir lui arracher la tête et danser joyeusement dans la fontaine de sang que ferait son cadavre. Eh bien, petit Adriel, te voilà servi. C’est ce qui se passe, en ce moment. Et c’est, en quelque sorte, intéressant. L’étude d’un sportif selon Moi. D’ailleurs, une fois de plus, je ne peux m’empêcher de ricaner lorsqu’il dit, avec un air faussement déçu au visage, qu’il préparait un plain avec un curé louche, un église et d’autres trucs tout aussi louches. Les mises en scènes, il connaît.
-C’est cool alors, on n’a qu’à mettre sur pied une secte sataniste, monter ces mises en scènes à peine louches et se faire du fric sur le dos de pauvres gens un peu stupides et complètement naïfs.
Lorsqu’il me parle de ce qu’il fait, à part le sport, je me demande la même chose tout le long : mais il n’a pas un passe-temps, lui? Vraiment, quelque chose à faire à part sa passion et ses amis? Le dessin est ma passion et j’adore mes amis, mais je m’intéresse à autre chose. Mais bon, s’il est bien comme ça, s’il occupe bien sa vie avec ça, qui je suis pour critiquer? C’est bien pour lui. Oui, c’est bien pour lui, mais ça ne le serait sûrement pas pour moi, non. Nos différences sont réellement grandes sur plusieurs points. Je ne pourrais imaginer avoir de la difficulté à lire, ce serait un véritable calvaire. Comment aurais-je fait pour m’évader, lorsque j’étais enfant, alors que ma mère se piquait et sniffait? Comment aurais-je pu faire, sans tous ces mondes fantastiques? Et pour moi, l’écriture a toujours été ridiculement facile. Je me dis que pour lui, l’école, ce doit être un enfer. Quand la lecture et l’écriture sont ton point faible, c’est sûr que tu veux pendre tes profs et brûler tout ce qui a trait à l’éducation.

J’avais donc raison de me dire que Robin Dubois n’égalait pas écriture et lecture. Ou l’art en général. Et puis, ses mots me font penser à mes propres moments avec mes propres amis. Oui, parfois, c’était tout à fait banal. Je glandais avec Jake, dans mon sous-sol ou dans son appart. On jouait à des jeux vidéo. Parfois, pour absolument aucune raison, on se mettait à discuter longuement – pendant des heures, en fait – sur divers sujets. On disait tout haut nos pensées profondes, ou simplement les pires conneries jamais entendues. Et d’autres fois… eh bien, pour résumer ces fois, disons que je ne me souviens pas toujours totalement de ce que j’ai fait ou dit, tellement j’étais défoncé.
-Bah, tout le monde a ses faiblesses, non? Par exemple… t’es lanceur, au baseball, non? Eh bien moi, lorsqu’il s’agit de lancer quelque chose – une balle, n’importe quoi – je suis d’un pathétisme à faire pleurer n’importe qui. J’sais pas viser, j’suis pire qu’une fillette de huit ans. Et puis, je ne crois pas être un cas désespéré dans les sports en général, mais disons que je ne suis pas un athlète, et ma principale faiblesse, c’est que je suis trop dans les nuages. Ma propension à être dans la lune m’aide, en quelque sorte, lorsque je dessine ou lorsque j’écris. Je pense à ce que je peux faire. Mais en sport, ça m’aide plutôt à agrandir mon score déjà impressionnant de ballons que j’ai interceptés avec ma face.
Malgré moi, mes paroles me font rire. Oui, je crois que c’est bien, un peu d’autodérision. Je suis réellement trop distrait pour être suffisamment bon en sport. Je regarde ailleurs, me mettant, une fois de plus, à jouer avec mes piercings avec ma langue. Après un moment, j’arrête, reportant mon attention vers le sportif. Puis je souris. Je me demande si je pourrais mentionner ce que je deviens, lorsque je suis avec plusieurs amis. Je me dis que je pourrais effleurer le sujet, puis bifurquer vers un autre. Je n’ai pas envie de trop étaler ma vie privé, de susciter trop de questionnements chez lui, car on me demande souvent ce qui m’a poussé à consommer des drogues. Qu’est-ce que je lui répondrais? «Oh, ma mère est complètement droguée, alcoolo et dépressive, alors j’ai pratiquement été élevé avec un joint dans la gueule»? Définitivement de mauvais goût. Et exagéré.
-Nous sommes l’opposé total de l’autre, je trouve ça plutôt hilarant. En fait, à ce qui me paraît, tu sembles faire des activités tout à fait normales et respectables avec tes amis, alors que moi… bon, disons que nous nous sommes souvent retrouvés, mon meilleur ami Jake et moi, dans l’appart miteux de connaissances d’un soir, complètement drogués et saouls. Et c’est là que les anecdotes toutes aussi douteuses que la situation déboulent en une véritable avalanche.

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Robin ne put qu'acquiescer aux paroles sages et pleines de sens d'Adriel. Un ballon dans la tête, ça pouvait être vraiment douloureux. Exemple tout simple : en France le sport national est le foot, malgré le fait que l'équipe de France ne brille pas beaucoup en compétition ces derniers temps. Donc naturellement, le premier contact que les enfants ont avec le sport lorsqu'ils se socialisent et entrent à l'école primaire, eh bien c'est le foot. Malheureusement, dans les cours de récréation il est rare de trouver une terrain de foot complet et réservé pour ceux qui pratiquaient ce sport. La pratique se faisait donc au milieu des autres enfants qui jouaient à chat, aux billes, à la marelle ou à collectionner des cartes avec des bestioles bizarres dessus, très à la mode à l'époque.

Dans un tel capharnaüm il n'est donc pas étonnant que des balles se perdent, que des enfants inattentifs qui passaient par là se retrouvent entraîner dans une partie dont il ne savaient rien. D'autant plus que le foot de récréation, dit aussi « foot de rue » était légèrement plus sauvage que le vrai football sur un terrain avec du gazon, des buts et des arbitres. D'autant plus que quand on est en primaire, on est encore petit ! On sait marcher et utiliser nos bras et nos jambes hein ! Mais pour ce qui est de la précision c'est pas encore ça. Dans tout ceci on peu comprendre que des balles peuvent facilement se retrouver dans la tête de personnes totalement étrangères à ce jeu, ou bien de personne conscientes de ce qu'elles faisaient mais qui voulaient essayer de faire une tête. Et une balle de foot, tirée de toute ses forces grâce à un coup de pied violent et puissant, c'était plutôt déplaisant quand ça s'écrasait sur votre nez. Et là on ne parle même pas des balles de basket, plus lourdes et propulsées à pleine puissance pour une passe rapide, ça lui avait déjà foulé quelques doigts, alors dans la tête...

Il se souvint alors de cette fille là, Phoebe s'il se rappelait bien. Elle faisait du volleyball dans l'équipe féminine et avait eu le malheur de faire un jogging autour du terrain de baseball alors que les Firefox s'y entraînaient. Elle avait rattrapé une balle de homerun sur le sommet du crâne et avait été assommé direct. La peur de sa vie, il cru l'avoir tué sur le coup. Heureusement elle allait bien, mais ça aurait été pire si jamais elle s'était prise une des balles que Robin lançait. À plus de cent-dix kilomètre par heure, il paraît que c'était vraiment mortel.

-Si tu l'es trop, je dois sans doute ne pas l'être assez...

Dans les nuages. Il cherchait sans cesse un moyen de ne pas l'être. Comme si être dans les nuages était synonyme d'ennui. Pourtant quand il en parlait, Adriel n'avait pas l'air de vraiment s'ennuyer, et il était tellement tête en l'air qu'il lui était rentré dedans, un café brûlant à la main pour l'ébouillanter. Ça avait l'air assez dangereux en fait ! Il aurait pu tomber sur l'un de ces sportifs dont ils parlaient il y a trois secondes, et ça aurait engendré des problèmes. Et si Robin avait été une racaille... et bien ! Batte de baseball ou pas, Adriel aurait vraiment eu du soucis à se faire ! Ce ne sont pas deux ou trois surveillants qui les empêchent de déclencher une bagarre. Robin détestait les racailles, aucun savoir vivre.

La conversation déboula alors sur un tout autre sujet, qui n'avait rien à voir avec des balles dans la tête. Quoi qu'en étant drogué, on avait sans doute plus de chance de s'en prendre une qu'en restant en pleine possession de ses moyens. Alors comme ça Adriel buvait et se droguait ? Robin n'était pas choqué par un tel aveu. Il n'avait pas que des amis sportifs. Et même parmi ses amis sportifs il n'y avait pas que des gens qui vivaient aussi sainement que lui. Après tout il était assez populaire et il était plutôt rare qu'il se fasse inviter dans des soirées où il n'y avait pas d'alcool ou un peu de fumette dans un coin, du coup il n'allait pas s'en offusquer. On pouvait être sain sans être ni-touche. Après pour les raisons qui pouvaient l'avoir pousser à consommer... Robin ne les lui demanderais pas. Ça pouvait être tout banalement un pote qui lui avait tendu un pétard comme ça pouvait être des problèmes personnels qu'il n'aurait sans doute pas envie de confier au premier blondinet diamétralement opposé à ce qu'il était qui se présentait.

-Ha ha ! Les situations douteuses sont toujours les plus intéressantes ! En général ce sont celles qui nous font les meilleurs souvenirs.

Il parlait d'expérience, les situations et les événements qui en découlaient n'étaient sans doute pas les mêmes que ceux d'Adriel, mais à force de sécher les cours avec ses potes et à traîner en boîte ou en ville, ils finissaient pas avoir envie de faire des conneries qui leur attiraient des problèmes dont ils se souvenaient désormais avec humour. Surtout celles qui impliquaient la police.
Adriel Lespérance
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Ce qui me frappe, lorsqu’il me répond, c’est qu’il ne semble pas avoir la même curiosité malsaine que les autres gens qui apprennent, d’une manière ou d’une autre, que je consomme. Oui, c’est une curiosité maladive, parce que les gens normaux pensent que, vu mon style, c’est quelque chose de normal que je sois une espèce de punk junkie. Et ça, ça me donne réellement envie de sacrifier des chatons. Je ne me suis pas réveillé du jour au lendemain en me disant «avec mon apparence, ce serait incroyablement cool que j’me défonce.» Non. Juste non. Je sais parfaitement que ça peut m’encrer dans les stéréotypes, mais me dire que je peux faire cliché à cause de ma consommation est la dernière raison pour laquelle j’arrêterais. Les raisons qui m’ont poussé à prendre des drogues est plus complexe qu’un simple «je veux être cool» d’adolescent qui veut impressionner ses amis. Et je me trouve nullement impressionnant de faire ce genre de choses. Non, ce n’est pas impressionnant… seulement pathétique. Et un peu triste. Alors bon, je suis presque heureux que Robin n’ait pas posé de questions. Je sais qu’il se demande pourquoi je suis ainsi, comme tout le monde, mais au moins, il a l’intelligence de fermer sa gueule. Contrairement à tout le monde. Et j’en suis silencieusement reconnaissant.
Il se contente de rire, disant que les situations douteuses sont souvent les plus intéressantes, celles qui engendrent les meilleurs souvenirs. Et là-dessus, je ne peux pas vraiment le contredire. Bien que certains de ces souvenirs soient très flous, (allons bons, j’étais défoncé, après tout) certains en sont de très bons. Quelques situations me viennent en tête et, malgré moi, ça me fait un peu sourire. Je ne me sens pas un peu seul, ici? Loin des seules personnes que j’ai aimées? Bien que je puisse donner de moi l’image du gars solitaire qui ne se sent jamais seul, la vérité est que je suis humain et que je ne suis pas à l’abri de ce sentiment merdique. Cet après-midi précis me fait à ceux où je rejoignais Jake dans un café quelconque avant de partir me balader en voiture avec lui et fumer un bon coup. Sauf que le gars devant moi est loin d’être lui, et ne le sera jamais. Il ne sera jamais près, ne serait-ce qu’à un cheveu, d’être pour moi un centième de ce que Jake était. Je sais que je dois arrêter de comparer chaque rencontre que je fais à cette personne bien précise. C’est malsain. Une fois de plus, je m’extirpe tant bien que mal de ces pensées et reporte mon attention sur Robin, puis je me dis que puisqu’il n’a pas posé de questions inutiles, je peux lui faire plaisir et continuer sur ma lancée. S’il veut des anecdotes intéressantes, il va en avoir.
-Ça, c’est sûr, t’as raison. J’ai une bonne réserve de souvenirs inoubliables… mais surtout hilarants. Je te donne quelques exemples. On était trois, dans l’appartement de Jake, mon meilleur ami. Et on a décidé de faire du mush. Ou des champignons magiques, si tu préfères. Bref, on riait comme des débiles et j’étais vraiment sur un «buzz», comme on appelle. Mais c’est lorsque mon ami a décidé qu’il pouvait passer à travers les murs et s’est mis à foncer dedans… c’était plutôt divertissant. Je pourrais aussi nommer la fois où j’ai décidé d’aller au bar avec des biscuits Oréo à la place de mes écarteurs, à mes oreilles, et que Jake les a bouffés. Il avait faim, qu’il disait. Et moi, je les aimais, mes Oréos, alors je l'ai quelque peu mal pris…Ou celle où j’ai lancé le hamster d’un ami en criant «Pikachu, I choose you!». Ou celle où j’ai dû chanter une berceuse à un ami qui dégueulait dans les toilettes en chialant alors que moi-même, je n’étais pas vraiment dans un état moins misérable. D’après Jake, c’était quelque chose de me voir à moitié mort, assis sur le comptoir de la salle de bain, en train de chanter «au clair de la lune» à l’autre mec qui pleurait sa vie en vidant son estomac.
Oh, la berceuse… pourquoi j’avais accepté, déjà? Ah, ouais. Parce que j’étais complètement bourré. J’ai pas à chercher plus loin. Je crois que je n’ai pas assez d’une vie pour raconter tous ces moments incroyables. Je me suis quand même contenté de quelques anecdotes cocasses, je lui épargne les trucs un peu plus louches comme la fois où – ça non plus, je ne sais pas pourquoi – un ami a décidé de s’ouvrir le crâne à coups de baril de Heineken parce qu’il n’y avait plus de bière dedans. Ou les descentes policières dans les apparts’ tout aussi louches de Montréal dans lesquels je me trouvais. Et surtout, surtout, les fameux plans d’un soir après une soirée bien arrosée. Ça m’est arrivé souvent de me demander qui était le mec à côté de moi le lendemain, mais heureusement, même saoul, mes goûts physiques ne semblent pas changer. Ils étaient tous plutôt sexy… Je me fais tirer de tous ces souvenirs par un serveur qui apporte notre commande avant de ficher le camp le plus rapidement possible. Je ne lève même pas la tête, je me dis que c’est sûrement l’autre insolent. Il a peur de moi, pour déguerpir aussi vite, ou quoi? Je souris, prenant une gorgée de mon café glacé. Eh ben, je n’aurai pas gaspillé mon argent. Il est excellent.
-Bon bah, un chocolat chaud pour le monsieur! Savoure, c’est clairement moins nocif que la drogue et de l’alcool!
Ouais, ç’a meilleur goût, aussi. Quoique la sensation de l’alcool fort qui coule le long de ma gorge reste indéniablement agréable... Mais bon, je ne crache pas sur des cafés – peu importe le genre – tant que ce n’est pas du jus de chaussette. Comme à la cafet’, par exemple.

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Robin fut véritablement hilare lorsqu'il entendit Adriel raconter ses aventures sous substance, visualisant sans peine toutes les scènes. Celle qui remportait la palme d'or était sans conteste la première, avec le soi-disant passe-muraille. Imaginer le type qui s'écrasait contre un mur à pleine vitesse comme s'il avait enfin trouvé la voie neuf trois-quart était vraiment et terriblement drôle. Mais le coup du hamster était pas mal aussi, en espérant que la boule de poils n'ai pas trop souffert tout de même, bien que se faire lancer à travers une pièce ne doit pas vraiment faire du bien quoi qu'il arrive. Il mit un peu de temps à se calmer, se tenant les côtes et soufflant pour reprendre une respiration normale.

-Excuse moi mais... ce genre de trucs m'a toujours fait marrer ! Une fois, trois potes en avaient prit dans un jardin à une fête. L'un d'entre eux m'avait repérer et était venu me voir en se mettant à genoux, il m'a appelé Gabriel et m'a supplié de venir chasser le démon. Je me suis demandé de quoi il parlait, je m'appelle pas Gabriel, en plus j'avais un peu bu, et dieu sait que je tiens pas l'alcool ! Ensuite il a parlé de lumière autour de ma tête et de Satan qui avait invoqué un monstre et là j'ai pigé qu'il me prenait pour l'ange Gabriel, parce qu'il prenait mes cheveux tout clair pour une auréole. Donc je l'ai suivi - en même temps pas le choix, sinon il me lâchait pas la jambe et il avait commencé à pleurer – quand je suis arrivé dans le jardin j'ai vu les deux autres, y en avait un allongé sur les genoux de l'autre, la tête et les pieds par terre qui agitait les bras en criant qu'il se faisait aspirer par le ciel, et le troisième lui avait remonté son t-shirt et lui caressait le ventre – poilu faut dire – en lui parlant comme à un chat.

Il recommença à rire en se rappelant de la scène. Entre le premier qui s'époumonait en hurlant « Je tooooooooooooooooooooooombe putaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaain ! » et le deuxième qui était là et roucoulait en lui grattouillant son ventre trop poilu à grand renfort de « Ooooooooooh ! Mais c'est qu'il ronronne le cha-chat ! » il y avait de quoi se marre en effet.

-La suite c'est que j'ai attrapé la jambe de celui qui se prenait pour un explorateur galactique et je l'ai traîné plus loin, puis j'ai dis à celui qui était venu me chercher que j'avais coupé le monstre en deux pendant l'autre regardait autour de lui en cherchant un chat. Il a eu l'air assez content, puis il est allé aider l'autre à chercher un chat.

Il sourit et secoua la tête en regardant la table. C'était un bon souvenir.

-C'est peut-être pas aussi impressionnant que de foncer dans un mur ou de balancer des hamster, mais sur le coup je me suis bien marré. En y repensant aussi d'ailleurs.

Le serveur leur apporta ensuite leurs boissons avant de repartir assez rapidement, lançant au passage un regard glacé à Adriel, ce qui agaça prodigieusement Robin. C'était quoi son problème aujourd'hui ? Il avait bouffé Grincheux ou quoi ? Ça foutrait les boules à Blanche Neige, donc faudrait penser à le recracher. À force de le fusiller du regard, il faillit louper ce que disait Adriel.

-Qu'est-ce que... Ah ! Oui ! Merci. Effectivement, mais je pense qu'on aurait des souvenirs un peu moins improbables que ceux là si on ne buvait que du café ou du chocolat, pas vrai ?

Il goûta sa boisson qui, comme d'habitude, était absolument délicieuse, mais quelque chose le tracassait. Il soupira et se passa une main dans le cheveux, se laissant aller contre le dossier de sa chaise.

-Je suis désolé pour tout ça, dit-il en désignant le serveur du pouce. Si j'avais su je t'aurais pas fait venir ici, sa façon de se comporter n'est vraiment pas acceptable.
Adriel Lespérance
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J’avais oublié à quel point les éclats de rire de Robin portent. Faut dire, la dernière fois que j’ai fait rire ce mec, j’étais à moitié mort, alors il faut être indulgent envers moi. Je ne peux pas me rappeler de chaque détail concernant le Français pendant que je suis clairement crevé. Et ma façon de l’observer était clairement moins efficace, moins perçante. Je remarquais des trucs, mais sans plus. Maintenant que je suis reposé, que je suis moi-même, je suis capable de voir à travers son comportement global. Je ne crois pas qu’il s’intéresse réellement à ce que je suis, et je ne crois pas non plus qu’il puisse comprendre quoi que ce soit, si j’avais à lui expliquer ma façon d’être, mon passé ou mes épreuves personnelles. Je ne me suis jamais attendu à cela de la part de quelqu’un comme lui, remarquez. Le fait que, jusqu’à maintenant, je ne le déteste pas est déjà énorme. Je ne m’attends jamais vraiment à ce qu’il se mette à rire après que j’aie raconté des conneries. Bon, j’avoue que l’histoire du mec qui essaie de passer à travers les murs est plutôt divertissante. Mais faut le vivre pour comprendre réellement le comique de la situation, c’est-à-dire de voir un gars s’écraser à plusieurs reprises sur le mur en gueulant «c’est ça, hein, vous m’croyez pas! J’peux passer à travers les murs, j’vous l’dit!»
Mais c’est quand même à moi d’éclater de rire en écoutant son histoire. Et il dit que c’est pas aussi impressionnant qu’un gars qui veut foncer dans les murs? Je trouve que la situation décrite est absurde à souhait, ce qui donne tout son «charme» au souvenir. Je ne peux m’empêcher de ricaner à la comparaison entre Robin et un ange. Je ne le connais pas vraiment, mais il ne me fait pas vraiment penser à un ange. Peut-être que ses cheveux clairs lui donnent un air beaucoup plus «sage» que moi, avec mes longs cheveux noirs, mais c’est sûrement tout ce qu’il a. J’suis pas en train de dire qu’il est Satan en personne, mais de toute façon, personne n’est un ange, à commencer par moi. Et puis, j’aurais bien aimé voir un mec poilu se faire prendre pour un chat, ç’a un fort potentiel humoristique, d’après moi.
-Oh, je sais pas. C’est quoi, le plus absurde, entre un gars qui croit passer à travers les murs et un autre qui hallucine des anges et des monstres? Ou encore ton gars qui se faisait prendre pour un chat. Et puis, pour revenir à mon histoire, je résumerais la situation en disant mur : un, Guillaume : zéro. D’ailleurs, je crois que j’étais assez sadique sur les bords, parce que pendant qu’il gueulait «c’est ça, hein, vous m’croyez pas!» je l’ai regardé et j’ai dit «mais non, on te croit. Peut-être que tu ne t’es pas donné un assez grand élan?» Ouais, bravo à moi, il a failli se péter le nez en suivant mes fabuleux conseils.
Allez, Adriel, le mec a failli s’écrabouiller le visage à cause de toi… Nan. C’est drôle, finalement. C’est définitivement hilarant. Je ne peux réprimer un sourire en évoquant ce souvenir. Pauvre Guillaume, ça ne lui a clairement pas fait du bien. J’acquiesce à ce que Robin dit, en prenant une gorgée de son chocolat chaud. Bien sûr, y’a rien de trop hilarant ou d’inoubliable qui peut se passer en buvant du café. Quoique, j’ai également des bons souvenirs reliés à une simple tasse de café. Ils ne sont pas toujours hilarants, ils ne sont sûrement pas tous absurdes, mais ils sont tout aussi précieux – sinon plus. Inévitablement, je me mets à penser cette soirée où j'ai rencontré Jenica, une amie précieuse. Il n'y avait pas vraiment d'artifices, pas de substances illicites. Seulement deux inconnus qui boivent un café ensemble et s'entendent étrangement bien... La voix de Robin me tire soudainement de mes rêveries. Je me mets à le fixer, un peu perdu. Je finis par comprendre qu’il parle du serveur. Je n’avais pas trop remarqué sa présence, j’étais un peu perdu dans mes pensées lorsqu’il est passé nous donner notre commande. Je n’étais même pas sûr que ce soit bien lui, mais apparemment, c’est le cas.
-Hein? Oh, ça? j’ai, un peu malgré moi, un sourire en coin en parlant. Bof. T’en fais pas, c’est souvent comme ça. Ça ne donne rien de s’en préoccuper, en fait. Sur le coup, son attitude m’a un peu énervé, mais j’ai vécu bien pire, j’peux survivre à un serveur qui a du sable dans le cul en me voyant.
Je me rends compte assez rapidement que je viens de lancer une expression qui doit être complètement farfelue pour lui, et je rectifie mon tir en riant légèrement. C’est pas nécessairement facile à deviner, non plus, ce que «avoir du sable dans le cul» veut dire. Moi-même, je ne vois pas vraiment le rapport entre l’expression et sa signification, mais bon. L’image donnée est particulièrement drôle, alors je l’utilise.
-Euh… ouais… ça veut simplement dire «être irritable». Mais bon, pour en revenir à ce serveur… Pour moi, c’est tout à fait normal. On m’a toujours regardé de cette façon, alors j’vais pas en faire tout un cas. J’ai toujours été le laissé pour compte, finalement, parce que depuis que je suis gamin, on trouve toutes sortes de raisons plus connes les unes que les autres pour me juger. Enfant, c’était à cause de ma mère malade, ou à cause de mon allure un peu moins soignée, mes vêtements clairement moins jolis… Des trucs comme ça, sans réelle importance. Et, ironiquement, aujourd’hui je me rejette moi-même de cette société.
Je crois que ce que j’aime de Volfoni, c’est que personne n’en a rien à cirer de moi, personne ne me connait. Alors on me fiche la paix. Dans la minuscule ville où j’habitais, tout le monde savait qui j’étais. J’étais forcé d’aller en cours avec les mêmes connards qui me rejetaient depuis le primaire, et même si j’ai assez de caractère pour qu’on me laisse tranquille à quatre-vingt pourcent du temps, on ne m’a jamais accepté pour autant. Je suis devenu très habitué aux stupides provocations qu’on me lançait dans les couloirs ; je n’y répondais même plus. Le rejet était mon quotidien, et jusqu’à mes treize ans, j’ai toujours été seul. Je me demande si Robin a déjà eu à vivre, ne serait-ce qu’un peu, le rejet et les moqueries. Peut-être. Après tout, pour beaucoup de gens, n’importe quelle connerie peut servir de prétexte pour traiter un camarade comme une grosse merde. On n’est jamais assez parfait aux yeux des autres, alors, si vous voulez mon avis, vaux mieux être soi-même et emmerder tout le monde.

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Robin fronce les sourcils et penche la tête sur le côté lorsqu'il parle de sable dans le cul. Il pensait comprendre ce que ça signifiait, mais imaginer ledit serveur avec un entonnoir dans les fesses par lequel passait une quantité notable de sable avait de quoi perturber même le moins raisonnable d'entre nous. Il se demanda vaguement si après il ferait un bruit étrange en marchant, une sorte de « frrrroutch » à chaque pas à cause du frottement du sable. Il retint un autre éclat de rire et se promit de tendre l'oreille la prochaine fois qu'il passerait, juste pour le plaisir.

-Oui, ça tombe sous le sens, dit-il avec un sourire tordu en repensant à l'image dans sa tête lorsqu'il entendit l'explication. Ça devait pas mal irriter d'avoir du sable dans les fesses.

Cependant il perdit son sourire en entendant la suite des explications, ses sourcils se fronçant au fur et à mesure qu'Adriel parlait. Il connaissait des gens qui s'étaient fait maltraiter bien sûr, et en général il avait tendance à les laisser se débrouiller seul, mais il n'aimait pas le ton détaché avec lequel Adriel disait ça, ni son sourire. Se faire rejeter était une chose, mais finir par trouver ça normal c'était... triste. Pour se donner bonne contenance, Robin avala une gorgée de chocolat chaud. Il préféra ne pas relever l'histoire avec sa mère qu'il trouvait trop personnelle à son goût mais fut en mesure de répondre.

-Je vois ce que tu veux dire. Quand j'étais en France, je n'étais bon qu'en sport. Ça n'a pas beaucoup changé d'ailleurs, mais les autres avaient tendance à me traiter comme l'idiot du village parce que je ne connaissais pas mes tables de multiplication ou parce que je ne savais pas lire. J'étais exactement l'image qu'ils se faisaient du sportif sans cervelle qui est tant caricaturé.

Robin se perdit un instant dans ses souvenirs, revoyant les autres crétins au collège qui le traitait de débile mentale et qui l'excluaient en disant qu'il était trop con pour leur parler ou en lui posant une question sur un théorème stupide ou en le mettant au défi de lire un papier avant de le lui retirer des mains pour l'imiter grossièrement, butant sur chaque mot et les écorchant tous. Même après avoir fait des efforts magistraux pour pouvoir être transféré à Volfoni, remontant ses moyennes avec difficulté, on continuait de se moquer de lui.

-Pouvoir venir à Volfoni où personne ne connaît cette partie de moi a été un véritable soulagement. Les établissements qui proposent ce genre de cursus dès le lycée n'existent pas en France, le directeur a su que j'allais vers l'échec scolaire si je continuais comme ça, alors lui et le conseiller d'orientation se sont arrangé pour m'envoyer ici en me faisant prendre des cours renforcés d'anglais. Tout est différent ici, mes notes sont meilleures et les cours bien plus intéressants, sans parler que les compétitions académique que je fais gagner à l'équipe de baseball m'attirent plus facilement l'admiration que les moqueries. Bref, en gros ça c'est considérablement amélioré depuis que je suis venu m'expatrier ici, conclue-t-il avec un sourire.

Il n'exagérait même pas. Être à moitié analphabète n'était plus un problème lorsqu'on ne lui demandait que de lancer une balle ou de courir, par contre au collège ou en école primaire c'était bien différent. Il n'était toujours pas doué pour lire et écrivait terriblement mal, mais au moins personne n'aurait l'idée de venir l'emmerder avec ça ici. Lui avait su renouer avec la société, et il trouvait dommage que Adriel n'ai pas pu le faire. Mais bon, il semblait tout aussi satisfait ainsi. Peut-être était-ce ça la raison d'être de son look plutôt original, l'envie de se marginaliser, de rester en dehors de la norme... A force de penser que Robin était sans cervelle, on passait à côté du fait qu'il était plutôt intelligent lorsqu'il ne s'agissait pas de cours. En général il faisait de bonne déductions et il connaissait suffisamment l'homme (et surtout la femme) pour cerner ce que les uns et les autres voulaient. C'était très utile pour décrypter les actions des équipes adverses ou pour faire baisser la tension dans son équipe, mais également à des fin plus personnelles lorsqu'il souhaitait trouver quelqu'un avec qui passer la nuit. Cependant Adriel était un peu différent du schéma de base qu'il avait l'habitude d'explorer.

Il secoua soudain la tête et regarda par la fenêtre. Il n'avait pas envie qu'Adriel pense qu'il s'apitoie sur son sort, surtout que ce n'était pas le cas. Il n'avait jamais dit ça à personne pour le moment. Il haussa finalement les épaule et avala une autre gorgée de chocolat.

-Ainsi sont les gens ! lança-t-il. Puis il désigna sa tasse de chocolat. Je crois que je t'avais dit que je te laisserais goûter ?
Adriel Lespérance
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Je crois remarquer que Robin retient à grand peine un éclat de rire quand je lâche cette expression plutôt… colorée. Bon, d’habitude, on dit «du sable dans le vagin», mais comme le serveur n’a pas l’air d’avoir un vagin (quoiqu’on ne sait jamais), j’ai dit «dans le cul». Si le sportif aime les expressions les expressions québécoises bizarres, il va être servi. Quoique je suis assez spécial : même les gens de ma province ne me comprennent pas toujours. Son sourire s’évanouit toutefois assez rapidement à mesure que je parle de mes expériences personnelles. Il détourne légèrement les yeux, prend une gorgée de sa boisson. Mon regard se fait insistant ; je me demande où j’ai merdé. J’ai sûrement dit des trucs qui ne sont pas considérés comme étant «normaux». J’ai tendance à oublier que ma réalité n’est pas nécessairement celle de beaucoup de gens, que ce qui est banal pour moi ne l’est pas pour d’autres.

Robin est Français, il ne connait pas la situation des Amérindiens au Québec. Il ne sait peut-être pas que les réserves sont des endroits fermés particulièrement pauvres où la présence de drogues, d’alcools et de violence conjugale sont monnaie courante. Il ne sait sans doute pas qu’à cause de tous ces problèmes, nous ne sommes pas du tout bien perçus par le reste de la province. Je tente de choquer le moins possible mes interlocuteurs, et la dépression de ma mère est un sujet très délicat pour moi – d’où les euphémismes tels que «ma mère est malade» –  mais il fut un temps où je me fichais de dire qu’elle est une junkie suicidaire. Aujourd’hui, je ne veux tout simplement pas me coltiner des regards emplis de pitié. Heureusement, je crois que je n’ai pas trop mis Robin mal à l’aise, car il continue la conversation. Je suis presque surpris de constater que, lui aussi, a des expériences où on s’est moqué de lui. Aujourd’hui, il me donne surtout l’impression d’être quelqu’un de plutôt populaire et apprécié. Et puis, personnellement, j’ai toujours cru que les gens qui excellaient en sport étaient beaucoup plus louangés que  les artistes. Je souris un peu tristement.

-Les gens en général sont vraiment stupides, tu sais. Chaque petit détail est un prétexte pour se moquer de quelqu’un.  Il suffit d’une très légère différence, et c’est parti. Tiens, moi, par exemple, parce que je suis particulièrement nul en sport, mais que j’ai toujours été celui qui faisait les dessins ou les poèmes les plus jolis, on me traitait carrément de tapette. Bon, d’accord, je suis gay, que j’ajoute en riant, mais ça n’a pas vraiment de rapport. Être trop talentueux dans un truc en particulier et pas assez dans un autre, c’est assez pour se coltiner des remarques désobligeantes.

Lorsqu’il parle de son transfert à Volfoni, je ne peux qu’acquiescer d’un hochement de tête. Je vois très bien ce qu’il veut dire. C’est ça, changer complètement de pays, de vie.  Plus personne n’a idée ce que tu étais avant. Je ne trimballe plus avec moi l’image du jeune amérindien à la mère folle, ou, tout simplement, le fait que trop de gens connaissaient mon histoire. C’est une chance de recommencer à zéro, et c’est incroyable. Bien sûr, depuis les quelques mois que je suis ici, je me suis sûrement déjà forgé une image auprès des gens de l’académie, mais elle n’a aucun rapport avec ma mère, et c’est exactement ce que je désire. Je veux complètement me couper d’elle. Pour le reste, je m’en fiche complètement. Je ne peux m’empêcher d’afficher un sourire sincère.

-Je comprends…. Au Québec, les gens ne me connaissaient que pour le paquet de problèmes que j’avais et que j’ai encore, pour la plupart. Ici, personne n’est au courant de ma vie privée, alors on me connait sûrement que pour le gars chelou tatoué et piercé de partout, et ça me va parfaitement. Par contre, les raisons pour lesquelles je suis ici ne sont pas académiques. J’ai juste décidé sur un coup de tête d’emménager chez mon père – il est Américain. Oh, et j’avoue qu’une spécialisation en arts plastiques était la bienvenue, il n’y a rien de tel dès le lycée au Québec non plus.

Bon, ce que je ne dis pas, c’est que ce coup de tête a été provoqué par la tentative de suicide de ma mère. Mais ça, il n’a pas besoin de le savoir. Je le vois regarder par la fenêtre, derrière nous. J’imagine que lui aussi a ses moments où il rêvasse… Certes, ils ne peuvent être aussi nombreux que les miens, mais tout le monde en a. Lorsqu'il se retourne vers moi, il a retrouvé le sourire et me propose même une gorgée de chocolat. Je préfère toujours le café, mais s’ils sont aussi bons que ce qu’il dit, je peux bien goûter ce truc. Je trouve même l’occasion de plaisanter.

-T’as le courage de me proposer d’y goûter? T’as pas peur que ce soit une tactique pour t’étouffer en y laissant un piercing? J’en ai quand même six seulement sur mon visage!

Je lui lance l’un de mes sempiternels sourires moqueurs avant de lui piquer sa tasse, de m’assurer que mes cheveux ne pendent  pas dedans et d’y tremper mes lèvres. Je ne suis pas le plus grand fan de chocolat, mais je dois le lui accorder : celui-ci est excellent. Et puis, en réalité, c’est quasiment impossible que je perde un seul de mes piercings dans son breuvage : ils sont quand même bien enchâssés dans ma peau. Donc, il n’existe aucun risque que je ne le tue de cette manière. De toute façon, je préfère étouffer les gens pendant leur sommeil avec des oreillers. C’est moins compliqué. Je repousse vers lui sa tasse de chocolat chaud.

-C’est un bon choix, mais je préfère toujours le café. Mais pas celui de la cafèt’, parce qu’il goûte la mort.

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J'te dois un café, mec. [Robin Dubois & Adriel Lespérance]
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