Ignorance is a lot like alcohol: the more you have of it, the less you are able to see its effect on you.

Mandy-Lou D. Carvalho
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S’il y avait bien quelque chose qu’elle détestait plus que les ongles cassés et les bad hair days, c’était ne pas savoir où se trouvait sa mère. Ou pire encore, savoir qu’elle était probablement dans un bar, et n’avoir d’autres choix que de les parcourir uns à uns dans l’espoir de la retrouver, et ce probablement dans un état plus que lamentable. Alors que pourtant il ne devait pas être plus de 18h. Enfin, ça n’était pas la première fois ni la dernière que cela arriverait, et cette simple pensée n’aidait en rien à calmer son humeur.

Ses pas furieux quittaient un énième bar, alors que nerveusement, Mandy replaçait une mèche ondulée derrière son oreille. Elle avait presque fini la tournée des bars habituels fréquentés par sa génitrice. Et rien. Personne ne l’avait vue, personne ne semblait savoir ce qu’elle pouvait bien faire. Et sous la couche de colère qui plissait son joli minois, il y avait une inquiétude grandissante. La connaissant, elle pouvait tout à fait s’être mise dans de gros ennuis, ou pire encore. Et plus les instants passaient, et plus son imagination divaguait, la poussant à construire une ribambelle de scénarios tous plus catastrophiques les uns que les autres. Et tout ça n’aidait nullement à son calme, et encore moins à la déplaisante sensation de son estomac retourné et de son cœur battant trop vite dans sa poitrine.

C’est pas une vie ça, putain.

La seule chose qui gardait encore une part de son esprit tranquille, c’était de savoir que ses sœurs, elles, étaient à la maison, surveillées par la voisine. Au moins, elle pouvait lui faire confiance, et c’était toujours ça de gagné. Maigre consolation face à trop d’ennuis qui s’accumulent, un stress presque conséquent, mais c’était mieux que rien, et depuis longtemps déjà, la brésilienne avait su s’en satisfaire.

Encore une tentative infructueuse, et c’était la goutte d’eau faisant déborder le vase. Voir même l’océan de son inquiétude et de sa mauvaise humeur. Essoufflée d’avoir marché trop vite, la chaleur n’accentuant qu’un peu plus l’affreuse sensation du tissu de son haut collé à sa peau, ou de la sueur glissant sur sa nuque et son dos.
Elle se sentait poisseuse et ridicule, et n’aimait pas cela. C’était tout ce qu’elle avait pour garder la face, ce joli minois et cette allure de poupée, et s’y accrochait autant que possible.

Là, la demoiselle avait besoin de quelque chose pour passer sa frustration. N’importe quoi, et tant pis si on la remarquait. Dans ce coin-ci, elle n’avait à vrai dire que peu de chances de croiser quelqu’un de Volfoni, et ça l’arrangeaient totalement. Sauf qu’il faisait trop chaud, et elle n’avait rien sur qui taper, sauf un type passant par-là, et franchement. Nan, mauvais plan.
Sans trop tarder, elle remit donc les pieds dans le bar précédemment quitté, un de ceux qu’elle ne fréquentait presque jamais, sa mère ayant rarement le temps, l’argent ou simplement la capacité de s’y rendre. Ca faisait déjà moins de regards à supporter. Sauf celui du barman qui se demandait bien ce que foutait cette fille lui ayant dit un peu plus tôt qu’elle cherchait sa mère, cette dernière probablement saoule de surcroît. Ca ressemblait à de la pitié, et miss Barbie n’aimait pas cela. D’où le fait qu’elle eut tôt fait, une fois sa boisson glacée et sans alcool récupérée, de s’éloigner du comptoir pour chercher une table. Et choisir la première lui tombant sous la main, qu’importe qu’elle soit déjà occupée. D’ailleurs, il lui disait quelque chose, ce type.

« Tu serais pas l’type fringué en Jésus ou je sais pas quoi à la soirée de Volfoni, hm ? Ouais, tu lui ressembles sacrément. »

Entrée en matière tout à fait délicate et sympathique. Culottée vous dites ? Jamais, allons. Ca ne lui ressemblait pas. Pas même une petite pensée pour le fait qu’il ait pu avoir envie d’avoir la paix. Après tout, elle voulait se défouler un peu, et voilà le résultat.

« J’te dérange pas, j’espère ? »

Mais ça c’était juste pour la forme. Parce qu’elle s’en foutait totalement, au fond. Surtout là.
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Adriel Lespérance
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«Arrête de te morfondre» qu’il m’a dit. «Allez, faut te changer les idées. Que tu sois à quelque part d’autre que dans tes cours ou au boulot» qu’il m’a dit.


Ouais, j’ai aucun problème avec cette idée. Le principe est tout à fait correct. Je n’ai rien contre. C’est juste que Kai a des idées bizarres – et venant de moi, ce commentaire veut tout dire. Normalement, je ne sors pas dans les bars. Trop de gens. Trop de bruits. Ça m’agace. Mais bon, il m’a assuré que celui-ci était super. Objectivement parlant, ouais, il n’est pas si mal. Il fait un peu – lire «très» –  hipster, mais faut pas lui dire ça, sinon il va se vexer. C’est vrai que Banjoman fait plus hobo que hipster (quoique c’est presque synonyme) et il ne veut pas entendre ce mot. Allons bon, il devait bien se douter que j’allais faire tache dans cette ambiance bluegrass avec mon look punk, mais faut pas trop lui en demander. J’avoue que peu importe où je me trouve, on me dévisage, mais disons que j’aurais pu l’éviter au moins pour aujourd’hui. Ça aurait fait mon affaire.

Bref, le bar ne colle pas à ma gueule. Quoi d’autre? Oh, ouais. Il est moins de dix-huit heures. Qui va traîner dans les bars avant vingt-deux heures à part les alcooliques? Personne. Mais c’est à cette heure qu’il m’a dit de m’y rendre, l’autre grand dadais. Ben oui. Et comme le con que je suis, j’y suis allé. Bien sûr que j’y suis allé. J’suis pas sûr qu’il ait compris qu’on est loin de la recette pour me changer les idées. Pour me faire oublier. Je serais resté dans mon bungalow à dessiner que ça aurait cent fois mieux marché. On aurait passé la soirée dans sa piaule à se rouler des joints que son opération «remontons le moral d’Adriel» aurait eu plus de succès. Je lui pardonne en partie parce qu’on ne se connait pas encore des masses et qu’il n’est pas toujours très loquace.

Je pousse un profond soupir et jette un coup d’œil à l’heure. Il est en retard de trente minutes. Trente minutes, putain. Attendre les gens me rend irritable. Les gens me rendent irritable. Kai me rend irritable, parfois. Je sors mon téléphone et lui envoie un énième texto. «Fuck dude, t’es où? Je t’attends encore dix minutes et je fous le camp.» Dix minutes. S’il arrive après, tant pis pour lui. J’ai pas que ça à faire de ma vie, moi, criss. Je prends une gorgée de mon coca et repose sèchement le verre sur la table, énervé. Ouais, un coca. Avoir l’air d’un jeune alcoolo est l’une des dernières choses dont j’aurais envie en ce moment. Je préfèrerais largement boire un café et griller une clope.

Un nouveau regard vers l’horloge. C’est le troisième en même pas deux minutes. Je reporte mon attention sur la salle, assez remplie pour l’heure qu’il est. Je remarque aisément une fille tout en rose qui parle au barman, visiblement à cran. Je l’écoute l’espace d’une minute, puisque c’est elle qui a attiré mon attention. Elle cherche sa mère, apparemment. Sûrement alcoolique, la mère. Je compatis. Je ne compte plus les fois où j’ai dû faire le tour des bars de ma réserve pour chercher la mienne. Comme quoi, j’suis pas le seul dans cette galère. Pourtant, il y a une différence entre nous deux. Moi, ne j’aurai plus jamais à le faire. Faut dire que je ne verrai plus jamais ma génitrice non plus. Je l’ai souvent souhaité, mais aujourd’hui, je le regrette un peu.

Voilà. Pour ce qui est de penser à autre chose, c’est raté. Un vrai fiasco. Je baisse encore les yeux vers mon cellulaire. Toujours pas de réponse de Kai. Cinq pénibles minutes passent avec une lenteur carrément cruelle. C’est le raclement d’une chaise sur le plancher et le bruit d’un verre qu’on dépose sur la table qui me sort de mes pensées. Je lève la tête. C’est la gonzesse en rose de tout à l’heure. Maintenant qu’elle est en face de moi, je reconnais aisément le monument en latex rose de la soirée d’Halloween. Moi qui avais cru que ses cheveux étaient une perruque, visiblement, c’est une teinture.

-Ouais, c’est moi. C’pas comme si j’étais difficile à reconnaître.

Le tout dit sur un tout pas spécialement aimable. Je fronce légèrement les sourcils. Elle n’a franchement pas l’air du genre de fille qui se soucie de déranger qui que ce soit. Je ne fais rien en particulier, mais de toute façon, j’apprécie rarement que des étrangers viennent me causer et envahir mon espace personnel. Et c’est exactement ce que Rosie fait.

-Bof, j’attendais quelqu’un qui se pointera sans doute jamais.

Nouvelle gorgée de coca. Pour la forme.


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Quand elle agit de la sorte, elle ne s’attend jamais à ce que les gens le prennent bien. Parce qu’elle n’est pas si bête, Mandy, et elle sait que beaucoup n’aiment pas cette attitude culottée qu’elle adopte en général. Parce que ça les embarrasse ou les met mal à l’aise, alors que d’autres encore se retrouvent outrés qu’une fille comme elle se permette d’avoir ce genre d’attitude. Toutes ces choses dont elle n’avait au final pas grand-chose à faire. Parce qu’elle avait décidé, depuis longtemps déjà, qu’elle pouvait agir comme bon lui semblait. Parce que c’était tout ce qu’elle avait pour cacher cette faiblesse qui était la sienne. Ca et l’apparence excentrique.
Autant dire alors que la froideur des mots du jeune homme face à elle n’eurent pas grand effet; tout juste un haussement de sourcil et un vague sourire. Quelques gorgées de sa limonade glacée, la paille coincée entre ses lèvres, avant de légèrement pencher la tête.

« Tu devrais mieux cacher le fait que je te dérange. Je pourrais me vexer. »

Le tout avec un sourire. Gonflée, la demoiselle, et ça n’était qu’un début. Aussi loin qu’elle s’en rappelait, elle avait toujours eu ce caractère qui prend trop de place, la brésilienne. Pour ne pas se retrouvée enfouie sous ses malheurs, pour ne pas passer inaperçu également. C’était difficile après tout de grandir sans réelle attention parentale, ou si peu que cela en devenait dérisoire. Et voilà ce qu’elle était devenue : une flamboyante garce dont le caractère était probablement aussi encombrant que son tour de poitrine. Et c’était peu dire.

A choisir, elle aurait grandement préféré qu’on lui pose un lapin. Frustrant, certes, mais toujours moins stressant et inquiétant qu’être incapable de retrouver sa mère, perdue on ne sait où. Bien sûr, il y avait cette culpabilité qui lui tordait doucement les tripes, à chaque instant de plus passé dans ce bar, au lieu de la chercher. Sauf que la fatigue, qu’elle soit physique ou mentale, commençait à lentement inhiber les remords et les scrupules, la convainquant de rester ici. Au moins encore un peu.

« T’es pas vraiment le genre de types qui trainent ici habituellement. Tu dois sacrément l’apprécier ton pote pour être venu ici. »

Ca n’était pas un jugement, à vrai dire. Suffisait d’ouvrir les yeux pour se rendre compte que le jeune homme n’avait pas vraiment envie d’être dans le coin. Pas besoin d’être physionomiste, hein.

« Enfin, on est deux à clairement souhaiter être ailleurs qu’ici. »

Pointe d’amertume dans sa voix, et son regard qui glissa sur son verre durant quelques instants, avant de le reposer sur la table. Bah, ça n’était pas son genre de se laisser aller comme ça. C’était juste… le temps que la mauvaise humeur passe, ainsi que cette chaleur étouffante.

Soufflant, elle passa sa main sur sa nuque, grimaça vaguement en sentant la fine pellicule de sueur sous ses doigts, et la retira. Foutue chaleur impromptue. Pourtant elle avait l’habitude, depuis le temps. Mais pas ce soir. C’était déplaisant, vraiment.

« Tu comptes l’attendre encore longtemps ? »

Stupide question. Et pourtant, c’était tout con. Elle avait besoin de parler, juste parler. Ne plus penser à ses problèmes, même l’espace de quelques mots. Juste de quoi… Oublier. Un peu.
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Adriel Lespérance
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Sa réponse – à laquelle  je ne m’attendais pas, d’ailleurs – me tire un large sourire franc. Je dois bien lui accorder ce point, à Rosie. Elle m’a fait sourire. J’ai arrêté de tirer une gueule d’enterrement l’espace de quelques secondes. Pour peu, je devrais lui donner une médaille. Rose, la médaille. C’est que j’suis beaucoup plus habitué aux sales hypocrites qui vont te cracher leur venin dans le dos. À ces sourires forcés, à ces paroles qui sonnent si faux qu’elles m’écorchent les oreilles. Cette compassion qui n’en est pas une. Je n’ai pas besoin qu’on me regarde avec cette pitié dégueulasse qui dégouline des yeux, des oreilles, du cul, de tous les orifices si, par malheur, je dois mentionner la dépression de ma mère. C’est ça, fais semblant que tu me comprends ne serait-ce qu’un peu, hoche la tête deux-trois fois et retourne dans ton conte de fées. Va. J’t’en veux même pas.

-Parce que je le cachais? Tu m’en apprends, Rosie. Mais ça m’étonnerait franchement que tu te vexes, vois-tu, parce que t’as sûrement remarqué que je n’irradias pas la joie de vivre avant d’aller me déranger.

Non, en fait, tu veux importuner quelqu’un. Passer tes nerfs sur moi en étant le plus désagréable possible. Mais tu sais quoi? Ça ne me donne même pas envie de t’arracher tes cheveux en barbe en papa et les bouffer. Moi aussi, quand j’suis à cran, j’ai envie que la Terre entière en souffre. J’ai envie de faire chier tout le monde Surtout quand ça concerne ma mère. Un peu comme toi, quoi. Mais ça, je ne te le dirai pas. Je déteste me mêler de la vie des autres. Si on avait osé me sortir la carte de la compréhension sincère, dans ton cas, je me serais probablement fâché. J’suis une véritable contradiction ambulante. Je suis humain : bien sûr que je veux qu’on me comprenne, qu’on démontre qu’on tient à moi et que ma souffrance ne passe pas inaperçue. Mais j’ai du mal à croire à l’éventuelle sincérité des gens. Trop habitué à l’hypocrisie. Alors je fais mon chieur et refuse en bloc toute compassion.

Un sourire en coin, le regard rivé vers la porte. Elle a visé juste. Pour moi, Kai est déjà quelqu’un de spécial, bien qu’il soit une bien pire tête en l’air que moi. Qu’il oublie tout. Il m’énerve, parfois, à être si frivole. J’ai envie de le secouer. Je lui foutre une claque par la tête. J’ai presque peur de ce que je me mets à ressentir pour ce gars. D’habitude, je mets un temps fou à m’attacher. Là, ça s’est fait tout seul. Je l’ai aperçu. On s’est parlé. Il m’a fait rire. J’ai capté cette lueur dans ses grands yeux bleus. Son sourire qui respire la bonne humeur. Et je l’ai adopté. Une bière avec Kai et à quelque part à l’intérieur de moi, je savais déjà que je l’aimais. Pas le coup de foudre, non. Ça, c’est des conneries. Parfois, il suffit d’une rencontre pour savoir si quelqu’un mérite ton respect ou une brique dans la gueule. Mais je me contente d’hocher la tête en guise de réponse.

-Je l’apprécierais un peu plus s’il arrêtait de tout oublier comme un con, par contre.

Nouvelle gorgée de Coca. Ça pétille au lieu de brûler ma gorge comme du whisky. Rien qui n’embrumera mon cerveau, qui me donnera l’impression d’oublier jusqu’à dégueuler mon mal-être. Non, au pire, je pourrais rire en buvant pour ensuite recracher la boisson gazeuse par le nez. Tu sais que tout va bien quand l’un de tes potes raconte une blague de merde qui transforme ton nez en geyser de soda. Ça n’arrive jamais quand t’as envie de sauter en bas d’une falaise. Quand ton chien, ton chat, ton rat, ta chèvre, ta mère vient de crever. T’as pas envie de t’étouffer avec du Pepsi, mais avec une corde.   Elle ne sait pas à quel point j’aimerais être ailleurs que dans ce bar. Dans cette ville. Dans ce monde.

-Non. J’vais sûrement me barrer dans pas trop longtemps.

Je reporte mon attention vers elle. Je la fixe et la détaille sans la moindre gêne. Franchement, ce n’est pas étonnant que Kai l’aie remarquée. Elle a des formes qui feraient baver n’importe quel homme hétéro. Avec ces seins, j’suis sûr qu’elle peut les mener par le bout du nez – enfin, de la queue plutôt. L’espace d’un instant, je me demande si je donne l’impression d’être un gars straight en la regardant de cette façon, et ça m’amuse. À vrai dire, les femmes ne me repoussent pas, mais elles ne me rendent pas très enthousiaste non plus. Son décolleté ne me fait pas plus d’effet que les glaçons qui flottent dans son verre. De retour à son visage. Je préfère largement ça. Observer les expressions, ce que les yeux crient. Je le reconnais, ce regard un peu terne. Ce ton de voix fatigué. Ces épaules trop lourdes d’un poids qu’on n’aurait probablement jamais dû l’accabler. Moi aussi, j’en ai assez. Je craque et tout s’écroule.

-Toi, tu vas encore chercher ta mère pendant bien longtemps?

Moi, par contre, je n’aurai plus jamais à le faire. Je ne sais pas trop si c’est une bonne ou une mauvaise chose.

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Il marquait un point sur ce coup-ci, elle devait bien le lui accorder. Elle ne commenta pourtant pas, affichant un simple sourire, du moins une esquisse de ce qui devait en être un, ainsi qu'un petit hochement de tête. Et pour quoi dore de toute façon ? Ce type n'avait pas franchement la dégaine du gars heureux, et ce même si c'était toujours trompeur de se fier aux apparences. Un fait qui n'avait plus lieu d'être dès le moment où lui-même confirmait la chose. Puis, ce serait mentir que de nier la réflexion qu'elle s'était faite en le voyant ; même si elle ne lui avait nullement empêché de le déranger malgré tout, comme il le lui faisait si bien remarquer.

Comme lui, son regard glisse vers l'entrée du bar, quelques instants. Dans l'espoir idiot de tout à coup voir débarquer sa mère, et que tout soit régler. Mais c'était peine perdue ce genre d'espoir, Mandy le savait mieux que quiconque. La vie était une chienne quand elle s'y mettait, et rien ne s'arrangeait aussi facilement. La naïveté, elle la laissait aux autres, la sienne s'étant évanouie depuis longtemps déjà.

« Au moins c'est qu'un retard. T'as pas peur de le retrouver en train de gerber dans le caniveau. »

Ça sentait le vécu, pas de doute là-dessus. Et c'était fou l'aisance qu'elle avait tout à coup à exposer la vérité, celle bien sale et ne pardonnant pas. Tout ça à un type qu'elle ne connaissait pas, et qui avait sûrement bien mieux à faire que supporter ses plaintes et ses emmerdes. Alors, c'était quoi son secret hein ? Et c'était quoi ce foutu feeling qu'il pouvait comprendre sans juger ? Ça ne lui ressemblait pas trop à vrai dire ; la brésilienne ne faisait pas confiance comme ça, et surtout, ne se livrait pas. Jamais. Cela faisait un moment maintenant qu'elle avait troqué les amitiés profondes pour d'autres plus futiles, superficielles. Parce que ce confier c'était être vulnérable, faible. Et qu'elle se devait d'être forte. Ah non, pas de répit pour elle.

Il lui annonça qu'il ne comptait pas perdre son temps ici trop longtemps, et elle ne pouvait que le comprendre. Elle-même donnerait n'importe quoi pour ne pas avoir à être là, dans ce bar, avec tous ses soucis. Sauf qu'une fois de plus, la fuite n'était pas une option. Elle avait une famille à tenir debout, deux gamines dont elle devait s'occuper et une mère à ramasser à la petite cuillère continuellement.

Silencieuse, elle l'observa la détailler, l'air amusé. Tout était bon pour se changer les idées, mais la demoiselle ne se voilait pas la la face pour autant. Elle aurait beau afficher tous les faux sourires qu'elle voudrait, elle ne pouvait pas masquer le souci fronçant ses traits ou la fatigue dissimulée derrière le maquillage. Toutes ces petites choses qui témoignaient silencieusement du fardeau qu'on avait placé sur ses épaules. Et ce depuis trop longtemps.

La question la sortit de sa réflexion, et le poids de ces simples mots, l'implication qu'ils avaient, suffirent à lui faire détourner le regard. Pour ensuite afficher un air las, l'amertume teintant ses paroles.

« J'ai pas tellement le choix. Je me pardonnnerais jamais s'il lui arrivait quoi que ce soit. »

Une dernière gorgée et son verre y passa en entier. Pourtant sa gorge était toujours sèche et sa bouche affreusement pâteuse. Décidément, elle n'était pas capable de se vêtir de son habituelle nonchalance. La faute à la chaleur, ou la fatigue. Foutue soirée gâchée avant même d'avoir commencé.

« On choisit pas ses parents, hein ? »

Et le sourire sur ses lèvres n'avait rien de joyeux. C'était la une constatation qui lui serrait la gorge et l'étouffait, lui pinçait le coeur et retournait les tripes. Non, on ne choisissait pas sa famille, mais l'on n'avait pas le choix que de faire avec.
Au fond, Mandy ne savait même pas si elle en voulait à sa mère. Parce que la rancœur envers son paternel, elle, s'était précisée avec les années. Alors que sa chère maman n'était qu'une victime d'une vie ne faisant pas de cadeaux. Elle n'avait pas eu les épaules pour faire face, et la maladie n'aidant pas, elle avait cédé, ployant sous le poids des jours et de la tristesse. Une chose que la jeune femme, elle,ne pouvait imaginer lui arriver. Hors de question.

« Je sais même pas pourquoi je suis venue te déranger en fait. Je veux dire, t'as beau être mignon, t'es pas vraiment le genre de type que j'aborde habituellement. »

Ça, c'était de la sincérité comme on lui en connaissait peu, et elle-même n'était pas certaine de ce qui lui prenait tout à coup.

« Mais si ton pote est pas près de se ramener, je crois que je serais pas contre un peu de compagnie. »

Parce que c'était plus facile de chanceler, un peu, face à un inconnu. Parce qu'elle se disait qu'elle n'aurait pas forcément à affronter son regard demain. Et que si elle se relevait là, ses jambes ne la porteraient sûrement pas.

« Dis à personne que je t'ai demandé un truc pareil, hein. »

C'était dit trop doucement pour être une menace ; elle voulait juste s'assurer de ne pas avoir plus d'ennuis qu'elle en avait déjà, tout simplement.
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Adriel Lespérance
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Non, vu mon état ces derniers temps, Kai aurait beaucoup plus de chance de me retrouver en train de gerber dans le caniveau que l’inverse. Mais ça, je le garde pour moi. Sa franchise témoigne sans nul doute de son épuisement. Elle en a assez, ça se voit. Et ça tombe bien, parce que moi aussi. Je ne crois certainement pas au destin et aux conneries de ce genre – non, je pense qu’on forge nous-même notre vie par les choix qu’on doit faire – mais je ne peux que m’amuser de cette rencontre, surtout dans ces circonstances. J’ai l’impression de m’entendre lorsqu’elle parle, entendre celui que j’étais il n’y a pas si longtemps. Je m’effaçais pour préserver le semblant de vie de ma mère. À travailler au lieu d’étudier pour être sûr que le loyer soit payé et qu’on puisse manger. À lui faire prendre ses médocs. À emprunter la voiture de Jake pour la chercher partout dans la réserve. Ouais, j’étais une vraie maman.

Évidemment, j’ai une vie, moi aussi. C’est pour ça que j’ai pété un plomb après sa dernière tentative de suicide, il y a de ça à peu près un an. Que j’ai décidé que j’allais vivre ma vie pour moi-même et pour personne d’autre. Que j’ai foutu le camp, la laissant seule et désorientée. Inévitablement, elle aussi a craqué. Qui allait être là pour elle? Ma grand-mère? Elle est tout juste bonne à blâmer tout le monde sauf elle. Je ne regrette pas mon choix, mais il me laisse un arrière-goût amer dans la bouche. Ferreux comme le sang. Je ne regrette rien, mais ça ne m’empêche pas de m’en vouloir à mort. Et si j’étais resté? Et si au moins, j’avais arrêté de faire mon con rancunier et j’étais allé la voir, en janvier? J’ai passé le mois dans la province sans jamais passer par la Côte-Nord. Sans même lâcher un coup de fil. Si je l’avais visitée, si elle avait pu me revoir en chair et en os après plusieurs mois, est-ce que les choses auraient pu être différentes?

En fait, je plains Rosie de ne pas pouvoir – ou de ne pas vouloir – faire le même choix que moi. De devoir se baigner dans cette merde et de l’avaler. J’espère qu’elle sait bien nager. Qu’elle a au moins une bouée. Que tout ne finira pas de la même manière que pour moi. Pour une fois dans ma vie, je ressens une réelle compassion pour une inconnue. D’habitude, j’en ai rien à branler de la souffrance d’autrui. J’ai déjà la mienne à gérer, je ne commencerai certainement pas à m’inquiéter pour tout le monde. Mais sa douleur se rapproche tellement de la mienne que je ne peux faire autrement que de comprendre et de ressentir. J’affiche un sourire qui n’a rien de joyeux face à sa remarque.

-Ouais. On choisit pas ses parents, que je répète amèrement.

Si on pouvait, je n’aurais certainement pas eu la même vie. Mais qui sait, peut-être que si je n’avais pas eu autant d’épreuves à traverser, je serais devenu ce que je déteste. Après tout, qui a la tête vide est heureux. La mienne n’a pas de freins, aucun moyen de la stopper. Elle roule tout le temps, et à cent milles à l’heure. Je pense sans cesse, que ce soit constructif ou non, profond ou non. Je baisse les yeux vers mon verre de coca à peine entamé. Ses mots résonnent dans ma tête. «Je n’ai pas trop le choix.»

-On a toujours le choix, c’est juste qu’on doit assumer les conséquences, aussi horribles soient-elles. Moi j’ai décidé que j’en avais assez, que je ne voulais plus vivre pour ma mère. J’ai foutu le camp et le pire est arrivé.

Je ne sais même pas si ce que je dis a un sens pour elle. Si elle comprend. Je me fous qu’elle sache tout, ou rien, ou n’importe quoi de moi. Un calme froid m’habite ce soir, peut-être est-ce grâce à elle. Au moins, j’suis pas en train de me décomposer de l’intérieur dans une chambre. Même si ça ne dure que pour ce soir, c’est pas bien grave. Je reporte mon attention vers elle, son visage. Sa requête me tire un sourire faible mais sincère. Je sais ce que c’est de n’avoir personne. De ne pas vouloir montrer sa faiblesse au grand jour. Après tout, moi aussi, j’aurais besoin d’un peu de compagnie. Tout pour ne pas me morfondre encore une fois dans mes idées noires. Je le ferai plus tard. De toute façon, les occasions ne manqueront pas. Je sais que mes démons vont se faire une joie de venir m’étouffer la nuit venue.

-J’suis pas le genre de gars qui aime tout raconter à tout le monde. J’suis même pas du genre bavard, donc t’es tranquille avec moi. De toute façon, j’crois qu’un peu de compagnie ne me ferait pas de mal à moi non plus, pour une fois.

Ouais, pour une fois. On pourrait tout simplement se saouler à la limonade, au coca et aux paroles étrangement familières d’un inconnu.


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Le choix, on te répète souvent qu’on l’a tous. Qu’on a toujours le choix quoi qu’il arrive. Et ses paroles à ce moment-là font écho à toutes celles que tu as déjà entendues. C’est frustrant et tellement vrai à la fois. Sauf que toi tu sais que tout n’est pas si facile, et que les responsabilités –et leurs conséquences- ont un poids bien trop important pour que tu sois capable d’assumer les conséquences si tu faisais ce fameux choix. Trop de culpabilité en perspective, bien trop pour que tu sois capable de te pardonner un jour.
Alors un soupire s’échappe d’entre tes lèvres, et ton regard fauve se perd sur les lieux. A la recherche d’une accroche, une réponse à donner. Même face à cet étranger au regard trop familier, aux paroles si vraies, tu ne veux pas trop te dévoiler, ni te montrer vulnérable. C’est dur de garder un équilibre entre vérité et façade sans que tout ne s’effondre. Tu te sais proche du point de rupture, Mandy. Au moins pour ce soir, et ça, ça te fait peur. Ça t’effraie, parce que tu ne peux pas imaginer ce qu’il pourrait se passer si cela arrivait. Tu le refuses.
Puis, il y a aussi le poids de ses mots à lui. Tu as peur d’en saisir le sens, même si tes tripes, elles, ont déjà compris. Il y a quelque chose qui se tort en toi, surement ton cœur. Parce que tu ne nies pas l’empathie que tu ressens pour lui. Ou plus encore, cet étrange rapprochement entre vous deux. C’est foutrement déroutant cette impression de pouvoir être comprise par un total étranger ; juste avec quelques mots vagues et des regards perdus. C’est réconfortant et effrayant à la fois, parce qu’autour de toi, tu as l’impression que personne n’autre ne voit ta détresse. C’est probablement que t’es bonne actrice, trop bonne même. Ou que les gens préfèrent fermer les yeux sur les peines d’autrui, parce qu’ils ne savent déjà pas quoi faire des leurs.

La bouche un peu sèche, tu avales une autre gorgée, avant de reporter ton regard vers lui, préférant jouer la carte de la sobriété : pas de mensonge mais pas la vérité mise à nue pour autant.

« Je peux pas faire ce choix. J’ai des gamines dont je dois m’occuper. »

Et la peur que le pire arrive pour toi aussi. Tu ne te sens pas la force de survivre à tout ça, et le simple fait de l’imaginer t’étoufferait presque. Non, ce n’est pas envisageable, l’échappatoire n’est pas pour toi. Pas d’issue dans cette histoire.
Cependant, avec le temps t’as fini par l’accepter. C’est usant, crevant et jamais réconfortant. Et si tu ne le fais pas pour toi, tu le fais pour elles. Elles méritent d’avoir une enfance même si elle est loin d’être idéale.

Ses morts te reviennent à l’esprit, et tu n’arrives pas à y échapper. Tu ne sais pas quoi dire pour lui communique le fait que tu comprends, t’as peur de faire une bêtise sur ce coup-ci. Alors tu hoches juste la tête et lui offre un regard compréhensif. T’espères qu’il tient le coup malgré tout. Tu connais trop bien cette apparence impassible et froide, et tu sais à quel point cacher sa peine derrière un masque est une solution facile à adopter mais affreuse à supporter.

Heureusement qu’il accepte de rester. Parce que là, t’as besoin de la présence de quelqu’un d’autre. Et son statut d’inconnu est parfait. Tu refuses de partager ton fardeau, son poids n’est pas le sien à supporter. Mais admettre son existence te fait le plus grand bien, c’est étonnement libérateur, et dieu sait que cela fait longtemps que tu as besoin d’en parler.

« Merci. »

Le remerciement le plus sincère et honnête qui ait jamais quitté tes lèvres. Ah, tu te sens bête d’être presque émue par le fait qu’il ait accepté, et que pour une fois, tu n’es pas toute seule. Parce qu’aussi loin que t’es capable de te rappeler, même dans les bras diverses personnes, t’as jamais eu l’impression d’avoir quelqu’un avec toi, de façon tangible. Parce que t’as presque toujours caché la vérité et la fragilité de ta personne. Et même si là tu le caches encore, le simple fait d’avoir un autre être humain, assis avec toi en toute simplicité, c’est réconfortant.
Ah, que c’est niais cette façon de penser-là. Tu ne te reconnais pas, ou plutôt, refuse de l’admettre. C’est innocence-là, elle est perdue depuis longtemps. T’es trop sérieuse et mature depuis longtemps, trop tôt même. Et parfois t’as l’impression d’avoir pris dix ans d’un coup.

« Comment tu fais pour tenir encore debout ? »

C’est surement la question qui fait mal, surtout lancée avec autant de franchise. Tu ne veux pas qu’il le prenne mal, mais là, t’as besoin d’être rassurée. Qu’on te dise, et mieux encore, que l’on te prouve que c’est possible de survivre à tout ça. De ne pas finir comme eux. Ces parents qui n’ont pas su assumer l’injustice de la vie et sa cruauté n’épargnant personne.

« Enfin, c’est pas vraiment une question à laquelle t’es obligé de répondre. C’est pas vraiment super joyeux. »

Ton verre est vide, tiens. C’est le moment de faire signe au serveur. De quoi vous donner un peu de répit. L’ambiance est lourde et pourtant, y’a une partie de toi qui a besoin de toute ça. D’au moins, une fois, mettre des mots sur les sentiments.

Ces mots qui commencent à affadir son étiquette de parfait inconnu.
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Adriel Lespérance
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Ses mots me tordent un peu le cœur. Des gamines. Apparemment, elle n’est pas seule dans cette merde. Pire encore, c’est l’adulte dans leur merdier. Elle est censée être responsable. Si elle s’enfuie, le navire coule et cette fois-ci, c’est pas que son capitaine bourré qui périra. J’avale un peu de travers ma gorgée de coca et fais comme si les bulles pétillantes n’étaient pas en train de me brûler la gorge. Je me suis toujours compté chanceux d’être enfant unique – du moins chez ma mère. Parce que Dana n’a pas grand-chose à craindre avec le paternel et sa femme. Y’avait pas d’autres gamin que moi à souffrir des conneries de maman. Y’avait que mon cul à surveiller, et heureusement, parce que j’aurais pas eu la force de m’occuper de quelqu’un d’autre que moi. J’l’aurais pas eue. Déjà qu’on ne peut pas vraiment dire que j’ai bien pris soin de moi. Presque vingt-et-un ans, en désintox’ et au bord de la dépression. C’est pas glorieux, je l’admets.

Je la connais pas sa vie, à Rosie. Elle ne m’a pas dit grand-chose et pourtant, j’ai l’impression de savoir ce qu’elle a vécu. J’ai toujours su que j’étais pas seul dans cette situation. Parent numéro un qui fout le camp pour une raison X et parent numéro deux qui se liquéfie en une grosse marre de tristesse et de désespoir. Classique, ce scénario, mais je me sentais complètement seul dans ma douleur. La plupart du temps, personne n’en a rien à chier du mal de vivre des autres. Ou plutôt, la peine d’autrui rend inconfortable. C’est beaucoup plus facile de l’ignorer. Et j’ai pas envie d’ignorer la sienne. J’sais pas qui a piqué mon cerveau, mais j’ai envie qu’elle sache que c’est pas tout le monde qui se bande les yeux pour ne pas la voir s’affaisser. Qu’elle n’a pas le monde contre elle. Qu’au fond, je n’ai pas le monde contre moi non plus. Dites-le pas à personne, mais en fait, j’suis pas un monstre psychopathe qui ne ressent aucune compassion.

-Ce sont tes sœurs, ces gamines? Elles ont quel âge?

J’sais pas pourquoi je demande ça. Qu’est-ce que ça change de le savoir? Absolument rien. Je pose de questions et tout à coup, cette fille devient de moins en moins une étrangère pour moi. J’accepte même de rester dans ce bar de hipsters à la con pour elle. Pour moi, surtout. J’crois pas être altruiste à ce point. Mais tout de même, son «merci» me fait chaud au cœur. Je lui offre un bref sourire.

-De rien. C’fait plaisir.

Et c’est sincère. C’est rare que la compagnie de quelqu’un de parfaitement random me fasse plaisir. Elle est tellement random que j’connais même pas son nom. J'écoute ce qu’elle a à me dire et, en entendant sa question, je ne peux m’empêcher de détourner les yeux. Si elle savait. Si seulement elle savait. Pas plus tard qu’hier, j’me suis défoncé la gueule pour oublier. Je sèche les cours pour mieux me morfondre. Je tiens pas debout, j’suis même pas vivant. Du moins, parfois, je souhaiterais ne plus l’être. J’aimerais la regarder dans les yeux et lui dire que tout finit toujours par bien aller, qu’on s’en sort, qu’on trouve le bonheur, qu’on se met à faire du yoga, à bouffer végé, à faire du jogging tous les matins et qu’on prévoie ouvrir un p’tit café bio avec notre fiancé. Mais la réalité, c’est pas ça. Je redirige mon attention vers elle.

-J’crois qu’on n’est pas dans l’état de parler licornes et de cupcakes, de toute façon, hein. C’est pas grave.

Je vide mon verre et remarque que le sien est également vide, donc je fais signe au serveur. Il risque d’être un peu déçu qu’on commande que du coca et de la limonade. Vu le nombre d’ivrognes déjà présents à cette heure, j’ai pas pitié pour sa vente d’alcool. Une fois qu'ils sont à nouveau pleins, je me décide à répondre.

-Y’a à peine un mois, j’y arrivais pas trop mal, mais depuis le suicide de ma mère, j’sais pas si on pourrait dire que j’tiens debout. J’ai l’impression de me noyer. On voit plus tellement ma tête à Volfoni. Ça me rattrape. J’me désintègre. Alors est-ce que je tiens debout? Oui et non. J’me connais. J’sais que j’vais me relever, mais quand? Comment? J’ai juste l’impression que si j’trouve pas une béquille au plus vite, j’me relèverai pas.

Ouais, je viens de dire à quelqu’un que j’connais pas que ma mère s’est tué. J’ai plus l’impression que ça fait quoi que ce soit. De toute façon, c’est pas comme si elle allait le crier à la Terre entière. C’est pas comme si je racontais ma vie à tout le monde. J’entame mon nouveau verre de boisson gazeuse. Ça me donne l’impression de m’occuper et cette fois-ci, je ne m’étouffe pas avec.

-C’est ça l’truc. J’aime être seul, et la solitude, la vraie, celle qui fait mal, je l’ai connue. Mais j’crois pas que tu puisses rester debout toute seule bien longtemps. Faut que tu déposes ton masque d’indifférence un jour ou l’autre, sinon tu vas en baver. Peut-être que les autres n’en ont pas l’impression, mais t’es humaine, comme tout le monde. J’suis humain et les humains, c’est con.

Les humains, c’est con. J’suis un vrai philosophe. Quels beaux conseils je donne, aussi. Faudrait que je commence par les appliquer plus souvent.

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Les mots ne sont que des mots tant qu'on ne leur donne pas un sens. Elle ne savait plus où elle avait pu entendre ça, mais ces mots-là n'étaient jamais aussi vrais qu'en cet instant. Jusque-là, elle avait toujours réussi à faire comme si de rien était, parce qu'elle ne parlait pas ; éviter de mettre des mots sur les problèmes permettait de les penser moins ancrés dans la réalité. Ca donnait moins d'impact à la tristesse, moi d'emprise à la détresse. Mais à présent qu'elle avait commencé à y penser, qu'elle avait glissé quelques mots sur le sujet, tout devenait trop vrai. Et la vérité, quand bien même elle en sentait le poids sur ses épaules chaque matins, c'était toujours aussi effrayant.

Elle n'avait aucune raison de lui faire confiance, Mandy. Alors c'était peut-être la faute à son regard à lui, ou sa présence. Elle l'avait vu, et quelque chose lui avait dit qu'elle pouvait. C'était idiot et impossible à expliquer clairement ; elle n'était pas bonne pour mettre des mots sur ses propres émotions. Non, elle préférait juste laisser aller, et pour une fois, arrêter de penser.

C'était difficile de savoir si elle devait l'observer ou non, et quelque chose la poussait à chaque fois reporter son regard sur ses doigts, sur la salle ou son verre. Parce qu'elle ne voulait pas lui donner l'impression de le regarder comme une bête étrange, et ça c'était idiot.

« Douze et treize ans. »

Elles n'étaient que des enfants. Et cette simple pensée n'avait de cesse de lui faire mal, si mal. Pauvres petits anges qui n'avaient pas mérité tant de soucis, même si parfois, elle avait l'impression qu'elles ne se rendaient pas compte de tout. Cependant, les enfants très souvent comprenaient bien plus de choses que l'on pourrait croire, et rien que pour cela, elle s'efforçait de leur mentir le moins possible, tentant cependant d'adoucir la vérité quand elle en était capable. Qui à se faire de la peine.

Ce fut un simple sourire sans artifices qui s'esquissa sur ses lèvres, suivi d'un hochement  de tête bref. Oh, elle le vit par la suite détourner le regard à sa question et s'en voulu de l'avoir posée ; surement n'aurait-elle pas du tout compte fait. Pourtant, il était trop tard et impossible de rattraper les mots déjà prononcés. Il n'y avait que les idiots pour penser ça.

« J'aurais pas mieux dit. »

Et l'amertume qui dans sa bouche, malgré le semblant de rire, malgré le sourire, c'était foutrement déplaisant. Parce que là, elle avait conscience de faire semblant, de n'avoir aucun enthousiasme dans l'expression. C'était la dure et cruelle vérité, et aucun masque n'allait pouvoir lui permettre de se distancier de celle-là.

Le regard perdu sur le verre se faisant remplir, la brésilienne ne réalisa pas de suite qu'il avait fini par commencer à parler ; un frisson presque désagréable mordit sa nuque, et elle releva le regard vers lui.
Ses sourcils se haussèrent légèrement lorsqu'il mentionna le sort de sa mère ; elle ne s'y attendait pas. Tout comme elle n'avait pas prévu le pincement dans sa poitrine, ou l'envie de trouver des mots pour le réconforter. Mais ces mots-là pouvaient-ils seulement exister ? Elle n'avait pas la prétention de les connaitre en tout cas, et ça, c'était triste.

En en cet instant, elle était désemparée face à sa franchise, face à la vérité mise à nue. Il y avait trop de vrai dans ses paroles, et ça faisait peur, encore. Mandy ignorait comment répondre à tout cela. Le simple fait d'y penser -quitter son masque- lui tordait l'estomac. Elle avait passé trop d'années à faire comme si de rien était, tout refouler pour ne jamais rien laisser paraître. Et après tant de temps, elle n'était même pas convaincue de savoir comment faire, ou par où commencer. Non, la voilà là, sans un mot au bord des lèvres, fixant son verre comme s'il saurait l'aider à retrouver sa parole perdue.

Un soupire.

« Je suis désolée. Pour ta mère. »

Ce n'était peut-être pas les mots qu'il aurait voulu entendre ; et quelques part Mandy avait envie de pleurer sans savoir pourquoi. Pourtant ce fut un semblant d'agacement qui froissa son joli minois, ses ongles tapant nerveusement contre la table. Elle déglutissait et soupirait légèrement, cherchant comment articuler sa pensée.

« J'ai peur. De pas savoir comment faire. De ne pas être capable de continuer si je déballe mon sac. C'est plus facile de ravaler les larmes que de les laisser sortir. »

C'était vrai, trop vrai encore une fois. La gorge sèche, elle but une longue gorgée, son regard mordoré venant chercher celui du jeune homme, un sourire affable peint sur ses lippes maquillées.

« Ca fait trop longtemps que je vis comme ça. J'ai l'impression que c'est presque devenu normal. La même routine, les mêmes problèmes qui s'alignent. C'est traitre, hein ? L'impression d'avoir une vie stable parce que les problèmes sont toujours là, toujours les mêmes. »

Au fond, ça lui faisait du bien  de parler de tout ça. Vraiment. Alors peut-être devrait-elle continuer, vider son sac, au moins en partie. Tracer les grandes lignes pour qu'il comprenne, même si elle savait qu'un regard suffisait, bien plus que les mots.

« Y'a dix ans, mon père s'est retrouvé en taule. Au début ça allait, Maman était forte. Ou en tout cas, c'était ce que je croyais à l'époque. Mais ça a vite mal tourné en fait. » Un soupire, une gorgée. « Y'a eu l'alcool. Puis la maladie. Et c'est moi qui m'occupe de tout depuis. J'ai pas le choix de garder ce rôle-là, de faire semblant. C'est tout ce que j'ai pour pas perdre pied. »

Le ton de sa voix s'était fait bas, parce qu'elle ne voulait pas que les autres sachent. Juste lui. Lui à qui elle faisait confiance sans même connaitre son nom.

« Je suis pas sure d'être capable de faire autrement. »
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Adriel Lespérance
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J’ai un léger pincement au cœur. Une fois de plus, je pense à ma propre sœur. J’ai un peu honte de l’avouer, mais j’oublie parfois que j’en ai une. J’ai pas été élevé avec cette gamine, j’y peux rien. Je me demande comment Dana aurait tourné si ça avait été le cas. Sûrement mal, parce que je doute que fortement que j’aurais assuré en tant que grand frère. Même là, je trouve que je crains. Y’a c’te môme adorable qui est heureuse d’avoir un frère et qui m’admire et moi, qu’est-ce que je fais? Je fiche le camp de sa vie peu de temps après y avoir entré.  C’est pas winner. C’est triste à dire, mais disons que je pourrais être plus attaché à elle. Néanmoins, elle me manque. J’imagine que j’aurais aimé faire comme n’importe quel frangin et lui apprendre des trucs pas nets ou péter la gueule aux mecs qui l’emmerdent. Je me console en me disant que je vais pouvoir foutre une trouille bleue à ses futurs petits copains juste avec ma tronche.

-À peu près le même âge que ma sœur, que je lâche, distrait.

Je parie que Rosie est une meilleure mère que sa propre mère. C’est toujours comme ça. J’ai pris soin de Neka jusqu’à ce que j’en puisse plus, puis elle s’est écroulée. Je n’étais plus là pour la soutenir. Je n’aurais pas toujours pu être présent pour elle. J’aurais dû partir un jour ou l’autre, ça je le sais. C’était pas sa première rechute. Elle avait déjà tenté de se suicider à plusieurs reprises. Je savais qu’elle allait finir par crever, mais ça fait quand même un mal de chien. J’espérais qu’elle s’en remette. J’espérais qu’elle n’ait pas nécessairement besoin de moi pour se relever. J’espérais qu’une fois que je sois parti, elle tombe amoureuse et se trouve une passion qui l’aurait empêché de se jeter corps et âme dans l’alcool et la drogue. C’est exactement pour ça que d’habitude, je m’attends au pire. Si tu te fais de fausses idées, tu tombes de haut lorsque la réalité te rattrape.

Je ne peux réprimer un sourire triste lorsque j’entends sa réponse. C’est peu de mots, mais ils semblent sincères. De toute façon, j’ai pas besoin d’un discours larmoyant. Elle ne connaissait pas ma mère. Elle ne me connaît pas. Elle ne peut rien dire d’autre, et j’apprécie qu’elle n’en dise pas plus. Je scrute son joli visage maquillé avec soin, son regard mordoré qui me fixe. Chaque mot qu’elle prononce me frappe de plein fouet. J’ai l’impression d’entendre mes propres pensées sortir de la bouche d’une inconnue, et c’est presque troublant. Elle a raison. La douleur des larmes contenues par un barrage trop précaire et qui finissent par le détruire est particulièrement aigue. J’en sais quelque chose. J’ai passé ma vie à ravaler ma peine et maintenant, je dois me cloîtrer dans mon appartement pour pleurer. Je sais que mes sentiments ne me rendent pas faible, mais je peux tout simplement pas me résigner à les afficher. À montrer à quel point je souffre. Je préfère donner l’impression que je me fous de tout. Que je suis froid et indifférent peu importe la situation. C’est tellement plus facile.

Je pousse un long soupir et remarque que ma main tremble légèrement contre mon verre. J’suis pas habitué de parler de tout ça. Pas avec quelqu’un qui m’écoute. Rosie ne l’a pas eue facile, pas plus que moi. Elle aussi a eu un père absent – pas pour les mêmes raisons que le mien, mais bon. Elle aussi a une mère alcoolo et dépressive.

-On t’a sûrement dit ça des centaines de fois, mais j’te comprends.

Ma voix est un peu rauque et ma gorge est sèche. Je prends une nouvelle gorgée de Coca qui n’améliore pas vraiment mon état. C’est que du sucre cette merde, il me faudrait de l’eau.

-J’avoue que ça fait peur. J’suis le premier à faire semblant et à me reposer sur l’image complètement conne qu’on a de moi. Pourquoi est-ce que je voudrais donner l’impression d’être autre chose qu’un gars freak et insensible à tout? Disons juste que la vie vient de me forcer à déballer mon sac et à arrêter de ravaler mes larmes. C’est terrifiant et c’est douloureux, mais vient un moment où t’auras pas le choix de faire autrement. Un peu comme moi, quoi.

Ma routine de problèmes s’est mise à dévier. Je n’ai plus à faire semblant pour mes parents. Je suis seul, maintenant, et je dois essayer d’exorciser mes démons. Faudrait que j’arrête complètement la drogue. Que j’arrête de m’enfermer sur moi-même comme un con. Ce serait un bon début.

-Le mien était venu au Québec apprendre le français. Y’a fallu qu’il tombe sur ma mère déjà instable et qu’il foute le camp aux States avant que je naisse. Elle m’a élevé toute seule avec sa dépression et ses problèmes de consommation. En ce moment, j’suis pas mieux qu’elle.

Je dis tout ça d’un ton amer, presque dégoûté. Je peux pas m’en empêcher. J’ai pas encore pardonné mon père et je me trouve pathétique. Mon regard se perd dans la salle et soudainement, j’ai horriblement envie de sortir prendre l’air pour en griller une. Ou deux. Ou trois. Je prends une respiration tremblante avant de reporter mon attention vers Rosie.

-Mais si jamais t’as besoin de laisser tomber ton masque et d’arrêter de faire semblant, tu sais qui aller voir.

Ouais, moi. C’est dur à croire, hein?

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Alors lui aussi avait une sœur. Ce fut sans étonnement qu'elle se prit à espérer qu'elle n'ait pas à vivre quelque chose de similaire ; qu'elle soit entourée d'une famille aimante, loin des problèmes qui semblaient peser si lourd sur ses épaules. Probablement aussi lourd que sur les siennes.

Peu de mots étaient nécessaires pour qu'ils se comprennent, pour qu'elle ait l'impression que lui pouvait tout à fait savoir ce que c'était de vivra ainsi. Un étrange réconfort dans un flot de pensées nullement plaisantes, pour sûr. Et lorsqu'il finit par lui dire la comprendre, elle y cru. Contrairement à tous les autres, le peu qui savaient de quoi avait l'air sa vie, il était surement le premier chez qui ces mots sonnaient justes, chez qui ces mots n'avaient pas un relief on ne peut plus hypocrite.

Et lui aussi avait connu cette peur-là qui vous prend à la gorge et vous fait voir tout en noir ; celle qui vous fait penser que vous n'avez pas d'autre choix, et surement pas d'échappatoire. Mais au-delà d'endurer la peine, les larmes, il y avait les responsabilités. Et si Mandy n'était pas celle qui prenait tout en charge, celle qui servait de mère à ses deux jeunes sœurs, il n'y aurait personne pour le faire. Maman n'était plus en état, et sa santé allait en empirant, comme tout le reste. Au point qu'elle s'était déjà surprise à souhaiter ne pas la voir rentrer, apprendre qu'elle avait eu un accident. Peut-être que ce serait plus simple comme ça, et puis, ça épargnerait aux filles de voir leur mère dans un état pire encore que celui actuel.
Oh, elle s'en voulait de penser de telles choses, mais lorsque l'on vit comme ça, on réalise très -trop- vite que la vie n'a rien de rose, et que certains choses paraissant terribles sont un bien moindre mal comparé à d'autres.

L'entendre parler de la sorte, dire ces mots-là qui restaient coincés dans sa gorge, c'était libérateur et terrifiant. Car si elle les disait elle aussi, encore une fois, elle craignait de flancher, de ne pas savoir retenir de flot de larmes et de détresse.

Ah, l'image était un masque facile, un masque derrière lequel la brésilienne était bien trop habituée à ce cacher. On la voyait comme la bonnasse stupide au sale caractère ; la fille superficielle sans souci. Parce qu'on le sait tous, les jolies filles n'ont pas de problèmes, pas de peines ni de chagrins.

Ni l'un ni l'autre n'avaient été épargnés, et sa poitrine se serra alors qu'elle relevait les yeux vers lui, jusque-là fixés sur son verre. Ses mains à elle aussi tremblaient un peu, et la lourdeur sur sa poitrine ne semblait pas vouloir s'en aller, la laissant avec un sentiment d'inconfort étouffant. C'était après tout une vie qu'elle ne pouvait souhaiter à personne, vraiment.

Ce fut la surprise, puis la gratitude qui animèrent tour à tour son regard à ses derniers mots. Pinçant les lèvres, la jeune femme déglutit et détourna les yeux, embarrassée, et bien trop touchée par ses paroles. C'était rare qu'on lui offre une oreille attentive avec autant de sincérité. Et même si elle ne voulait l'admettre, elle en avait besoin.

« Merci. Et ça vaut pour toi aussi. »

C'était là surement le merci le plus sincère qui ait jamais quitté ses lèvres, accompagné d'un sourire timide, si loin de son assurance habituelle. Autant le dire, il avait réussi à l'embarrasser, ce qui était un achievement en soi, mine de rien. Et très vite, elle glissa une main dans sa chevelure, histoire de reprendre un peu contenance -et calmer les tremblements de ses mains. Sans grand succès. Alors elle soupira, un peu plus fortement, n'aimant pas être ainsi.

« Hm. Ça te dirait pas d'aller faire un tour dehors ? Ca sert à rien que je l'attende plus longtemps ici. »

Puis, lui aussi semblait avoir besoin d'air. D'autant que la chaleur se faisait étouffante, la sueur roulant sur sa nuque se chargeant de le lui rappeler, insidieusement. Et ce fut sans vraiment attendre sa réponse qu'elle fit signe au serveur, histoire de régler ce qu'elle devait, ne comptant de toute façon pas rester de plus. Elle voulait sortir de là, s'aérer l'esprit. Et pourquoi pas en sa compagnie, lui qui était tout à coup devenu bien plus qu'un simple étranger avec un passé tout aussi lourd que le sien. Inattendu, certes, mais c'était pour une fois une surprise plaisante. Malheureuse et réconfortante à la fois.
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J’ai chaud, tout d’un coup. Je veux dire, plus que d’habitude. C’est comme si je prenais soudainement conscience de la chaleur étouffante de la Floride accentuée par tous ces gens regroupés dans ce petit bar. Bar où je bois du coca. Saloperie de truc trop sucré qui donne soif. Je jette un nouveau coup d’œil à la salle qui se remplit de plus en plus. La quantité de nouveaux clients est inversement proportionnelle à mon envie de rester dans cet endroit à la con.  Je reporte mon attention vers cette inconnue qui, elle, ne m’a pas quitté du regard.  J’en viens à aimer ses yeux mordorés si perçants, emplis d’une douleur presque palpable. Une douleur qui fait comme écho à la mienne. Ses remerciements me touchent sincèrement. Son sourire timide me serre le cœur, et je ne peux m’empêcher de lui sourire en retour. Ça faisait longtemps que je n’avais pas vraiment souri. J’avais l’impression qu’ils étaient devenus vides, sans réelle joie ni signification. Comme quoi, rien n’est perdu à jamais.

Elle dit qu’elle sera là pour moi, et je la crois. Putain, je la crois. J’ai envie de la croire. J’en ai besoin. Faut que je me raccroche à quelque chose, à quelqu’un, mais bordel, j’ai tellement peur. J’ai peur de la faire couler, parce que c’est pas comme si elle n’avait pas ses propres problèmes, ses propres démons.  Je ne veux pas qu’elle connaisse ma souffrance. Qu’elle n’ait plus la force  de supporter les regards et finisse par s’enfermer chez elle, dans le noir, à souhaiter pouvoir remonter dans le temps. Je lui souhaite pas ça. Je ne veux pas l’empoisonner. Elle est fragile. Tout comme moi. Elle tremble, détourne le regard. Je suis sur le point de m’effondrer. Elle, elle tient encore le coup.

-Fuck oui, j’en peux plus d’être enfermé ici sérieux.

C’est devenu clair que Kai n’arrivera jamais et que sa mère n’est pas ici. Faut que je prenne l’air. Que je respire. Que je fume. J’en ai vraiment besoin. Je suis soulagé qu’elle le propose, même si je n’aurais pas tardé à sortir. Heureusement, le serveur voit immédiatement Rosie qui lui fait signe et s’approche. Aussitôt que nos consommations sont payées, je me lève. Je m’assure qu’elle me suit avant de franchir la porte et de m’éloigner vers un côté de l’immeuble n’étant pas peuplé par les passants. Bien qu’il fasse aussi chaud que dans le cul de Satan, une légère brise souffle. On étouffe moins que dans le bar et ça me fait un bien fou. Je sors presque fébrilement mon paquet de cigarettes et mon briquet. Je suis salement accroc à cette merde, mais c’est la moindre des choses comparé au reste du poison que je consomme.

-J’espère que ça te dérange pas que je fume.

Je demande rarement, alors faut qu’elle se compte chanceuse. Je l’aime bien, donc je vais faire un effort pour ne pas lui souffler de la fumée au visage. Je n’attends quand même pas sa réponse et allume ma clope. Peu importe ce qu’elle pense. J’ai besoin de ma dose de nicotine. Comme d’habitude, la première bouffée me détend. Ça, le vent et les étoiles qui réussissent à briller malgré la pollution lumineuse. Il fait presque bon vivre. Presque. Je me retourne vers Rosie. Je ne connais toujours pas son nom, et je ne lui ai pas dit le mien non plus.

-On s’est même pas encore présenté, que je fais remarquer.

J’ai un petit sourire légèrement timide. Awkward. J’aurais au moins pu dire mon prénom. Je tire une nouvelle latte.

-Moi, c’est Adriel.

Inutile de dire que je suis enchanté de te connaître. Tu dois déjà t’en douter. Me présenter me donne déjà l’impression de ne plus être un étranger. Ça me fait bizarre.

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Mandy-Lou D. Carvalho
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Mettre les pieds à l'extérieur, c'était accueillir la chaleur toujours aussi étouffante, quoi qu'améliorée d'un léger vent frais. De quoi rendre la fournaise supportable en cette soirée. Et sortir, c'était aussi laisser une partie de leurs problèmes à l'intérieur, l'impression d'avoir un peu moins de poids sur les épaules. N'importe quoi pour se sentir un peu plus léger, se soulager de trop de maux qui nous accablent. Alors oui, la brésilienne se sentait mieux, bien mieux. Et à la fois terriblement mal de s'être confiée à quelqu'un. Comme quoi.

Son regard glissa vers ce qu'il avait entre les doigts. Une cigarette. Elle-même ne serait pas contre en fumer une, mais mieux valait repousser l'idée ; ces derniers temps elle en avait déjà trop grillées, ça n'était pas sage. Elle ne voulait pas d'une addiction comme celle-ci. Un problème en plus, un problème de trop. Un loisir qu'elle ne pouvait se payer. Alors elle se contenta d'un hochement de tête et un sourire en coin. Il pouvait bien fumer, la rue était à tout le monde. Mais c'était appréciable qu'il se soucie d'elle, pour sûr.

Le silence en avait profité pour s'installer, même de façon éphémère. Un silence rythmé par le bruit de ses talons et de quelques expirations, avant qu'il ne se décide à parler. Les présentations avaient été sautées, inutiles dans leur situation première, c'était bien vrai. Des présentations qui tout à coup rendaient surement les choses trop vraies, un peu inquiétantes mêmes. Parce qu'ils ne seraient plus juste deux inconnus. Pourtant, elle ne refusa pas, ne le repoussa pas.

« Mandy-Lou. »

C'était un joli prénom, Adriel. La première fois qu'elle l'entendait qui plus est, et ça rendait surement ce détail un peu plus remarquable. Autant dire évidemment qu'elle était toute aussi enchantée, quoi qu'un peu nerveuse, effrayée. Il n'était plus l'étranger au regard aussi lourd de peine que le sien ; il avait un prénom à présent.

« Tu comptes faire quoi ? T'as un appart' en ville, ou bien ? »

Ça venait naturellement, une discussion banale comme on en avait si souvent. Elle ne savait pas trop pourquoi elle demandait ça ; peut-être qu'à présent, quitte à ce qu'il ne soit plus un étranger, autant le connaitre un peu mieux.

« C'est étrange. Y'a une heure on se connaissait pas, et là j'ai l'impression que je pourrais te parler de n'importe quoi comme si on se connaissait depuis toujours. Je m'y attendais pas, franchement. »

Elle riait, mais il y avait toujours quelques larmes retenues pendant à ses cils. Qu'importe. Elle préférait rire de tout ça, de cette étrange relation qui semblait vouloir se construire. Ca faisait du bien, quelque chose qui ne soit pas le quotidien désastreux.
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Adriel Lespérance
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À la seule lumière des lampadaires, je la discerne un peu moins bien. Je remarque quand même à quel point elle est grande – beaucoup plus grande que moi avec ses talons. Moi-même, j’suis pas loin d’un mètre quatre-vingts, mais c’est rare de voir des femmes aussi élancées. D’habitude, elles en ont presque honte, un peu comme si elles sentaient qu’elles n’ont pas le droit d’être plus grandes que la plupart des hommes. Rosie, là, elle s’en fout. Tant mieux. Vraiment, tant mieux.  J’imagine qu’elle doit intimider ces pauvres gars hétéros. De toute façon, ça ne leur prend pas grand-chose pour les intimider.

Je me contente de hocher la tête lorsqu’elle se présente. Mandy-Lou. Jamais entendu ce prénom, mais ça sonne bien dans ma tête. Autant en français qu’en anglais. En fait, maintenant qu’on s’est présentés, je n’ai même plus l’impression de l’avoir rencontrée il y a à peine trente minutes. C’est weird, vraiment. Je prends quelques bouffées de ma clope, continuant à la regarder. Ses talons hauts sont mignons, mais j’imagine que si elle a passé la soirée à chercher sa mère, elle doit avoir envie de s’arracher les pieds. Bon, après, je juge pas trop. Je suis celui qui ne peut pas s’empêcher de porter des fucking bottes Demonia en Floride. Je crève de chaud, mais elles sont tellement classes que c’en est worth it.

-Mmh? Oh, j’sais pas, j’vais sûrement retourner chez moi. Ouais, j’ai un appart en ville.

Je prends une courte pause pour continuer à fumer ma cigarette.

-Par contre, si tu veux m’y suivre en espérant oublier tout ça dans une partie de baise, tu vas être déçue, que je plaisante d’un ton railleur.

C’est des blagues, hein. Je veux pas que tu penses que je pense que tu penses juste au cul. Voilà. Sur le coup, sa dernière remarque me laisse sans mots. Son rire sonne un peu triste à mes oreilles, j’sais pas trop quoi faire. Ou quoi dire. Au moins, on a la même impression. Je jette par terre ma clope déjà devenue mégot et l’écrase sous ma botte. Je fume vite quand j’ai besoin de nicotine.

-À vrai dire, je pensais presque exactement la même chose. C’est bizarre, ouais. Mais ça fait du bien. Ça fait changement.

Changement de toutes ces discussions inutiles et de ces gens qui ne peuvent pas comprendre. Qui disent qu’ils comprennent tout en sachant que c’est faux. C’est tellement faux. Je soupire, résistant à l’envie presque irrépressible d’en griller une autre.

-Toi tu faisais quoi? Tu veux encore chercher ta mère? J’ai une voiture si tu veux, ça irait plus vite. Je peux même te ramener chez toi – ou chez moi si t’as envie de souffler un peu. Je sais à quel point ça peut être épuisant.

Je doute qu’elle accepte de passer chez moi, par contre. Elle a des sœurs à s’occuper, et si elles sont seules chez leur mère, ça craint un peu. J’ai jamais eu personne pour veiller sur moi. Elles ont de la chance d’avoir Mandy. Mais je propose quand même. Au cas où.

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Sa remarque la fit rire doucement tandis qu'elle secouait la tête, affichant un sourire léger. Oh, qu'il ne s'en fasse pas, elle ne le prenait pas mal, pas venant de lui ; ils se connaissaient à peine mais il semblait être capable de suffisamment de discernement pour ne pas dire des trucs du genre juste à cause des rumeurs sur son compte. Et c'était rare les gens comme ça, ça faisait du bien d'en avoir proche de soi.

« Dommage eh, ça aurait pu être drôle. Et un truc de plus à ajouter à ma réputation. »

Son rire pourtant finit par s'évanouir alors que l'ambiance redevenait un poil plus sérieuse. Et entendre de sa bouche que lui aussi avait le même ressentit quant à leur rencontre, et l'impression qu'elle lui donnait, ça la rassura. Franchement, elle n'était pas déçue de lui avoir parlé et d'être restée. C'était tout à fait le genre de rencontre qu'on aimerait avoir au moins un fois dans une vie ; du genre qu'on ne risque pas d'oublier à vrai dire.

Les bras croisés sous la poitrine, elle marchait d'un pas lent à côté de lui, son regard un instant amusé par leur différence de taille.

« Je suis contente de t'avoir rencontré, eh. »

Et encore, le mot était bien faible, mais elle préféra ne rien ajouter sur ce sujet ; pas besoin de mélodramatisme inutile alors qu'elle était déjà bien trop préoccupée.

« Je devrais rentrer chez moi. »

Un lourd soupir et ses épaules s'affaissèrent légèrement, alors que son regard à présent fixait ses pieds. Elle n'avait pas envie de penser à tout ça à vrai dire, tout ce qu'elle désirait était de pouvoir avoir au moins une soirée tranquille, juste pour elle. Ce qui n'était plus arrivé depuis un moment.

« Notre voisine garde les petites mais je peux pas les lui laisser toute la soirée non plus. Je vais appeler le poste de police du coin. Ils l'ont surement retrouvée à cette heure-ci. »

Ca, elle l'espérait très fort. Parce que la Brésilienne ignorait ce qu'elle ferait si sa mère ne rentrait pas. Oh non, mieux valait ne pas y penser, cesser d'imaginer de tels scénarios catastrophe.

« Et je serais pas contre le fait de me faire déposer. Je commence à être fatiguée. Et d'avoir mal aux pieds. »

Elle rit quelque peu mais son regard brillait trop pour que ce soit innocent : elle était bel et bien fatiguée, et pas juste physiquement.
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Adriel Lespérance
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Elle aurait dû rire plus longtemps. Elle devrait pouvoir se le permettre.
Le sérieux revient toujours trop vite. C'est la réalité qui nous hante, comme si au final on n'avait pas le droit de souffler deux minutes. Je suis le premier à souhaiter garder la bonne humeur sans que mes problèmes reviennent la gâcher. De toute façon, ce n'est pas le bon moment. On a tous les deux trop de merdes qui pourrissent notre conscience. Même lorsque Mandy tente de plaisanter, je crois sentir une pointe d'amertume.

-Ma propre réputation n'aiderait probablement pas. À moins qu'on dise de toi que tu réussis même à baiser avec des gays.

J'aurais aimé avoir la force de dire un truc plus marrant. C'était même pas un huitième de blague. Je crois pas que ça servirait à grand-chose d'essayer de lui assurer que d'habitude, je suis moins morose. Ma mère est morte. C'est pas la joie, et elle le sait. J'irai pas ramener ça alors qu'elle cherche la sienne partout en ville. Néanmoins, l'entendre affirmer qu'elle est heureuse de m'avoir rencontré me fait plaisir. Ça me tire un sourire.

-Moi aussi. Tu sais pas à quel point.

Je me demande comment j'ai fait pour ne pas la remarquer avant la soirée d'Halloween. Ouais, j'suis incroyablement tête en l'air, mais là je bats des records. On traîne sûrement pas dans les mêmes coins, sans compter le fait que j'évite de m'attarder inutilement lorsque j'ai pas cours. Et que je m'y pointe rarement, ces temps-ci. Je me contente de hocher la tête lorsque Rosie décide de rentrer chez elle. Normal. C'est logique. Sur le coup ça ne m'emballe pas trop, mais je comprends. Je me rends juste compte que j'ai peur de me retrouver à nouveau seul avec mes pensées. J'accepte déjà le fait que je vais probablement me défoncer pour les empêcher de me noyer. Charmant planning de soirée.

-Sûrement, ouais. Mais quoi qu'il lui arrive, c'est pas de ta faute, Mandy. Tu peux pas tout contrôler. C'est chiant mais c'est comme ça.

Tu peux pas tout contrôler. Je devrais me l'enfoncer dans le crâne et arrêter de culpabiliser. Je garde le silence jusqu'à ce que j'aperçoive ma bagnole au coin de la rue.

-Ouais, pas de problème. Ma voiture est juste là, t'as pas à marcher dans ces godasses encore bien longtemps.

Je guide nos pas jusqu'au véhicule, sors mes clés pour le déverrouiller puis m'installe derrière le volant. Je la laisse s'asseoir du côté passager.

-Alors, t'habites dans quel coin?

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