Poussière et vieux bouquins • Georgiana Pierce •

Cassidy O. Joyce
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「A la recherche de nouvelles œuvres à dévorer, sans sel, ni ketchup. Boulimique de culture. Gargantua des mots.」

Georgiana & Cassidy
Les bibliothèques ont toujours eu cet art de nous mettre le nez dans ce qui a pu précéder notre naissance, cet art de nous enfoncer la tronche dans tout ce qui nous dépasse. Sanctuaires du passé. Eglises des imaginaires. Temples des savoirs et des idées. Moi, j’étais de ces impies profanateurs. De ceux qui n’avaient de Confession, et qui ne se confesseraient jamais. Même en l’art, je n’y croyais pas véritablement. Je n’étais ni Nietzsche, ni Schopenhauer. Mais je m’en nourrissais, car l’art était, au même titre que l’alcool, l’essence de mon orange mécanique. Alors je profanais ces temples, en cela que je ne restais pas devant eux. J’y entrais. J’y entrais et j’en écumais les rayons et les étagères, les bois et les silences. A la recherche de nouvelles œuvres à dévorer, sans sel, ni ketchup. Voguant dans les rayons des littératures américaines, je cherchais mon encas. Boulimique de culture. Gargantua des pages et des mots. Mes doigts parcouraient les tranches d’Hemingway, de Thoreau, de Whitman. Walt Whitman. Leaves of Grass. Feuilles d’herbes. J’avais déjà lu chaque poème de ce recueil. Certains plus d’une fois même. J’ouvrais une page, au hasard, pour parcourir quelques vers, et ressentir cet effet qui demeurait le même, toujours le même. Je le glissais dans la poche arrière de mon jean par endroit élimé. Puis, alors qu’elle semblait chercher, comme moi, des œuvres dont se repaître, elle a attiré mon attention. Je l’ai reconnu, après un instant de flottement où son identité était floue dans mon esprit.

« Georgiana, c’est ça ? »

Je lui ai souri en captant son regard, pour me rendre moins impressionnant. On était tous deux membres du club de lecture. Elle avait quelque chose de cute. Elle était jeune aussi. Elle devait me voir comme un vieux, mais la vieillesse est question de relativité. Au cours de la première séance, j’avais présenté une de mes dernières lectures : un roman de ce bon vieux chien de Bukowski. Women. Je l’avais fait sans tact, ni retenue, de la manière dont lui-même aurait pu le faire. Ce vieil alcoolique phallocrate. Alors je me souviens avoir vu son regard défier. J’avais fait mon petit effet : bousculer l’innocence de certain-e-s, et le puritanisme des autres.

« Tu nous cherches quelque chose à présenter pour la prochaine séance ? »

Poussière et vieux bouquins # 1
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Georgiana Pierce
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Poussière et vieux bouquinsRah, cette odeur de papier ♥

Hummm… Cette odeur de papier, d’encre et de poussière. Typique des bibliothèques. Et je m’y sens comme chez moi. C’est réconfortant, comme retrouver un petit bout de foyer où qu’on se trouve. Je parcours les titres des romans, un peu intriguée par ce qui peut bien se trouver ici. Et je trouve surtout des classiques, déjà lus ou que j’ai déjà du moins essayé de lire un jour. Rien de nouveau sous le soleil. Je pousse un petit soupir et passe au rayon suivant.

« Georgiana, c’est ça ? »

Hmmm... Mince, c’est à moi qu’il parle. Je lève les yeux tout de suite, et rougit aussitôt. Bon sang, je deviens carrément écrevisse rien qu’à voir son visage, et je détourne aussitôt les yeux. Bon sang, comment oublier le roman qu’il a décrit à la dernière réunion ? Et la description qu’il en a faite ? Surtout quand il a précisé qu’il paraissait que ça devenait fun à partir de six. Je déglutis difficilement et fais semblant de tousser pour essayer de reprendre une contenance. Je suis pas sure d’y être franchement parvenue. Voire même pas du tout. Crédibilité zéro. « Euh… oui, voui… c’est ça. » Superbe petite voix fluette de gamine. Bravo, Georgie. High five. « Euh… je sais plus votre nom par contre… désolé. » et je crois bien que j’ai couiné ce désolé. OUI. COUINE. Ou comment avoir l’air ridicule – enfin, encore plus ridicule – en une seconde.

Vous croyez que si je me frappe, là, maintenant, tout de suite, ça fera bizarre ? Mais forcément ça fera bizarre. Puis tu parles à qui là, Georgie ? Je deviens folle. Je repousse mes lunettes contre mon front, et j’essaie de prendre une grande inspiration. Formuler une phrase complète. Une suite de mots. C’est quand même pas bien difficile. « Euh… » Fail. Epic fail. « Je regardais juste si je trouvais quelque chose qui m’inspire. » Victory is mine. Oh yeah. Une phrase complète, sans hésitation ni bafouille. Je me ferais bien une petite danse de la victoire, mais difficile de le faire sans paraitre folle.

« Mais… » Je passais la main dans mes cheveux. Non, c’était pas bizarre du tout de fixer le bout de ses chaussures. « J’ai pas eu beaucoup de chance jusqu’à maintenant. » Mais bon, après tout, quand on veut être sûr de son coup, on plante des carottes. Et encore, je suis sure que ça peut se rater. Je jette un coup d’œil nerveux vers son visage puis me tourne à nouveau vers l’étagère de livres. Ça a l’air moins con que de regarder par terre. Enfin, j’espère.


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「Se charger d’oxygène, s’en remplir les poumons. Et expirer. Un réflexe de survie, une parabole vitale.」

Georgiana & Cassidy
Le bordeaux gagnait ses joues comme il savait gagner le cœur et les veines des français. Elle devenait poivron, tomate, ou encore pomme de reinette ou bien pomme d’api. Tapis rouge. Lui parler avait suffi à la faire tourner au vermillon. Un changement brutal et époustouflant de pigmentation ; de quoi gagner quelques pièces en montant un petit stand sur la place du marché ! J’avais essayé de ne pas paraître trop intimidant, mais j’avais dû me planter quelque part. Je retrouvais dans ses yeux un instant de fuite, mais ces grôles étaient irrémédiablement clouées au sol. Elle était pivoine, et ça ne manquait pas de m’amuser. Mais je gardais tout pour moi, pour le fond de mes entrailles. Pour la préserver de mon rire, d’une gêne supplémentaire… et pour ne pas l’enfoncer davantage que ce « désolé » couiné par ses lèvres n’avait pu le faire.

« Cassidy. Je m’appelle Cassidy et… et tu n’es pas obligé de me vouvoyer, hum ? »

Dans la poussière des vieux bouquins, elle cherchait une inspiration. Moi de même. L’inspiration est l’un des deux temps de la respiration. Se charger d’oxygène, s’en remplir les poumons. Et expirer. Un réflexe de survie, une parabole vitale. Si l’art n’avait pas la force salvatrice de préserver nos âges d’ors, si l’art n’apportait, malgré ses nombreuses vertus, ni rédemption ni pérennité, elle offrait une respiration. Une inspiration première, où l’on se nourrissait d’elle. Une expiration, ensuite, pour n’en garder que le meilleur, qui se mêlera à nos sangs, à nos être. Des êtres qui reviendront soulever la poussière des vieux bouquins, et ainsi refermer la boucle. Comme par mimétisme, j’ai passé ma main dans mes cheveux, nourrissant ce désordre capillaire ayant petit-déjeuner à la cire de bon matin. Puis mon regard, quelques secondes après le sien, a retrouvé les étagères de bois, et la tranche des livres. Quelques noms me sauter aux yeux, l’un chassant le précédent avant de se faire chasser par le suivant. Comme un défilé d’identité. Nous avions le nez dans les auteurs américains, ceux que je connaissais le mieux en mauvais Irlandais que j’étais.

« Qu’est-ce que tu as pour habitude de lire ? »

J’ai tendu mon bras pour attraper une œuvre random. La joie des t-shirts faisant, je lui foutais sous le nez, sans trop y penser, mes bagues, mes bracelets, et quelques tatouages. L’omega, quelques noms de ville, et d’autres conneries qui n’étaient des symboles que pour moi. J’ai jeté un œil à la couverture du livre : Du Jim Harrison. Not bad. Ce con venait d’ailleurs récemment de mourir, et ça en faisait un de plus sur la liste de ceux que je ne pourrais rencontrer. Fais chier.

« Tu veux rester dans ta zone de confort, ou tu te laisses tenter par une sélection maison ? Promis, je ne lis pas que des romans à la limite du porno’. »

Je me suis alors marré, sans vraiment penser, cette fois, que je pourrais la mettre mal à l’aise. Ses joues commençaient à perdre de leur rougeur. Elle reviendrait peut-être. Tant pis. Elle en verrait d’autre. Puis, à la Rimbaud : On n’est pas sérieux quand on a dix-sept piges.

Poussière et vieux bouquins # 2
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Georgiana Pierce
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Je tapotais distraitement la couverture du livre devant moi, histoire d'essayer de retrouver une contenance. Ce qui est impossible. Mes joues sont quand même écrevisse, c'est ridicule. Et bon sang, j'ai chaud. Cassidy. Mais oui, je suis bête. J'aurais du m'en souvenir. J'étais persuadée que c'était un prénom de fille jusqu'à présent. Enfin. S'il était une fille, il était sacrément… enfin… viril ? « D'accord, si v… Enfin, si tu veux. » J'essaie de lui jeter un coup d’œil rapide. Il se passe la main dans les cheveux. Comme s'ils étaient pas assez en désordre. Je pose à nouveau les yeux devant moi, tout en ébouriffant ma frange pour tenter de la remettre droite, avant de repousser mes lunettes sur mon nez. Non, ce ne sont pas du tout des signes de nervosité.

« Oh euh… Sûrement des romans qui ne te plairaient pas. » Ok. C'était p't'être un peu brutale comme réponse quand même. « Enfin, je veux dire, je doute que tu lises des romans pour adolescente ou jeune adulte, je suppose ? Je lis bien quelques classiques. Mais euh… je sais pas. Ca me détend. Alors que les classiques, bah… ça a tendance à être trop… comment dire… guindé ? Oui, on peut dire ça comme ça. » Je tapote les branches de mes lunettes. Bah voilà que je m'arrête plus. « Mais je lis rien de… enfin… du genre de livres que t'as présenté au club. » Et bim. Revoilà l'écrevisse qui sommeille en moi qui colore mes joues.

Il prend un livre, et mes yeux tombent sur son bras – of course il est juste sous mon nez. Bagues. Tatouage. Bracelets. Ok. Typiquement le genre de garçons qui ne me parle pas normalement. J'suis entrée dans une dimension parallèle ? Ou c'est juste le fait d'être à l'université moi auss… WHAT ?!

Il a vraiment dit le mot porno ? J'ai pas rêvé ? Omg. J'hésite entre prendre mes jambes à mon cou ou rougir jusqu'aux pieds. Dans le doute, j'essaie de ne pas remarquer que ça le fait rire. C'est un tout petit peu vexant quand même. Encore heureux que je suis déjà rouge, ça peut pas être pire. « Hmm... C'est que... » Comment ne pas redouter un livre qu'il me conseillerait ? Ça allait être très loin des romances historiques à l'eau de rose ou des passions d'adolescents complètement irréalistes qui racontent comment la neige poudroie dans la solitude de notre enfance. « A quel point tu comptes sortir de ma zone de confort ? Genre traverser la rue ou carrément changer de continent ? » Je pose enfin les yeux sur lui sans rougir, haussant un sourcil perplexe. Il me regarde pas, c'est plus facile.


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「Un œuvre d’art, c’est une dinde que l’on vide à Thanksgiving pour y enfoncer un bouquet garni maison.」

Georgiana & Cassidy
Frange. Lunettes. Chaussures. Les regards fuyants, les joues cramoisies… Pas besoin de crécher au 221B Baker Street pour comprendre qu’elle était nerveuse. J’essayais de ne pas trop jouer avec elle, avec ses rougeurs et sa gêne, même si ça me rongeait les entrailles. Elle avait ce « cute side » qui m’amusait, mais je réfrénais les pulsions de l’enfoiré en moi. Pour ne pas la désarçonner : elle avait déjà du mal à tenir en selle… comme si elle ne montait pas un canasson ordinaire, mais bien un énorme cheval chelou, tout gris, avec une trompe plantée au beau milieu du visage. D’hésitation en hésitation, de point de suspension en point de suspension, elle me parlait de ces lectures ordinaires. Elle ne se trompait pas : pas mon genre de lecture. Pas mon style, mais pas inintéressante pour autant. Il n’y a pas de lecture idiote, il n’y a que des lecteurs idiots. Ce n’est pas pour rien qu’Ecco nous a pondu un bouquin sur Tarzan et Superman, et que Deleuze a fondé la pop-philosophie. Alors elle, c’était les romans pour ado’ et jeune adulte, et exit les classiques trop « guindés ». Elle m’a fait sourire. Trop guindé.

« Ça dépends de notre lecture. Tu vois, moi, je mettrais ma main à couper que si Baudelaire était né dans la seconde moitié du 20ème siècle, on l’aurait retrouvé à pousser la chansonnette avec Kurt Cobain… Tu connais Kurt Cobain, hein ? »

Je levais un sourcil en lui adressant un regard inquisiteur, après avoir replacé le Jim Harrison avec ses pairs, et avoir laissé un instant de silence. Nos divergences de point de vue sur les classiques mettaient en lumière un fait simple : Une œuvre d’art appartient autant à son créateur qu’à son consommateur. Et consommer une œuvre d’art, c’est la dépouiller de quelques brins de sa substance, pour y ajouter quelque chose de strictement personnelle : Une part de nous, de notre âme, de notre histoire. Un œuvre d’art, c’est une dinde que l’on vide à Thanksgiving pour y enfoncer un bouquet garni maison.

Encore quelques teintes de rouge quand elle entendit le mot « porno ». Un instant, je pensais à lui mettre le Candide de Voltaire entre les mains, mais je préférais éviter de la vexer. J’ai posé ma main sur ma nuque, bougeant lentement ma tête pour faire craquer quelques cervicales. Je les ai sentis faire, mais il n’y eut pas de bruit. Discrétion totale. Je réfléchissais. Je réfléchissais à la direction que je voulais lui faire prendre. Mon regard se perdit un instant entre les étagères. Les couvertures défilaient devant mes yeux. Et j’ai souris à nouveau. Mes lèvres se sont étirés avant que mon regard ne revienne.

« On ne va pas changer de rue, simplement de district. »

J’ai changé de rayonnage pour le pâturage voisin, après lui avoir lui avoir adressé un clin d’œil, comme pour l’inviter à me suivre. G, H, I. Non, plus loin. T. Un peu avant. S. Parfait. S-T. Je me rapprochais. Et voilà. J’ai attrapé le roman pour l’isoler des autres bouquins. Une entité de la Triade des romans gothiques. Ce mythe que personne n’ignore, mais que peu ont véritablement lu. Je lui ai tendu l’œuvre. En haut de la couverture, l’auteur. Stevenson, ou Robert-Louis, voir RL, ou Bébert pour les intimes. Et en dessous son nom de famille…

« L’Etrange cas du Docteur Jekyll et de M.Hyde »

Poussière et vieux bouquins # 3
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Je fronce le nez. Parce que quand même. J’ai pas vécu au fin fond de la Patagonie occidentale. Bien que je n’ai aucune preuve que les Patagoniens… Patagonistes ? Patagonioux ? Patagiens ? bref. Que les habitants de là-bas ne connaissent pas Nirvana. « Je sais qui est Kurt Cobain. » Qui n’en a pas au moins entendu parler ? J’en reviens toujours pas qu’il m’ait posé la question. Quand même. Je crois que je suis choquée. « Même si c’est pas mon genre de musique. » Et entre parenthèses, je voyais pas vraiment ce que Kurt Cobain venait faire là.

Et il lève un sourcil, comme perplexe. Et je peux pas m’empêcher d’avoir les joues qui rosissent. Mais… why ? Il a rien dit. Il a rien fait. Je n’ai rien dit. Et je n’ai rien fait. Mais… pfff. C’est nul. Je le regardais réfléchir en mordillant ma lèvre inférieure, toujours nerveuse. Changer de district ? hein ? Je le suivais docilement – un vrai petit toutou – et je regardais l’alphabet défiler, un peu distraitement. Cette bibliothèque m’était encore étrangère, alors je ne me laissais pas happer par un coin que je savais receler de petites merveilles. Et je me saisissais du livre qu’il me tendit – après avoir manqué de lui rentrer dedans parce que je n’avais pas vu qu’il s’était arrêté, of course.

Et encore une fois, ça m’était pas étranger. Il faut dire que comment louper que Sam Witwer joue Mr Hyde dans Once Upon A Time. O-m-f-g. Ça, c’était un Mr Hyde sur lequel on pouvait laisser s’échapper un p’tit filet de bave sans se sentir coupable. Cependant, j’étais un peu perplexe. « Ce n’est pas vraiment… » Je levais les yeux vers lui, en me mordillant un peu la joue, pas trop sure de moi. « Enfin, ce n’est pas un roman que j’aurais considéré comme choquant ou… hmm… bizarre ? » Oui, c’est sur, que l’idée d’un type qui essaie de séparer son côté bon et son côté mauvais avait un aspect dérangeant. Mais je ne sais pas trop pourquoi, ça ne me dérangeait pas plus que ça. « L’histoire n’en est-elle pas connue d’un peu tout le monde ? »


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「 La littérature, ce n’est que l’art de mettre des coups de pied au cul.」

Georgiana & Cassidy
Si la génération suivante n’avait pas oublié Nirvana, la fin de la civilisation n’était alors pas si proche que cela. J’ai baladé Georgiana dans les rayonnages de la bibliothèque, marchant tout deux vers le prochain district. Le choix était un dilemme Cornélien, non, une angoisse Sartrienne. Tant de livres comme tant de mets succulent disposé sur un buffet à volonté. Burger, hot dog, fajitas, kebab. Consommer du gras pour répondre et satisfaire nos besoins primaires, et consommer l’art pareillement, puisque l’art, comme le gras, c’est la vie. Alors j’avais sur mes épaules le poids de ma liberté de décision, puisque tant d’œuvres avec le puissant et délicieux pouvoir de renouveler nos regards. Les couvertures et les titres défilaient alors dans ma mémoire, plus rapidement et plus nombreuses que les tranches sur les étagères que nous frôlions. Il fallait un livre capable de bousculer le corps, l’âme, les croyances et les doxas. La candeur au profit des abîmes. Déroutant, mais pas meurtrier, puisqu’il ne s’agissait pas de la mettre pour autant dans les cordes. La littérature, ce n’est que l’art de mettre des coups de pied au cul, et quelque part, malgré tout je cherchais à ménager le sien. Délicate intention.

Stevenson m’est alors apparu. Jekyll et Hyde. Un premier pas vers les ténèbres, vers la bête en soi. L’un des piliers du roman gothique comme une introduction. Mais je devais la décevoir. Elle hésitait, relevant son regard vers moi. Oui, c’était une histoire connue de tous. Et moi, j’ai commencé à faire défiler les pages, du début vers la fin, rapidement, si bien qu’aucune ligne, aucun mot, n’était lisible sur les feuillets. Connue de tous, lue de peu.

« On pense communément que Jekyll et Hyde incarnent la dualité de l’être humain, l’opposition entre le côté lumineux et le côté obscur. Et c’est vrai, c’est ce qu’ils incarnent, bien sûr, mais il y a plus que ça. La dualité en l’homme, ça remonte à la Genèse. Stevenson aurait été chiant à mourir s’il n’y avait que cela à se mettre sous la dent dans ce bouquin »

Je m’adossais contre le rayonnage. Jekyll et Hyde, le Frankenstein de Shelley, le Dracula de Stocker, ils appartiennent à la culture populaire, et surgissent toujours en période d’Halloween. Mais il me semblait que regard les eaux salines des mers n’était pas en connaître les profondeurs. Je lui ai tendu l’ouvrage qui semblait avoir déjà souffert de quelques lectures. La reliure était craquée. Quelques coins de pages cornés. Des paragraphes annotés… Il avait ce charme de ceux qui ont déjà vécus. Mon regard s’est perdu sur sa couverture fatiguée, et mes pensées s’est perdu avec mes yeux. Je replongeais mentalement dans l’intrigue de Jekyll et Hyde.

« Jekyll se fait profondément chier dans sa vie. Il ne se sent pas suffisamment libre, car oppressé par les convenances sociales, les bonnes mœurs, et toutes ces merdes... Alors, il bidouille un cocktail, une double harissa de l’enfer pour se transmuter en Hyde. En embrassant le Mal en lui, il échappe à sa condition, il fait sauter le Surmoi Freudien pour être le Ça en société, il cherche à exprimer sans frein l’entièreté de son individualité et de sa liberté. »

Alors j’ai souris, et j’ai relevé mon regard vers elle, revenant à ce monde terrestre après m’être égaré un instant dans ce monde d’idée, de littérature, et de poésie, et dans lequel je m’étais sans doute un peu trop perdu en lui parlant. Alors, j’ai haussé les épaules.

« Désolé… Ce que je veux dire, c’est que c’est aussi un livre sur l’être humain dans son environnement social, un environnement social qui tient en laisse une partie de l’Homme, qui n’est alors plus que la moitié de lui-même. Mais tu préfères peut-être quelque chose de plus licencieux. Sade ? »

Et j’ai souris de plus belle, pensant savoir quel petit effet aurait le nom du Marquis sur ses joues déjà rouges.

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Je me tenais là. Avec le bouquin dans les mains, à froncer les sourcils – et le nez – en essayant de suivre ce qu’il disait. Mais il m’avait perdu. Il me faisait un peu penser à mon professeur de littérature au lycée. Peu importe que l’on suive ou pas, il continuait ses longs discours métaphoriques et obscurs. Donnant plus l’impression qu’il désirait étaler ses connaissances que de vraiment les partager. Bref. Essayer de suivre et comprendre ce que Cassidy était en train de me dire. Au moins, il avait des idées derrière la main, j’en mettrais ma tête au feu. Ou l’inverse. Bref. J’étais embrouillée dans ma p’tite caboche.

Puis il sourit, et me regarde à nouveau. Et c’est un peu comme s’il revenait d’un bad trip, ou un truc du genre, je sais pas trop comment appeler ça. Une transe ? maybe. « okay… bah… je lirais ça et je te dirais ce que j’en pense. » Et euh… wait, what ? « Sad ? » Moi pas connaitre. Et vu que c’est censé être quelque chose de plus licencieux, je préfère probablement en ignorer l'existence. Surtout que avec un nom pareil, il a pas du avoir une vie très joyeuse. Quand même. Monsieur triste. Ouhouh. Mais je lui fais un petit sourire et repousse mes lunettes sur mon nez, les yeux fixés sur le livre qu’il m’avait donné. « Mais euh… Je crois que je vais plutôt commencer par ça. » Je tenais pas non plus à finir traumatisée à vie.


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