Boys and the girls and the freaks in the middle [Enora Clifford & Adriel Lespérance]

Enora Clifford
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Collaborer, ce n’était plus son truc depuis des années. Depuis qu’elle passait ses anniversaires seule, en vérité. Mais au moins au lycée, Enora pouvait choisir son partenaire dans les insignifiants exposés ; même si sa préférence s’appuyait sur le rejeté de la classe, l’intello avec des notes trop bonnes pour être honnête ou l’otaku qui n’arrivait pas se sortir suffisamment des jeux de rôle pour jouer celui de sa vie.

Parce qu’au fond elle avait trop honte pour aller demander à ceux qui avaient l’embarras du choix, justement. Et parce qu’il était plus simple d’exploiter et rabrouer ceux qui n’avaient pas une identité en apparence aussi forte que la sienne ; sur la stupide échelle des adolescents, les Gothic Lolita arrivaient –à son époque du moins- un peu au-dessus des boutonneux à lunettes. L’indifférence est à peine moindre, même s’ils n’en restent pas moins seuls. Pathétique illusion de force d’esprit et d’influence, qu’écraser ceux qui sont déjà recroquevillés pour se donner l’illusion de survivre au milieu des psychothérapies et des robes de lolita.

Et tous laissaient faire parce qu’ils avaient pitié.

Mais cette fois Enora ne peut tricher parce qu’on lui a imposé Adriel. Et en voilà un dans les yeux duquel elle ne trouvera aucune indulgence.  Il y a peu de choses sur lesquelles elle est lucide, mais même en la détestant, on peut lui accorder celle-ci ; elle devine ce que les gens pensent d’elle.

Et Adriel pense qu’elle est une larve pathétique en plus d’être inutile, l’ignorant autant parce qu’elle s'avère insupportable et indigne du moindre intérêt que parce qu’il ne veut pas les ajouter, elle et sa réputation de suicidaire, à ses propres soucis.
Elle a fini par comprendre, après s’être énervée de son isolement. Elle a tout compris et elle sait qu’il a raison.

C’est le pire.

Elle a fini par le détester parce qu’à travers ses yeux elle voit tout ce qu’elle déteste.
Enora a vue plongeante sur son propre portrait.
Alors elle évite le jeune homme autant qu’elle le peut et l’assassine des yeux lorsqu’ils partagent une salle de cours.

Ils s’en portaient tout deux très bien.  

Mais voilà, leur prof en a décidé autrement. Et mademoiselle se retrouve donc à attendre quelqu’un qui doit être aussi ravi qu’elle de la situation. Collaboration artistique forcée au nom de leurs « pattes artistiques semblables d’un point de vue profane mais en réalité tellement complémentaires ! » Après les cours, pour conserver leur réputation de cordiale haine.

Elle a supplié puis s’est résigné ; et désormais, elle aligne nerveusement les pots de peinture de la salle, en espérant que sur ce terrain au moins ils pourront s’entendre.
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Adriel Lespérance
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D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours détesté les travaux en équipe. Ça me fendait déjà le cul à six ans et mon opinion à ce sujet est loin de s’être améliorée avec le temps. Remarquez, j’ai jamais été très sociable. Et au fil des années, ça ne s’est pas non plus amélioré. Je fais mon possible pour éviter les gens dont j’ai pas envie de voir la tronche, mais malheureusement, les collaborations existent et les profs ne s’aperçoivent parfois même pas qu’ils sont des connards sadiques. Ils pensent bien faire. Bien sûr que c’est ce qu’ils pensent, ces couillons.

Et c’est là que tu te vois obligé de côtoyer quelqu’un que t’aurais adoré continuer à ignorer délibérément. Faire comme si Enora  n’existait pas n’est pas plus difficile que de nier la présence de n’importe qui d’autre – à part, bien sûr, quand elle essaie de me mitrailler mentalement avec ses yeux. Malheureusement pour elle, j’suis toujours vivant. Je lui adresse la parole une fois par millénaire et franchement, je m’en porte très bien. C’est que j’ai pas particulièrement envie de me traîner avec les râleurs qu’on étiquette comme étant des goths dont le passe-temps favori est la pratique des nœuds coulants. On peut me traiter de freak, on peut croire que j’suis un mec effrayant qui a sauté une case, je m’en bats les couilles. Je suis juste soulagé qu’on ne m’associe plus au suicide et à la dépression.

J’ai horreur des gens qui crachent leur douleur au visage des autres pour attirer l’attention.  Des personnes excessivement mélodramatiques. Ouais, ouais, c’est leur manière de crier à l’aide, de sentir qu’ils valent quelque chose. Je sais. Je sais tout ça, mais quand ils souffrent en silence, ça m’écorche moins les oreilles. J’ai de l’empathie, c’est juste que je l’économise. C’est clairement pas sur cette geignarde que je vais la gaspiller.

C'est sans joie ni empressement que je pousse la porte de la salle d’arts.  Au moins, il n’y aura personne pour nous jeter ces insupportables coups d’œil à la fois craintifs et amusés. À notre manière, on fait tous les deux peur au commun des mortels. On a déjà ça en commun. Ça et nos dessins. Parce que notre univers artistique se complète, selon la prof. Quelle conne.

Elle est là, dans le fond de la salle. Les pots de peinture sont maintenant classés par ordre de couleur et le matériel à dessins est bien aligné sur une table. Nerveuse, la loli? Sûrement. Je m’approche sans un mot, balance mon sac par terre et tire une chaise avant de m’y affaler.

-Alors? C’était quoi le projet?

Parce que j’ai séché le cours. Et manqué les explications concernant la collaboration. Je compte sur Enora pour me mettre au parfum, puisque j’évite de plus en plus Volfoni. J’ouvre mon sac et y prends mon étui.

-J’étais pas là, la dernière fois.

Just sayin’.

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Enora Clifford
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Ce que les profs sont sympas de l’avoir collée avec Adriel. Franchement.
Tant d’amabilité concentrée dans ce sale bonhomme.

Enora balance ses jambes tandis qu’Adriel fait de même avec son sac, est assise sur une table tandis que l’autre s’installe sur une chaise. Se vautre serait probablement un terme plus exact.

Et quelques mots sifflés de cette langue coupée faisant apparemment tant fantasmer certains êtres perdus dans leur quête de luxure mettent fin à un vague espoir. Elle s’attendait à ce qu’il se soit renseigné un minimum, pour qu’entre eux cela soit plus vite fini ; et lève imperceptiblement les yeux au ciel face à sa propre naïveté.

Alors, sans le regarder parce qu’aujourd’hui cela ne l’intéresse pas, elle fouille dans son sac, de quelques gestes précis et précieux dans son accessoire bien rangé, elle fouille et sort finalement un simple morceau de papier.
Incroyable ce que son état rend ses mouvements lents et ses épaules lourdes. Incroyable et exaspérant, mais elle fait ce qu’elle peut.

Dans les limites du raisonnable et le raisonnable n’inclut pas la conversation outre mesure.

Enora n’a pas envie de parler à Adriel, n’a fondamentalement rien à dire face à cette méfiance teintée de dédain qu’elle reçoit avec une certaine nausée, toutefois teintée d’indifférence aujourd’hui. Elle lui tend simplement une feuille, avec quelques mots inscrits de son écriture ronde et soignée de gamine, quelques mots d’un sujet qu’elle connaît déjà presque par cœur. Elle lui tend d’un geste sec et lorsqu’il la saisit, elle retourne s’asseoir d’un pas tranquille.

Les feuilles sont votre musée. Vous en êtes le maître.
Qu’allez-vous y conserver ?
Pour qui ?
Pourquoi ?
Comment ?
Format libre, mais utilisation imposée de trois médium différents

Et les seuls reproches qu’on puisse faire à la prof, c’est un manque certain d’imagination ; apparemment, le sujet est tiré d’un concours d’entrée pour une école de Beaux-Arts française. Ou allemande, peut-être, elle ne se souvient plus. Elle pourrait le préciser, mais doute vaguement que cela intéresse son collaborateur forcé.

De plus, elle ressent la vague impression que ses cordes vocales sont fainéantes et les mots dangereux.

Cependant, elle sait qu’il faut faire un effort.

Qu’est-ce que tu veux montrer, toi ? »

Et le choix des termes est important, parce qu’elle doute fort qu’ils veulent se confier l’un à l’autre, même au travers d’une feuille.

Franchement, la prof les a bien regardés, avant de les coller ensemble ? A coup sûr, non. Personne n’ose bien les regarder.

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Adriel Lespérance
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Enora n’a pas encore dit un mot et cette rencontre forcée est déjà pénible. La voilà qui s’assoit sur la putain de table – non mais, y’a pas assez de chaises dans ce local? – et qui lève les yeux au ciel comme si je venais d’énoncer la pire des âneries. Non, je n’étais pas là lors du dernier cours. J’étais trop occupé à broyer du noir, vois-tu? Mais ça, tu dois le comprendre, hein. J’ai pas de doutes là-dessus.

Je m’attendais à ce qu’elle se mette à m’expliquer brièvement ce que j’ai manqué, mais au lieu de ça, sort une feuille de son sac. Les directives du travail, sans doute. C’est pas plus mal, finalement. Je la prends et lis rapidement le peu d’information y étant inscrit.  Les feuilles sont votre musée? Putain, ce sont bel et bien les consignes d’un projet d’arts plastiques. Je soupire et repose le papier sur la table. La prof ne voulait pas se casser sa tête, dis donc. Trois médiums différents, c’est faisable. J’aurais torché ce truc en un après-midi si j’avais été seul, mais avec cette gonzesse, c’est autre chose. Montrer quelque chose qui me correspond trop reviendrait à parler de moi à Enora, même indirectement. Et ça me fait chier.

Je fixe la table, ne sachant pas trop quoi lui répondre. Je finis par reporter mon attention vers elle. La goth n’est clairement pas plus heureuse que moi d’être ici, alors autant m’y faire.

-Franchement? Si ça n’avait pas été un travail d’équipe, j’aurais pu aisément trouver ce que je voudrais montrer, mais là, j’sais pas quoi faire.

Ouais, ouais, j’aide pas. Je sais. J’aurais dû rester chez moi et la laisser s’arranger. Me lever pour aller à mes cours et faire face au monde extérieur est devenu un exploit, ces temps-ci. La menace d’un zéro ne me fait plus grand-chose, et c’est à se demander si je peux encore être atteint par quoi que ce soit. Parfois, je me pointe. C’est de plus en plus rare, mais ça arrive. Notre albinos nationale n’a aucune idée de la chance qu’elle a. Je croise les bras, puis soupire à nouveau.

-Bon, écoute, on doit bien avoir un truc en commun. Quelque chose qu’on veut tous les deux afficher.

Ben oui, c’est ça. Essaie d’être sympa, essaie de comparer à elle. Ça donne envie de gerber, mais ça va peut-être faire avancer le travail et écourter le temps que t’as à passer ici.

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Pénible, pénible, pénible.
Enora se contente d’acquiescer d’un air absent lorsqu’Adriel lui dit que réaliser ce projet seul aurait été simple –évidemment, elle est d’accord.
Ca leur fait au moins un point commun, puisqu’apparemment il les cherche. C’est le dédain mis dans cette recherche qui la fait tiquer.

Ca te fait mal d’y penser, hein ? »

Ca l’énerve, elle s’en rend compte maintenant –bref sursaut de vie qui la surprend.
Soudainement, c’est son regard qui se fait braise, vestige du feu de ressentiment que le dragon de rancœur tapis dans sa poitrine rugit sur l’amérindien, comme s’il était le seul à le mériter.

C’est intense, elle se pensait trop fatiguée pour cela, mais il faut croire que l’animosité a besoin de moins d’espace que ce qu’Enora aurait pu estimer.

Ne nous sépare pas trop vite, Adriel. On a au moins un énorme point commun ; le regard des autres. Ouais, hein ? Tu ne peux pas faire mine que tu ne les as pas entendus, tous ces gens qui font « Adriel fait encore la gueule, Adriel a encore séché les cours, Adriel ne dit jamais rien, Adriel n’aime personne, on dirait un dépressif, comme la Draculita tiens, mais à un stade précoce de son développement, comme la sorcière mais avant qu’elle se mette à chouiner tout le temps et puis vu comment ils s’habillent et comment leurs regards font flipper, ils pourraient aller faire un rite satanique tous les deux que ça m’étonnerait pas. » Tu refuse de me parler, très bien, on sait pourquoi tous les deux, et pourtant, ça ne les empêche pas de nous associer –c’est presque automatique. »

Le calme revient aussi vite qu’il a disparu, les yeux à demi-inexpressifs comme ils le sont d’habitude –et c’est très bien comme ça. La colère peut refluer, maintenant qu’elle a joué son rôle, maintenant qu’elle a ouvert un passage pour les mots –trop de mots, elle le sait, mais trop tard.

Elle descend de cette table qui lui a brièvement servi de trône, descend d’un geste qu’on pourrait presque croire enthousiaste, et tourne le dos à son interlocuteur pour marcher un peu.

Mais ça ne t’empêche pas de croire que tu vaux mieux que moi, hein ? Ca te dégoute, tous ces gens qui parlent de toi, te réduisent à une façade, s’énervent parce que tu ne te comporte pas exactement comme ils le veulent, mais ça ne t’empêche pas de faire de même avec moi.  T’as beau te dire que tous ces cons t’ont rendus tolérant et ouvert, t’as beau te croire meilleur que tant d’autres, tu te comporte comme eux. T’inquiète pas, j’ai l’habitude –et puis je te juge aussi, après tout. »

Le ton fade, comme si elle récitait un poème, et ce regard par la fenêtre servant d’excuse à un moment de réflexion.

Les mains croisées dans son dos sont d’une rigidité presque cadavérique, à l’exception de cet index agité d’un soubresaut que l’inattentif pourrait penser anarchique ; en réalité, il bat, d’une régularité presque mécanique, comme s’il marquait une mélodie, une mélodie à la structure trop rigide pour être harmonieuse ou apaisante.

C’est ça qui nous rend pathétiques, quand bien même on dit que les grandes douleurs font les grands Hommes, ce qui nous rend pathétique c’est de croire que notre douleur est la plus forte et refuser pour ça de voir celle des autres. »

Il lui semble avoir tout dit ; elle aurait pu faire plus précis, plus concis et plus profond, mais elle doute d’en avoir les capacités, d’autant qu’elle exprime quelque chose qui lui semble flou, quelque chose qui pourrait être faux –des mots qu’elle regrette déjà. Enora réfléchit beaucoup, mais jamais rien ne devient net.

Elle se retourne vers son partenaire de travail forcé, le fixe avec insistance mais sans agressivité.

Qu’est-ce que tu pense de ça, Adriel ? Sinon, on peut se contenter de montrer qu’on ne veut rien montrer, ou alors on peut représenter des monstres, dans une enième tentative de catharsis. C’est sans doute ce que voulait la prof en nous mettant ensemble, d’ailleurs. De toute façon, tu ne comprendras pas les miens et je ne comprendrais pas les tiens. »

Oui, elle pourrait montrer les tentatives de suicide, les mains calleuses sur ses cuisses, le visage masculin qui s’efface et son ventre meurtri de l’intérieur ; Adriel non plus ne les verrait pas, parce que personne n’interprète correctement le contenu latent une fois qu'il est caché derrière de lourds procédés de censure.

Symbolisme, condensation, déplacement.

Oh, j’ai essayé, vraiment, j’ai demandé s’il était possible d’accoler deux A3 réalisés indépendamment et d’appeler ça une collab’, mais la prof refuse l’idée. Totalement. »

Elle s’en excuserait presque.
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Adriel Lespérance
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Do you need some aloe vera? ‘Cause you just got burned.

Enora a visé juste. Si ses mots avaient été un javelot, il m’aurait carrément empalé. Vladette l’Empaleuse, qu’on devrait l’appeler. Je me tais. Je la laisse faire son monologue, osant à peine la regarder dans les yeux. C’est ça, foutez-vous de ma gueule. Se faire cracher ses quatre vérités en pleine face, c’est clairement pas facile, ni même joyeux. T’as l’impression d’être un chiot qui a pissé sur le tapis et qui se fait mettre le nez dedans par son maître en guise de punition. Ça pue, et tu comprends que c’est toi qui l’as fait. T’as honte de toi. Tu te détestes un peu plus qu’il y a cinq minutes. Ça, c’est si tu ne nies pas l’existence dudit rond de pisse. Promis Enora, je pisserai plus sur ton tapis d’entrée.

Je replace ma frange. Mords les tiges de mes piercings. Fais tourner l’anneau de mon septum. Croise les bras pour ensuite les décroiser. Tape légèrement du pied. Mes tics nerveux sont tellement nombreux que ça m’étourdie moi-même, mais j’y peux rien. Tout pour ne pas la regarder trop longtemps. J’absorbe sa colère. Je sais que la mérite amplement, c’est donc le moindre que je puisse faire. L’interrompre ne servirait à rien. Je n’ai même pas envie de gueuler, ni de la contredire. Bien sûr que j’entends ce qu’on dit de moi. J’suis pas sourd. Plus souvent qu’autrement, on nous associe. Nous, les goths flippants et dépressifs de Volfoni. Honnêtement, je pète pas la joie. Je suis loin de chier des arcs-en-ciel. C’est pas pour rien que je sèche, que je m’enferme sur moi-même pour ruminer ma propre souffrance. Ces crétins ont bien raison de me croire dépressif : je le suis. Et même si ce n’était pas le cas, Enora n’aurait pas besoin d’être là pour qu’on me prétende suicidaire et fou à lier. Faut bien que je me rende à l’évidence : c’est ce que la combinaison de mon style et mon caractère asocial donne. Je croyais m’assumer mieux que ça. C’est dégueulasse. C’est pathétique. Je suis une loque.

Je crache allègrement sur ceux qui me regardent de haut pour mes différences, mais quand ça m’arrange, je fais pareil envers ceux qui sont pourtant dans la même situation que moi. Comme Enora.  T’es pas mieux que personne ici, Adriel Lespérance. T’es qu’un jeune con qui se noie dans ses problèmes et qui n’est même pas foutu de se relever pour les combattre. Tu ne crois même plus que ta vie vaut quoi que ce soit, avoue-le. Au fond, je ne suis pas tellement plus réfléchi qu’eux, et je le savais déjà. Je serais encore plus fou de croire que mes souffrances me rendent fort. Au contraire, elles m’écrasent sous leur poids accablant. Si je donne l’impression que je ne peux être atteint, la réalité est toute autre. De toute façon, ma façade se brise de plus en plus. Je me demande même si quiconque me croit toujours indifférent à tout.

Les monstres? La catharsis? Ça fait un moment que je n’en ai plus rien à foutre. A-t-elle seulement déjà fonctionné pour moi, d’ailleurs? Combien de dessins torturés ai-je réalisés avant de décider de me shooter pour oublier que tout ce que je désire, c’est m’endormir pour ne plus jamais me réveiller? J’ai fini par ne dessiner que ce qui me plaisait, parce que m’adonner à ma passion  m’empêche parfois de trop penser et de consommer à nouveau. C’est peut-être ça, ma catharsis. J’en sais rien. Je m’en crisse.

Je ne trouve la force de la regarder dans les yeux que lorsque son monologue est enfin terminé. J’en avais assez, de l’entendre parler. De me dire que, malheureusement, elle avait raison. J’avais clairement pas envie de faire de l’introspection, aujourd’hui. J’aurais dû rester chez moi à m’engourdir l’esprit, bien confortable dans mes convictions empoisonnées. De toute façon, je me remets sans cesse en question. Je pense sans arrêt, et j’ai seulement envie de ça s’arrête enfin. Je ne voulais  pas  trouver une nouvelle raison de me détester, mais hey, shit happens. Je pousse un profond soupir avant de me lever d’un bond, faisant crisser la chaise contre le plancher.

-Ben voilà. T’as raison, Enora. Raison sur toute la ligne.

L’amertume que je ressens parcourt mon corps entier comme un choc électrique. Mes pensées vont à cent mille à l’heure alors que je cherche mes mots. Je ne sais pas ce que je devrais dire. Ce que je devrais lui dire.

-Qu’est-ce que tu veux que je dise, maintenant, hein? J’crois pas que des excuses feraient une grande différence. J’ai fait ce que pas mal d’autres personnes font aussi. Je t’ai inconsciemment désignée comme étant inférieure pour faire du bien à mon ego rempli de merde. Mais si ça peut te consoler, j’suis supérieur à personne dans cette académie de tarés. Au contraire, j’suis une loque. Contente?

Elle ne l'est clairement pas. Enfin, si j'étais à sa place, je ne ressentirais aucune satisfaction. Juste un vide, un peu comme celui que je ressens en ce moment.

-Bien sûr qu’on a des points communs. On en a sûrement pas mal, même. J’avais juste cette envie complètement conne que, pour une fois dans ma vie, on ne me traite pas comme un putain de suicidaire bon à enfermer dans un asile. Tu comprendras donc que j’ai décidé d’éviter la dépressive officielle du campus. Fallait bien que je comprenne que ça me colle à la peau et que, de toute façon, je ne fais pas grand-chose pour y changer quoi que ce soit. C’est pas ta faute, et ça ne te concerne pas.

Je finis par me rasseoir, même si l’envie de franchir cette porte se fait pressante. De toute manière, les occasions de déguerpir ne manqueront sans doute pas.

-D’ailleurs, si je m’étais écouté, je serais resté chez moi. C’est pas un zéro de plus à mon actif qui me ferait chialer. Je voulais juste pas t’en coller un. Fuck la prof et son fantasme de catharsis des deux goths de Volfo’.

Tout compte fait, j’aurais largement préféré me taire. J’ai l’impression de chouiner et ça me fait chier.

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Raison.
Raison, raison ; j’ai raison. Vraiment ?

Alors pourquoi ne suis-je pas envahie d’une assurance orgueilleuse, d’un triomphe impétueux ? Ce sont ce que les gens sont supposés ressentir, lorsqu’on leur concède une victoire, mais moi, moi je n’ai que du vide.

Du vide, du vide, du vide.

Comme d’habitude.

Laisse-moi ressentir de la satisfaction, Adriel, l’orgueil de t’avoir battu ; pourquoi est-ce que même ça on me le refuse ? Pourquoi est-ce qu’on ne me laisse que le vide, le vide dans les sourires que je peux sortir, le vide dans mon regard, le vide dans mes conversations ?

Le vide qui noie tout le reste, et c’est à se demander comment c’est possible.
Il m’agresse, comme ta chaise lorsque tu te relève Adriel, la chaise qui proteste en grinçant aussi fort qu’elle peut contre le sol, proteste parce qu’elle ne voulait pas bouger.

Je suis un peu comme cette chaise, Adriel, tu vois ?

Non, tu ne vois pas. Tu as trop de choses à voir, trop trop trop, trop comme ce vide.

L’introspection n’est jamais agréable pour nous, hein ?

Mais tu as tort, Adriel, tu as vraiment tort, les excuses pourraient changer quelque chose, je crois ; les tiennes et les miennes et celles de la prof, et puis peut-être qu’on pourrait essayer de se cacher dans les bras de l’autre pour ne plus le voir. Peut-être mais ça ne nous plairait pas, loin de là.

Mais les excuses ? Ce n’est pas parce que tout le monde fait pareil que je n’ai pas envie que tout le monde s’excuse.

« Je suis désolée », ce n’est pas compliqué, allez.
J’y arriverais.
Je veux juste qu’on me laisse un peu de temps.

S’il te plait.

J’ai envie de pleurer, Adriel, envie de pleurer parce que je suis la dépressive officielle du campus et que ça me semble terrible sur l’instant alors que c’est exactement ce que je cherchais, j’ai envie de pleurer mais je le ferais pas parce que ça serait mon maquillage qui se fendille et mon masque qui coule.

Merci. Pour… être venu, je veux dire. »

Ca a du t’être pénible.

J’ai pas le droit d’avoir des zéro. Pas vraiment. Ce n’est pas une interdiction absolue non plus, mais c’est… déconseillé. »

Je chuchote le dernier mot et je suis sûre que j’en passe pour une folle ; mais c’est vraiment risqué, tu sais, vraiment, je n’exagère pas, et c’est suffisamment rare chez moi pour être souligné, tu ne crois pas ? Je veux dire, Volfoni c’est ma dernière chance, un peu le dernier relai avant le terminus.

C’est le psy qui me l’a dit.

Au début j’ai été soulagée, et je crois qu’être ici ça m’aide, au moins un peu ; mais au final, ca m’ajoute aussi l’appréhension de perdre encore autre chose.

Alors il faut que je fasse attention.

Merci de ne pas me rendre ça plus difficile.

Enfin, j'vais pas t'expliquer, tu t'en fous, hein? »

Ouais, t'as raison, moi aussi je m'en foutrais à ta place. Nos problèmes ne semblent importants qu'à nous.

J’ai envie de vomir, Adriel, de vomir tout ton mépris, celui qui m’est adressé et celui que tu t’envoies, vomir tout ça, me vomir moi-même peut-être.

Mais je vais me contenter de prendre une chaise pour m’asseoir à côté de toi.

Tu veux bien ?

Je pourrais poser ma tête sur ton épaule, peut-être dans une autre vie, qu’est-ce que tu en dis ? Mais pour l’instant, je pense que mon crâne serait trop lourd pour toi, avec toutes ses tempêtes et le vide qui pèse davantage que tous les mots, il serait trop lourd pour toi parce que tu n’es pas aussi fort que ce que je pensais.

Tu n’es pas aussi horrible que ce que je pensais.

Je suis désolée. »

Et ce n’est pas de mon regard en coin habituel que je te fixe, pas de ce regard que je me plais à croire félin alors qu’il est juste lâche, non.

Parce que je dois voir l’étendue de ce que j’ai fait.

Il n’y a que du vide en moi et si tu t'effondres, ça sera sans doute encore pire.
Qu'est-ce qui est pire que du vide?

Je suis désolée de ne pas être ce qui te fait passer pour un dépressif suicidaire bon à enfermer dans un asile. J’aurais aimé que ça soit aussi simple. »

Est-ce que tu veux partir, Adriel ?
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Je croyais avoir amorcé une joute verbale. J’étais sûr qu’elle allait me cracher son mépris au visage, que j’allais dégueuler tout le poison que ma tête contient. Mais rien. Y’a rien de tout ça. Enora s’adoucit. C’est comme si elle avait compris, même si je me permets de garder un léger doute.  Je ne m’attendais pas à ce que mon éclat détende l’atmosphère. Je ne m’attendais pas à ce qu’elle me remercie. Moi. Me remercier. Enora Clifford me remercie. C’est comme si sa voix ne pouvait contenir tant de tristesse, une tristesse de toute une vie. Lorsqu’elle ne peut porter sa colère et son mépris, elle se fait brisée. Lourde. Qu’est-ce que je dis? «De rien»? Je me suis forcé à venir ici et ça m’a fait chier parce que j’ai ruminé sans cesse les préjugés stupides que j’ai envers toi. J’étais prêt à t’emmerder dès que t’allais me tomber sur les nerfs. Je suis vraiment un trou du cul, parfois. Faut pas me remercier.

J’suis quand même venu. Ça ne m’aurait rien fait de savoir qu’elle aurait dû se coller un zéro. Vraiment. Mais je crois que je n’ai aucune idée de la merde dans laquelle je l’aurais foutue. Un point pour t’être botté le cul et venir ici, Adriel. Ça te rend un peu moins con. C’est vrai qu’en ce moment, je m’en fous pas mal. J’en ai rien à chier des problèmes des autres. Peut-être est-ce égoïste, mais voilà. Je mets trop d’énergie à me battre contre ce vide qui m’avale. Je peux pas me permettre d’enchaîner quelqu’un à moi. Pas en ce moment. Néanmoins, c’est possible que je veuille savoir, un jour. Qu’elle me raconte. C’est clairement pas pour demain.

-Pas totalement mais… c’est pas le bon moment. Pour moi autant que pour toi.

Je la laisse s’asseoir à côté de moi, légèrement surpris. Je n’aurais même pas cru qu’elle s’approche de moi. Je reste sur ma chaise, la fixant dans sa robe noire et son maquillage parfait. Elle me fait presque penser à Mandy. Ces deux-là sont toujours bien habillées et maquillées pour préserver leur masque. Préserver les apparences. Les préjugés qui, ironiquement, protègent ce petit noyau fragile qu’elles ont au fond d’elles. Je ne suis pas différent, en ce sens.

S’il-te-plaît, t’excuse pas. Pas ça. C’est bon, on a tous les deux merdé. On est tous les deux humains. Je te dois aussi des excuses, pas vrai? Je devrais prononcer ces mots. T’as strictement rien à voir avec mes problèmes qui me collent à la peau. On m’a toujours pris pour rien de plus qu’un fou. C’est pas grave. C’est pas prêt de changer. Faut faire avec.  

-Écoute, je…

Je perds mes mots, ne sait plus trop quoi dire. C’est pourtant pas si compliqué. Laisse tout couler, comme tout à l’heure. C’est facile quand tu dois débiter de la merde, hein?

-C’est moi qui suis désolé, d’accord? Quand on sort du lot, c’est un peu normal qu’on nous croit fous, non? Pour le reste, c’est… Ça serait trop simple que la faute te revienne alors que c’est mon attitude qui me fait passer pour un malade. On va se le dire : je pète clairement pas la joie.

Je suis dépressif,  moi aussi. On fait une belle paire, pas vrai Enora?

Je jette un coup d’œil à l’horloge sur le mur en face de nous. Il serait temps qu’on se mette au travail. Qu’on trouve quelque chose à montrer.

-On n’aura plus grand temps, on devrait au moins brainstormer. Je veux pas te mettre en échec.

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Enora Clifford
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Un soupir et je ne te regarde plus, je bats des cils vers la fenêtre mais je ne veux plus te voir –ferme la, Adriel. T’as rien compris.

Ferme-la.

C’est un peu normal, que tu dis, mais rien n’est normal, chez nous, rien, t’as toujours pas compris ?
Je voudrais que les gens arrêtent de trouver normal l’état dans lequel je suis, je voudrais qu’ils se posent des questions et qu’ils se disent à ma place que peut-être je pourrais vivre autrement.

Finalement, peut-être est-ce moi qui n’ait rien compris mais… franchement, tes excuses ?
Des mots creux, qui ne valent rien parce que ni toi ni personne ne les pense ; ils sont faciles et après on passe à autre chose.
Déception, comme d’habitude, l’amertume de cette impression que tout est faux, toujours – mais peut-être était-ce juste stupide de mettre des espoirs dans quelque chose de futile. C’est tellement plus simple de se cantonner à ses habitudes. Tellement plus rassurant.

Et finalement, tu es comme tous les autres, Adriel, tous ceux là avec leurs regards vides et leurs sourires fades, les selfies pour mettre leur vie en scène, ceux que tu dénigres autant que moi –tu es comme eux.

Tu ne m’aimes pas.

Je pensais pas que ce serait si compliqué ; d’être aimée je veux dire. Je me laissais l’être, avant. C’est vaguement triste, de croire qu’avec le temps ça deviendrait plus simple, mais de ne toujours pas y arriver.
Parce que vous avez tous les mots creux et le regard stupide, ce regard qui ne voit rien et ces mots qui ne sont que de la pitié. Vous êtes tous sacrément cons.

Un autre soupir.

Tu vois, Adriel, pas la peine de t’excuser, je suis affreuse aussi. Mes « merci » et « pardon » sont aussi hypocrites que tes propres excuses et finalement ça n’est qu’une passade avant de cracher mon ressentiment, à nouveau –c’est un lierre vénéneux qui enserre mes cordes vocales.

Je me rassure parfois en me disant que je n’ai pas le choix.

Les gens sont affreux quand ils souffrent, peut-être parce qu’ils pensent que ça leur donne une bonne raison, parce qu’ils pensent que c’est le seul moyen pour eux de demander de l’aide, ou peut-être juste parce qu’ils veulent se venger.

Parfois, j’espère juste me prendre une baffe, avoir une raison valable, comme ils disent, pour me sentir triste.

Mais tu m’as pas mis de baffe, Adriel. T’as pas été jusqu’au bout.
Tapette –apprécions le côté adéquat de l’insulte.

Peut-être qu’on sera aimés à titre posthume. Ils ne disent jamais autant de bien de quelqu’un que quand il est dans la tombe. »

Regarde donc l’horloge, reviens donc à la réalité, Adriel, reviens tant que tu peux.
Cette horloge m’agace.
Le temps m’agace, j’aime me perdre et je suis lente, mais lui s’en fout, parce que je suis rien pour lui comme je ne suis rien pour vous, alors il continue.

Focus, Enora.
Brainstorming.

Mmh. Oui, je m’égare un peu. On peut brainstormer, bien sûr. Mais je crois que ça sera assez pathétique –de chercher à quoi nous nous faisons penser. »

On ne s’aime pas, hein ? Tu ne m’aime pas, je ne t’aime pas ; je ne m’aime pas, tu ne t’aime pas.
Peut-être même que nous nous dégoutons –l’un l’autre ou nous-mêmes ?

Spontanément, je dirais… la solitude, le noir, le fusain ? Les médicaments et "ne pas péter la joie" »

Je crois que je suis un peu trop railleuse quand je dis ça, un peu trop agressive et sans doute un peu trop cruelle parce que tu es vraiment ridicule à utiliser des euphémismes avec moi, Adriel.

Dépression, tu peux le dire. Cette fameuse dépression ; tu ne l’aime pas non plus, hein ? »

Cette dépression qui finit par te traîner à l’Hôpital parce que ton organisme se vide de ses forces, mais en conserve tout juste assez pour t’empêcher de crever. J’ai honte et pas envie d’en parler –surtout que je ne sais pas ce qu’il en est pour toi.
Tentatives de suicide, ça fait vraiment trop peur.

Ca, il ne faut pas le dire.

Comme les cicatrices sur mes bras que personne ne voit ; suicide, ça fait vraiment trop peur.

Suivant.

Avec la dépression viennent le vide et la douleur de l’attente »
On finit par ne même plus savoir ce qu’on attend.

les questions, la peur »
Celle de ne jamais se relever.

la culpabilité aussi, n’est-ce pas ? Et cette incompréhension qui se transforme en ragots puis en mépris et finalement on en revient à la solitude. Cacher tout ça et sauver les apparences, je crois que c’est vraiment ce qui est important.
J’sais pas ce qu’on pourrait faire de trucs comme ça, j’raisonne pas au brainstorming d’habitude. J’fonctionne plutôt au feeling –mais le feeling ne vient pas sur les projets en groupe.
»


Vous ne m’inspirez pas.
Je est la seule chose qui m’intéresse –pardonnez-moi.

Je n’aime pas ce sujet. »

Je ne t’aime pas non plus mais je reste assise à côté de toi. Je suis désolée de toute ma haine. Par toute ma haine.

Tout ce qui me vient, c’est un labyrinthe tordu, avec des passages secrets que personnes ne voit et des épines qu'on se plait à imaginer, pour finalement trouver comme récompense… Je ne sais pas. Je n’ai pas encore atteint le centre. »


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Adriel Lespérance
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Y’a à peine cinq minutes, je me sentais désolé pour elle. Désolé, for fuck’s sake. Ses mots ne sont que du dédain, du poison qu’elle a en elle et qu’elle ne sait pas comment s’en débarrasser à part en le crachant aux autres. Est-ce que je suis comme ça aussi? Est-ce que je suis aussi méprisant? Aussi horripilant? Oh, tu me donnes envie de t’écouter. C’est fou. Aimés à titre posthume? De quoi tu parles? Je doute que tu te laisses aimer, même après la mort. Et peut-être est-ce mon cas aussi. Peut-être bien. Sauf que c’est pas l’amour que je recherchais lorsque je me suis tranché les veines, et j’imagine que toi non plus.

Tu sais ce qui est pathétique? Que t’agisses comme si t’étais soulagée que j’aie fait un effort pour ta sale gueule, puis que tu fasses signifier quelques minutes plus tard que ouais, non, finalement, t’as pas trop envie de collaborer de quelque manière que ce soit. Et tu sais quoi? On est deux, putain. On agit vraiment comme des gamins, c’est complètement con. On peut pas se fermer la gueule et dessiner n’importe quoi? La dépression? Les cicatrices? Les médocs? La solitude? Fuck off. T’en n’as pas assez de tout ruminer et de faire comme si t’étais un pauvre être torturé et à la profondeur insondable? Parce que moi si.

-Ben oui, et on peut aller plus loin tant qu’à faire, hein? Les tentatives de suicide, les cicatrices sur nos bras qu’on croit que personne ne voit, mais que tout le monde remarque. Tout ce qu’on fait pour s’autodétruire, pour se sentir crever et pourrir de l’intérieur. L’hôpital, ce que tu ressens quand tu te rends compte que finalement, tu vis encore. Dis Enora, tu crois que quelqu’un te regretterait sincèrement si tu te pendais demain matin? Parce que pour ma part, je sais que oui. Si la vie t’écoeure à ce point, te manque pas la prochaine fois. Je veux juste m’arranger pour ne plus jamais avoir envie de le refaire.

J’aurais jamais cru redire ces mots encore une fois. Te manque pas la prochaine fois. C’est tellement cruel. Et je le pense. Je le pensais quand je l’ai dit à ma mère et je ne l’ai jamais autant regretté. Je m’étais promis que je n’allais plus jamais le dire à personne. Bullshit. Je crois que je frapperais quiconque me dirait ça en pleine face et pourtant, je ne me suis pas gêné.

-J’ai jamais eu la prétention de pouvoir te comprendre et honnêtement, j’en ai même pas envie. Le pire c’est que, dans une certaine mesure, j’aurais peut-être pu.

Parce que t’es tellement torturée, tellement deep. Un labyrinthe tordu? Des passages secrets? Des épines? Ma belle, t’es le Baudelaire des temps modernes. Je sais qu’à force, cet état devient presque normal. Que c’est réconfortant de tourner en rond parce que t’as toujours les mêmes problèmes, toujours la même routine douloureuse. On se complait dans notre soi-disant différence, mais on est aussi cons que n’importe qui et on veut pas changer. J’avais pas envie qu’on me trouve. J’avais pas envie de me réveiller une nouvelle fois. Mais me voilà, et faut faire avec. Faut essayer. J’aurais aimé qu’on se parle et qu’on se dise autre chose que ces atrocités, mais j’suis égoïste et mon énergie, je la garde pour moi.

-Moi non plus je n’aime pas ce sujet. On est au moins d’accord là-dessus.

Je me lève. Je n’ai plus envie d’être assis à côté d’elle. L’espace d’un instant, je me demande si je peux jouer au gosse immature, foutre le camp et demander à Jake s’il peut s’arranger pour que je me sauve de cette collaboration. C’est quand même l’assistant de la prof. Et mon meilleur ami. Mais ça serait juste idiot, je peux régler mes problèmes moi-même. Si je décide de m’en aller, j’assumerai ma note.

-Peu importe ce qu’on décide de montrer. Je m’en branle. On n’a qu’à dessiner le premier truc qui nous passe par la tête, mettre tout ça ensemble et trouver une signification conne qui fait songé et emo. La prof va être contente. Tu vas avoir ta note. On va arrêter de se faire chier.

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Enora Clifford
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Regarde, Adriel, regarde-la donc.
Regarde-la se mordre les lèvres et son regard devenir humide au fur et à mesure que tu crache tes phrases.
Regarde-la, avec son air interrogateur, elle qui se demande ce qu’elle a bien pu faire pour te courroucer (tu es vraiment susceptible, a-t-elle l’impudence de songer, qu’est-ce qu’elle a bien pu dire de si vexant ? Elle ne comprend pas, pauvre chose.)
Regarde-la crisper ses mains jusque là tranquillement posées sur ses genoux croisés.  
Regarde-là courber la nuque d’un air accablé.
Regarde-la avant que ses cheveux te dérobent la vue de son visage.

Parles-en, des tentatives de suicide, oui ; au moins avec ça tu réussis à la glacer, voire à la faire frissonner. Elle se fait forte de ne pas renifler mais elle a tellement envie de pleurer.  
Mais c’est stupide après tout, pourquoi taire l’hôpital, les cicatrices, l’autodestruction ? Il n’y a dans cette pièce plus personne pour qui c’est encore mystérieux.
Heureusement qu’elle est cachée derrière le rideau de ses mèches blanches, parce que voir ses yeux qui s’assèchent, son regard humide qui laisse place à la naissance d’une moitié de sourire, ça ne te plairait certainement pas.

Evidemment que ça allait tourner comme ça.

Bien sûr que non, Adriel, tu n’aurais pas pu la comprendre. Il n’y a que les vantards qui affirment le pouvoir, mais ça finit toujours pareil. Va donc en parler avec Tom, avec sa mère, avec Mr Atkins ; ils te diront tous qu’eux aussi ont tenté de l’aider et eux aussi ont fini par la détester, vous êtes bien tous pareils.
Elle aurait presque l’insolence de rire de l’exactitude de ses prédictions, le vois-tu ? Pas encore (elle n’a pas relevé la tête).

Il n’y a qu’une seule chose qui change, finalement ; « te manque pas, la prochaine fois ».
Seuls ceux qui y sont passés l’osent, celle-là.
Seuls ceux qui y sont passés et en sont revenus.
Seul toi, pour le moment et ça lui a coupé le souffle, coupé les mots, ça l’a coupée elle.  

Il y aurait des gens qui la regretterait elle aussi, elle le sait (hein ?), mais pas assez pour aller jusqu’à gratter la laque acerbe à laquelle tu t’es heurtée –évidemment.

Elle relève la tête, maintenant, tu vois, et elle sourit, d’un côté seulement, un hémi-sourire relativement détestable.

Tu en es encore là, Adriel ? Vraiment ? On dirait un gamin frustré. »

Pour le coup, elle ne s’étonnerait plus si tu t’énervais.
La chaise vide à côté d’elle lui crie sa solitude, Adriel.

« te manque pas, la prochaine fois »
Allons, tu lui as fait une confidence, elle peut bien te rendre la pareil.

Quitte à dire des horreurs, assume jusqu’au bout, pousse-moi et je te promets que la quatrième tentative sera la bonne. Ca te ferait peut-être plaisir, de voir qui me regretterait ? Peut-être que tu serais enfin content de quelque chose. »

Ne crois pas que son ton péremptoire recèle la fierté d’avoir probablement plus tenté que toi, elle essaie sans doute simplement de se rassurer.
Ta colère n’est pas une colère qui lui fait mal, ce n’est plus ce qui s’est passé tout à l’heure, ce n’est plus votre habituelle façon d’être non plus ; vous avez passé un cap, pour elle.

Tu peux désormais rejoindre la foule de ses anonymes et c’est pour ça qu’elle sourit avec son air tranquillement goguenard, c’est pour ça qu’elle hausse un sourcil hautain, c’est pour ça qu’elle ne se laissera plus divertir par tes sifflements écœurants.

Reconcentrez-vous, tiens.

Dessine quelque chose. Un embryon, n’importe. Et je continuerais. Un peu comme une histoire sans fin, si tu connais. »

Pas le film, le jeu s’est-elle retenue de préciser, pour ne pas te vexer.

Et si ça ne te plait pas, du haut de tes grands airs, propose quelque chose.

Tu ne fais que chouiner, reprocher aux autres de chouiner, te moquer, t’énerver parce qu’on te moque un peu ; mais on attend encore tes propositions, connard de grand génie moralisateur.

On n’est même pas obligé de lui donner un sens quelconque, après tout, j’sais même pas pourquoi on se donnerait tant de mal. »

De toute façon, vous n’avez pas de sens ou alors personne ne le comprends jamais, elle ne sait plus vraiment quoi en penser.
Si on demande, il suffira d’inventer quelque chose.
Ils ne chercheront pas plus loin, ils ne le font jamais ; ils auraient trop peur de commencer à vous comprendre, ils auraient trop peur de ne pas en revenir.

Si on se débrouille bien, on pourra même ne plus se parler. »

Elle hausse les épaules comme si ça lui importait peu, à elle, comme si elle faisait ça pour toi. Et c’est peut-être un peu vrai.

Elle continue de sourire. Tu ne le sais pas mais ça lui fait mal et elle voudrait juste partir, passer cette porte, s’enfuir.

Elle n’a toujours pas compris pourquoi tu t’es énervé, pourquoi tout est redevenu aigre d’un coup, elle essayait de rester sympa, avenante et tout ce que tu veux, alors pourquoi ? Elle est restée polie, a maîtrisé ses intonations et t’as pris la mouche pour la seule phrase de travers qu’elle a pu laisser passer. Elle essayait juste de s’ouvrir un peu, elle.

Elle te déteste.

C’est pas de sa faute.
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Adriel Lespérance
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Ça m'a pris un moment avant de comprendre ce qu'on voulait dire quand on essayait de me faire signifier que je suis tellement honnête que j'en suis blessant.
D'habitude, je peux affirmer avec une certaine sincérité que j'ai aucune idée de l'impact de mes mots. Je veux juste être honnête et ça, ça me semble correct. C'est la bonne chose à faire, que je me dis. Ceux qui ont peur de la franchise peuvent aller se cacher derrière leur saleté d'hypocrisie.

Mais là, je savais. Je savais que c'était cruel avant même de le dire. Ça ne m'a même pas empêché de le faire. C'est bas. Je la regarde s'affaler en pensant que je devrais me sentir mal. Que je devrais avoir honte. Mais non. Non, rien. C'est encore ce vide pire qu'un trou noir qui m'habite. Je m'en fous complètement. Quelque part là-dedans, je réussis à me trouver horrible de m'en branler autant. Sauf que c'est un sentiment que j'écarte généralement assez vite. J'ai dit à une fille que je connais à peine de ne pas se manquer si elle réessaie de se suicider, et ça me pèse pas plus sur la conscience que ça. J'ai dû atteindre un nouveau pallier sans m'en rendre compte. Level up.

Elle finit quand même par relever la tête avec ce demi sourire méprisable. Après tout, c'est Enora. J'ai dû le mériter, son sourire de bitch. Je ne la quitte pas des yeux, mais ne réponds pas non plus. Si elle se tuait vraiment, ça ne me tirerait même pas une larme. Peut-être que je serais vaguement désolé. C'est pas parce que je la déteste, non.  Elle m'agace, c'est tout. C'est définitivement pas chez moi qu'elle va trouver de la compassion. J'ai rien à répondre. Rien à prouver. J'affiche une expression complètement neutre.

Je suis presque surpris lorsqu'Enora redirige la conversation vers le projet d'arts. Je continue à l'écouter d'une oreille distraite. Je suis fatigué. Crevé. J'en ai marre, mais c'est pas comme si ça changeait grand-chose à d'habitude. Je voudrais juste arrêter de penser, de fouiller mon merdier mental à la recherche du moindre poux . Me blottir contre Jake pour me dire que finalement, j'suis pas si glacial que ça. Pour ressentir quelque chose. Pour me réchauffer. Je jette un coup d'oeil à mon portable. Ça va faire quoi là, trente minutes qu'on se crache inutilement à la figure? Je soupire avant de le remettre dans ma poche. Les maîtres de l'efficacité, c'est nous. Je pousse doucement ma chaise contre la table. Son crissement résonne étrangement dans la salle vide.

—Parfait. Ça veut dire qu'on peut faire ça chacun de notre côté. On s'en fout, non? On va juste mieux s'en porter.

Je m'étais promis de faire des efforts, comme j'en fais pour suivre ma thérapie et prendre mes antidépresseurs. Je le veux mon foutu diplôme, sauf que c'est pas ce travail précis qui va m'empêcher de le décrocher. Mon psy m'a dit de me concentrer sur moi et sur personne d'autre pour me rétablir lentement mais sûrement. Ses mots, pas les miens. Ben c'est ce que je vais faire. Le reste du monde peut bien aller chier jusqu'à ce que j'aie assez d'énergie pour le supporter à nouveau.

Je prends mon carnet de dessins pour y déchirer un bout de papier et y écrire mon adresse email avant de le tendre à Enora. Je fourre mes affaires dans le fond de mon sac — peu importe l'ordre.

—Tiens, tu peux m'y envoyer ce que t'auras fait. J'vais le continuer, pis te l'envoyer à mon tour. Ça va bien finir par donner quelque chose.

Comme ça, on n'a déjà plus à se parler. Magie. Je tourne les talons et me dirige vers la sortie.

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Pauvre type.
Bien sûr que oui, on s’en fout. C’est tout le principe, toute la beauté de la chose, l’essence même de tout ce temps perdu. A défaut d’être capable de réfléchir toi-même aux vraies raisons de notre petite réunion actuelle, t’as au moins la décence d’accepter les propositions qu’on te sert sur un plateau.
Les propositions que le monde entier te sert sur un plateau.
Faut mâcher pour toi le travail de ta propre vie, on dirait.
Heureusement que l’un de nous deux est un peu
mature.

Rien qu’un regard morne, Enora ne cherche même pas à lui dire tout ça parce que c’est inutile, il ne comprend rien quand elle parle et on voit bien comment ça finit.
Il est con et borné.
Surtout borné.

Tant mieux pour lui. Il a bien raison. Qu’il soit donc borné un peu plus loin, ça nous fera plaisir à tous les deux.

Elle a toujours son petit sourire mesquin, mais elle ne souvient plus vraiment qui il était censé convaincre de son détachement par rapport à la situation.
Elle retient de justesse les railleries qui roulent sur sa langue lorsqu’il lui donne ce bout de papier comme conclusion dérisoire à leurs échanges. Elle retient également ses objections.

Pas un mot et tout se passera mieux.
On en a marre tous les deux, autant abréger.
Vite vite vite.


Finalement c’est lui qui s’en va ; Enora se gorge de la satisfaction d’être celle qui est restée dans cette pièce le plus longtemps –c’est stupide mais elle ne s’en rend pas entièrement compte.
Dès qu’Adriel lui tourne le dos, son sourire s'efface.
Elle le regarde partir et quand il disparaît à l’angle du couloir, elle ferme les yeux et a ramène ses jambes en tailleur.

Elle va rester un peu là, méditer sur le

Je t’emmerde. »

qu’elle a dans la tête et qui s'exprime d'un simple murmure.
Il faut qu’il décante pour qu’elle puisse commencer le projet.

Puisque même ça t’es pas foutu de le faire.
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Boys and the girls and the freaks in the middle [Enora Clifford & Adriel Lespérance]
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